CHÊNE OCCIDENTAL
Longtemps confondu avec le chène liège, le chêne occidental se rencontre peu dans la région méditerranéenne et habite particulièrement les bords de l'Océan depuis Bayonne jusqu'à la Gironde. Le long du golfe de Gascogne, il forme de vastes forèts, seul ou mélangé
avec le pin maritime.
Climat, situation, exposition, — C'est un arbre des climats doux plutôt que chauds; on le trouve dans les plaines et il prospère encore jusqu’à 400 m. d’altitude. C’est surtout sur les pentes méridionales et abritées qu'il se plait.
Terrain. — Ilrecherche principalement les terrains de transport, siliceuxouargilo-siliceuxdes landes.
Floraison et fructificatiom. — La floraison est monoïque et amentacée pour les mâles; les fleurs paraissent en juin; les glands qui leur succèdent ne sont
mûrs qu’en septembre de l’année suivante. L'arbre de-
624 APPENDICE vient fertile vers l’âge de 25 à 30 ans.et fructifie presque tous les ans.
Jeunes plants. — Les jeunes plants sont assez robustes, mais l’ombrage leur est favorable et ils se trouvent bien du mélange avec le pin maritime dont le couvert est très léger.
Feuillage.— Les feuilles sont petites, légèrement dentées, et persistent jusqu'à l’entier développement de celles de l’année suivante. La tète de l’arbre, très rameuse, fournit un couvert assez épais.
Racines. — Le chène occidental pivote et trace. Les racines latérales, qui s'étendent au loin, sont disposées à drageonner.
Croissance et durée. La croissance de cet arbre est assez rapide; vers l’âge de centans, il peut atteindre deux mètres de circonférence; il ne prend qu'une hauteur de 15 à 20 mètres et ne dépasse guère 4 mètres de tour. Sa longévité est prolongée.
Qualités et usages. — Comme le chêne liège, le chène occidental fournit un bois qui se tourmente beaucoup et supporte mal les alternatives de sécheresse et d'humidité: c'est donc un mauvais bois de construction ou de travail: il est au contraire très estimé pour le chauffage et donne un excellent charbon,
Il est surtout cultivé pour son écorce qui produit un
liège aussi estimé que celui du chêne liège.
5 ls,
Renvoi du n° 475, page 232.
En posant le principe que la possibilité des coupes de régénération doit toujours être basée sur le volume, les auteurs du Cours de culture laissent entrevoir qu'à la rigueur les coupes d’ensemencement pourraient être réglées par contenance.
C’est en effet ce qui a lieu pour quelques sapinières de l’arrondissement de Remiremont, à titre d'essai seulement et dans des conditions tout à fait exceptionnelles.
Dans cette région des Vosges, située sous un rude climat, les repeuplements naturels tardent à se produire, soit que la graine parvienne rarement à maturité, soit par suite d'accidents qui compromettent le succès des semis ; au début, la croissance est d’ailleurs très lente : les jeunes plants de hêtre et de sapin ont, à un degré remarquable, la faculté de supporter le couvert, dans un état de végétation latente, pendant 20, 30 et mème 40 années, puis de se développer rapidement s'ils viennent à être dégagés avec les précautions nécessaires.
Il fallait tenir compte de ces particularités dans l'aménagement et fixer à 40 ans la durée des périodes mesurée aux lenteurs du réensemencement naturel ; mais, comme l’âge moyen des peuplements ne permettait pas
d'adopter une révolution de plus de 120 ans, chaque affectation eût ainsi compris le tiers de la série, c'est-àdire une étendue beaucoup trop grande.
En effet, sous le couvert de la coupe sombre, la végétation est à peine sensible; les semis ne manifestent réellement leur existence qu'après avoir été dégagés; on comprend dès lors que la gradation des âges, dans les nouveaux peuplements, dépend de la marche que l'on imprime aux Ccoupessecondaires et définitives. — Assises ca et là, sans ordre, suivant les hasards du repeuplement, ces exploitations laissent souvent, après leur passage, des bouquets de jeunes bois confusément mêlés, dont les âges extrèmes présentent un écart d'autant plus orand que la période est plus longue.
Il s'agissait d'éviter cette irrégularité de consistance, qui perpétuerait, en quelque sorte dans les affectations, l'aspect et les inconvénients du jardinage, et préparerait, pour la 2° révolution, des bois plus ou moins éloionés del’age d’exploitabilité.
C'est pourquoi l’on a adopté les dispositions suivantes :
La révolution a été partagée en 6 périodes de 20 ans. La première affectation doit être entièrement régénérée en 20 ans, autant que possible par voie de régénération naturelle: mais, comme la période est trop courte, eu égard aux conditions climatériques, on admet qu'après
un certain temps écoulé sans résultats satisfaisants, le
APPENDICE 627 parterre des coupes sombres sera repeuplé artificiellement.
Dans cette affectation, la possibilité de toutes les coupes de régénération est d’ailleurs basée sur ie volume.
Durant la même période, de véritables coupe sombres, assises de proche en proche par vingtième de surface, parcourent la totalité de la 2° affectation. Si l’on prévoit une année fertile, on prépare le sol par bandes ou sillons ; mais, quel que soit l’état des semis ainsi obtenus ou de ceux quiexistaient fortuitement avant le passage des coupes sombres, on doit s'abstenir de les dégager; c’esten deuxième période seulement que les exploitations prendront la forme de coupes claires et définitives. On espère qu’à cette époque, il sera possible de les asseoir régulièrement et de réaliser la gradation des âges, en dégageant les semis de proche en proche, sans interruption.
On suivra d’ailleurs la même marche jusqu’à la fin de la révolution, c'est-à-dire que chaque affectation sera régénérée à son tour normal d'exploitation, après avoir été traitée en coupes sombres pendant les 20 années pré cédentes.
En termes plus généraux, la combinaison dont il vient d’être parlé peut être résumée de la manière suivante :
La révolution étant de 120 ans, et la durée normale
de la période devant être fixée à 40 ans, on a partagé
628 APPENDICE chaque affectation en deux parties égales correspondant à deux sous-périodes de 20 ans.
Sauf la portion affectée à la première moitié de la première période et qui doit être régénérée par le concours des procédés naturels et artificiels, chaque affectation est régénérée en 40 ans par voie de réensemencement naturel.
On n'a donc dérogé à la méthode ordinaire qu’en deux points :
1° En réglant par contenance la possibilité des coupes sombres :
20 En laissant écouler un intervalle de 20 ans entre la première coupe sombre et la première coupe secondaire, dans chaque affectation.
Contre l'application de ce mode particulier de régénération dans les sapinières, on objecte :
Que le matériel des coupes sombres sera exploité prématurément ;
Que les produits de la première période seront supérieurs à ceux du surplus de la révolution.
Ces objections sont plus ou moins fondées suivant les circonstances, aussi l'emploi du système en question ne peut-il se justifier qu’en présence de difficultés exceptionnelles, quand les lenteurs du réensemencement naturel commandent d'adopter de très longues périodes.
Pour la grande majorité de nos sapinières, la règle
n’en subsiste pas moins de baser sur le volume la pos-
ABPENDICE 629 sibilité des coupes principales scrupuleusement circonscrites dans l’affectation qui est en tour normal de régenération.
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Renvoi du n° 516, page 279.
Nos plus importantes forêts de pin sylvestre étaient anciennement soumises au mode à tire et aire. Ce traitement leur fut appliqué jusque vers 1820, époque à laquelle on lui substitua la méthode naturelle, au moins en ce qui concerne les coupes principales. Dans ces coupes, on réservait un certain nombre d'arbres dans le but d'obtenir le réensemencement du terrain et, pour mieux assurer la régénération naturelle, on imposait aux adjudicataires la charge d’arracher les myrtilles, les mousses, etc., et de donner au sol une légère culture par bandes alternes.
Tel est, en peu de mots, le traitement qui était autrefois appliqué à ces forêts, dans lesquelles on trouve aujourd'hui des peuplements provenant de semis naturels, parfaitementcomplets et detous les âges antérieurs à 1840.
La faculté d'imposer des travaux sur les coupes ayant été supprimée lil y a 30 ans environ), on cessa de culti-
ver le parterre des coupes d’ensemencement. Mais bien-
tôt on s’aperçut que ces coupes ne se repeuplaient pas, ouqu'elles se repeuplaient mal, ou que, tout au moins, il fallait attendre trop longtemps avant d'obtenir un semis suffisamment complet. Dès lors, on prit le parti de recourir à des repeuplements artificiels.
La facile exécution et le succès, pour ainsi dire assuré, de cette opération, d’une part; l’insuccès des coupes d’ensemencement dans les terrains non préparés, d'autre part, firent naïitre, peu à peu, la conviction qu'il y avait intérêt à substituer, d'une manière générale, le repeuplement artificiel à la régénération naturelle. Mais on ne tarda pas à reconnaitre que le nouveau mode de régénération ne donnait pas des résultats meilleurs que ceux que l’on obtenait anciennement , et, comme il est beaucoup plus coûteux, on revint tout naturellement à l’ancienne pratique des coupes d’ensemencement et à la préparation du sol de ces coupes.
Une culture très légère, un simple grattage de la mousse qui recouvre les terrains secs, l'ouverture de bandes ou de sillons dans les sols trop fortement enherbés ou couverts de myrtilles, suffit pour assurer la
régénération naturelle des coupes dans un bref délai.
Les repeuplements que l’on obtient ainsi ne sont pas ordinairement aussi épais, aussi drus que ceux que l’on peut avoir en semant à la main. Mais ils présentent, sur ceux-ci, plusieurs avantages importants : en effet,
les jeunes plants du pin sylvestre sont très robustes et
APPENDICE 631 croissent avec rapidité dans la premiere jeunesse, s'ils sont un peu clair-semés ; leurs branches basses s’étalent, leur pied devient fort et trapu, et, peu à peu, le massif se forme et se serre jusqu'à donner un peuplement très complet avant d'arriver à l’état de gaulis. Les semis naturels (probablement parce qu'ils sont moins serrés) échappent presque tous à la maladie grave de la défoliation qui atteint généralement les semis artificiels, et en retarde souvent le développement pendant plusieurs années.
Enfin, malgré l'avantage qu'il pourrait y avoir à pratiquer une éclaircie forte dans les fourrés, la difficulté de procéder en grand à cette opération délicate empeche d'y recourir, et les semis artificiels, trop serrés au début, ne présentent plus quand arrive l’état de gaulis,
que des tiges étiolées et souvent sans avenir.
HN
Renvoi du n° 543, page 308.
Dans les futaies jardinées en voie de transformation, l'usage a prévalu de régler par contenance les coupes jardinatoires destinées à faire disparaitre les bois que l'on ne pourrait laisser sur pied, jusqu'à ce que les
coupes de régénération vinssent les atteindre.
Selon que le dépérissement de ces bois est plus ou moins rapide, on parcourt deux ou trois fois, durant chaque période, les affectations qui ne sont pas en tour de régénération ; les coupes sont assises de proche en proche, par contenances égales, et l’on procède en même temps à l’enlèvement des perches dominées et sans avenir.
De cette manière, on ne réalise pas toujours l'égalité des produits annuels; mais c’est là un point secondaire; l'essentiel est d'exploiter à propos les arbres surannés ou nuisibles, en évitant toute appréciation à long terme. Suivant les conseils du Cours de culture [544/, il s’agit, en pareil cas, de recourir aux moyens les plus simples, les plus larges et les plus expéditifs.
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Renvoi du n° 549, page 317.
Le jardinage rationnel, tel que l'enseigne le Cours de culture [549|, a rencontré dans la pratique de sérieuses difficultés en ce qui concerne la périodicité des coupes. En effet, la marche des accroissements étant fort irrégulière dans les forêts de l’espèce, il est rarement pos” sible de préciser le temps dans lequel les arbres d'une
certaine catégorie de diamètre parviendront à la gros-
APPENDICE 633 seur requise pour être réputés exploitables ; et cette donnée füt-elle même acquise avec une approximation suffisante, le rapport soutenu n’en serait pas moins établi sur une base bien précaire.
Il faut donc le reconnaitre : on n’a fait et l’on ne pouvait faire que de vaines tentatives pour équilibrer les produits, à long terme, dans les forêts jardinées. C’est que la solution du problème est subordonnée à la condition de trouver, sur toute l'étendue de la série jardinée, des bois de tous âges confusément mèêlés dans des proportions constantes, c'est-à-dire un état de consistance à peu près imaginaire.
A ce point de vue, comme à celui de la quantité et de la qualité des produits, le jardinage parait devoir être ‘exclu des forèts grandes ou petites, sauf les cas exceptionnels où la situation commande d'y maintenir constamment l’état de massif, dans un intèrêt de conserva-
tion ou d’abri.
En pareil cas, le forestier intervient uniquement, soit pour enlever les arbres brisés, morts ou parvenus à un degré de maturité très avancé, soit pour favoriser l’essor des jeunes peuplements destinés à perpétuer l’état de boisement.
Or, le moyen le plus simple, le plus sûr d'obtenir ces résultats, serait de parcourir chaque année toute la série
jardinée en coupant les bois parvenus au terme de l’exploitabilité physique. Mais cette manière de procéder
serait fort pénible si on l’appliquait à des forêts de certaine étendue; l'exploitation de produits disséminés à de grandes distances occasionnerait d’ailleurs une forte dépense; il est donc souvent nécessaire de consacrer plusieurs années à ces exploitations &t d’en régler la périodicité proportionnellement aux contenances à par-
courir.
Toutefois, la période de rotation doit être courte pour éviter toute appréciation lointaine sur la longévité des bois, et afin que, dans l'intervalle de deux coupes sur un point quelconque, les produits ne puissent pas être dépréciés par un dépérissement imprévu.
On remplit ces conditions en fixant, parexemple, à 12 ans la périodicité des coupes jardinatoires dans les forèêts de plus de 100 hectares, et en réduisant cette pério- : dicité jusqu'à la rendre annuelle, biennale ou triennale, s’il s’agit d'opérer sur de faibles étendues.
Ce point établi, la marche des exploitations consiste uniquement, pour les bois de l'Etat, à diviser l'étendue boisée en autant de parties égales qu'il y a d'années dans la période de rotation; les agents d'exécution ont ensuite pleine faculté de faire, dans les limites de chaque coupe, toutes les exploitations compatibles avec la conservation des massifs.
Quant aux forêts appartenant à des communes ou à des particuliers, sans poursuivre le rapport soutenu à
long terme, il convient cependant d’équilibrer les pro-
APPENDICE 635 duits, dans une certaine mesure, pendant le cours de
chaque période de rotation.
Les dispositions à prendre dans ce but, peuvent être résumées ainsi qu'il suit :
1° Fixer d’après la contenance de la série quelle doit
être la périodicité des coupes ;
2° Partager la série en parcelles comme il est dit au Cours de culture [5491 ;
39 Déterminer le diamètre que les arbres doivent avoir
atteint pour ètre réputés exploitables ;
49 Au début de chaque période, dénombrer et cuber, séparément dans chaque parcelle, les arbres qui ont atteint ou dépassé le diamètre adopté comme limite; puis divisant ce matériel par le nombre d'années de la période, déduire le volume annuel moyen que l’on peut exploiter:
50 Répartir les parcelles entre les années de la période, proportionnellement aux volumes que l’on y a trouvés, en s’attachant à former chaque contingent annuel, soit d’une parcelle entière, soit d’une partie aliquote de parcelle, soit de plusieurs parcelles réunies, de telle sorte que les produits différent le moins possible
du volume annuel moyen ;
6° N’expioiter dans chaque coupe annuelle que les arbres ayant atteint ou dépassé le diamètre adopté, et
même réserver ceux dont l'enlèvement compromettrait
636 APPENDICE l'intégrité du massif, faute de jeunes bois en quantité suffisante pour fermer les vides.
7° Exploiter en outre, quelle quesoit leur grosseur, les bois morts ou tout à fait dépérissants.
Ce règlement de possibilité, fondé sur les contenances équivalentes, est compatible avec l'établissement d’un quart en réserve; il suffit pour cela de former autant, de contingents annuels qu'il y ad’années dans la période, plus un tiers, ‘
Aïe 5
Renvoi du n° 560, page 331.
Dans la pratique, on s'abstient généralement de passer par une révolution transitoire quand il s’agit de transformer les futaies précédemment soumises au mode dit à tire et aire. Limitées, pendant la première période, aux bois dépérissants ou parvenus à un degré de maturité très avancé, les extractions d’anciennes réserves, dans la plupart des cas, n’ont pas donné d'assez grands produits pour compromettre le rapport soutenu.
On n'a recours à une période transitoire que quand la révolution adoptée étant plus longue que celle des
coupes à tire et aire, il convient d'attendre que les
APPENDICE 637 bois de première affectation soient devenus exploitables.