‹ Cours élémentaire de culture des bois. Complété et publiéChapitre 77 sur 147 · Dans les deux précédents articles, nous avons · texte numérisé non relu

Dans les deux précédents articles, nous avons

démontré :

1° Que les futaies fournissent, dans un temps donné, des produits matériels plus élevés que les taills simples et les taillis composés, et que ces derniers, sous ce rapport, sont intermédiaires entre les premiers et les seconds;

2° Que le bois des futaies est généralement d'une qualité supérieure, sauf celui qui est employé au chauffage; pour cet usage, le bois des taillis peut être préférable, mais dans quelques cas seulement.

Or, la valeur des produits étant nécessairement en raison de leur quantité et de leur qualité, 1l est évident que le revenu des futaies doit être plus grand que celui des taillis simples et des taillis composés; toutes choses étant égales d’ailleurs à légard du sol, du chmat et des essences, et, par la même raison, le revenu des tallis sous futaie doit, à son tour, être plus élevé que celui des taillis simples.

639. Cependant, cette supériorité du revenu ne saurait être recherchée que par un propriétaire tel que l’État, par exemple, qui ne périt point et qui, à cause de sa perpétuité même, doit considérer les forêts comme un puissant élément de prospérité publique et comme une source constante de revenus qu’il importe de rendre aussi féconde que possible. A ce dernier point de vue, la futaie convient également aux communes.

Pour le propriétaire particulier, au contraire, une forèt est un capital qu'il conservera sous sa forme actuelle, s’il lui paraît convenablement placé, ou dont

il changera l'emploi, en tout ou en partie, si cette opération doit lui procurer des bénéfices. Or, la mesure de ces bénéfices se trouve exactement donnée par le taux de placement du capital producteur ; et comme la partie de ce capital comprise dans la superficie * peut être constituée très diversement, suivant l’âge auquel les bois sont exploités [410 bis], c'est surtout dans le rapport qui existe entre le revenu d’une forêt et la valeur de toute la superficie qu'il faut chercher la solution du problème qui nous occupe.

Ce problème peut donc se formuler ainsi :

Quel est le mode d'exploitation qui, proportionnellement au capital superficiel, produit le revenu le plus élevé ? |

Nous examinerons premièrement les futaies à ce

‘ En langage forestier, on nomme superficie l'ensemble des bois qui couvrent une étendue donnée de forêt, par opposition avec le sol ou le fonds, pris abstractivement des végétaux qu’il uourfit. Lors donc qu'il s’agit, comme ici, de considérer une forêt àu point de vue de la spéculation, on est amené à distinguer :

Le capital superficiel, ou la valeur des bois sur pied ;

Le capital foncier, ou la valeur du fonds de, terre proprement dit ;

Le capital producteur, c'est-à-dire, la valeur réunie du fonds et de la superficie, augmentée de la somme capable de fournir, en intérêts, les frais de garde, d'entretien et d'impôt.

Et enfin,

Le revenu, ou la valeur du bois parvenu au terme d’exploitabilité.

point de vue, en recherchant si l'intérêt particulier permet de les conserver, ou si, au contraire, 1l ne conseille pas de les dénaturer et d’en placer la valeur d’une autre manière *. Les faits que constatera celte recherche nous serviront ensuite pour considérer, à ce même point de vue, les taillis simples et les tllis composés.

640. Afin de rendre notre argumentation plus simple, servons-nous d’un exemple et choisissons-le tel,qu'il présenteles circonstances les plus favorables à la production d’un revenu soutenu, et, par conséquent, à l’intérêt du propriétaire.

Soit une futaie de chêne, d’une contenance de 140 hectares, située sous un climat favorable, et dans un sol de qualité moyenne; soit son peuplement entièrement normal {#15}, et la révolution de 140 ans; soit enfin le commencement des éclaircies périodiques fixé à 20 ans, et leur marche réglée de 20 en 20 années.

Dans cette forêt, que nous pouvons nous représenter partagée en quatorze affectations décennales

‘ Dans le deuxième livre [#10 bis], il a été établi que ce sont les courtes révolutions qui profitent le plus à l’intérèt privé; il nous suffirait donc de nous appuyer sur ce qui a été dit à cet égard, pour conclure que les taillis seuls peuvent être possédés avec avantage par les particuliers. Mais comme, dans le paragraphe précité, on a dû se borner à traiter cet objet d’une manière tout à fait générale et succincte, sans entrer dans les développements qu'il comporte, nous croyons qu’il ne sera pas inutile de l’examiner de nouveau ici, vu son importance.

de 10 hectares chacune, le produit annuel se composera :

1° De la coupe d’un hectare de chênes parvenus à l’âge d’exploitabilité 1 ;

2° De 6 hectares d’éclaircies périodiques à faire dans les bois âgés de 120, 100, 80, 60, 40, et 20 ans.

D’après les calculs et les expériences de la plupart des auteurs allemands, le produit des éclaircies périodiques, dans une futaie normale, est au produit principal, comme 1 est à # ou à 5; au contraire, les auteurs français ont élabli que ce rapport était comme l'est à 2.

Bien que, selon nous, les données des forestiers allemands se rapprochent davantage de la vérité, nous admettrons néanmoins celles de nos auteurs nationaux, afin de nous placer sur le terrain le plus favorable à l'intérêt privé 2. Dans cette hypothèse, le produit matériel de la forêt proposée équivaudra donc annuellement à celui de 1 hectare 50 ares de futaie exploitable.

Or, pour apprécier ce produit annuel par rapport au capital superficiel, il est nécessaire de se rendre compte de la composition de celui-er.

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