COMBINAISONS DU PHOSPHORE AVEC LIODE
g 226. L'iode et le phosphore, chauffés ensemble, se combinent ;ivec dégagement de chaleur. Traitées par Teau, ces combinaisons se
détruisent en produisant de Facide iodhydrique, des acides phosphoreux et phosphorique. Nous avons utilisé cette réaction pour préparer le gaz acide iodhydrique (§ 199).
On obtient des composés définis et Irés-bien cristallisés en faisant dissoudre F iode et le phosphore dans du sulfure de cirbone, et refroidissant le mélange dans de la. glace. On a isolé ainsi un iodiu% de phosphore Phlo* cristallisé en longs prismes aplatis d'un rouge doré, et un iodure Phlo* en cristaux d'un rouge plus foncé.
Chlomxyde de phosphore.
% 226 bis. Lorsqu'on abandonne du perchlorure de phosphore dans un ballon à long col, où Ton introduit en même temps un tube rempli d'eau, il se dégage de l'acide chlorhydrique, et il se forme un liquide plus dense que l'eau, qui a pour formule PhCTO*. On le purifie par la.disliflation, en rejetant les premiers produits qui renferment de l'acide chlorhydrique. Le chloroxyde de phosphore bout à 1 iO* ; sa densité est 1 ,7 ; il se décompose au contact de l'eau et donne des acides chlorhydrique et phosphorique.
Chlorosulfiire de phosphore,
§ 226 1er. Ce composé correspond au chloroxyde, car sa formule est PhCl'S*. Pour l'obtenir, on chauffe doucement le chlorure de soufre S*C1 dans une cornue tubulée, par laquelle on fait passer un courant lent de gaz acide carbonique. On y introduit, successivement, de petits fragments de phosphore, qui déterminent une telle élévation de température, qu'une portion du liquide distille. On cesse d'ajouter le phosphore lorsqu'il s'est formé un dépôt abondant de soufre. On fait alors bouillir le liquide de la cornue, et l'on continue la distillation jusqu'à ce qu'il prenne l'apparence du soufre fondu. Le liquide condensé dans le récipient se compose de chlorure phosphoreux et de chlorosulfure de phosphore. On soumet ce mélange à une nouvelle distillation ; le chlorure phosphoreux distille le premier. Lorsque le liquide bouillant marque une température de 126% le chlorosulfure PhCl'S* distille seul.
Équivalent = 937,5.
§ 227. L'arsenic ressemble complètement aux métaux par ses prcpriétcs physique3; mais ses combinaisons présentent une telle analogie avec les combinaisons correspondantes du phosphore, qu'il est convenable de ne pas séparer Tétude de ces deux corps.
L'arsenic est d'un gris de fer, très-cassant ; il possède l'éclat métallique; sa densité est 5,8 environ. Chauffé jusqu'au rouge sombre, l'arsenic se sublime immédiatement sans fondre, de sorte qu'il paraît, au premier abord, ne pouvoir prendre que l'état solide et l'état gazeux. Cela tient seulement à ce que la température de la fusion de l'arsenic est três-rapprochée de celle à laquelle il bout sous la pression de l'atmosphère. Les corps volatils émettent des vapeurs bien au-dessous de leur température d'ébullition ; cette propriété appartient aussi bien aux corps solides qu'aux corps hquides. L'arsenic donnera donc des vapeurs abondantes à une température un peu inférieure à son point d'ébullition, et pourra se sublimer entièrement sans atteindre la température de fusion.
Mais on peut augmeiiter à volonté la distance entre le point de , fusion d'un corps et son point d'ébullition. En effet, le point d'ébullition d'un corps est la température à laquelle la tension de sa vapeur fait équillibre à la pression qui s'exerce sur lui; en augmentant cette pression, on fait donc nécessairement monter le point d'ébullition, tandis qu'on n'influe, que très-faiblement sur le point de fusion. On obtient en effet l'arsenic fondu si, au lieu de le chauffer dans un tube ouvert, on le chauffe dans un tube de verre épais fermé hermétiquement à la lampe; la pression plus élevée qui existe alors dans le tube s'oppose à l'ébullition de l'arsenic, el ce corps peut fondre longtemps avant de bouillir.
Réciproquement, il est évident qu'un corps solide volatil peut toujours être mis sous une pression assez faible pour qu'il entre en ébullition à une température plus basse que celle à laquelle il fond. Ainsi la glace, à la température de — i*, possède une force élastique de vapeur représentée par 4""',27 ; en d'autres ternies, elle bout à la température de — l'* sous la pression de 4'"™,27. La glace pourra donc se volatiliser entièrement par ébullition sous cette faible pression, sans qu'elle atteigne la température de sa fusion, qui est 0*.
La vapeur d'arsenic est incolore, elle a une odeur d'ail très-caractéristique : pour développer cette odeur, il suffit de projeter une pincée de poudre d'arsenic sur un charbon incandescent. La densité de
cette vapeur est 10,37. La vapeur d'arsenic se dépose toujours sous forme de cristaux, et il est facile d'obtenir l'arsenic cristallisé par voie de sublimation. A cet effet, on met une certaine quantité d'arsenic dans une cornue en grès, de manière à ne remplir que le tiers de la panse environ ; on place cette cornue sur un fourneau, et l'on n'entoure de charbons que la partie inférieure. Afin que Tair extérieur ne pénètre pas trop facilement dans la cornue, on rétrécit l'ouverture en y adaptant un bouchon percé d'un petit trou; l'arsenic sublimé vient se condenser dans la partie supérieure de la cornue et dans le col. Lorsque l'opération est terminée, on laisse refroidir complètement la cornue, on la casse, et l'on en trouve le dôme rempli de cristaux très-brillants. Ces cristaux sont des rhomboèdres de l'angle de 85° 4'; mais, comme ils sont ordinairement groupés, il est souvent difficile de i^econnaître leur fornie.
L'arsenic s'oxyde à l'air, même à la température ordinaire; sa surface se ternit et se couvre d'une poussière noirâtre. On lui rend facilement son éclat métallique en le laissant pendant quelques heures dans une dissolution de chlore.
L'arsenic est combustible, il brûle avec une flanmie livide; le produit de la combustion est de ïacide arsénieux. C'est cet acide arsénieux que l'on appelle communément arsenic; il est obtenu dans les arts métallurgiques par le grillage des arséniures métalliques. L'acide arsénieux est facilement décomposé par le charbon, qui lui enlève son oxygène et le ramène à l'état d'arsenic métallique.
Dans les arts, on prépare l'arsenic métallique en décomposant par la chaleur un composé d'arsenic, de soufre et de fer que l'on trouve dans la nature, et qui est appelé mispickel par les minéralogistes. On met cette matière dans des tuyaux de terre cuite de 1 mètre environ de longueur et de 3 décimètres de diamètre; on y ajoute quelques fragments de tôle ou de fonte de fer qui ont pour but de retenir plus complètement le soufre, et l'on recouvre ce premier tuyau d'un second plus court et plus large qui sert de récipient. Un certain nombre de ces tuyaux sont placés dans un même fourneau et chauffés jusqu'à une bonne chaleur rouge. L'arséniosulfure de fer se change en sulfure de fer, et l'arsenic se sublime dans le récipient. On le puri e en le distillant une seconde fois avec nn peu de charbon.