Le tableau ci-après fait connaître le volume
! Pour plus de facilité dans les calculs, nous exprimons ici la possibilité des coupes de régénération par contenance.
* Ilest évident, en effet, que faire le revenu annuel plus grand, quand le capital reste le même, c’est améliorer les conditions de placement.
des bois existant sur l’hectare moyen de chaque affectation décennale et, par suite, le volume total de la forêt. Les données contenues dans la quatrième et la cinquième colonne, et qui ont servi à former la sixième et la septième, ont été puisées dans des tables que l’on doit à Cotta sur l’accroissement des bois dans les futaies régulières *. Nous pensons que, pour le climat de la plus grande partie de la France, ces données sont loin d’être assez élevées ; cependant nous n’hésitons pas à nous en servir parce que nous les considérons principalement comme un moyen de rendre plus clairement nos idées, et que, d’ailleurs, les conclusions que nous nous proposons de tirer des faits qu’elles constatent ne seraient que plus frappantes encore, dans la supposition d’une végétation plus active.
‘ Ces tables, qui sont généralement estimées en Allemagne, ont été converties en mesures françaises par feu M. de Salomon, directeur de l’École forestière, et publiées par lui à la suite de son Traité de l'aménagement des forêts.
AGE DES BOIS VOLUME ABSOLU (4) | vozumE | VOLUME
me | absolu | absolu Sa sur l’hect. [sur l’hect. | de l’hectare| de l’hectare àG FAT 5 plus Le Ë F … [lhectare l'affectation nales. jeune. | plus âgé. | plus jeune. | plus âgé. moyen. | décennale. À: 2. à. 4. LA 6. 4.
ans. ans. mèt. cub. mèt. cub. |mèt.cub.| mêt. cub. 142 1 10 0 @) 14 . 70 43° 11 20 16 28 20 220 42° 21 30 30 D4 42 420 11e al 40 59,9 74,5 69 650 10° Ai 00 11 103 90 900
œ | e1 | 90 | 195,5 | 226,5 | 211 | 2110 sm | 91 | 400 | 229,5 | 260,5 | 245 | 2450 ge | 4012 | 110 | 264,5 | 295,5 | 280 | 2800 ge | 4a1 | 420 | 299 | 320 | 514 | 3440 2e |121 | 130 | 332 | 360 | 346 | 3460 dre | 131 | 140 | 362,5 | 380,5 | 376 | 3760
Volume total de la forêt. . . . . 24410
1 On entend par volume absolu ou réel, le volume plein, sans aueun interstice.
? On pourrait objecter qu’un hectare peuplé de bois d’un an
642. On voit, par ce tableau, que le produit d'un hectare parvenu à l’âge d’exploitabilité (140 ans) est de 389, 5 mètres cubes; le produit annuel de notre forêt sera donc, coupes de régénération et éclaireies périodiques réunies :
On voit, de plus, que le volume en bois nécessaire pour assurer ce produit annuel d’une manière soutenue, est de 24410 mètres cubes, c’est-à-dire que le volume superficiel est environ quarante-deux fois plus grand que le revenu ou, ce qui est la mème chose, que le placement en matière est fait au taux de deux et un tiers pour cent.
Ce simple rapprochement fait prévoir que, quand un propriétaire aura l’occasion de placer ses capitaux à 5 ou à # pour cent, ce qui est très admissible dans les affaires, la destruction de sa futaie lui présentera une spéculation aussi lucrative que facile à exécuter.
En effet, supposons qu'ayant l'emploi de ses fonds à 4 pour cent, il se décide à abattre sa forêl, moins les bois de À à 20 ans, trop jeunes pour être livrés au commerce avec avantage ; 1l réalisera la presque totalité de la superficie, augmentera par suite ses
n’a pas zéro volume. Cela est vrai, mais ce volume est tellement e . .
faible que nous avons cru pouvoir le négliger sans commettre
une erreur appréciable.
revenus considérablement, et, outre ce bénéfice, 1l lui restera un bois de 20 hectares âgé de 1 à 20 ans, plus 120 hectares d'un sol susceptible de fructifier de nouveau, soit qu'on le maintienne boisé, soit qu'on y fasse d’autres cultures, si la faculté de défricher existe.
643. En présence de tels faits, il semble difficile de soutenir que l'exploitation conservatrice des fulies puisse trouver une garantie suffisante dans les exigences de l'intérêt particulier; cependant, cette opinion, qui à été défendue par des agronomes du plus éminent mérite, trouve encore aujourd'hui des partisans. Voici le raisonnement sur lequel ils se fondent :
« Tant qu'une futaie debout aura plus de valeur ». pour celui qui voudra la consérver pour en atten- » dre les produits, qu’elle n’en aurait actuellement » pour celui tenté d'y mettre la cognée, on peut être » assuré qu'ily a dix chances contre une pour qu'elle » ne soit pas abattue; car, s’il se rencontre un pro- » priétaire pressé d’en réaliser la valeur, il se trou- » vera aussi des acheteurs disposés à spéculer sur » sa conservation. Mais il est évident qu'il faut pour » cela que les bois de fort équarrissage acquièrent une » valeur qui se trouve dans un certain rapport avec » ceux de moindre dimension; c’est cette proportion » que l'on doit considérer comme le nivellement » entre les bois de service de divers genres; la con- » currence seule suffira pour l’établir, et c’est de ce
» nivellement que l’on doit attendre toute sécurité » pour les approvisionnements en bois des âges à » venir. » (De l'Industrie forestière en France, par M. de Dombasle, Annales de Roville, 8° livraison, 1832.)
644. D'après le passage qu’on vient de lire, c’est une juste proportion entre les prix des bois, selon leur âge et leurs dimensions, qui assurera la conservation des futaies de la part des particuliers.
Pour vérifier l'exactitude de cette assertion, supposons un propriétaire pressé de réaliser la valeur de sa futaie, et examinons si, au moyen de prix proportionnés comme nous venons de le dire, les acheteurs les plus offrants seront plutôt disposés à spéculer sur la conservation de cette futaie que sur sa destruction. À cet effet, conservons l'exemple de la futaie normale dont nous nous sommes servi plus haut, et ajoutons au tableau des bois qui la composent, des prix gradués de la manière suivante :
Pendant les 40 premières années, le prix du mètre cube augmentera tous les dix ans de 5 francs.
Depuis l’âge de 40 ans jusqu’à celui de 100, cette augmentation sera, chaque dix ans, de 10 fr.; et enfin :
A partir de 400 ans jusqu’à 140, chaque décennie augmentera la valeur du mètre cube de 20 francs, de sorte que, dans les bois parvenus à l’âge d’exploitabilité, cette valeur sera portée au taux excessif
et, pour ainsi dire, imaginaire de 160 francs.
Voici, avec ces données, le tableau du capital superficiel, exprimé dans la 4° colonne en mètres cubes, et dans la 6° en argent.
‘ On a fait observer que ce prix de 160 fr. par mètre cube était souvent payé, pour des pièces de choïx, par les arsenaux de la marine, de la guerre et par d’autres consommateurs encore, et que, en l’adoptant comme maximum, ce n'était pas faire une hypothèse tellement exagérée qu'elle autorisâät, dans tous les cas, la conclusion «à fortiori que nous en tirons. On se serait dispensé de l’objection, si l’on avait réfléchi qu'il s’agit, dans notre exemple, non de bois de choix équarris à vive arête, ou tout au moins au 5° déduit, comme ceux que les arsenaux recherchent et payent fort cher, mais de la fofalité du matériel sur pied dans une futaie exploitable, ce qui constitue une différence tout au moins du simple au double ou au triple.