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COMBINAISON DU SOUFRE AVEC L'HYDROGÈNE

Acide sulfhydrique, IIS.

§ i49. Le soufre et Thydrogène ne se combinent pas directement, même lorsqu'ils sont chauffés jusqu'à la chaleur rouge; mais il y a combinaison partielle lorsqu'on fait passer du gaz hydrogène et de la vapeur de soufre à travers un tube chauffé à 400® et rempli de pierre ponce concassée. La pierre ponce détermine la combinaison par sa présence (§ 91) sans subir d*aItération.

On obtient une combinaison gazeuse de soufre et d'hydrogène en décomposant certains sulfures métalliques par l'acide sulfurique étendu d'eau. Le sulfure que l'on emploie ordinairement dans les laboratoires est le protosulfure de fer. La réaction est la suivante :

FeS -f SO' -f HO=FeO.SO' + HS.

On emploie le même appareil que pour la préparation du gaz hydrogène. On place dans un flacon à deux tubulures (fig. 215) le sulfure de fer en morceaux, et l'on verse par-dessus une certaine quantité d'eau. On ajoute l'acide sulfurique, successivement, par le tube à entonnoir.

On peut remplacer l'acide sulfurique étendu par l'acide chlorhydrique ; la réaction est alors la suivante :

S"ïf"redefer { l'e^^^lV.lllllll'.Ï.V'.illXAcidesuimydrique^

Acide chlorhydrique.. j ^ilort'',^:://////::^^^^^^^^^ ^^'

FeS-fHCl«=FeCl + HS.

Le sulfure de fer que l'on emploie dans les laboratoires pour obtenir l'acide sulfhydrique est préparé exprès pour cet usage ; mais il renferme souvent de petites quantités de fer métallique qui, au contact de Facide sulfurique étendu d'eau ou de 1 acide chlorhy-

ACIDE SULFHYDUIQUE.

drique, dégage de Thydrogène. Le gaz acide sulfhydrique se trouve alors mélangé de gaz hydrogène. Dans beaucoup d'expériences, Thydrogène est sans inconvénient ; mais, s'il en devenait un, il faudrait préparer le gaz acide suifhydrique en traitant le sulfure d'antimoine par Tacide chlorhydrique. Le sulfure d'antimoine est un produit naturel que Ton rencontre assez abondamment dans quelques filons. 11 n'est attaquable que par les acides con- - —

centrés. On ne peut pas ^*^* ^^^*

employer l'acide sulfurique, car, lorsque cet acide est étendu, il n'attaque pas le sulfure d'antimoine, et, s'il est concentré, il décompose le gaz acide sulfhydrique à mesure qu'il se produit. Pour préparer l'acide sulfhydrique avec le sulfure d'antimoine, on place ce sulfure, réduit en poudre fine, dans un petit ballon (fig. 216), et .; l'on ajoute l'adde chlorhydri- Fig. 2I6.

que, successivement, par le tube en S. On chauffe avec quelques charbons pour faciliter le dégagement du gaz.

§ 150. L'acide sulfliydrique est un gaz incolore, doué d'une odeur trés-fétide, celle des œufs pourris. Sa densité est de 1,1912. 11 se liquéfie sous une pression de 15 à 16 atmosphères à la température ordinaire, et forme alors un liquide très-mobile ayant pour densité 0,9.

Pour obtenir l'acide sulfhjdrique liquide, on fait communiquer l'appareil (|ui dégage le gaz avec la tubulure aspirante d'une pompe

SOUFUE.

à gaz, à la ibis aspirante et foulante, dont la seconde tubulure coiiinnniique avec un petit ballon A (fig. 217), à parois épaisses, maintenu dans un mélange réfrigérant. En soulevant le piston de la pompe, le gaz de l'appareil remplit le corps de pompe; en le faisant descendré* le gaz est refpulé dans le ballon. On règle le nombre de coups de piston sur la quantité de gaz acide sulfliydrique que dégage Tappareil. Le gaz com-

0„ primé se liquéfie dans le ballon ; quand celui-ci est plein aux trois quarts, il faut boucher hermétiquement le tube. Mais, comme on ne peut pas y parvenir en fondant le tube à la Fig. 217. lampe, parce que la pression est plus grande dans l'intérieur de Tappareil qu'à Textérieur, on a recours à l'artifice suivant : le tube soudé au ballon se compose d'une partie étroite ab et d'une autre plus large bc ; on a placé dans celle-ci une boulette de mastic, avant d'adapter le tube à la tubulure de la pompe. Cette boulette ne gène pas le passage du gaz, et, pour fermer* hermétiquement l'appareil, il suffit de la fondre, puis de donner un coup de piston qui fasse descendre le mastic fondu dans le tube étroit ab, où il se solidifie, et qu'il ferme hermétiquement.

On obtient également l'acide sulfliydrique liquide, en abandonnant à une décomposition spontanée, dans un vase fermé, la seconde combinaison du soufre avec l'hydrogène, que nous apprendrons bientôt à connaître sous le nom de bisulfure d'hydrogène. On place une certaine quantité de ce bisulfure liquide au fond d'un tube deux fois recourbé, comme le montre la figure 218, et l'on ferme le tube en /; à la lampe. Le bisulfure se décompose spontanément en soufre, qui se dépose sous forme de cristaux, et en gaz acide sulfliydrique, qui s'accumule dans l'espace vide de l'appareil, où il se liquéfie sous l'efibrt de sa propre pression. Pour isoler l'acide sulfliydrique du soufre qui s'est déposé, il suffit Fig. 218. de refroidir dans un mélange réfrigérant la partie recourbée cd (fig. 219); l'acide sulfhydrique distille alors et se réunit en d.

L*acide sulfhydrique est un gaz des plus vénéneux ; il suffit de la présence de j^^^ de ce gaz dans l'air pour tuer un oiseau, et de -^ pour faire périr un chien. Les ouvriers qui vident les fosses d'ai>ances sont sou- ^d Fig. 219. ** Yent exposés à l'asphyxie produite par ce gaz. On là combat par le chlore, qui décompose l'acide sulfliydrique. Mais le chlore doit être administré avec précaution. En pareil cas, le mieux est de se servir d'une serviette imbibée d'acide acéti-

ACIDE SULFHYDKIULE. 239

que, dans laquelle on place quelques fragments de cbloi uro de chaux, et que Ton fait respirer au malade.

La chaleur décompose partiellement l'acide sulfhydrique en hydrogène et soufre ; mais, pour obtenir une décomposition complète, il faut faire passer un grand nombre de fois le gaz à travers un tube de porcelaine fortement chauffé.

Le gaz sulfhydrique est combustible: il brûle à Tair avec une flamme bleue, il en résulte de Feau et du gaz acide sulfureux. Si Ion enflamme le gaz contenu dans une éprouvctte, le soufre ne brûle pas complètement, et se dépose en partie sur les parois de réprouvette.

Lorsqu'on abandonne lui mélange de gaz sulfhydrique et d'air dans un grand flacon, au contact d'un corps poreux et surtout du linge, sous Tinfluence d une température de 40 à 50"*, il se forme, avec le temps, une quantité notable d'acide sulfurique qui détruit le linge en peu de temps. Celte réaction présente de l'intérêt parce qu'elle exphque la formation de l'acide sulfurique et des sulfates dans les localités où se dégage de l'hydrogène sulfuré.

L'oxygène, en dissolution dans l'eau, décompose lentement l'acide sulfhydrique ; il se forme de l'eau, et il se dépose du soufre trèsdiviséqui rend la. liqueur laiteuse. Aussi, pour conserver une dissolution d'acide sulfliydrique, convient-il de la placer dans des flacons bien bouchés que l'on remplit entièrement et que l'on retourne.

Le gaz sulfhydrique donne donc des produits de combustion différents, suivant les circonstances dans lesquelles l'oxydation a lieu : ■ par la combustion vive, il donne de l'eau et de l'acide sulfureux; au contact d'un corps poreux, et à une température de 40" à 50% il produit de l'eau et de l'acide sulfurique; enfin, dissous dans l'eau et au contact de l'air, il donne de l'eau et du soufre qui se dépose.

Le chlore, le brome et l'iode décomposent immédiatement l'acide sulfhydrique, il en résulte du soufre et des acides clilorhydrique, bromhydrique, iodhydrique. Si le chlore, le brome et l'iode sont en excès, ils se combinent avec le soufre isolé et forment des chlorure, bromure, iodure de soufre. On utilise cette propriété pour préparer l'acide iodhydrique en dissolution.

Le gaz sulfhydrique est un véritable acide; il rougit la teinture de tournesol, mais seulement à la manière des acides faibles, c'està-dire qu'il ne produit que le rouge vineux; tandis que les acides énergiques, tels que les acides azotique et sulfurique, produisent la couleur pelure d'oignon. Ses propriétés acides sont donc faiblement développées, aussi lui donne-t-on souvent le nom de gaz hydrogène sulfuré (§ 52).

L'eau dissout 2 | à 3 fois son volume de gaz acide sulfhydrique. . Cette dissolution se prépare dans un appareil de Woolf, en ayant soin de mettre dans les flacons de Teau récemment bouillie, et, par suite, privée d'air. La dissolution, chauffée, abandonne entièrement le gaz. L alcool dissout 5 à 6 fois son volume de gaz acide sulfhydriique. L'eau saturée de sel marin n'en dissout plus qu'une très-petite quantité.

La dissolution d'acide sulfhydrique est très-employée dans les laboratoires ; on s'en sert pour précipiter, à l'état de sulfures, un grand nombre de métaux de leurs dissolutions salines. Ces sulfures, en général insolubles, ont souvent des couleurs caractéristiques qui suffisent pour reconnaître les métaux auxquels ils appartiennent. Ainsi la dissolution d'acide sulfhydrique permet de reconnaître les moindres traces d'oxyde de plomb qui se trouvent dans une liqueur, par la coloration brune ou noire qu'elle y développe. Réciproquement, les sels de plomb permettent de démontrer la présence des plus petites quantités d'acide sulfhydrique. On se sert souvent, à cet effet, dans les laboratoires, de petites bandes de [papier qui ont été imbibées d'une dissolution d acétate de plomb. Ces bandes de papier sont incolores, mais elles noircissent immédiatement quand on les plonge dans de l'eau qui renferme les plus légères traces d'acide sulfhydrique, ou, lorsque, après les avoir mouillées, on les laisse exposées à l'air dans lequel se trouve une petite quantité de ce gaz.

On rencontre dans la nature quelques eaux minérales qui renferment de l'acide sulfhydrique; on les utilise en médecine sous le nom d'eaux sulfureuses,

§ 151. On ne peut pas analyser l'acide sulfhydrique en le décomposant dans une cloche courbe par le potassium, comme on a l'habitude de le faire pour d'autres combinaisons de l'hydrogène avec les métalloïdes, pour lacide sulfliydrique, par exemple (§186). Le potssium décompose bien, il est vrai, le gaz sulfhydrique; mais le

sulfure qui en résulte se combine avec l'acide sulfhydrique non décomposé et forme un sulfhydrate de sulfure de potassium; de sorte qu'une partie du gaz échappe à la décomposition. Maison parvient parfaitement à faire cette analyse (fig. 220), en remplaçant le potassium par l'étain. On chauffe avec une lampe à alcool, i'étain

Fig. tlO.

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