AA À
OUPS Gsnntsu Fig. 81.—Orbite «pparente du Soieil et orbite réelle de la Terre,
Admettons maintenant que le Soleil est fixe 1 foyer S de l’ellipse solaire et que la Terre se meut T en T’ dans le même temps que le Soleil a pris pci: décrire l'arc SS’, mais en sens inverse,
Le Soleil, vu de la Terre en T’, paraîtra, dans la direction T'S, se projeter sur la sphère céleste en un point E’, direction rigoureusement parallèle à TS’, Les apparences ne seront donc pas changées, et l'astre du jour aura toujours paru se déplacer de E vers E’, comme dans la première hypothèse ; il en sera de même également Pour tous les autres points de la trajactoire solaire,
Remarquons que les deux orbites, apparente et réelle, sont toutes deux tracées dans le même sens, comme l’indiquent les flèches ; ce sens est d’occident en orient, le même que celui de la rotation terrestre,
Dans l'hypothèse du mouvernent réel de notre globe autour du Soleil, la Terre, au point T, est à son péri hélie, et, à l'autre extrémité du grand axe, à son
aphélie. Sa vitesse variable (environ 30 k. par seconde), conformément au principe des aires, est maximum au 1® janvier, c'est-à-dire au périhélie, puis va en décroissant jusqu'au 1* juillet, dans la position la plus éloignée du Soleil, pour augmenter ensuite jusqu’au 1* janvier suivant.
Les deux hypothèses rendant également bien compte des apparences, il reste à choisir entre les deux ; nous allons exposer les preuves du mouvement réel de la Terre autour du Soleil.
108. Preuves du mouvement de translation de la Terre.—1", Il est naturel de penser que si deux corps doivent tourner l’un autour de l’autre, c’est le plus petit qui doit tourner autour du plus gros. Or, le Soleil, comme nous le verrons plus loin, est environ 1,300,000 fois plus gros que la Terre. Le mouvement annuel de la Terre autour du Soleil est donc beaucoup plus probable que celui du Soleil autour de la Terre,
D'ailleurs, d’après l’admirable théorie de la gravitation universelle que nous étudierons plus loin, l’attraction réciproque du Soleil et de la Terre fait que ces deux astres tournent autour de leur centre commun de
vité. Or, ce point, à cause de l'énorme masse du Soleil comparée à celle de la Terre, est très voisin du centre de l’astre radieux, de sorte que le Soleil étant pour ainsi dire immobile par rapport à la Terre, celle-ci doit néceseairement tourner autour de lui.
90 I] faut admettre qu’il y a unité et harmonie dans la Création. Or, comme nous savons que les pla: ètes, avec lesquelles la Terre a une grande analogie, gravitent réellement autour du Soleil, ce serait compliquer inutilement le système du monde quo d'admettre le mouvement de cet astre, puisqu'il devrait entraîner avec lui, en tournant autour de la Terre, tout s0n Cor-
tège de planètes.
Il ne faut pas oublier, comme nous le disions au
sujet de la rotation de la Terre, que les apparences que nous constatons sur notre globe seraient les mêmes pour tout observateur placé dans l’une quelconque des planètes ; il pourrait prouver que les autres, y compris la Terre, tournent réellement autour du Soleil et celuici paraîtrait décrire une courbe annuelle qui déterminerait l'année solaire, Il faudrait donc en conclure que chaque planète est le centre du système solaire, ce qui est absurde ; tout, au contraire, s'explique facilement ei le Soleil est le centre des révolutions planétaires,
8° On trouve une démonstration rigoureuse du mouvement de translation de la Terre dans le phénomène de la parallaxe annuelle de certaines étoiles, sur lequel nous reviendrons plus loin.
Qu'il nous suffise de dire, pour le moment, que les étoiles les plus rapprochées de la Terre subissent des .
effets de perspective qui seraient inexplicables, si l’on n’admet pas le déplacement annuel de la Terre autour du Soleil, Ces étoiles, en effet, situées en dehors du plan de l'écliptique, semblent décrire, dans l'intervalle d’un an, des ellipses dont le grand axe est parallèle au plan de l'écliptique.
Si du point T, où se trouve la Terre sur son orbite, on mène un rayon visuel vers une étoile e, celle.ci paraîtra Fig. 2. Parallaze annuelle se projeter en « sur la voûte je ar céleste, Six mois plus la Terre étant en T”, la même étoile se projettera en b, et elle aura paru décrire, dans l'intervalle d’une année, une ellipse & b, en sens
inverse du mouvement de la Terre. C’est ce que lobservation et des mesures précises ont permis de constater pour plusieurs étoiles, et c'est ce qui ne peut se concilier avec l’immobilité de la Terre.
4 Le phénomène de l'aberration de la lumière, découvert par l’astronome anglais Bradley, constitue une démonstration mathématique du mouvement de translation de la Terre.
On appelle aberration de la lumière une déviation que semblent éprouver les rayons lumineux qui viennent des étoiles, déviation en vertu de laquelle celles-ci paraissent décrire annuellement, sur la voûte céleste et parallèlement àu plan de l'orbite terreste, des ellipses dont le grand axe-mesure 40,9, et dont les petits axes sont dirigés vers le pôle de l’écliptique.
Ce mouvement annuel ap- E + parent de toutes les étoiles est dû au fait que l'œil de l'observateur, qui reçoit les rayons lumineux des étoiles, n’est pas fixe, mais se déplace avec une H vitesse qui, combinée avec celle de la lumière, conformément aux règles de la composition des mouvements, produit la déviation dont nous venons de parler.
Soit un observateur sur la
ADOLPUE Ganntad
,.. Terre, au point T (fig. 33), Fig. 2 A perrstion dela recevant la lumière d’une ee étoile E dans la direction ET.
Cette direction ne subirait aucun changement si la Terre était immobile. Mais il n’en est pas de même gi on suppose qu'elle se meut dans la direction TH, avec une vitesse égale à TA. Dans ce cas, les choses se trouvent dans les mêmes conditions que si, l'œil de l'observateur étant fixe, le rayon de lumière
ti
TS
CCS
était animé de deux mouvements, l’un suivant ET, l'autre, égal et contraire à celui de la Terre, suivant TA’.
Comme la vitesse de la lumière est environ 10,000 fois plus grande que celle de la Terre, on aura la direction suivant laquelle apparaîtra l'étoile EÆ en construi. sant le parallélogramme TCBA’, dont les côtés TC et A'T seront égaux respectivement à 10,000 et 1, et en traçant la diagonale BT ; l'étoile sera vue suivant Te et paraîtra déviée de sa véritable position de la valeur angulaire ETe, qu’on appelle l'angle d'aberration,
La même construction, répétée à tous les points de l'orbite terrestre, fait voir que l'étoile paraîtra décrire annuellement une ellipse dans un plan parallèle à l'écliptique.
Comme on le voit, le phénomène de l'aberration démontre directement le mouvement de translation de la Terre autour du Soleil, et il a la même valeur démonstrative que l’expérience du pendule de Foucault pour le mouvement de rotation,
QUE.—La Terre décrit donc en une année, dans le sens direct, une ellipse dont le Soleil occupe un des foyers. Le plan de l'équateur terrestre fait avec le plan de l'orbite, c'est-à-dire de l'écliptique, un angle de 2327’, qui est l’obliquité de l’écliptique, et l'axe de rotation de la Terre est incliné sur ce dernier plan d’un angle de 66°32°38”. Pendant toute la durée de la révolution, l'axe de la Terre reste constamment parallèle à lui-même, sauf certains changements dont nous parlerons bientôt, et se dirige toujours vers le même point du ciel ; la hauteur du pôle au-dessus de l'horizon de chaque lieu est toujours aussi à peu près constante,
nr cn