LIVRE QUATRIÈME
DÉFINITIONS
. 562. On appelle talhs, les forêts destinées à se reproduire principalement par les rejets des souches et des racines. |
Ce mode de régénération résulte de la propriété que possèdent toutes les essences feuillues, à un degré plus ou moins élevé, de donner naissance à des rejets et à des drageons, lorsque l’arbre estcoupé à fleur de terre ou à une certaine élévation au-dessus du sol!23|.
Les rejets el les drageons sont, en général, d'autant plus abondants, que l'arbre a été coupé plus près de terre et que son écorce est plus spongieuse. La production des drageons est, en outre, favorisée par la disposition traçante des racines.
963. Lorsque, dans l'exploitation en tailhis, on réserve un certain nombre d’arbres pour rester sur pied pendant trois révolutions et plus, la forêt ainsi traitée, est appelée futaie sur tœillis, et mieux taillis sous futaie ou taillis composé.
Le taillis est simple, lorsque les arbres réservés ne sont pas maintenus au delà de deux révolutions, ou lorsque les coupes s’exploitent sans réserve.
964. Les arbres réservés dans les taillis se nomment baliveaux. On les distingue en baliveaux de l'âge, baliveaux modernes et baliveaux anciens.
Au moment de la coupe, les premiers sont âgés d'une révolution ; les seconds de deux, et les autres de trois et au delà.
C'est ainsi que le Code forestier désigne les arbres de réserve; mais, dans l’usage général le mot de baliveaux seul mdique ceux de l’âge, la dénomination de modernes, ceux de deux révolutions, et celle d'anciens, les autres. On a aussi adopté une distinction entre les anciens: ceux qui sont parvenus à un àge très avancé, ont reçu souvent le nom de vieilles écorces.
Ces deux dénominations d'anciens et de vieilles écorces, laissent à désirer en ce qu'elles désignent des arbres d’un nombre indéterminé de révolutions.
Or, pour la classification des réserves d’un taillis sous futaie, 1l importe d'indiquer l’âge des arbres ; il serait donc convenable que chaque désignation fût précise à cet égard.
DES FUTAIES. 337 Voici comment nous avons cru pouvoir régler cet objet :
EP, “1 Ma 1Lrevolution.
MOMÉrRES, CHOLE NE 7 révolutions.
Anciens de 2° classe. . . . . . 3 révolutions. Anciens de l“classe. . . . . . 4 révolutions. Vieilles écorces. . . . . . . . D révolutions.
On pourrait même diviser les vieilles écorces, comme les anciens, en plusieurs classes.
565. Les arbres de réserve influent sur le tullis, de deux manières distinctes : par le couvert et par l’'ombrage.
Il importe de ne pas confondre ces deux choses.
Le couvert exerce son action sur l’espace de terrain que les branches de l'arbre surmontent ; il nuit à la végétation en affaiblissant les effets de la lumière et de la pluie, et en empêchant la formation de la rosée.
L'ombrage, au contraire, promène son influence sur un certain espace, suivant les différentes positions du soleil pendant le jour. Il est presque toujours salutaire à la croissance des bois, en ce qu'il maintient une certaine fraîcheur au solet aux plantes, sans priver celles-ci de l’action bienfaisante de l’atmosphère et de la lumière.
Ces deux mots: couvert et ombrage, indiquent aussi la surface même qui est couverte ou ombragée.
C'est ainsi qu’on exprime le couvert des réserves en
mètres carrés, pour établir le rapport qui doit exister entre elles et Le taillis.
566. Ravaler, c'est couper à fleur de terre des souches qui, dans les exploitations précédentes, avaient été laissées trop élevées.
567. Couper en pivot, c’est couper de manière à former un creux dans le milieu de la souche; couper en talus, c'est, au contraire, donner à la souche une inclinaison qui favorise l'écoulement des eaux pluviales.
568. On appelle cépée ou trochée l’ensemble des rejets provenant d'une même souche.