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CHAPITRE QUATRIÈME

ARTICLE PREMIER

Des qualités que doivent offrir les plants.

7176. Tout plant, quel que soit son âge, doit, pour avoir les meilleures chances de reprise, être pourvu de racines fraïches, unies, qui ne soient n1 rompues, ni écorchées, ni endommagées en aucune manière ; plus les racines sont nombreuses, mieux la reprise est assurée.

Si c'est un plant de haute tige (4 mètre à À mètre 33 centimètres et au-dessus), ilest nécessaire que sa grosseur soit proportionnée à sa hauteur, afin qu'il puisse se soutenir et résister aux intempéries ; il faut en outre, qu'il soit bien droit, sans aucune

blessure, que sa têle soit suffisamment développée, et qu'il présente d’ailleurs tous les signes d’une végétation vigoureuse. Si c'est un plant de basse tige (audessous de 1 mètre), sa forme est moins importante; cependant il doit être droit et avoir surtout de belles racines, des pousses fortes et des bourgeons sains et bien formés.

111. Les plants reprennent d’autant plus facilement qu'ils sont plus jeunes ; aussi les hautes tiges ne sont-elles employées en sylviculture, que dans quelques cas exceptionnels où seules elles peuvent convenir : par exemple, dans des lieux exposés aux dégâts du pâturage ou des inondations, ou bien encore, s'il s’agit dans certains taillis composés, d'élever des sujets propres au balivage [598]. D'ordinaire, c’est toujours la plantation de basses tiges qui est préférée ; non-seulement parce qu’elle est, comme nous venons de le dire, d’une réussite plus assurée, mais encore parce qu'elle entraîne à bien moins de frais. Cette dernière considération, lorsqu'on fait des repeuplements en grand, est naturellement de beaucoup de poids.

En général, les hautes tiges ne sont propres à la transplantation que quand elles ont été élevées en pépinière ; pour les basses liges, bien que celles que l’on produit en pépinière méritent de beaucoup la préférence, on peut cependant aussi les tirer des semis naturels ou artificiels qui existent souvent, soit dans la forêt mème où 1l s'agit de planter, soit

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dans les forèts voisines. Si l’on prend un tel part, il faut éviter de choisir des plants provenant d'endroits très fourrés ou très couverts ; dans les uns, ils sont rabougris ou au moins très délicats et peu propres, par conséquent, à résister lorsqu'on les met en terrain découvert ; dans les autres, ils manquent de racines et de branches, ce qui compromet également la réussie.

L'âge le plus convenable pour la reprise des basses üges varie d’ailleurs selon les essences. Ainsi, on peut planter avec avantage :

De 1 à 3 ans, les pins sylvestre, maritime et laricio, l'épicéa et le mélèze, de mème que les bouleaux, les aunes et les robiniers ;

De3 à 6 ans, les sapins, les pins du lord Weymouth, les châtaigniers, les ormes, les frênes et les érables ;

De 4 à 8 ans, les chènes, les hêtres, les charmes, les fruitiers, etc.

Il est entendu que, pour être générales, ces règles n'ont rien d’absolu, et qu’elles doivent fréquemment se modifier d’après les circonstances locales.

Quand on a des plantations considérables à exécuter, la création d’une pépinière, loin d’occasionner une dépense inulile, procure, au contraire, une grande économie ; c’est aussi le moyen le plus sûr d'obtenir du plant de bonne qualité.

ARTIFICIELS. Hi LT

ARTICLE I]

De la culture des plants en pépinière.

1778. Il faut éviter d'établir Les pépinières dans un terrain très gras ou humide ; les plants y prennent une texture lâche, leurs racines y sont généralement mal conditionnées, et lorsque, plus tard, on les transplante dans une terre moins grasse ou plus sèche, 1ls périssent souvent dès la première année, ou bien ils sont longtemps avant de reprendre de la vigueur. Un terrain maigre et de mauvaise qualité convient moins encore pour une pépinière, parce qu'on n'y obtient que des brins languissants, dont tous les organes, et surtout les racines, sont faibles et ‘d'une conformation vicieuse ; transplantés, de tels sujets sont presque toujours victimes des circonstances plus ou moins défavorables qui sont la suite de la transplantation. C’est dans un terrain de qualité et de compacité moyennes qu'on élèvera des plants vigoureux et qui, placés en forêt, s’accommoderont le mieux d’un sol quelconque.

Les éléments minéralogiques du terrain n’exercent qu'une très faible influence sur la réussite des cultures d’une pépinière; les labours de diverses sortes, les arrosages, les amendements au besoin, y combattent et corrigent les défauts que peut présenter le

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sol. Seulement, quand on en aura le choix, on devra donner la préférence aux sols légers sur les terres fortes, parce que celles-ci, comme on le sait, se duraissent et se crevassent profondément par la sécheresse, et, sous l'influence de labours fréquents les jeunes plants y sont facilement soulevés et déracinés par les gelées de l'hiver.

Autant que possible, on doit établir la pépinière à proximité du terrain à replanter; d’abord, afin que les plants s’habituent, dès leur naissance, au climat et au sol auxquels ils sont destinés ; en second lieu, parce qu’il y a économie sur les frais de transport. Toutefois, les grandes élévations, de même que les vallées profondes, doivent être évitées ; un terrain un peu abrité des grands vents, en plaine ou en pente douce, et où les plants soient le moins possible exposés aux gelées tardives du printemps, tel est l’emplacement le plus convenable. S'il se trouve, dans le voisinage, des eaux qui donnent la facilité d’arroser pendant les temps de sécheresse, ce sera un grand avantage.

1179. Le terrain destiné à une pépinière, à moins qu'il ne soit tout à fait léger, doit recevoir un labour assez complet et assez profond pour y détruire enüèrement la mauvaise herbe et rendre la terre parfaitement meuble.

Ce résultat obtenu, soit par de simples labours, soit par une ou plusieurs cultures de céréales ou de pommes de terre, on divise le terrain en planches

ou plates-bandes, en le coupant par des chemins et par des sentiers perpendiculaires les uns aux autres ; enfin, si l’on a à redouter les dégâts du bétail ou du gibier, on le clôt de fossés, de palissades, de haies, etc.

Dans les plates-bandes dont il vient d’être parlé, et parallèlement aux sentiers qui les limitent, on ouvre des sillons ou petites rigoles, séparés entre eux par des intervalles de 20 à 30 centimètres, profonds de 25 à 30 et d’une largeur de 20 à 25 centimètres, réduite au fond à 12 ou 15 centimètres environ !. La terre qui provient de ce travail est répartie sur les intervalles demeurés libres. — L'opération terminée, on remplit les sillons d’un terreau provenant, mi-partie de feuilles mortes et mi-partie de gazons décomposés et qu'il faut avoir soin, à cet effet, de préparer annuellement dans quelque place reculée de la pépinière ?. On tasse ensuite légèrement ce

* Voyez Charles Heyer, Traité de sylviculture.

? Pour faire son terreau, on choisit une place ombragée, abritée du midi, mais non recouverte ou surmontée, afin que les influences atmosphériques y aient un libre accès. — On forme, d’une part, un ou plusieurs tas de feuilles mortes, de fougères et autres plantes charnues récoltées avant la maturité de leurs semences ; de l’autre, des tas semblables composés de gazons, de la mauvaise herbe provenant des binages de la pépinière, du nettoyage des chemins, ete. — Ces tas doïivent être longs, assez étroits et d'une hauteur de 1 mètre à 1 mètre 30 environ. Deux fois par an, au printemps et en automne, on les retourne et, dans les temps de sécheresse prolongée, on les arrose. Les gazons sont d'ordinaire entièrement

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terreau, soit avec une batte ou simplement avec la main, de façon que les intervalles entre les sillons saillissent sur ceux-ci de 3 à 4 centimètres environ. Cette précaution devient très utile lorsque, dans l'hiver qui suit la levée du semis, les jeunes plants ontété soulevés par les gelées, et qu’une partie des radicelles se trouvent déchaussées. parce que, si tôt le dégel du printemps, il suflit de les recouvrir de quelques centimètres de terre pour assurer leur reprise,

780. Les semis en pépinière se font de préférence au printemps; 1l faut semer très dru de manière que

décomposés au bout d'un an, mais il faut 3 et # ans aux feuilles mortes pour être complétement réduites en terre. — Les feuilles de hêtre mélangées, par parties égales, à des feuilles de bois résineux, fournissent une des meilleures qua- . lités de terreau. Pour hâter la pourriture assez lente de ce mélange, on fera bien d'y ajouter des feuilles qui se décomposent plus rapidement, telles que celles de frêne, érable, orme, saule, peuplier, aune, robinier, etc.

Lorsque les sillons d'une pépinière ont été, une première lois, préparés avec ce lerreau, comme nous l'expliquons eidessus, il suffit d’y apporter chaque année une faible quantité de terreau neuf pour entretenir la fertilité du’ sol. — En prévenant ainsi, par un procédé simple et peu coûteux, l'épuisement de la terre dans les pépinières, on évite la nécessité de les déplacer de temps à autre, à laquelle on ne saurait échapper autrement. L'intérêt qu'il y a, sous tous les rapports, à établir les pépinières à proximité des maisons de gardes et à les y maintenir, doit faire apprécier cette méthode de culture et Jui

mériter l'accueil des forestiers.

les graines se touchent, pour ainsi dire, el ne recouvrir celles-ci, même les semences lourdes, que d'une couche de terreau, tout juste suffisante pour empèêcher que la pluie ne les mette à découvert. — On comprend que des semis aussi drus fournissent le plus grand nombre possible de plants, eu égard à la surface cultivée, et en second lieu, que la mauvaise herbe ne saurait les envahir. L'expérience prouve, d’ailleurs, que les plants qui en proviennent sont abondamment pourvus de racines, surtout de chevelu, et qu'ils ne s'affament point entre eux, même lorsqu'ils atteignent 40, 50 et jusqu’à 70 centimètres de hauteur. Lorsqu'on procède à leur extraction, les racines, quoique entrelacées, se démêlent et se séparent aisément; mais un certain nombre de tiges avant été dominées, surtout vers le milieu du sillon, sont demeurées faibles, et ont besoin de se fortifier avant de pouvoir être mises définitivement en place. A cet effet, on les repique dans des rigoles voisines, ou dans celles mêmes d’où elles proviennent, et on les y laisse jusqu’à ce qu’elles aient atteint les dimensions el la vigueur désirables.

Pour élever une essence qui, comme le chène, par exemple, pousse un fort pivot dès les premières années, et diminuer l'inconvénient que celte disposition présente lors de l'extraction des plants, il suffit d'enfoncer, de chaque côté du sillon et obliquement vers le fond de celui-ci, le fer bien acéré d'une bêche, après quoi l'on referme, avec le pied.

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l'ouverture faite par l’instrument dans la terre ". Le plant ne tarde pas à remplacer le pivot, ainsi retranché, par des racines obliques qui sont moins gênantes et plus utiles lors de la transplantation. Cette opération doit se faire au commencement de l'automne qui suit la levée des plants.

Un autre procédé, pour empècher le trop grand développement du pivot, est celui que Duhamel indique sous le nom de pratique de Bretagne ”, et dont il conseille lemploi. Il consiste à paver en pierres plates le fond des sillons dans lesquels on sème; ces pierres, en arrêlant le pivot, forcent le plant à pousser des racines latérales.

781. Quand il s’agit d'élever en pépinière des plants de haute tige, on choisit, dans les sillons de semis, les sujets les plus vigoureux et les plus élancés, et on les transplante dans une ou plusieurs plates-bandes à ce destinées, en leur donnant un espacement en tout sens de 33 à 66 centimètres. Lors de cette transplantation, on pourra retrancher le pivot du plant, qui se reproduit souvent, même après avoir été supprimé une première fois, afin de favoriser le développement des racines latérales. On pourrait aussi, dans le même but, placer une ou plusieurs pierres plates au fond de chaque trou.

* Nous avons vu appliquer avec avantage ce procédé au hêtre qui, quoique traçant à un certain âge, pousse, dans les premières années, un pivot très développé [1281

* Voyez Duhamel, Des semis et plantations des arbres, page 127.

782. Les arrosements, ainsi que nous l'avons dit, seront très utiles dans les temps de grande sécheresse; mais, une fois commencés, il faut les continuer jusqu'à ce que la pluie survienne. Autrement il se forme, à la surface de la terre, une croûte qui nuit à la végétation, en empêchant l’air de parvenir aux racines. — [Il est essentiel d’arroser assez abondamment pour détremper le sol jusqu’à la profondeur où plongent les racines les plus longues ; on concoit que, sans cette précaution, la peine que l’on prendrait serait sans résultat.

De tous les modes d’arrosement, celui qui offrirait le plus d'avantages, sans présenter d’inconvénient serait l'irrigation, telle qu’on la pratique dans les prairies, en faisant, dans ce cas, servir comme saignées, les sentiers qui séparent les plates-bandes. Mais les pépinières forestières sont trop rarement placées dans des situations qui rendraient applicable un pareil système; on ne peut donc en parler qu'à titre d'exception.

783. Il faut avoir un soin particulier de ne pas laisser prendre le dessus à la mauvaise herbe. Dans les sillons, 1l faut l'enlever à la main dès qu'elle paraît, et choisir autant que possible pour cette opération un temps frais. — Si le semis a réussi convenablement, ces sarclages ne seront nécessaires que la première année. — Les intervalles entre les sillons ainsi que les chemins et sentiers, devront aussi être nettoyés au moins deux fois par an, au prin-

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temps et vers la fin de l'été, dès avant l’époque où mürissent les graines des plantes nuisibles. Les parties de la pépinière occupées par les plants de haute tige devront recevoir chaque année deux binages.

ARTICLE III

De la saison la plus convenable à la plantation.

78%. On peut planter depuis le temps de la chute des feuilles jusqu’au moment où les boutons commencent à s'ouvrir; mais comme, en hiver, la terre est ordinairement ou gelée ou trop molle, on disüngue deux saisons pour planter : l’automne et le printemps.

Quand on plante en automne, les arbres, lors de l'extraction, souffrent moins de se trouver quelque temps hors de terre, parce que l’évaporation est moindre dans cette saison qu’en toute autre; en second lieu, la terre, par l'humidité dont elle s’imbibe, el par les gelées, se tasse mieux autour des racines; enfin, il paraît constant que, dans les hivers doux, les arbres poussent du chevelu; d’où il suit que, dans certains cas, des sujets plantés en automne peuvent être pourvus, dès le printemps, de nouvelles racines !. On peut donc, en général, considérer l’au-

Voyez Duhamel, Des semis et plantations des arbres, page 172.

tomne comme la meilleure saison pour les plantalions à faire en grand; cependant il existe aussi des cas où le printemps est préférable. Ainsi on doit choisir cette saison pour les essences qui peuvent avoir à souffrir des fortes gelées d'hiver, et, à cet égard, il faut nécessairement tenir compte du climat local; elle est encore la plus convenable pour les bois résineux qui, généralement, reprennent moins bien quand ils sont plantés en automne ‘. Enfin, dans les terrains trop humides, la plantation du printemps mérite souvent la préférence.

ARTICLE IV

De l’espacement à donner aux plants.

785. Nos arbres forestiers, comme on le sait, prospèrent surtout lorsqu'ils croissent en massif;

! Dans les régions qu'habitent ces essences {au moins les plus importantes et les plus répandues), les hivers sont rigoureux. Si l'on plante des sujets très jeunes (de { à 3 ans), ce qui est à conseiller puisqu'on ne peut tailler les résineux [801], il arrive fréquemment que les fortes gelées d'hiver soulèvent les plants et les rejettent, pour ainsi dire, hors des trous. Si l'on plante des tiges plus âgées, on les voit souvent perdre toutes leurs feuilles pendant l'hiver et, comme ces essences vivent plus particulièrement par les organes aériens, leur reprise, au printemps, exige, de la part des racines, un effort de végétation qu'elles ne sont que rarement en état de fournir. Le plant languit alors jusqu’en été, puis, quand surviennent les grandes chaleurs et la sécheresse, il finit par périr.

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c’est dans cet état qu'ils prennent les plus belles proportions et qu'ils fertilisent le sol, en lui conservant de la fraicheur et en lui procurant de lengrais. Il suit de là que, dans les plantations, 1l faudrait rapprocher assez les tiges, pour que, dès les premières années, le massif pût se former. Mais, si l’on appliquait ce principe dans toute sa rigueur, il arriverait, après un très court laps de temps, que le besoin d’une éclaircie se ferait sentir, et qu’on se verrait forcé de supprimer un grand nombre de tiges, sans que, dans la plupart des cas, leur produit pût dédommager des dépenses qui auraient été faites pour les planter. Dans la pratique, il faut donc calculer l’espacement à donner aux plants de manière à conciler, autant que possible, les exigences d’une bonne végétation avec l’économie. Or, cet espacement dépend, d’abord, des dimensions des tiges, de l'essence, du sol et du climat; en second lieu, du but que le propriétaire se propose en plantant, et des sommes qu'il est en état de consacrer à cet objet.

786. Dans les plantations de basses tiges, l’espacement varie de 66 centimètres à 1 mètre 33 centimètres ; 1 mètre est la distance la plus ordinairement adoptée. Les hautes tiges s’espacent à 2, 3, 4, 5, 6et mème jusqu'à 8 mètres.

Pour régler cet objet, l’expérience a confirmé les principes suivants :

Plus les plants sont forts, plus ils doivent être

espacés,

Certaines essences, telles que le hêtre, le sapin et, en général, les arbres dont le couvert est épais, demandent à croître très rapprochées ; d’autres, au contraire, comme le bouleau, l’orme, le robinier, exigent plus d'espace.

On doit planter plus serré dans les sols secs et arides que dans les terrains fertiles, dans les climats froids que dans les régions tempérées.

Lorsqu'on ne veut obtenir que du bois de feu, on peut adopter un plus grand espacement que quandil s’agit de se procurer des bois de construction ou de fente.

Quand on a des terrains très étendus à reboiser et qu'on est borné dans ses ressources pécuniaires, 1] faut adopter le plus grand espacement possible, afin d'arriver promptement à mettre le sol en production.

Les plantations de têtards et d'arbres d’émondes sont celles qui admettent le plus d'espacement, parce que le sol, comme on le sait, est ordinairement utilisé, soit pour la culture, soit pour le pâturage.

787. On ne réussit à donner un égal espacement aux plants, qu’en les disposant dans un ordre régulier. On connaît quatre manières dé tracer les plantations : 1° en allées ou files (fig. 9) ; 2° en triangles équilatéraux (fig. 10) ; 3° en carrés (fig. 11) ; et 4° en triangles isocèles ou quinconces t (fig. 12).

! Ce dernier mode est au fond le même que le troisième, si ce n'est que les carrés, au lieu d'être construits, par rapport

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C'est ordinairement avec un cordeau et des piquets que ces tracés s’exécutent; si le terrain est étendu, on peut aussi employer l’équerre d’arpenteur pour établir les alignements. Nous croyons inutile d’expliquer comment on procède à cette opération; l'inspection des figures suffira pour le faire comprendre.

Le choix de l’une ou de l’autre de ces figures n'a pas, à proprement parler, d'influence culturale, c’est plutôt une affaire de goût ; cependant la plantation par files ou allées présente, dans certaines circonstance, des avantages réels. D'abord, elle permet d'ouvrir des tranchées, au lieu de trous, ce qui rend l'ouvrage plus facile et procure un sol plus meuble, dans lequel, en général, les plants prospèrent mieux, en second lieu, le tracé en est plusaisé et plus prompt, quels que soient les contours du terrain. A la vérité, les plants n’ont pas la facilité d'étendre également leurs racines de tous les côtés, puisqu'ils sont trèsrapprochés dans un sens et très espacés dans l'autre ; mais on sait qu'il n’est pas nécessaire que les racines se répandent symétriquement autour d’un arbre: elles se dirigent indifféremment vers un point quelconque, pourvu: qu'elles v trouvent de l’espace et de la nourriture.

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