TOUS DROITS RÉSERVÉS FACULTY OF FORESTRY UNIVERSITY OF TORONTO
PRÉFACE
Le Cours DE cuLTuRE de MM. Lorentz et Parade peut se passer de recommandation, pour continuer à faire son chemin dans le monde. La réputation qu'il s'est acquise le lui permet. Aussi, quand j’ai accepté la tâche d'écrire une préface pour l'édition qu’on en publie aujourd'hui, n’ai-je pas pris l’engagement d'en signaler tous les mérites, engagement qui d’ailleurs m’eût mené trop loin et que je n'aurais pu remplir au gré de mes désirs. J'ai voulu seulement ne pas manquer l'occasion de rendre un nouvel hommage à deux hommes dont, comme tous ceux qui ont eu des rapports avec eux, je vénère profondément la mémoire, et je crois qu’il me suffira, pour cela, de rappeler en peu de mots les bienfaits que nous leur devons.
La première édition du Cours de culture a paru en 1837. — L'École forestière était fondée depuis
VI PRÉFACE
1824. Le code forestier et l'ordonnance réglementaire avaient été promulgués en 1827. La loi et l’administration avaient fait ce qu’il leur appartenait de faire pour la régie des forêts. Il restait à formuler et à publier les règles de culture les plus propres à féconder ce vaste domaine, règles professées par M. Lorentz, mais jusqu'alors au profit exclusif des élèves.
Je l’ai fait observer ailleurs : les matériaux nécessaires pour ce travail étaient fort incomplets et dépourvus de liens, au moins dans notre pays. Plus nombreux en Allemagne, ils y avaient été réunis en corps de doctrine, en traités spéciaux, très estimés et très estimables ; mais ces traités ne convenaient ni au climat ni à la flore de la France, ni aux mœurs de ses habitants, et j’ajouterai, n1 à leur esprit, esprit logique s'il en fut et très exigeant en fait de méthode et de clarté.
MM. Lorentz et Parade connaissaient tout ce qui avait été écrit sur la matière; ils possédaient en outre un fonds précieux d'observations et d’expérience personnelles, beaucoup d’élévation dans les idées et beaucoup de précision dans l'esprit. Nul
mieux qu'eux ne pouvait mener à bien la difficile
PRÉFACE. VI entreprise de fixer dans un livre les principes de la science forestière. Aussi leur ouvrage obtint, dès la première édition, un grand et légilime succès.
Cet ouvrage a été amélioré. Il devait l'être. Si l'on compare la dernière édition à la première, on la trouvera beaucoup plus volumineuse. Toutefois, la différence ne porte que sur des objets secondaires. Les auteurs ont perfectionné l'œuvre sans en modifier l'ordonnance, les proportions, l'harmonie, sans en altérer les théories générales, et ainsi à été réalisée leur intention, de donner aux forestiers une constitution immuable dans ses bases essentielles et néanmoins perfectible. On n'a peut-être pas assez remarqué cela, tant ce qui est juste, vrai, parait facile à concevoir, tant il est rare qu'on se rende compte de ce qu’il en coûte à un écrivain pour être méthodique. simple et clair.
Production soutenue, régénération naturelle, amélioration progressive, tel est le but de la culture des bois, disent MM. Lorentz et Parade dans l'introduction de leur Cours; cette définition est excellente :
La production soutenue, quoique certains cas particuliers autorisent des exceptions, est une des