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Renvois des n° 597 et 600, pages 375 et 380.
Quand on procède au balivage dans les taillis composés d'essences mélangées, il est bien rare de rencontrer, surtout dans les forèts situées en bon fonds, le nombre de brins de chène nécessaire à l'entretien d’une réserve convenable en sujets de cette essence.
Les auteurs de la culture attribuent cette pénurie des baliveaux de franc-pied à la difficulté que les jeunes plants de chêne éprouvent à s'élever au milieu des bois blancs, des morts-bois et des rejets de bois dur qui les encombrent et les dominent, bientôt après l'exploitation du taillis.
Afin d'assurer les ressources nécessaires au balivage, on prescrit de planter une quantité suffisante de jeunes chènes après chaque exploitation du taillis ; puis on recommande de donner à ces plantations tous les soins nécessaires pour les mener à bien, notamment en pratiquant des nettoiements et des éclaircies, dans le but de les dégager du couvert qui peut nuire à leur dévelop-
pement.
Si ces prescriptions étaient bien comprises et appliquées avec suite, elles produiraient le résultat que l’on poursuit. Mais elles ont, à nos yeux, un inconvénient qui n’a certainement pas échappé aux auteurs de la culture, c'est de recourir à des repeuplements artificiels, tou-
jours fort coûteux, pour assurer la régénération du
chène dans les taillis d’essences mélangées.
Nous ne songeons pas à écarter les repeuplements artificiels, d’une manière absolue ; nous croyons seulement que, dans les taillis comme dans les futaies, on peut souvent éviter cette dépense, en prenant les précautions nécessaires : {1° pour assurer la production des semis naturels en quantité suffisante: 2° pour préserver ces semis, après l'exploitation du taillis, des dangers
auxquels ils sont exposés.
Dans les taillis exploitables, où la réserve est constituée en chènes et hêtres, on trouvera presque toujours, sous le couvert des perchis, une certaine quantité de jeunes plants provenant de semis naturels. A la rigueur, cette quantité pourrait, la plupart du temps, être considérée comme suffisante pour subvenir, ultérieurement, aux besoins du balivage. Mais on obtiendra sûrement un résultat plus complet et plus satisfaisant, en pratiquant, quelques années avant la coupe principale, une éclaircie dans laquelle on aura soin de dégager le sol de tout ce qui le couvre trop immédiatement, en un mot
de relever le couvert, tout en se gardant d'interrompre
APPENDICE 639 le massif. Lorsque les taillis sont ainsi préparés, les glands et les faines se conservent parfaitement sous la feuille pendant l'hiver qui suit la dissémination; tandis que ces semences moisissent, s’échauffent et pourrissent dans les peuplements plus jeunes, plus serrés, où le
couvert des végétaux de toute espèce est plus rapproché du sol. |
Que si, par exception et pour une cause quelconque, on n’a pas l'espoir d'obtenir des semis naturels sous le perchis, il faudra bien planter. Mais alors, mieux vaut encore, selon nous, planter, deux ou trois ans avant l'exploitation, sous le couvert du taillis préalablement éclairci, que d'entreprendre le repeuplement après le récolement de la coupe. La plantation sous le couvert du perchis, dans un sol nettoyé d'herbes et bien ameubli, est plus facile, moins coûteuse et présente plus de chance de succès que lorsqu'on l’exécute dans un taillis nouvellement exploité. En tout cas, quand on plante, soit avant, soit après l'exploitation du taillis, il est bon d'adopter un certain ordre et de disposer les plants par bouquets ou en lignes, de facon à pouvoir les retrouver plus facilement, quand il faudra leur donner les soins
nécessaires pour assurer leur développement.
Ces soins s'appliquent aussi bien aux brins provenant de semis naturels qu'aux sujets de plantation. Ils sont parfaitement indiqués par les auteurs de la culture, e
consistent principalement dans la pratique des nettoie-
640 APPENDICE ments (Voir la note au bas de la page 378). Toutefois, nous croyons devoir insister sur la manière de procéder à cette opération, que l’on a trop négligée jusqu'ici, parce qu’elle ne procure point de revenus immédiats. Afin que l'exécution en fut bien assurée, nous voudrions que les coupes de nettoiement dans les taillis fussent assises aussi régulièrement que les coupes principales et, qu'après son exploitation, chaque coupe de taillis fut nécessairement et obligatoirement parcourue en nettoiement à des époques fixes, par exemple, tous les deux, trois ou quatre ans, suivant la rapidité de la végétation, jusqu’à l’âge fixé pour la coupe d’éclaircie. Rien ne serait plus facile, nous en avons l'expérience, que de dresser les gardes à diriger ou à exécuter euxmêmes une opération quinedemande ni dépensede force, ni beaucoup de savoir-faire. En effet, le nettoiement, comme nous l’entendons ici, ne consiste pas à extirper à la pioche les bois blancs et les morts-bois, ni même à les couper rez-terre à la serpe ou àlahache: il se réduit tout simplement, à dégager la tètedes jeunes plants dont on veut favoriser le développement, en cassant ou en coupant, à une hauteur convenable, les tiges ou lesbranches des végétaux secondaires, qui nuisent ou menacent
de nuire bientôt à la croissance des sujets à protéger.
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Renvois des n°*:601 et 603, pages 382 et 384.
L’élagage, dans les forêts, ne s'applique guère qu'aux arbres qui ne croissent pas en massif. L'élagage des arbres réservés dans les taillis comprend deux opérations distinctes : l'émondage des branches gourmandes, et la suppression ou le raccourcissement de certaines bran-
ches de la cime.
Ainsi que le conseillent les auteurs de la culture, l’émondage des branches gourmandes doit toujours avoir lieu rez-tronc.On se sert, à cet effet, d'instruments bien tranchants et de formes très variées, auxquels on donne le nom d’émondoirs. En première ligne vient la serpe qui est l'instrument préféré de tous les ouvriers, et le seul qu’ils peuvent employer commodément, quand ils sont obligés de faire usage d’échelles, pour atteindre les branches à émonder. Après la serpe ordinaire, les émondoirs dont nous donnons ici le dessin nous paraissent les meilleurs. Le premier est une serpe en forme de croissant, à laquelle on ajuste un manche de longueur variable (2 à 4 mètres ordinairement); le second a la forme d’une spatule et s’emmanche comme la
serpe. L'un et l’autre peuvent servir indifféremment à
l’'émondage rez-tronc des petites branches gourmandes ; mais lorsqu'il s’agit de retrancher une branche un peu forte, ayant, par exemple, 4 ou 5 centimètres de diamètre au point d'attache, on se sert, avec plus d’avan-
tage, de l'émondoir en spatule. Dans ce cas, on appli-
que letranchant de l'instrument à la base de la branche, et, pendant qu’un homme soutient l’émondoir dans cette position, un autre ouvrier lui donne l’impulsion en frappant avec un maillet contre l'extrémité inférieure du manche. On obtient ainsi des plaies bien nettes, que
l’on enduit de coaltar immédiatement après l’opération
APPENDICE 643 et qui se ferment avec d'autant plus de rapidité que l’arbre est plus vigoureux.
L'émondage doit se faire aussitôt que les branches gourmandes apparaissent, c’est-à-dire pendant l'été qui suit l’abatage du taillis. Si l'opération ne peut pas être pratiquée dans ce délai, il sera particulièrement utile de la faire avant le développement des bourgeons de l’année suivante.
Un seul émondage suffira quelquefois pour débarrasser un arbre de ses branches gourmandes, et, dans tous les cas, le premier sera le plus important. — Mais un second émondage à 2 ans, 3 ans au plus d'intervalle, sera souvent utile ou même nécessaire. Rarement, on sera obligé de recommencer une troisième fois l’opération.
Appliqué avec soin et en temps opportun, l'émondage des branches gourmandes suffit presque toujours pour préserver du dépérissement la cime des arbres de réserve, et dispense d’avoir recours plus tard à la suppression de grosses branches. — Nous ferons remarquer, d’ailleurs, que l'opération de l’émondage est facile à pratiquer, qu'elle n’exige pas l'emploi d'ouvriers spéciaux difficiles à former, et qu'on peut en généraliser l’application dans toutes les forêts, grandes ou petites, sans aucun embarras, parce qu’elle ne demande ni beaucoup de temps, ni beaucoup de frais, ni beaucoup
d'habileté. Le tout est d'agir en temps utile.
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Outre l'éemondage, toujours nécessaire, des branches gourmandes, il peut être utile de retrancher ou de raccourcir certaines branches de la cime. Ainsi, les branches mortes, par exemple, devront toujours être supprimées en même temps que l’on fera l’'émondage des branches gourmandes. Il en sera de même des branches cassées par le vent ou par la chute d'arbres voisins. IL est bien certain, en effet, que si on laisse subsister ces branches mortes ou cassées, la pourriture qui a envahi les premières et qui menace d’'envahir les autres, deviendra souvent la cause de la formation de gouttières : et, plus tard, de grisettes, qui atteindront le corps de l'arbre, et y produiront les ravages que l’on rencontre si souvent dans les réserves sur taillis et spécialement dans les chènes. Reste donc à savoir comment on procédera à cette amputation.
Pour les branches entièrement mortes, la section doit toujours avoir lieu rez-tronc, tandis que l’amputation peut se faire dans la partie restée vivante de la branche, quand l'extrémité seule est morte. -De même, onpourra souvent se borner à supprimer une partie d’une branche vive et cassée en faisant la section à quelque distance au-dessous du point de fracture ; mais c’est à la
condition expresse que la partie à conserver sera sus-
APPENDICE 645 ceptible de reconstituer une branche utile à l’alimentation de l’arbre. Dans tout autre cas, l’élagage devra se faire rez-tronc.
Cette opération peut se faire avec une serpe ordinaire, où avec une scie quand il s’agit d'attaquer une grosse branche. Mais, lorsqu'on se servira de la scie, il faudra nécessairement raviver et polir la plaie avec la serpe et, dans tous les cas, recouvrir cette plaie d'une couche de coaltar. Inutile de dire que l’amputation d’une branche un peu forte devra toujours commencer par une entaille assez profonde dans le côté inférieur de la
section.