PRÉDICTION DES ÉCLIPSES
restre (153); il est donc évident que la Lune peut passer dans l'ombre de la Terre et s’y éclipser,
On démontre également que la largeur du cône d’ombre, à la distance de la Terre à la Lune, est plus de deux fois le diamètre de celle-ci. La Lune peut donc être immergée complètement dens l'ombre, la durée de l’immersion étant évaluée à près de 2 heures,
Pendant une éclipse totale, la Lune subit une diminution considérable d'éclat, mais ne disparaît pas entièrement; elle reste éclairée d’une faible lueur où domine une teinte rougeâtre,
Ce phénomène s'explique par le fait que, à cause de la réfraction atmosphérique terrestre, le cône d'ombre pure de la Terre est réduit à 42 fois le rayon terrestre, longueur plus courte que la distance de la Terre à la Lune. Cette dernière, dans les éclipses totales, passe donc au delà de la partie entièrement obscure du cône d'ombre ; elle reçoit les rayons du Soleil déviés par la réfraction atmosphérique, et, en particulier, les rayons rouges qui n’ont pas subi d'absorption dans l'air humide qui avoisine la Terre,
Par un procédé analogue au précédent, on démontre que la longueur du cône d'ombre de la Lune varie entre 57,6 et 59,5 fois le rayon terrestre. Comme la distance de la Terre à la Lune st comprise entre 56 et 64 fois le rayon de la Terre, on voit que le cône d'ombre lunaire pourra être tantôt plus court, tantôt plus long que la distance des deux astres, ce qui rend possibles, par suite, les éclipses annulaires et les éclipses totales
172. Prédiction des éclipses.—Les astronomes possèdent des moyens très précis de calculer longtemps à l'avance la date des éclipses. Les Chaldéens, chez les anciens, pouvaient approximativement prédire le retour des éclipses de Lune au moyen d’une période de 18 ans 11 jours, appelée saros, au bout de laquelle les éelipses se reproduisent dans le même ordre, Au début de chaque
période de 18 ans 11 jours, les positions relatives des nœuds de l'orbite lunaire, de la Lune et du Soleil sont à peu près les mêmes. Les éclipses qui ont lieu dans chacune des périodes successives seront donc vues dans le même ordre.
On compte, dans cette période, 70 éclipses, 41 de Soleil et 29 de Lune.
Il ne peut y avoir plus de 7 éclipses par année (5 ou 4 de Soleil, 2 ou 3 de Lune). Le minimum est 2, et, dans ce cas, ce sont deux éclipses de Soleil.
178. Fréquence et visibilité des éclipses de Soleil et de Lune.—Nous venons de dire qu’il y a plus d'éclipses de Soleil que d’éclipses de Lune, pour l’ensemble de la Terre. Il suffit, pour se rendre compte de ce fait, de considérer qu’une éclipse de Soleil est
ible lorsque la Lune traverse le cône BHB (fig. 56), circonscrit au Soleil et à la Terre, en 4 b, tandis qu'une éclipse de Lune exige que celle-ci traverse le même cône en c d. Comme la section de cœ cône est plus grande au premier endroit qu’au deuxième, on voit que les éclipses de Soleil ont plus de chances de se produire que les éclipses de Lune, et, en réalité, elles ont lieu plus fréquemment, à peu près dans le rapport de 3 à 2.
Pour un lieu déterminé, les éclipses de Lune sont observées plus souvent que les éclipses de Soleil.
Les éclipses de Lune, en effet, sont visibles à la fois partoutun hémisphère, à tous les endroits pour lesquels la Lune est au-dessus de l'horizon, tandis que les éclipses de Soleil ne peuvent être aperçues qu’en des localités très restreintes de notre globe, et successivement d’un endroit à un autre, là seulement où l'ombre de la Lune atteint le sol. L'extrémité du cône d'ombre lunaire fait sur la Terre une tache sombre d’une cinquantaine
de lieues au plus de diamètre, et il n’y a que les observateurs placés dans cette ombre qui puissent être témoins de l’éclipse. Par suite des mouvements combinés de la