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La dune littorale, par M. de Vasselot de Régné

(Revue des eaux et forêts, année 1875).

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Semis du pin laricio et du pin d'Alep.

158. RÉCOLTE ET CONSERVATION. — Les règles données dans les deux précédents articles, concernant

! Ce mémoire fort remarquable, quoique moins étendu que celui de l'illustre Brémontier, fait parfaitement connaître la formation des dunes et les procédés employés pour les fixer, d’après les perfectionnements les plus récents.

Si nous passons sous silence le semis des pins à crochets et d'Autriche, ce n’est pas (ainsi qu’on a pu s’en convaincre par la description que nous avons donnée de ces deux arbres) que nous en méconnaissions l'importance, mais bien parce que nous ne possédons aucune donnée certaine sur les particularités que pourrait présenter l’opération. Il est très probable,

ce double objet, sont applicables aux deux pins dont il s’agit.

199. EXAMEN DE LA GRAINE. — Les graines du laricio et celles du pin d'Alep sont à peu près d’égale grosseur et tiennent le milieu, sous ce rapport, entre les graines du pin maritime et celles du pin sylvestre. Les premières ont une couleur jaune terne et les secondes sont d’une nuance brun foncé. — Ces semences doivent présenter les mêmes caractères que les précédentes.

760. Exécurion pu semis. — Les procédés de semis de ces deux essences sont les mêmes que ceux que nous avons indiqués pour l’épicéa et le pin sylvestre, sauf à enterrer la graine un peu plus, attendu sa grosseur. — La quantité de semence à employer par hectare ne nous est pas positivement connue par l'expérience; mais on peut à cet égard juger par analogie et en tenant compte de la qualité de la graine.

Il est probable que pour un semis partiel, il suffirait d'employer :

Semences ailéés. . . . 14% à 16 kilog.

Semences désalées. . 11 à 13 id.

au surplus, que ce que nous avons dit au sujet du semis du pin sylvestre pourra s'appliquer, d'une manière générale, au semis des deux essences dont il s’agit.

266 DES REPEUPLEMENTS

ARTICLE XVII

Semis du pin pinier et du pin cembro.

161. RécorrE Er CONSERVATION. — Les cônes de ces deux pins se cueillent à la main ". Pour les faire ouvrir, il suffit de les exposer au soleil ou de les placer dans un appartement tempéré; les amandes s’en échappent facilement.

La faculté germinative de ces graines ne se conserve guère que de l'automne au printemps; elles nt très exposées à rancir. On peut les étendre, comme les autres graines résineuses, sur des planchers secs et aérés. Si l’on voulait les garder pendant plusieurs années, il faudrait les laisser renfermées dans les cônes et, pour cela, garantir ceux-ci de la chaleur.

762. EXAMEN DE LA GRAINE. — En cassant le noyau de ces graines on doit le trouver plein; l’amande doit être blanche, d'un goût et d’une odeur agréables. Si elle sent le rance, la graine est gâtée.

Un litre de semence de cembro pèse de 380 à 400 grammes.

‘ Dans les Alpes, on tend quelquefois des toiles sous les pins cembres pour profiter de la dissémination naturelle ; ces toiles demeurent à terre pendant tout l'automne et jusqu'à l'entrée de l'hiver, car la dissémination se fait très lentement.

ARTIFICIELS. 207 163. ExÉcurION. pu semis. — Le pin pinier et le pin cembro sont trop rares pour en faire des semis en grand. Ordinairement on repique les amandes en pépinière ou en pots, dans une terre de bonne quahté; on les recouvre de 9 à 13 millimètres et on les arrose souvent. Lorsque les plants ont un ou deux ans, on les transplante une première fois, et ce n’est que trois ou quatre ans plus tard qu’on les met définitivement en place. | Quand le repiquement de la graine se fait en automne, les plants paraissent au printemps ; lorsqu'on sème dans cette dernière saison, ils lèvent au bout de cinq ou six semaines. Souvent, néanmoins, les amandes ne germent que la seconde année.

ARTICLE XVIII

Semis du pin du lord Weymouth.

764. RÉCOLTE ET CONSERVATION. — Après les avoir . cueillis, 1l suffit d'étendre les cônes dans un lieu sec el aéré et de les retourner souvent. Les écailles s’entrouvent sans le secours de la chaleur et laissent échapper la graine.

On n’a fait encore que peu d'essais sur la faculté qu'a cette semence de se conserver; aussi est-il à conseiller de l’'employer dès le. printemps qui suit

568 DES REPEUPLEMENTS

la maturité. Les moyens de conservation sont les mêmes que pour les autres graines résineuses.

765. EXAMEN DE LA GRAINE. — Ces graines doivent être d’un brun clair et présenter du reste les mêmes caractères que celles du pin sylvestre.

766. ExÉécurion pu semis. — Ce que nous avons dit à cet égard, dans l’article précédent, du pin pinier et du cembro, s'applique entièrement au pin du Lord. Les graines n'ont pas besoin d’être enterrées à plus de 6 à 8 millimètres.

ARTICLE EUX

Semis du méleze.

767. RÉCOLTE ET CONSERVATION. — La récolte des cônes, l'extraction des graines et leur désailement se font de la manière qui a été indiquée pour le pin sylvestre et l’épicéa. Lorsqu'on le pourra, 1l sera préférable d'attendre le printemps pour la récolte.

Dans l'opération de l'extraction, 1l est essentiel de ne donner qu'une chaleur très modérée, ce qui nécessite un plus long séjour des cônes surles claies. Une chaleur trop grande fait suinter la résine à travers les écailles, et les enduit au point qu'elles ne peuvent plus s'ouvrir.

Lorsqu'on donne à la semence de mélèze les soins que nous avons déjà indiqués pour les autres graines

résineuses, elle peut se conserver plusieurs années, moins longtemps, cependant, que les semences de pin sylvestre et d’épicéa. Aussi est-il préférable de ne pas tarder à l’employer. |

768. EXAMEN DE LA GRAINE. — Mèmes caractères que la graine du pin sylvestre [753]. La semence du mélèze doit être jaunâtre et peser, par litre, 160 à 175 grammes si elle est ailée, et 500 à 550 grammes si elle est dépouillée de ses ailes.

769. Exécurion pu semis. — Les règles que nous avons données à cet égard pour le semis de l’épicéa, sont tout à fait applicables au semis du mélèze. Toutefois, comme la graine de cette dernière essence est en général fort chère, et qu'il est assez difficile de s’en procurer des quantités considérables, on préfère, la plupart du temps, semer d’abord en pépinière, et employer ensuite la plantation pour les repeuplements à exécuter en forêt. Souvent aussi on mélange la graine de mélèze avec d’autres graines de bois résineux ou feuillus, ce qui est d'autant plus à propos que le mélange, ainsi qu’on l’a vu plus haut [533], convient particulièrement à cette essence. La semence de mélèze est ordinairement d'assez mauvaise qualité; si l’on voulait en faire un semis par bandes ou par trous, il ne faudrait pas l’épargner; 16 à 18 kil. de graine ailée, et 12 à 15 kil. de graines sans aile, seralent nécessaires, par hectare. Semée au printemps, cette graine lève au bout de quatre ou six semaines.

210 DES REPEUPLEMENTS

ARTICLE XX

Semis du cèdre du Liban.

770. Nous avons fait connaître, dans le premier livre de ce cours [386], l'époque de la dissémination naturelle du cèdre. En cueillant les cônes à la fin d'août ou de septembre (selon que la température reste sèche ou devient pluvieuse), on pourra les conserver à volonté jusqu’au moment où l'on se nroposera de semer, car la graine, renfermée dans les cônes, se maintient en parfait état pendant plusieurs années. — Pour extraire la semence, il suffit de laisser les cônes séjourner dans l’eau pendant 24 à 36 heures. Les écailles se détachent alors de leur axe avec une grande facilité, et il n’y a plus qu'à en séparer la graine à l’aide d’un crible.

La semence se trouvant fortement humectée par le procédé d'extraction, il està conseiller de la semer immédiatement. Toutefois, si l'on voulait différer le semis de quelques semaines, il faudrait faire sécher la graine, au soleil autant que possible, et l’étendre ensuite dans un lieu bien aéré en la faisant retourner fréquemment.

Les semis de cèdre ne se font qu'en pépinière ou en pots; la dernière manière est préférable, parce qu'elle permet de rentrer les jeunes plants en hiver

ARTIFICIELS. 911 1387]. Après leur avoir fait subir une première transplantation, on pourra les placer définitivement en forêt. Si on n'a pas ia facilité de les garantir du froid, il faudra attendre, pour les y planter, qu'ils aient atteint leur huitième année au moins [384].

ARTICLE XXI

Des semis mélangés.

774. Les semis mélangés deviennent utiles dans différents cas :

1° Pour créer des forêts mélangées ;

2° Pour élever une essence sous l’abri d'une autre ou pour couvrir promptement le sol afin de l'empècher de se détériorer ;

3° Pour économiser une semence rare et d'un ‘ prix élevé.

172. Nous savons que les essences dont le mélange permanent est avantageux sont celles qui ont une croissance sensiblement égale, qui supportent même révolulion et même mode de traitement, et dont les racines puisent la nourriture à différentes profondeurs du sol.

Dans le troisième et dans le quatrième livre de ce cours, nous avons indiqué les essences qu'il convient d'élever en mélange, soit pour la futaie, soit pour le taillis ; 1! suffira donc de consulter, pour cel

D72 DES REPEUPLEMENTS objet, les parties précitées [487, 497, 498, 504, 913, 533 et 617].

773. La propriété la plus importante des essences destinées à en abriter d’autres dans leur jeunesse ou à couvrir le sol, est d’avoir une croissance très rapide dès les premières années. Celles qui, dans ce but, conviennent le mieux, sont : parmi les hois feuillus, l’orme, le bouleau, les érables, les saules et les peupliers 1; parmi les bois résineux, le pin sylvestre, le pin maritime, le pin laricio, le pin noir et le pin d'Alep. Mais, en général, les graines résineuses sont d’un prix trop élevé pour être employées à un tel usage, tandis qu’on se procure à très peu de frais, selon les localités, des graines de l’une ou de l’autre essence feuillue.

Ainsi que nous l'avons dit ailleurs [719], le genèt ou l’ajonc peuvent aussi être employés avec avanage.

Dès que l'essence protectrice a atteint son but, il convient de l’extraire. Dans les pays où le bois a de la valeur, le produit de cette extraction est souvent assez considérable pour faire rentrer le propriélare, en très grande partie, dans ses avances. Aussi cette considération seule peut-elle dans beaucoup de cas, justifier le mélange des essences dans un semis.

‘ Ces deux dernières ne se multiplient d'ordinaire que par boutures.

ARTIFICIELS. Re

174. Lorsque, pour économiser une graine rare ou chère, on la mélange avec une autre plus commune, la seule précaution à prendre dans le choix de cette dernière, est que les deux essences aient une végétation et des exigences à peu près semblables pendant les trente ou quarante premières années au moins, si c’estune futaie que l’on veut créer, et pendant une durée moindre, s’il ne s’agit que d’un taillis. En s’attachant ensuite, dans les éclaircies périodiques, à extraire l’essence supplémentaire, on réussira peu à peu à faire dominer entièrement la plus précieuse.

115. La manière d'exécuter des semis melangés ne présente aucune particularité, si ce n’est que, après avoir déterminé les quantités à emplover pour chaque espèce, il faut semer et recouvrir d’abord la semence qui demande à être enterrée davantage. Si, au contraire, les deux graines ont, sous ce rapport, les mêmes exigences, on les mélange avant de les semer, et ensuite lesemis se fait comme à l'ordinaire

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