‹ Cours élémentaire de chimie, Volume 1Chapitre 6 sur 91 · DIVISION DES CORPS SIMPLES EN MÉTALLOÏDES ET EN MÉTAUX · texte numérisé non relu

DIVISION DES CORPS SIMPLES EN MÉTALLOÏDES ET EN MÉTAUX

§ 55. Les chimistes sont généralement d'accord pour diviser les corps simples en métalloïdes (de [xsTaXXcv, métal, et de £Î^o;, forme, ressemblance : qui ressemble aux métaux) et en métaux. Mais il est devenu très-difilcile de préciser les caractères sur lesquels on fonde cette division.

Les métaux sont opaques ; ils sont doués d'un éclat particulier, appelé éclat métallique, ils sont bons conducteurs de la chaleur et de l'électricité. Les métalloïdes ne présentent pas ces propriétés an même degré.

Ce mode de division est donc fondé sur des propriétés qui ni' sont pas absolues, et qui sont plus ou moins développées dans les divers corps simples ; aussi est-il très-vague, et laisse-t-il dans l'incertitude, à l'égard de certains corps simples qui peuvent être rangés, avec une égale raison, parmi les métalloïdes ou parmi les métaux.

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Ainsi Tarsenic se rapproche, par un grand nombre de ses propriétés chimiques, du phosphorç, que tous les chûnistes placent parmi les métalloïdes, et, cependant, il présente un éclat métallique aussi prononcé que beaucoup de métaux. Le carbone affecte des états très-divers; tantôt il ne présente aucun des caractères que nous venons d'assigner aux métaux : il manque de l'éclat métallique, et il est très-mauvais conducteur de la chaleur et de 1 électricité. D'autres fois, au contraire, il présente quelques-uns de ces caractères ; ainsi, à l état de graphite, il possède un éclat métallique trèsprononcé ; et le charbon de bois, fortement calciné, conduit assez bien Félectricité.

La propriété d'être bons conducteurs de la chaleur et de Télectricité n'appartient, à un haut degré, qu'aux métaux qui ont été obtenus agrégés, et cela par suite de leur grande fusibilité, de leur ductilité, ou de la facilité avec laquelle ils se laissent agréger par la percussion. Mais beaucoup de métaux n'ont été obtenus jusqu'ici qu'à l'état de matière pulvérulente, et alors leur conductibilité, pour la chaleur et pour l'électricité, est peu prononcée.

Dans les combinaisons binaires que les métaux forment avec les métalloïdes, les métalloïdes jouent toujours le rôle de l'élément éleclronégatif.

Les métaux et les métalloïdes se combinent avec l'oxygène. Les combinaison» des métaux avec l'oxygène sont le plus souvent des oxydes électropositifs qui jouent le rôle de bases; ce sont, en général, celles qui renferment les plus faibles proportions d'oxygène. Quelques combinaisons plus oxygénées se comportent comme des oxydes indifférents. Enfin, les combinaisons les plus oxygénées des métaux sont souvent des acides, qui forment de véritables sels avec les oxydes basiques.

Les métalloïdes, en se combinant avec l'oxygène, forment, en général, des oxydes indifférents, ou des combinaisons acides. Cependant quelques-unes de ces combinaisons se comportent comme des bases, très-faibles à la vérité, par rapport aux acides forts. Ces mêmes combinaisons jouent le rôle d'acides faibles avec les bases énergiques.

On voit combien nous avions raison de dire, en commençant, que les caractères sur lesquels on se fonde pour diviser les corps simples en métalloïdes et en métaux sont vagues et incertains ; on conçoit combien il sera souvent difQcile de décider si l'on doit ranger certains corps simples parmi les métalloïdes^ ou parmi les métaux , ces corps se rapprochant des métaux par quelques-uns de leurs caraclèiTs, et des métalloïdes par d'autres.

Nous conserverons cependant cette division, parce qu'elle est commode pour Tétude, et qu'elle est à peu près généralement adoptée par les chimistes ; nous regarderons donc, comme métalloïdes, les quinze corps simples dont les noms suivent :

i. Oxygène

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