‹ Cours élémentaire de cosmographie [microforme]Chapitre 3 sur 117 · CHAPITRE I LE MOUVEMENT DIURYE · texte numérisé non relu

CHAPITRE I LE MOUVEMENT DIURYE

5. Aspect général du ciel.—Le firmament sur lequel se détachent, le Soleil, pendant le jour, et les étoiles, pendant la nuit, nous apparaît comme une voûte immense qui repose sur l'horizon. Lorsque la vue peut s'étendre au loin, comme dans une vaste plaire, ou mieux en plein océan, l’horizon, ou la ligne qui sépare la terre du ciel, prend la forme d’une circonférence de cercle dont l'observateur occupe le centre.

La voûte des cieux nous paraît plutôt surbaissée, c’est-à-dire plus profonde près de l’horizon qu’au-dessus de nos têtes. Cette apparence n’est qu’une illusion due à l’interposition de l’atmosphère. C'est aussi à l’atmosphère et aux innombrables particules et poussières en suspension dans l’air que la voûte du ciel doit sa coloration ; cette teinte d’un bleu d'azur, brillante et claire pendant le jour, devient plus sombre pendant la nuit, ainsi que sur les hautes montagnes, Aux limites de l'atmosphère et des poussières impalpables, le ciel paraîtrait complètement noir.

6, Lever et coucher des astres.—A raison de la sphéricité de la Terre, l'horizon et l'aspect du ciel changent avec le déplacement de l'observateur à la surface du globe, Mais, si l'on examine avec attention ce qui se passe au-dessus de nos têtes, on constate un

hénomène général, en tous lieux et sous tous les Done: c'est le lever et le coucher des astres et leur mouvement commun sur la voûte du ciel.

Comme tout le monde peut en être témoin, on voit, le matin, le Soleil se lever en un point de l’horizon qu'on appelle l’est ou l’orient, monter de plus en plus dans le ciel, et se coucher à l’ouest ou occident, après avoir décrit ‘ne courbe plus on moins grande, suivant l'époque de l'année. Lorsque la lumière du Soleil s'est effacde et que les ténèbres ont envahi l'espace, le ciel nous apparaît parsemé d'étoiles, et l’on s'aperçoit que ces étoiles ne sont pas fixes; elles se meuvent dans le même sens que. le Soleil, se lèvent à lorient, tracent sur la voûte céleste des courbes régulières, et se couchent à l'occident, —Le lendemain, le Soleil apparatt encore à l’orient pour parcourir à peu près la même route que la veille, et, le soir, le même mouvement des étoiles, aux mêmes points de Vhorizon, se produit de nouveau,

On remarque, de plns, que-les étoiles gardent leurs positions relatives, c’est-à-dire que leurs distances angulaires ne changent pas. Tout se passe donc comme si les étoiles, fixées sur l'envers d’une immense sphère transparente, étaient entratnées par celle-ci, d’un mouvement uniforme, autour d'un axe passant par la Terre. Ce mouvement d'ensemble de la voûte étoilée s'appelle mouvement diurne (du latin, dies, jour).

. T. Inégalités des courbes décrites par les €toiles-—CIRCOMPOLAIRES.—Les courbes décrites par les étoiles diffèrent beaucoup les unes des autres par leur grandeur et leur position. Il y a des étoiles qui s'élèvent très peu au-dessus de l'horizon et dont les courbes sont très petites, D'autres, au contraire, restent visibles pendant une grande partie de la nuit, ou même s'élèvent jusqu'au zénith, pour parcourir toute l’étendue du ciel,

MOUVEMENT DIURNE {l

Si l'on se place de manière à avoir lorient à droite et l'occident à gauche, on constate qu'il y a, en face de soi, plusieurs étoiles qui ne se couchent pas, mais qui restent visibles om nuit, en décrivant des ce-cles plus ou moins ds, autour d’un point central 1xe : on les appelle des circompolaires, et le point central dont nous venons de parler est occupé sensiblement par une étoile brillante appelée éfoile polaire. Le mouvement diurne de la voûte étoilée paraît s'effectuer autour d’un axe qui aboutit, d’une part, à la Polaire et, . d'autre part, en un point du ciel diamétralement opposé (fig. 1).

8. Mouvement diurne de tous les astres, — Ce que nous avons dit précédemment du lever et du coucher des étoiles et du sens de leur mouvement sur la voûte du ciel, s'applique également à tous les autres astres. Quelques-uns parmi eux, tout en participant au mouvement d'ensemble qui entraîne tout le ciel, se déplacent parmi les étoiles et décrivent des courbes dont les positions ne sont pas toujours les mêmes. On les appelle des astres errants ou des planètes. Le Soleil, la Lune et les comètes présentent les mêmes particularités, que l’on explique par les mouvements propres dont ces astres sont animés et que nous étudie. rons plus loin.

Ajoutons que, grâce au mouvement de translation annuelle Ge la Terre autour du Soleil, l’aspect du ciel étoilé n’est pas le même durant le cours d’une année. Bien que les étoiles se lèvent et se couchent toujours aux mêmes points de l’horizon, l'instant de leur apparition n’a pas lieu aux mêmes heures, et celles qui se lèvent au môment du coucher du Soleil pour briller toute la nuit, seront, six mois plus tard, au-dessus de l'horizon pendant le jour, et, par suite, invisibles, du moins à l’œil nu, à cause de la lumière trop intense du Soleil.—Quelques étoiles, celles qui s'élèvent très peu

au-dessns de l'horizon, sont aperçues pendant une partie de la nuit, en tout temps [de l’année, et les circompolaires sont toujours visibles, quelles que soient l'époque de l’année et l'heure de la nuit,

9, Sphère céleste.—A première‘ vue, les astres nous paraissent tous à égale distance de nous et fixés sur la même voûte céleste. Bien que nous sachions

ue les distances des astres à la Terre sont fort inégales, il est utile, pou? l'étude des phénomènes et les calculs des positions, d'imaginer une sphère immense, de rayon arbitraire et presque infini, à la surface de laquelle tous les astres seraient fixés. C'est cette sphère idéale que l'on appelle la sphère céleste (fig. 1), et dont le centre ccincide avec le centre de la Terre ou l'œil de l'observateur,

Fig. 1.—Sphère céleste.

10. Axe du monde, pôles, —L'axe du monde est la droite autour de laquelle semble s'effectuer le mouvement diurne de la sphère céleste. Il aboutit en deux points diamétralement opposés qu’on appelle pôles. V'un P, le pôle nord, boréal ou arctique est visible pour nous, l’autre P’,le pôle sud. austral ou antarctique est au-dessous de notre horizon. (fig. 1.)

Page 1