CHLORURES DE MERCURE
Sous la pression ordinaire de l'atmosphère, le cinabre se volatilise avant d'entrer en fusion ; il produit une vapeur d'un jaune brun dont la densité est 5,4. La densité du cinabre solide est de 8,1 à la température ordinaire.
Le sulfure de mercure HgS se présente quelquefois avec une couleur rouge plus belle que celle du cinabre sublimé ; il est employé dans la peinture à l'huile et à l'aquarelle sous le nom de vermillon. Le plus beau vermillon se prépare par la réaction sous l'influence de l'eau, des polysulfures alcalins sur le sulfure noir de mercure. On triture ensemble pendant 2 ou 3 heures, dans un mortier, 300 parties de mercure et 1 1 4 parties de soufre, et l'on y ajoute 75 parties de potasse et 400 parties d'eau. On maintient le tout à une température d'environ 45®, en remuant de temps en temps. Le précipité noir rougit rapidement, et lorsqu'il atteint la nuance convenable, on le lave rapidement à l'eau chaude Si l'on prolongeait plus longtemps l'action du sulfure alcalin, la matière brunirait de nouveau. On obtient également du vermillon d'une belle nuance en chauffant, pendant longtemps, à une température moyenne de 50®, du cinabre ordinaire, réduit en poudre impalpable, avec une dissolution de sulfure alcalin. Le changement de couleur que le sulfure de mercure noir éprouve ainsi au contact des sulfures alcalins, n'a pas encore été convenablement expliqué.
On fabrique le cinabre en grand dans les usines où l'on traite les minerais de mercure. A Idria en Carinthie, on place dans des petites tonnes en bois 400 parties de mercure et 18 parties de soufre pulvérisé. On fait tourner ces tonnes pendant 3 ou 4 heures autour de leur axe horizontal, et il se forme ainsi du sulfure noir que l'on sublime dans des vases en fonte; ces vases sont recouverts par des chapiteaux de terre cuite sur lesquels le cinabre se condense.
Le cinabre se grille facilement au contact de l'air; de l'aciie sulfureux se dégage, et le mercure métallique distille. Il est facilement décomposé par l'hydrogène, le charbon , et par un grand nombre de métaux. Les acides non oxydants l'attaquent trés-diffîcilement; mais il est facilement attaqué par l'acide azotique concentré , et surtout, par l'eau régale.