Jeunes plants
n'ont pas besoin d’abri, pourvu que le sol dans lequel
Les jeunes plants de l'aune
ils lèvent ait de la fraicheur; ils se montrent assez sensibles aux gelées prinlanières.
235. Feuillage. — La feuille de l’aune est grande et épaisse; mais le couvert que son feuillage procure est, malgré cela, assez incomplet. Cette circonstance, réunie à la fraicheur des terrains dans lesquels végète l’aune, fait que le sol se couvre très souvent d'herbes et de plantes diverses et n’est point meuble, comme dans d’autres forêts. Cependant, dans les sols aquatiques, que l’aune occupe à l'exclusion de presque toutes les autres essences, cet envahissement ne se produit pas.
236. Racines. — Les racines de l’aune sont nombreuses ; elles pivotent peu, mais tracent au loin, surtout quand le sol est très humide. L’aune commun drageonne peu, tandis que l’aune blanc à cette propriété au plus haut degré.
237. Croissance et durée. — L'accroissement de l’aune est très rapide dès sa jeunesse. A l’âge de 40 à 90 ans, 1l atteint souvent jusqu'à 20 à 25 mètres de hauteur sur 50 à 66 centimètres de diamètre au pied.
Il'acquiert même des dimensions plus fortes, car 1! vil, en bon état de croissance, 80 à 90 ans. |
238. Qualités et usages. — L’aune n'est point propre à la charpente en plein air, ni même à couvert, parce qu'il se pique facilement; mais, employé sous eau, il est de la plus grande durée. Aussi le recherche-t-on surtout pour les constructions hydrauliques, telles que corps de fontaine et de pompe, pilotis, digues, galeries dans les mines, etc.
Comme bois de travail, il est également fort estimé des tourneurs, des menuisiers et des ébénistes. Il à le grain fin, égal, est agréablement veiné et prend un beau poli. On dit que l’aune blanc est préférable, pour ces divers usages, à l’aune commun.
Le chauffage et le charbon de l’aune ne sont pas de première qualité; cependant il gagne considérablement, sous ce rapport, lorsqu'on a soin de le mettre en lieu sec, aussitôt après l’abatage. Traité ainsi, 1 brûle. d’une flamme claire el égale, et les boulangers le préfèrent à tout autre bois pour chauffer le four. Les expériences comparatives faites sur la valeur calorifique des deux aunes établissent encore la supériorité de l’aune blanc. Celle circonstance, jointe à la précédente, doit encourager sa culture.
Les cendres de l’aune fournissent beaucoup de potasse. Son écorce peut servir utilement au tannage; on en obtient aussi une couleur, brune ou noire, qui est employée à teindre les cuirs et les feutres. Les bêtes à cornes mangent les feuilles d’aune, mis
s'en soucient peu; les bêtes à laine les refusent absotument.
ARTICLE XNS Le Tilleul.
239. On connaît en France deux espèces de tilleuls indigènes :
Le tilleul à petites feuilles, tilleul sauvage où des bois (tilia microphylla, VENTNAT);
Le tilleul à larges feuilles ou de Hollande (ha platyphvlla, Scopori).
C’est le premier que l’on rencontre d'ordinaire dans les forêts, mêlé aux autres bois; le second s'v trouve aussi, mais rarement.
240. Climat, situation, exposition. — Les tilleuls prospèrent à peu près dans toute espèce de climat: ou les trouve dans les plaines comme sur les monlagnes élevées. Le tilleul sauvage est celui qui supporte le mieux les climats rigoureux et les grandes hauteurs, quoique sa croissance et ses dimensions y soient bien moindres que dans les régions tempérées.
Les expositions du Nord-Ouest et du Nord paraissent être celles que préfèrent les tilleuls; mais on les trouve aussien assez bon état de croissance aux autres aspects du soleil.
241. Terrain. — Les tilleuls se plaisent principalement dans un sol sablonneux, profond et frais; on les voit aussi prospérer dans les terrains argileux,
pourvu qu'ils soient suffisamment divisés; les glaises et les marais leur sont contraires. Le tilleul des bois se contente quelquefois des terrains les plus ingrats, tels que les rocailles et les sables quartzeux.