‹ Cours élémentaire de cosmographie [microforme]Chapitre 94 sur 117 · GRAVITATION UNIVERSELLE · texte numérisé non relu

GRAVITATION UNIVERSELLE

de l'existence de cette force qui préside aux révolutions des planètes, sans en définir la cause, et nous ne pouvons que dire, comme lui : Les choses se passent comme ei les corps s'attiraient.

186. Conséquences du principe de la gravitation.—On déduit du principe de la gravitation plusieurs conséquences importantes dont voici les principales :

1° Le calcul permet de prévoir et l'observation confirme que les planètes et les satellites, en partant de l’état fluide ou gazeux, comme le supposent les gues, ont pris, sous l'influence de l'attraction, la forme sphérique.

2° Les points vers lesquels s'exerce l'attraction réciproque des astres sont les centres de figure de ces astres, en d’autres termes, tout se passe comme si la masse de ces corps célestes était condensée en une seule molécule située à leur centre géométrique.

3° Une autre conséquence directe de l'attraction mutuelle de deux astres, c'est qu'ils doivent tourner autour de leur centre commun de gravité. Le Soleil, sous linfluence des réactions qu'il subit de la part des planètes, n’est donc pas complètement fixe, bien qu’on puisse le considérer sensiblement comme tel, parce que sa masse est incomparablement plus considérable que celles des planètes réunies. Le centre de gravité de tout le système solaire est très rapproché du centre de figure du Soleil.

4 On démontre qu’une planète, placée en présence du Soleil qui j’attire et animée d’une impulsion initiale, doit décrire autour de l’astre radieux une courbe qui sera toujours une section conique, c’est-à-dire un cercle, une ellipse, une parabole ou une hyperbole. Les planètes se meuvent dans des orbites elliptiques ; certaines comètes tracent, comme on le croit, des paraboles ou des hyperboles. °

5° Enfin, ajoutons que l'attraction des planètes les

unes sur les autres a pour effet de modifier quelque peu la forme de leurs orbites : ce-sont les perturbations nétaires que les astronomes savent calculer avec une grande précision. C’est en étudiant les perturbations de la planète Uranus que Le Verrier, comme nous le dirons plus loin, découvrit la planète Neptune.

187. Origine du monde solaire, hypothèse de Laplace.—Voici comment on peut se faire une idée, d’après l'illustre savant français Laplace, de la formation du monde solaire :

Imaginons une nébuleuse primitive, c'est-b-dire un amas de matières gazeuses en ignition, dont ia température serait très élevée et qui serait animée d’un mouvement de rotation sur elle-même.

Cette masse gazeuse, d’une part, devait se refroidir par le rayonnement de la chaleur dans l’espace, tandis que, d’autre part, elle tendait à se condenser de plus en plus vers son centre, à cause de l'attraction dirigée vers ce point, ce qui avait aussi pour conséquence d'augmenter la vitesse de rotation de toute la masse.

L'antagonisme entre la force d'attraction et la force centrifuge qui résulte du mouvement de rotation devait se terminer par la prépondérance de cette dernière. Des anneaux nébuleux se sont alors détachés de l’amas central, et celui-ci, en achevant de se condenser définitivement, constitua le Soleil. Les anneaux, de leur côté, sous l'influence de la rotation, se divisèrent en masses distinctes, lesquelles, une fois condensées, donnèrent naissance aux planètes,

La formation des satellites s'est effectuée d’une manière analogue par la rupture des anneaux issus des planètes. Saturne, en outre de ses dix satellites, possède encore un triple anneau qui l'entoure de toutes parts.

D'après l'hypothèse de Laplace, le Soleil et les planètes seraient donc formés par la condensation d’une

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