OXYDES D'OR
L'or, précipité chimiquement, forme une poudre brune, mais qui prend facilement, sous le brunissoir, Féclat métallique et la couleur caractéristique de l'or malléable. Ce précipité s'agrège aussi par la percussion, et si l'on chauffe la masse au rouge, avant de la soumettre à un nouveau martelage, on peut obtenir un métal parfaitement agrégé, sans l'avoir chauffé jusqu'à fusion.
L'or ne se combine directement avec l'oxygène , à aucune température. Les acides chlorhydrique , sulfurique et azotique ne l'attaquent pas ; l'eau régale le dissout, au contraire, promptement à l'état de sesquichlorure Au*CP- L'or est également dissous par l'acide chlorhydrique lorsqu'on ajoute à cet acide un corps capable d'en dégager du chlore , tel que le peroxyde de manganèse, l'acide chrômique , etc. Le chlore et le brome attaquent facilement l'or , même à froid; l'iode n'exerce sur lui qu'une action très-faible.
Le soufre n'attaque directement l'or à aucune température. L'hydrogène sulfuré n'est pas décomposé par ce métal. Mais, si l'on fond l'or avec les poly sulfures alcalins, il est fortement attaqué et il se forme un sulfure double , dans lequel le sulfure d'or Au*S' joue le rôle de sulfacide. L'arsenic se combine avec l'or sous l'influence de la chaleur, et rend ce métal très-cassant.
L'or n'est attaqué ni par les alcalis , ni par les carbonates ou azotates alcalins.
COMBINAISONS DE L'oR AVEC l'oXYGÈNE.
§ 1 U7. On connaît deux combinaisons de l'or avec l'oxygène :
4 " Un oxydule Au*0 ;
2" Un sesquioxyde Au*0*.
Aucun de ces oxydes né forme de sels avec les oxacides.
On obtient l'oxydule d'or, Au*0, en décomposant le chlorure Au*Cl par une dissolution étendue de potasse ; l'oxydule forme une poudre d'un violet foncé, qui se décompose vers 25°, en dégageant de l'oxygène. Les oxacides sont sans action sur ce corps. L'acide chlorhydrique le décompose ; il se forme du sesquichlorure d'or, Au'Cl', et de l'or métallique se sépare.
On prépare le sesquioxyde d'or (appelé souvent acide aurique , à cause de sa propriété de se combiner avec les bases), en faisant digérer à chaud une dissolution de sesquichlorure 'd'or avec de la magnésie; il se forme dcl'aurate de magnésie qui reste mêlé avec la magnésie libre. On fait bouillir le dépôt avec de l'acide azotique qui dissout la magnésie, et il reste du sesquioxyde d'or hydraté. On peut aussi obtenir l'acide aurique en faisant bouillir le sesquichlo-
rure d'or avec de la |)Otasse en excès; lorsque la liqueur s'est en partie décolorée , on précipite Tacide aurique par Facide solfurique. Pour le purifier on le dissout dans Tacide azotique concentré, on le précipite de nouveau en étendant la liqueur de beaucoup d*eau, et on lave le précipité jusqu'à ce que les eaux de lavage ne mani^ festent plus de réaction acide.
L'acide aurique hydraté forme une poudre jaune ou brune; il perd son eau à une température peu élevée et devient anhydre. Il se décompose vers 250® en or et en oxygène. La lumière solaire le décompose également en peu de temps. Les corps désoxydanU le réduisent à Tétat métallique; presque tous les acides organiques et l'alcool bouillant produisent cette réaction. L'acide cblorfaydnqoe le dissout et produit du sesquichlorure d'or, Au*Cl'. L'acide fluorhydrique ne le dissout pas. Les oxacides les plus énergiques ne forment pas de combinaisons définies avec le sesqiiioxyde d'or; celui-ci se dissout , au contraire , facilement , à froid dans les dissolutions alcalines; il se produit des aurales alcalins qui peuvent cristalliser par l'évaporation.
L'aurate de potasse cristallise en petites houppes soyeuses; il est très-solublc dans l'eau, et il donne une liqueur jaune qui manifeste une réaction alcaline. Ce sel a pour formule KO.Au*0*-|-6HO. A l'aide de l'aurate de potasse on peut préparer, par double décomposition , tous les autres aurates métalliques qui sont insolubles.
Quand on verse du sulfite de potasse dans une dissolution d'aurate de potasse, il se précipite aussitôt un sel jaune qui cristallise on longues aiguilles satinées. Ce sel, auquel on a donné le nom d'aurosulfite dépotasse, a pour formule Au«O'.3SO'+5(KO.SO*)+5B0. Sous l'influence de la chaleur , les dissolutions d'aurosulfite de potasse donnent un dépôt d'or très-brillant et adhérent.
Si l'on verse une petite quantité d'ammoniaque d^ns une dissolution de sesquichlorure d'or, il se précipite une matière fulminante qui renferme, à la fois, de l'oxyde d'or, de l'ammoniaque et du chlore. Si on laisse digérer cette matière avec un excès d'ammoniaque , on obtient une poudre d'un brun clair, qui détone beaucoup plus vivement que la première , et qui est une simple combinaison du sesquioxyde d'or avec l'ammoniaque , Au^O*+2AzH'-|-H0.
COMBINAISONS DE l'OR AVEC LE SOUFRE.
g 1148. L'or et le soufre ne se combinent pas directement. Si l'on fait passer de l'acide sulfhydrique à travers une dissolution froide de sesquichlorure d'or , on obtient un précipité noir , qui a pouf
CYANUHE D'OR. 381
foraiule Au'S*; ce sulfure se dissout facilement dans les sulfures alcalins. Si la dissolution du chlore est bouillante, il se précipite de l'or métallique. La réaction dans ce cas est représentée par l'équation suivante :
4Au«Cl*+3HS+9HO=8Au + 12HCl+3SO».
On n'a pas obtenu jusqu'ici avec certitude les sulfures Au*S et Au*S' cerrespondant aux oxydes.