‹ Cours élémentaire de chimie (volume 2)Chapitre 88 sur 130 · AZOTATE DE PROTOXYDE DE MERCURE · texte numérisé non relu

AZOTATE DE PROTOXYDE DE MERCURE

60ut pas dans un excès de réactif. Le carbonate d'ammoniaque produit une précipité blanc.

Les phosphates et arséniates alcalins forment des précipités blancs , facilement solubles dans un excès d'acide.

L'acide sulfhydrique , versé en petite quantité , produit un précipité blanc , qui renferme à la fois de l'acide sulfhydrique et les éléments du sel mercuriel ; l'hydrogène sulfuré , employé en plus grande quantité , produit un précipité orangé. Mais , si l'on fait digérer la dissolution du sel mercuriel avec un excès d'acide sulfhydrique , le précipité devient noir ; il se compose alors de sulfure de mercure HgS. Les sulfhydrates alcalins donnent également des précipités blancs ou orangés quand on les emploie en petite quantité : mis en excès ils rendent le précipité noir.

Le cyanoferrure de potassium précipite en blanc les dissolutions des sels de protoxyde de mercure ; mais ce précipité se colore en bleu par un séjour prolongé à l'air. Le cyanoferrure de mercure se décompose alors ; il se forme du cyanure simple de mercure qui se dissout , et du bleu de Prusse se sépare.

L'iodure de potassium donne un précipité d'un beau rouge , qui peut se dissoudre et dans un excès de l'iodure alcalin et dans un excès du sel mercuriel. Dans les deux cas , il se forme des iodures doubles solubles.

L'acide chlorhydrique et les dissolutions des chlorures solubles ne précipitent pas les sels de protoxyde de mercure , à moins que ceux-ci ne soient en dissolution très-concentrée. Ce caractère les distingue très-nettement des sels d'oxydule de mercure , qui donnent, dans ce cas , un précipité blanc Hg'Cl, quelle que soit leur dissolution. Pour reconnaître si une dissolution mercurielle renferme à la fois des sels d'oxydule et des sels de protoxyde de mercure, on y verse de l'acide chlorhydrique. Tout le mercure qui existait à l'état d'oxydule, se précipite sous forme de chlorure Hg*Cl ; le mercure qui se trouvait à l'état de protoxyde reste dissous. Il suffit donc de s'assurer si la dissolution filtrée produit un précipité jaune de protoxyde de mercure par la potasse , ou un précipité rouge avec l'iodure de potassium.

, Azotate de protoxyde de mercure,

% i 094 . On obtient l'azotate de protoxyde de mercure en dissolvant à chaud du mercure dans un excès d'acide azotique , et faisant bouillir le sel avec de l'acide azotique jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus de vapeurs rutilantes. On peut admettre que le sel neutre existe dans la dissolution acide ; mais , si l'on évapore celle-ci, il se

dépose T par le refroidissement , des cristaux d'azotate basique , fflgO.ÂzO'4~-HO- ^^ ^^ parvient pas non plus à séparer Tazotate neutre en versant de Talcool dans la dissolution ; c*est encore de l'azotate bibasique qui se précipite. Cependant , la dissolution avec excès d'acide , évaporée à consistance sirupeuse , abandonne des cristaux d'azotate neutre, quand on Texpose pendant quelque temps dans un mélange réfrigérant. Si Ton dissout les azotates précédents dans une grande quantité d'eau , ils se décomposent et donnent un précipité blanc, dont la formule est 3HgO.AzO*+HO. Ce précipité est remarquable par sa grande stabilité , car il se dissout difGcilement dans l'acide azotique et dans Tacide sulfurique. Bouilli avec de Teau , il abandonne encore de Tacide ; une ébullition suffisamment prolongée le changerait probablement en oxyde. Si Ton fait bouillir une dissolution d'azotate de protoxyde de mercure avec du mercure métallique , on obtient de Tazotate d'oxydule HgH).AzO'.

Sulfate de protoxi/de de mercure.

$ 4092. On obtient le sulfate de protoxyde de mercure en faisant chauffer du mercure métallique avec de l'acide sulfurique concentré , employé en excès ; le mercure se change en une poudre cristalline blanche. Mais il faut prolonger Tévaporation avec l'acide sulfurique jusqu'à ce qu'il se dégage des vapeurs abondantes de cet acide , sans quoi le sulfate de protoxyde de mercure se trouverait mêlé à du sulfate d'oxydule. On prépare souvent ce composé dans les fabriques de produits chimiques , parce qu'on s'en sert pourla préparation du chlorure de mercure HgCl , ou sublimé corrosif. On fait alors chauffer dans une cornue de verre 4 partie de mercure et un peu plus de I partie d'acide sulfurique concentré. Lorsque le mercure métallique a disparu , on continue à chauffer dans un bain de sable jusqu'à la dessiccation complète du produit. Le sulfate ainsi obtenu est anhydre. Il se décompose , quand on le traite par une grande quantité d'eau , en un sel basique jaune 3HgO.SO*, employé en médecine sous le nom de turhith minéral, et en un sel avec grand excès d'acide qui cristallise par l'évaporation de la liqueur. Le turbith minéral se décompose lui-même quand on le fait bouillir avec de l'eau , et il ne reste finalement que de l'oxyde de mercure.

Chromai e de protoxyde de mercure.

§ 1 093. On connaît deux chromâtes de protoxyde de mercure; ils ont pour formules SHgO.CrO' et 4 HgO.CrO*, On obtient le premier en versant de l'azotate de protoxyde de mercure dans une tiis-

FULHIIfATE DE MERCURE. 3i3

solution de bichromate de potasse, ou en faisant bouillir de Toxyde jaune de mercure ayec le bichromate : c'est un précipité rouge brique. On obtient le chrômate IHgO.CrCP, en faisant bouillir pendant longtemps la yariété rouge de protoxyde de mercure avec la dissolution de bichromate de potasse.

Carbonates de jprotoxyde de mercure.

§ 4 094. Si Ton verse , goutte à goutte , une dissolution d*azotate de protoxyde de mercure dans une dissolution de carbonate neutre de potasse employée en grand excès , il se forme un précipité brun ocreux de carbonate.de protoxyde de mercure ayant pour formule iHgO.CO*. Si l'on fait la même expérience en remplaçant le carbonate neutre alcalin par du bicarbonate , on obtient un précipité brun dont la formule est 3HgO.GO*. Les précipités qui se forment quand on verse les carbonates alcalins dans la dissolution de l'azotate de mercure sont très-complexes , parce qu'il se dépose d'abord des sous-azotates de mercure.

Fulminate de mercure.

§ 1095. Ce composé, éminemment explosif, est une combinaison de protoxyde de mercure avec un acide , V acide fulminique , formé de cyanogène et d'oxygène , et qui a pour formule CyO ou C'AzO ; on s'en sert pour fabriquer les amorces des fusils à percussion. On prépare le fulminate de mercure en faisant réagir de l'alcool sur de l'azotate acide de. protoxyde de mercure. On dissout i partie de mercure dans 42 parties d'acide azotique à 35 ou 40® de l'aréomètre de Baume , et l'on ajoute , peu à peu , à la dissolution 4 4 parties d'alcool à 86 centièmes. On élève lentement la température , et bientôt il se manifeste une vive réaction accompagnée d'un dégagement abondant de vapeurs rutilantes. La liqueur abandonne , par le refroidissement, des petits cristaux d'un blanc jaunûtrc.

On fait ordinairement cette opération dans de grandes cornues en verre, auxquelles on adapte des appareils bien refroidis, afin décondenser, le plus complètement possible, les vapeurs qui se dégagent. Ces vapeurs peuvent remplacer une partie de l'acool pour une opération suivante.

Le fulminate de mercure est un des composés les plus explosiblos que l'on connaisse; on doit le manier avec les plus grandes procautions, surtout quand il est sec. Il détone lorsqu'on le frotte contre un corps dur.Il se dissout facilement <lans l'eau bouillante ; mais la plus grande partie se dépose en cristaux pendant le refroidissement.

La matière fulminante des capsules des fusils à percussion se forme avec le fulminate de mercure, préparé comme nous venons de le dire, et après qu'il a été lavé à l'eau froide. On laisse la matière s'égoutter jusqu'à ce qu'elle ne renferme plus que 20 pour ^ 00 environ d'eau ; on la mêle ensuite avec les -^ de son poids de nitre ; on broie ce mélange sur une table de marbre avec une molette de bois de gaïac. On introduit ensuite une petite quantité de cette pâte dans chaque capsule en cuivre , et on laisse sécher. On recouvre souvent la matière fulminante contenue dans la capsule , d'une faible couche de vernis qui la préserve de l'humidité.

OXTDE AHMONIO-MERCURIQUE.

§ 1 096. Si Ton traite le protoxyde de mercure, HgO, par un grand excès d'ammoniaque liquide parfaitement caustique, on obtient une poudre jaune qu'on lave rapidement, et que l'on sèche en l'exposant sous une cloche en présence de quelques fragments de chaux vive. La composition de cette substance est exprimée par 4HgO. AzH*+2H0, mais il- convient d'écrire sa formule 3HgO.HgAzH*-[-3HO. On donne à cette substance le nom d'oxyde ammoniiHnercurique. Il est essentiel de faire cette préparation à l'abri du contact de l'air, sans quoi , la combinaison absorberait promptement l'acide carbonique, et l'on obtiendrait un mélange d'oxyde ammonio-mercurique et de carbonate du même oxyde. On place, à cet effet, l'oxyde de mercure dans un flacon que l'on remplit complètement d'une dissolution concentrée d'ammoniaque parlaitement caustique , et que l'on bouche ensuite. On peut employer, soit la variété jaune, soit la variété rouge de protoxyde de mercure. Mais l'oxyde rouge se transforme beaucoup plus lentement en oxyde ammonio-mercurique; il faut prolonger le contact pendant plusieurs jours et agiter fréquemment le flacon. L'hydrate d'oxyde ammonio-mercurique, abandonné pendant longtemps dans le vide sec, perd successivement son eau; et, si on l'abandonne ainsi jusqu'à ce qu'il ne perde plus de poids, il reste une poudre brune, qui est l'oxyde ammonio-mercurique anhydre 3HgO.HgAzH'. Cette déshydratation se fait trèsrapidement à une température de 1 30®, sans qu'il y ait décomposition de la substance.

L'hydrate d'oxyde ammonio-mercurique est insoluble dans Teau et dans l'alcool. Une dissolution froide de potasse caustique est à peu près sans action sur ce composé ; à la température de l'ébullition , il se dégage de l'ammoniaque , mais il faut continuer l'ébullition pendant longtemps pour obtenir une décomposition complète.

SULFATE D'OXYDE AMMONIO-MERCURIQUE, 325

L'oxyde ammonio-mercurique anhydre présente encore une plus grande stabilité, car la potasse ne le décompose que si on chauffe jusqu'à fusion de l'alcali. L'oxyde ammonio-mercurique présente tous les caractères d'une base énergique ; il se combine avec les acides, et forme des sels parfaitementdefinis.il absorbe l'acide carbonique presque ausçi facilement que la chaux et la baryte ; son carbonate ne se décompose pas à 1 00**. Il chasse l'ammoniaque de ses sels, aussi nettement que le font la chaux et la baryte. La proportion d'oxyde ammonio-mercurique, représentée par la formule 3HgO.HgAzH*, correspond à 4 équivalent d'une base RO, et sature 4 équivalent d'acide.On a obtenu, jusqu'ici, les combinaisons suivantes :

Base hydratée 3HgO.HgAzH«+3HO

Hydrate intermédiaire. . . . 3HgO.HgAzH*-|-HO

Base anhydre SHgO.HgAzH»

Sulfate (3HgO.HgAzH«).SO'

Carbonate hydraté (3HgO.HgAzH»).CO«+HO

Carbonate séché à 135^ . . (3HgO.HgAzH«).CO*

Oxalate (3HgO.HgAzH«).CW

Azotate (3HgO.HgAzH«).AzO«+HO

Brômate (3HgO.HgAzH*).BrO».

On connaît, en outre, plusieurs chlorures et iodures qui dérivent de l'oxyde ammonio-mercurique par des réactions semblables à celles par lesquelles les oxydes métalliques ordinaires se transforment en chlorures et iodures. Les formules de ces composés sont :

Chlorure (2HgO.HgCl).HgAzH*

Autre chlorure 3HgCl.HgAzH*

lodure (2HgO.HgIo).IIgAzH*

Sulfate d'oxyde ammonio-mercurique.

§ 1097. Si l'on projette, peu à peu, du sulfate de protoxyde de mercure HgO.SO' dans de l'ammoniaque caustique, ce sel s'y dissout en très- grande quantité ; mais, si l'on étend la liqueur de beaucoup d'eau, il se forme un précipité blanc abondant, connu depuis longtemps sous le nom de turbith ammoniacal, et que l'on peut regarder comme le sulfate ammonio-mercurique (3HgO.HgAzH*).SO*. La composition de ce produit ne paraît cependant pas constante.

Carbonate d'oxyde ammonio-mercurique.

§ 1098. Ce sel se prépare facilement par la combinaison directe de l'acide carbonique avec l'oxyde ammonio-mercurique mis en

sus^ienaion dans l'eau. On «iblii-nt un composé insoluble jaunt' qui est du carbonate hydraté. Il perd son i-uu vers 140°, elpg! à l'élat de carbonate anhydre. '

Oxalate d'oxyde ammonio-mercariquc.

§1099. On obtient l'osalalo d'oxyde ammonio-mercurlqne Taisant digérer, avec de l'ammoniaque caustiqueen excès, de l'oxa- Ial« de protoxyde de mercure obtenu par double décomposition. Il se produit une poudre blancho, grenue, qui fait explosion quand on la chauffe.

COUDINAISONS DU UERCUBE AVEC LB SOUFSE.

% M 00, Si l'on tait passer un courant d'bydrogêne sulfuré à Iravers la dissolution d'un sel d'oxydule de mercure , on obtient ua précipité noir, qui est le sulfure de mercure Hg'S, correspondant i l'oxydule Hg'O ; mais , si l'on élève la température , ce précipité se transforme rapidement, même au milieu de l'eau, en protosalFurf HgSet en mercure métallique.

Si l'on fait passer un courant d'hydrogène sulfuré à travers la dissolution d'un sel de protoxyde de mercure , on obtient d'abord un précipité bianc, qui est une combinaison de protoaulfure de mercure avec le sel roercuriel soumis àla réaction. Ainsi, lesalbte de protoxyde de mercure, HgO.SO', se transforme en un compoaé qui a pour formule llgO.SO*-)-2HgS ; l'azotate de protoxyde de mercure, HgO.AzO", donne la combinaison HgO.AzO'-|-2ÛgS, le prolochlorurc de mercure RgCl.donneio produit HgCl+îHgS. Mais, ai l'on prolonge le courant de gai sulfhydrique jusqu'à ce que la Rqueur eu soit complètement saturée , le précipité devient nmr, el il est alors entièrement formé de sulfure de mercure HgS. ChaaR dans une cornue, ce précipité se sublime complètement sans altération, et donne un produit rouge, à texture libreuse cristalline, e( présentant la même composition que le précipité noir ; on lui donne le nom de cinabre. On obtient la même combinaison en broyanlt pendant longtemps, du mercure avec du soufre ; il se forme unen»- Liëre noire que l'on emploie quelquefois en médecine sous te Don à'éthiops minéral. Pour obtenir le sulfure de mercure HgS, il eil convenable de broyer ensemble 6 parties de mercure et 1 partie d( soufre ; la matière noire qui en résulte donne du cinabre par sublimation. Le sulfure do mercure HgS se trouve dans' la nature, le plus souvent sous forme de masses compactes d'un rouge foncé, quelquefois, cependant, en cristaux transparents d'un beau rouge, qui dériveni d'un rhomboèdre dp 71". C'est le principal minerai du mercure.

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