‹ Cours élémentaire de chimie, Volume 1Chapitre 83 sur 91 · COMBINAISON DL C\RBO!NE AVEC LE SOUFRE · texte numérisé non relu

COMBINAISON DL C\RBO!NE AVEC LE SOUFRE

Sulfure de carbone ou acide sulfocarhonique, CS'*.

§ 267. Le soufre et le cliarbon ne se combinent pas lorsqu'on cbauffe ces deux corps mélangés sous la pression ordinaire de Tatmosphère ; le soufre distille avant que la température soit assez élevée pour que la combinaison ai» lieu. Mais, si Ton cbaufTe le cliarbon au rouge, dans un tube de inncelaine, et que Ton fasse passer ensuite le soufre en vapeur à travers ce tube, la combustion du cliarbon a lit'u dans la vapeur de sonfre comme dans roxygéne. Lorsque le cliarlK)n brûle dans roxygéne, il se change en acide carbonique, CO*; lorsqu'il brûle dans la vapeur de soufre, il se change en sulfure de carbone ou acide sulfocarbonique, CS-. Seulement, dans la combustion au milieu de Toxygène, il faut que ce gaz soit en excès, sans quoi il se forme de l'oxyde de carbone, f.O. On n'a rien de semblable à craindre dans la combustion du charlion au milieu de la vapeur de soufre ; il ne se fortne jamais que de l'acide sulfocarbonique, et l'on n'a pas réussi jusqu'ici à préparer de combinaisons du carbone moins sulfurées.

Pour obtenir le sulfure de carbone, on remplit, de petits fragments de braise concassée, un tube de porcelaine que Ton dispose dans im fourneau à réverbère (fig. 286). L'extrémité a du tube est , . fermée par un l)ou-

clion de liege; elle doit sortir ass'^z du fournrau |H»ur que le bouchon ne brûle pas. A l'autre extrémité /; du tube, on adapte une allonge recourbée don! le bec plonge d'une très -petite quantité dans l'eau d'iui flacon récipient.

Le tube de porcelaine étant chaufl'é au rouge, on introduit un fragment de soufre eu tf, et l'on remet inimédiateruent le bouchon. Le soufre fond, et, comme

SULFUKlf DE CAUllOlNE. 405

Je tube est un peu incliné de a\ers by le soufre fondu coule vers les parties les plus chaudes du tube, où il se vaporise. La vapeur de soufre passe sur fe charbon incandescent; il se forme du sulfure de carbone qui se condense dan^ l'allonge et / tombe en gouttes huileuses au fond de Teau du itcipient. Lorsque le dégagement de vapeurs ce^se, on ajoute un nouveau morceau de soufre, et ainsi de suite, jusqu'à ce que le charbon du tube ait disparu eu grande partie.

Lorsqu'on veut préparer une quantité un peu considérable de sulfure de carbone, on remplace le tube de porcelaine par une cornue de grès tubulée (fig. 287). On adapte dans la tubulure un tube de porcelaine ab qui descend jusque près du fond de la cornue, et on lute ce tube sur louverture a au moyen d'argile. On remplit ensuite com-)létement In cornue de fragments de braise, et en la dispose dans un fourneau \\\mY\ de ?on laboratoire (fig. 288). Au col de h cornue est fixé un

large tube qui traverse un manchon ad rempli d'eau froide et qui communique avec un récipient comme dans l'opération précédente. On porte la cornue à une forte chaleur rouge, puis on projette successivement des morceaux d'e soufre dans le tube de porcelaine, en bouchant, immédiatement après, son ouverture avec un l)ouchon de liège. Le fragment de soufre tombe au fond de la cornue, *j>\i il se réduit en vapeur. Cette vapeur, traversant la masse de charbon incandescente, produit du sulfure de carbone qui se condense dans le réfrigérant et coule dans le récipient. On peut, avec cet ap-

4r)6 CARBONE. -

pareil, oblenir facilement, et en peu d'heures, plusieurs cenlaines de grammes de sulfure de carbone.

Le sulfure de carbone que Ton trouve dans le récipient forme sous Feau une couche huileuse, jaune; il n'est pas pur, et renferme toujours des quantités plus ou moins considérables de soufre en dissolution. Pour le purifier, on le distille au bain-marie dans une cornue de verre; le soufre reste dans la cornue, et le sulfure de carbone distille sous la forme d'un liquide incolore. Le liquide distillé est mis en contact, pendant quelque temps, avec du chlorure de calcium qui lui enlève Teau ; puis il est soumis à une nouvelle distillation dans un appareil parfaitement sec.

Le sulfure de carbone est aujourd'hui préparé en grand dans les fabriques, parce qu'il a reçu plusieurs applications industrielles.

§ 268. Le sulfure de carbone est un liquide incolore très-mobih», doué d'une odeur particulière, extrêmement désagréable. Sa densité

est à 0*» de 1,295

et à 15» de 1,271

Il bout à 48* sous la pression ordinaire de l'atmosphère, de sorte que, à la température ordinaire, sa vapeur a déjà une tension considérable; le liquide s'évapore promptenient, et produit alors un grand froid.

Le sulfure de carbone ne se dissout ()as sensiblement dans l'eau. Cependant l'eau qui a séjourné pendant quelque temps au contact de ce corps s'imprègne de l'odeur qui lui est propre. L'alcool absolu et l'éther en dissolvent une quantité indéfinie, car ces trois liquides peuvent se mélanger en proportions quelconques.

Le sulfure de carbone brûle dans l'air avec une flamme bleue, en produisant des acides carbonique et sulfureux.

Le sulfure de carbone dissout le soufre et le phosphore en grande quantité; si l'on abandonne ces dissolutions à une évaporation lente, le soufre et le phosphore se déposent sous la forme de cristaux réguliers. Nous avons vu que l'on obtenait ainsi le soufre cristallisé sous la forme d'octaèdres du quatrième système, semblable aux cristaux naturels que l'on trouve dans les solfatares.

Le sulfure de carbone est un agent de sulfura tion très-énergique. Lorsqu'on le fait passer en vapeur sur des oxydes métalliques chauffés au rouge, son carbone enlève l'oxygène, et le soufre se combine au métal. On a réussi ainsi à obtenir des sulfures métalliques, qu'on n'avait pas pu préparer par d'autres moyens.

§ 269. On analyse- le sulfure de carbone en le brûlant avec de l'oxyde de cuivre, de manière à transformer le carbone en acide carbonique et le soufre en acide sulfurique. :.

Page 1