‹ Cours élémentaire de culture des bois créé à l'École forestière de NancyChapitre 60 sur 118 · VOLUME ABSOLU · texte numérisé non relu

VOLUME ABSOLU

de Thectare

le plus jeune.

met. cub.

de l'hectare

le plus âgé.

met. cub.

VOLUME

absolu

de

l'hectare

moyen.

met. cua).

Volume total de la forêt,

VOLUME

absolu

de toute

l'affectation

décennale.

met. cub.

» On entend par volume absolu ou réel, le volume plein, sans a.ucun interstice.

* On pourrait objecter qu'un hectare peuplé de bois d'un an

642. On voit, par ce tableau, que le produit d'un hectare parvenu à l'âge d'exploitabilité (140 ans) est de 389, 5 mètres cubes; le produit annuel de notre forêt sera donc, coupes de régénération et éclaircies périodiques réunies :

On voit, de plus, que le volume en bois nécessaire pour assurer ce produit annuel d'une manière soutenue, est de 24410 mètres cubes, c'est-à-dire que le volume superficiel est environ quarante-deux fois plus grand que le revenu ou, ce qui est la même chose, que le placement en matière est fait au taux de deux et un tiers pour cent.

Ce simple rapprochement fait prévoir que, quand un propriétaire aura l'occasion de placer ses capitaux à 5 ou à 4 pour cent, ce qui est très admissible dans les affaires, la destruction de sa futaie lui présentera une spéculation aussi lucrative que facile à exécuter.

En effet, supposons qu'ayant l'emploi de ses fonds à 4 pour cent, il se décide à abattre sa forêt, moins les bois de 1 à 20 ans, trop jeunes pour être livrés au commerce avec avantage ; il réalisera la presque totalité de la superficie, augmentera par suite ses

n'a pas zéro volume. Cela est vrai, mais ce volume est tellement faible que nous avons cru pouvoir le négliger sans commettre une erreur appréciable.

revenus considérablement, et, outre ce bénéfice, il lui restera un bois de 20 hectares âgé de 1 à 20 ans, plus 120 hectares d'un sol susceptible de fructifier de nouveau, soit qu'on le maintienne boisé, soit qu'on y fasse d'autres cultures, si la faculté de défricher existe.

643. En présence de tels faits, il semble difficile de soutenir que l'exploitation conservatrice des futaies puisse trouver une garantie suffisante dans les exigences de l'intérêt particulier; cependant, cette opinion, qui a été défendue par des agronomes du plus éminent mérite, trouve encore aujourd'hui des partisans. Voici le raisonnement sur lequel ils se fondent :

<( Tant qu'une futaie debout aura plus de valeur » pour celui qui voudra la conserver pour en atten- » dre les produits, qu'elle n'en aurait actuellement » pour celui tenté d'y mettre la cognée, on peut être » assuré qu'il y a dix chances contre une pour qu'elle » ne soit pas abattue ; car, s'il se rencontre un pro- » priétaire pressé d'en réaliser la valeur, il se trou- » vera aussi des acheteurs disposés à spéculer sur » sa conservation. 31ais il est évident qti il faut pour » cela que les bois de fort équarrissage acquièrent une » valeur qui se trouve dans un certain i^apport avec » ceux de moindre dimension; c'est cette proportion » que l'on doit considérer comme le nivellement » entre les bois de service de divers genres ; la con- » currence seule suffira pour l'établir, et c'est de ce

» nivellement que Ton doit attendre toute sécurité » pour les approvisionnements en bois des âges à » venir. » {De VIndusirie forestière en France^ par M. de Dombasle, Annales de Roville, 8^ livraison, 1832.)

644. D'après le passage qu'on vient de lire, c'est une juste proportion entre les prix des bois, selon leur âge et leurs dimensions, qui assurera la conservation des futaies de la part des particuliers.

Pour vérifier l'exactitude de cette assertion, supposons un propriétaire pressé de réaliser la valeur de sa futaie^ et examinons si, au moyen de prix proportionnés comme nous venons de le dire, les acheteurs les plus offrants seront plutôt disposés à spéculer sur la conservation de cette futaie que sur sa destruction. A cet effet, conservons l'exemple de la futaie normale dont nous nous sommes servi plus haut, et ajoutons au tableau des bois qui la composent, des prix gradués de la manière suivante :

Pendant les 40 premières années, le prix du mètre cube augmentera tous les dix ans de 5 francs.

Depuis l'âge de 40 ans jusqu'à celui de 100, cette augmentation sera, chaque dix ans, de 10 fr. ; et enfin :

A partir de 100 ans jusqu'à 140, chaque décennie augmentera la valeur du mètre cube de 20 francs, de sorte que, dans les bois parvenus à l'âge d'exploitabilité , cette valeur sera portée au taux excessif

et, pour ainsi dire, imaginaire de 160 francs i-. Voici, avec ces données, le tableau du capital superficiel, exprimé dans la 4* colonne en mètres cubes, et dans la 6® en' argent.

* On a fait observer que ce prix de 160 fr. par mètre cube était souvent payé, pour des pièces de choix, par les arsenaux do la marine, de la guerre et par d'autres consommateurs encore, et que, en l'adoptant comme maximum, ce n'était pas faire une hypothèse tellement exagérée qu'elle autorisât, dans tous les cas, la conclusion a fortiori que nous en tirons. On se serait dispensé de l'objection, si l'on avait réfléchi qu'il s'agit, dans iiotre exemple, non de bois de choix équarris à vive arête, ou tout au moins au 5^ déduit, comme ceux que les arsenaux recherchent et payent fort cher, mais de la totalité du matériel sur pied dans une futaie exploitable, ce qui constitue une différence tout au moins du simple au double ou au triple.

Affectations

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