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CONVERSION DES FUTAIES

ARTICLE PREMIER

Conversion d’une futaie en taillis simple.

663. La conversion d’une futaie en taillis simple ne présente en général aucune difficulté. Il suffit de déterminer, d’une part, les parties de la forêt dont les souches promettent encore une reproduction certaie; de l’autre, les parties où cette circonstance n'existe pas. Dans les premières, l'exploitation en taillis peut commencer immédiatement; dans les secondes, 1l est nécessaire de créer d’abord un nouveau peuplement, soit par des coupes de régénération, soit par des travaux de semis ou de plantation, afin de pouvoir ensuite passer au régime du taillis.

Soit, par exemple, une futaie soumise jusqu'alors à une révolution séculaire, destinée à être convertie en un taillis de 25 ans. Si, dans la localité, on peut compter avec certitude sur la reproduction des sou-

ches jusqu'à l’âge de 50 ans, tous les bois de cet âge et au-dessous 1 seront exploités tout de suite, en taillis, par 25° de surface; le surplus de la forêt, peuplé d'une futaie de 100 à 51 ans, sera mis en coupes de régénération, de manière à produire, dans le délai de 25 ans, un repeuplement d’une gradation d'âge aussi régulière que possible, et qui, après ce temps, pourra être traité comme la partie précédente.

Ce n’est que quand une futaie a été exploitée sans ordre, que la conversion en taillis peut présenter des difficultés, parce qu’alors les parties susceptibles de se reproduire tout de suite par rejets se trouvent plus ou moins mélangées avec celles à régénérer au préalable par la semence. Dans de telles circonstances, il y aura certainement des sacrifices à faire pour rétablir l’ordre dans les exploitations.

ARTICLE II

Conversion d’une futaie en taillis composé.

664. La marche à suivre pour opérer la conversion d’une futaie en taillis composé est absolument semblable à celle que nous venons d'indiquer dans

1 Dans le cas où l'étendue de ces bois serait considérable, on les partagerait en deux séries, l’une comprenant les bois de 1 à 25 ans et l’autre ceux de 26 à 50.

l’article précédent, sauf les dispositions à prendre pour le balivage.

On commence donc par fixer la révolution du taillis à créer, et l’on détermine les parties de forêt qui pourront être tout de suite exploitées d’après cetle méthode et celles qui, préalablement, sont à régénérer par la semence; puis on règle, d’après les principes que nous connaissons, le couvert à établir sur le taillis, et l’on arrête le nombre et les différentes catégories de baliveaux dont devra se composer la réserve [589-591].

665. Dans les parties à exploiter tout de suite en taillis, cette réserve ne pourra se composer, pour la première révolution, que de baliveaux de l’âge dont le nombre sera tel que, parvenus à la qualité de modernes, ces arbres donnent le couvert voulu. À la 2° révolution, on ne conservera de ces modernes, que la quantité fixée par le balivage adopté, et l’on complètera le couvert par des tiges de l’âge. A la 3° révolution, on réservera le nombre prescrit d'anciens et de modernes, et l’on complétera encore le couvert par des baliveaux de l’âge ; et ainsi de suite, de révolution en révolution, jusqu’à ce que toutes les catégories d’arbres, dont doit se composer la réserve, soient établies sur le taillis.

666. Dans les parties qu'il faut d’abord régénérer par la semence, on laissera sur pied, lors de la coupe définitive, un certain nombre d’arbres, donnant le

couvert jugé convenable. Quand on coupera le sousbois pour la première fois, on réservera le nombre de tiges de l’âge que prescrit le balivage adopté, et. l’on réduira les vieux arbres dans le rapport du couvert que donneront ces jeunes baliveaux lorsqu'ils seront devenus modernes. Et ainsi de suite, jusqu'à l’entier établissement du balivage adopté.

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