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Le calcaire où carbonate de chaux (pierre à

DES SOLS, DES ESSENCES. 29 chaux, craie, marbre, etc.), réduit en terre, constitue un sol meuble qui absorbe promptement et retient une grande quantité d’eau avec laquelle il se délaie et forme de la boue, et qui, par les temps secs, perd rapidement toute cette eau et tombe en poussière.

48. Le sable est un composé de grains plus ou moins fins non délayables dans l’eau. Il constitue un sol meuble, sans aucune consistance, dépourvu de la propriété de retenir l’eau, qu’il laisse infiltrer jusqu'aux couches les plus profondes.

49. Comme on le voit, aucune de ces terres n’est propre à former à elle seule un terrain fertile. L'araile, à cause de sa compacité et de son imperméabilité à l'air comme à l’eau, ne permet pas aux racines de pénétrer et de s'étendre; mais, divisée par la silice ou la chaux, en proportion convenable, elle devient un des meilleurs sols.

La terre calcaire, par légale facilité qu'elle possède d’absorber et de perdre beaucoup d’eau, offre un sol alternativement et brusquement trop humide et froid, puis trop sec et chaud; les plantes y végètent péniblement, quand l'argile ou une quantité considérable de terreau ne lui donne pas la consislance nécessaire.

Les sables purement siliceux, enfin, sont stériles, parce qu'en raison du manque total de cohésion entre les grains dont ils se composent, l'humidité s'infiltre ou s’évapore presque aussitôt qu'elle y pénètre, et les prive ainsi d’un des éléments essentiels

30 DES CLIMAITS,

de la végélalion. Toutefois, lorsque le sable est à l'état pulvérulent, il se modifie favorablement en ce que, bien qu’entièrement desséché à la surface, il relient, à peu de profondeur, assez de fraîcheur pour permettre à certains végétaux ligneux d’y prospérer. Les dunes que l’on parvient à fixer à l’aide de semis de bois résineux sont un exemple de ce fait. Mais il n’est pas moins vrai, en général, que les sols siliceux ont besoin, pour devenir fertiles, d’une grande quanüité de terreau.

50. Le terreau forme une terre dont la ténacité est supérieure à celle des terres calcaires ou siliceuses, quoique bien inférieure à celle des terres argileuses; il a, en outre, la propriété d’absorber plus d’humidité qu'aucune autre terre et de la céder avec facilité à la végétation. Le lerreau corrige donc les propriétés défavorables des sols siliceux et calcaires, en leur donnant plus de consistance et en les rendant propres à retenir l'humidité, et celles des argiles, en diminuant leur trop grande compacité et leur résistance à céder l’eau absorbée. Enfin, c’est le terreau qui favorise l’assimilation des substances minérales nécessaires à la végétation.

Le rôle de ce terreau explique comment, dans beaucoup de nos anciennes forêts où il s’est accumulé, nous voyons une végétation riche et des arbres de la plus grande beauté sur des sols qui, découverts et réduits à leurs éléments minéralogiques, seraient presque stériles.

DES SOLS, DES ESSENCER. al

ARTICLE III

De la base minéralogique et de l'inclinaison.

91. Après avoir considéré le sol par rapport à ses principaux composants, il nous reste à examiner les modifications que peuvent lui faire subir sa base minéralogique et son inclinaison.

92. C’est aux gisements de roche ou d'argile pure formant la limite inférieure des terrains, que l’on a donné le nom de base minéralogique. Leur action sur la végétation se manifeste de plusieurs manières. Compacte et dure, la base minéralogique empêche évidemment les racines des arbres de s’enfoncer au delà de la couche de terre végétale; tendre et divisée par de nombreuses fissures, elle leur donne un plus facile accès. Stratifiée, c'est-à-dire composée de couches ou de feuillets parallèles , elle facilite ou arrête la pénétration des racines suivant que les joints sont obliques ou perpendiculaires à la surface du sol, ou qu'ils lui sont parallèles.

La base minéralogique influe encore sur le degré d'humidité des terrains, selon qu’elle est imperméable ou qu’elle laisse l’eau s'infiltrer. Cette propriété dépend soit de la nature ou des proportions des éléments constituants, el nous avons vu plus haut comment l'argile, le calcaire et le sable se comportent sous ce rapport; soit de la nature schisteuse ou

32 DES CLIMATS , compacte du gisement, de la direction horizontale, oblique ou verticale des couches.

99. L'inclinaison, lorsqu'elle est faible, a peu d'influence sur le terrain; toutefois, les sols entièrement plats sont plus exposés aux inondations que ceux qui sont légèrement accidentés. Mais, dans les pentes fortement prononcées, on observe généralement plus de sécheresse dans la partie supérieure et plus de fraïcheur dans l’inférieure, qu’à mi-côte; et les éléments meubles, solubles ou simplement délayables, étant entraînés vers le bas par l’action des eaux, la fertilité du sol au pied des montagnes augmente constamment aux dépens des parties plus élevées. Ces inconvénients, cependant, sont moins à redouter lorsque les pentes sont boisées, attendu que les arbres retiennent les terres par leurs racines, et conservent la fraicheur par leur couvert. Il est à remarquer, d’ailleurs, que l’inclinaison est favorable à la végétation des arbres quand elle n’est pas trop forte, parce que, ne cessant pas de croître verticalement, leurs cimes, étagées les unes au-dessus des autres, participent plus largement à l’influence bienfaisante de la lumière, se couvrent d'un feuillage plus abondant, et l’on sait que la production ligneuse est proportionnelle au développement des parties foliacées; parce que, enfin, les racines ont plus d'espace pour s'étendre !.

‘ Ce dernier avantage, qui est réel dans les pentes douces ou moyennes, cesse d'exister dans les pentes rapides, surtout

ARTICLE IV

Des diverses catégories de terrain.

94. Les dénominations les plus usitées pour les terrains se fondent, d’une part, sur leurs composants, de l’autre, sur la quantité d’humidité qu'ils renferment.

99. On nomme terre forte, glaise, froide, celle où l’argile se trouve visiblement en forte proportion. Les terres glaises se distinguent des terres fortes en ce qu’elles sont plus argileuses, et, par conséquent, plus rebelles à la végétation ; leur couleur est ordinairement bleue ou verdâtre, et leur structure schisteuse, tandis que les secondes sont mieux pétries et colorées en blanc, en gris et en jaune. Les unes et les autres se nomment froides, lorsqu’en raison de leur humidité, de leur couleur ou de toute autre circonstance, elles sont lentes à s’échauffer, et que, pour ce motif, le développement de la végétation a lieu tardivement.

96. Dans la catégorie des terres légères, on comprend les terres sablonneuses ou graveleuses composées de sable ou de gravier, soit siliceux, soit calcaire.

lorsque (comme c’est le cas le plus fréquent) le sol y manque de profondeur, les racines ayant une répugnance marquée à suivre une direction ascendante. On reconnaît facilement la vérité de ce fait par la forme qu'affectent, dans ces localités, les cimes des arbres, qui se développent surtout du côté de la pente et sont presque dépourvues de branches du côté opposé.

34 DES CLIMAÏS, On y compte aussi les autres genres de terres calcaires à l’état pulvérulent.

91. Les terres marneuses sont rangées tantôt parmi les terres fortes, tantôt parmi les terres légères. La marne, en effet, est un mélange intime de calcaire et d'argile qui se délite à l'air, et où l’un ou l’autre élément domine alternativement. Quand c’est le calcaire qui domine (marne calcaire), le sol peut être léger ; au contraire, quand l'argile l'emporte (marne argileuse), la terre devient forte.

58. Le sable gras est un mélange d'environ deux tiers de sable avec un liers d'argile, dans lequel tous les bois à peu près prospèrent. |

59. Ce que l’on appelle terre franche n’est souvent qu'un sable gras avec une portion assez considérable de terreau ; mais, la plupart du temps, cette terre se compose, par parties à peu près égales, de silice, de calcaire et d'argile enrichis de beaucoup de terreau. De tous les sols c’est le meilleur, pour les bois comme pour presque toutes les plantes.

60. On donne aux sols qui renferment beaucoup de terreau (quels que soient leurs éléments minéralogiques) le nom de terrains gras ou substantiels, par opposition à ceux qui n’en contiennent que très peu ou point, et qu'on nomme maigres, pauvres, wrides.

61. Sous le rapport du degré d'humidité, qui dépend non seulement des éléments terreux, mais encore de la situation, de l’exposition, etc., on divise les sols en plusieurs catégories.

62. Les sols marécageux sont ceux qu'abreuvent abondamment des eaux croupissantes et sans écoulement; ils sont ordinairement situés dans les basfonds. On les distingue des terrains aquatiques ou mouilleux, qui sont aussi entièrement détrempés, mais où les eaux se renouvellent constamment par l'écoulement. Les premiers ne présentent en général que des bois d'une végétation languissante, tandis que les seconds peuvent convenir à plusieurs essences.

63. Dans les sols humides, l'eau n'apparait pas à la surface sous une légère pression, comme cela à lieu dans les précédents ; toutefois, ces sols ne se dessèchent jamais entièrement, ce qui les rend particulièrement propices à certains bois.

64. Les terrains frais se dessèchent bien pendant les grandes chaleurs, mais d'ordinaire à la surface seulement, et jamais au delà de 16 centimètres environ de profondeur. Ce degré d'humidité, favorable à presque toutes les essences, n’est d’ailleurs propre qu'aux meilleurs sols.

65. Les terrains secs, que l’on nomme aussi chauds, sont ceux qui se dessèchent promplement à une profondeur assez considérable pour priver les racines des arbres de l'humidité nécessaire ; il n’y a qu'un petit nombre d’essences qui puissent y végéter.

66. Toutes les différentes nuances de terrain que nous venons de citer exercent une influence plus ou moins marquée sur la qualité des bois. En général,

les fonds humides et très substantiels produisent, avec une végétation riche, des bois d’un tissu lâche qui ne restent pas aussi longtemps sains que ceux des terrains d’une fertilité moyenne, et qui, mis en œuvre, sont de peu de durée. Au contraire, les sols maigres et chauds, où l'accroissement est lent et faible, fournissent un bois dur et coriace. Il est à remarquer, toutefois, que les propriétés d’un sol trop sec par lui-même peuvent se modifier sous une température humide , tout comme les effets produits sur la végétation par un fonds humide peuvent être atténués par un climat chaud.

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