L'opération du sartage a lieu de la manière suivante
Après avoir écorcé sur pied, lors de la sève du printemps [569], puis abattu et vidé le bois de la manière ordinaire, on répand sur la surface du sol, entre les souches exploitées, toutes les menues branches, brindilles, cimeaux et broussailles qui n'ont point fait partie du bois de corde (2) . Par un temps cal-
(1) La qualité desëcorces est, en général, d'autant meilleare que le liber aune épaisseur plus considérable^ comparativement aux couches corticales et à Tépiderme ; car il parakque le tannin est contenu surtout dans le liber. Or, cet organe est d'amant plus développé que la végétation est plus rapide et que le bois est jeune; mais ces deux circonstances se trouvant réunies dans les taillis sartés, on conçoit que les éeorces qu'ils fournissent doivent être de très-bonne qualité.
(2) En général, on ne fait pas de C^ots dans les taillis sartés, mais on façonne en cordes^ soit pour le chauffage ordisairey
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me, oo y met le feu • La flamme se propage rapidement et convertit eu cendres, non-seulement le bois ainsi répandu, mais encore le gazon et toutes les plantes qui croissent sur le soL Cette mise à feu doit avoir lieu, au plus tard> dans les premiers jours de juiU let(i). Afin de mieux diriger Tincendie et de pouvoir le maîtriser en cas d'accident, on subdivise faire de la coupe à sarter, lorsqu'elle est grande, en un certain nombre de parcelles ou lots dont chacune séparément est mise à feu. Les séparations s^établissent, soit en dégazonnant le pourtour de chaque parcelle sur une certaine largeur, soit en réunissant sur ce pourtour des perches de la coupe qui, mises en tas continu, forment un petit rempart ou sentier en relief* En outre^ le périmètre delà coupe entière
tofi pour être e&rbonisé (bois de cfaarbonneue), (oui le bois au-dessus de 95 millimètres envirou de diamètre.
(4) Dans rOdenwaid (grand ducbé dé Hesse-Darmstadt) le délai de rigueur pour la mise à feu est fiié an 10 juin ; dans les Ârdennes, au contraire, elle o*a lieu qu'en août et septembre. H en résulte, évidemmenl, que les rejets de la première année sont détruits. G*est un retard fâcheux, et il est permis de croire que ce nouveau trouble apporté dans la végétation des souches altère leur vitalité et compromet leur durée. Hais d*mi autre côté, la reponsse ne se produisant qu'au printemps suivant, les rejets naissent dans de meilleures eondîtions pour résister aux froids de Thiver [555 et 569], ce qui, daus un climat aussi rude, est peut-être une etrconslanee essentielle à leur réussite (v. note, p. 366).
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doit aussi être dégazonné sur une largeur de plusieurs mètres (1),
Aussitôt Piûcendie cousomméy la terre reçoit un léger labour à la pioche^ après quoi elle est ensemencée en céréales. Quand le sartage a été efFectué de bonne heure^ on peut cultiver du sarrazin la première année et du seigle Tannée suivante ; mais si, au contraire, la saison est déjà avancée, il faudra se contenter d^une seule récolte de seigle (2), Ces
(i) Les gazons provenant de ces enceintes sont mis en tas, brûlés à feu couvert et les cendres qu'ils donnent répandues sur la coupe.
(2) Feu M. de Salomon, directeur de l'école forestiire, a rapporté» en 1835, d'une tournée faite avec ses élèves dans rOdenwald, unecéréale, appelée set^/e muUicauleÇseeale céréale multicaule), qui est cultivée avec un très-grand succès dans les taillis sartés. Ce seigle est bisannuel et se sème dans les taillis avec le sarrazin. La première année, il ne s'élève qu'à environ i6 centimètres et l'on peut le couper, sans lui nuire, en récoltant le sarrazin. La deuxième année, ses tiges, qui sont ordinairement à vingt ou trente sur le même pied, s'élèveot à plus de 2 mètres et donnent des épis très-produc* tifs. Son emploi, en mélange avec le sarrazin, présente d'abord l'avantage de procurer deux récoltes au moyen d'une seuleculture ; en second lieu^ on évite les dangers de la dégradation des sols inclinés, dans lesquels, comme on le sait, les terres trop ameublies par la culture sont toujours exposées à être entraînées par les eaux pluviales. (Voir le mémoire publié par M. de Salomon dans le journal de la société d'agriculture de
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céréale$ deyronl ê(re coupées à la faucille^ en pre-* nant toutes les précautions nécessaires pour que les rejets soient respectés*
Le mode de sartage que nous venons de décrire, se nomme sartage à feù courant. Les cendres qui en résultent ajoutent à la fertilité du sol par les sels qu^elles contiennent, et par la faculté qu'elles ont d'attirer et de retenir rhumidilé de Fair^ de manière à ne la céder que lentement aux plantes 1 de plus^il est incontestable qu'elles S€mt un puksant stimulant pour la végétation. On conçoit donc que, à la suite du sartage, les céréales et le bois croissent tous deux avec une grande vigueur* Si Faction du feu a qiuelquefois pour effet de nujre à la reproduction, en détruisant les semences et les jeunes plants et en cbarbonnant partiellement la surface des souches, elle provoque, d'une autre part, de nombreux drageons, par la température élevée qu'elle communique au sol et par la culture qui blesse un certain nombre de cacines et Içs met foutes en çommunicatiioai.plus directe avec Iqs influences atmosphériques. Dans les forêts où le sartage est bien conduit, il est même de règle d'amasser le feu sur les souches d'Un fort diamètre qui ne promettent plus qu'une faible reproductîonj^
Nancy^ février i85&, sur le sartage des taillis de chêne de l*0deûwald et sur le seigle muiiicaule.}
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afin d'y détruire, jusqu'à plusieurs centimèlres dans terre,, tout principe de végétation, et de forcer ainsi les racines demeurées intactes à pousser des drageons. Enfin, un dernier avantage du sartage, est Tabri que les céréales procurent aux jeunes rejets (1).
581» II existe encore un autre mode de sartage, dit à feu cowertf qui consiste à peler, à la houe, la surCace du terrain couverte de gazon et d'autres plantes, à en former un grand nombre de petits fourneaux que l'on allume et dont on répand alors les cendres sur toute l'aire de la coupe. Du reste, on procède comme il a été dit plus haut.
Ce mode ne présente pas les avantages du premier ; on en obtient, pour le bois, une végétation
(I) C'est contre les vents froids, bien plus qae contre les ardears du soleil, qu'il importe d'abriter les rejets, dans les deui premières années. Dans les Ârdennes, on avait coutume autrefois de réserver, autour de chaque coùpe^un cordon de fiitaîe qui répontlait à ee besoin et offrait d'atlléors des ressources d*»itaat plus précieuses que le sartage âi feu courant ne permet guère de réserver des baliveanx dans la coupe même. Peu à peu, ces cordons ont été exploités, on a négligé de les remplacer et, depuis lors, on a remarqué, principalement sur les plateaux, que la reproduction des taillis y était de plus en plus compromise. On n'hésite pas k attribuer à cette circonstance, jointe aux abus du pâturage, la dégradation considérable et même la disparition presque entière de certaines forêts de ceue contrée.
moins abondante et moins vigoureiisey sans doute parce que d'une part on enlève trop de terre en certains endroits» et qu'alors les racines sont coupées ou mutilées ou trop découvertes ; de l'autre part» parce que le sol n'est point échauffé dans toute sa surface et beaucoup trop dans les endroits des fourneaux.
Enfin» le sartage à fèu couvert devient plus nuisible dans les pentes rapides que celui i feu courant» parce qu'il ameublit la terre plus profondément et l'expose plutôt à s'ébouler. Il est vrai toutefois» qu'il donne la faculté de réserver» avec plus de chances de succès» quelques baliveaux dans les coupes, attendu qu'on peut en éloigner le feu à volonté» ce qui ne saurait se faire en sartant à feu courant» à moins de recourir à des précautions particulières.
582. Quel que soit le mode de sartage que Ton emploie» il est à' conseiller de le faire suivre de quelques plantations ou semis» pour assurer la perpétuité des bonnes essences et surtout du chêne (i).
(!) La planlatîon sera généralement préférable au semis. Partout où il se fait un vide dans les coupes sarlées, les genêts y lèvent en abondance (dans les Ârdennes du moins) aussitôt après la récolte des céréales. Ces arbustes étoufferaient donc les semis. En plantant des sujets de Oi^^SO à 1"" de haut, préalablement préparés en pépinière, et autour desquels on arracherait les genêts dès la première année de leur levée, le succès de l'opération serait à peu près assuré.
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Les drageons, à la vérité, semblent rendre ces travaux moins urgents que dans les taillis ordinaires, mais il y a toujours néanmoins beaucoup de places où il sera très*utile de repeupler artificiellement.
583. La pratique du sartage, comme nous Pavons dit, n'est usitée que dans quelques localités ; mais elle pourrait être appliquée avantageusement, par les particuliers qui possèdent des taillis de chêne, sur différents points de la France, en évitant, tou^ tefois, d'y soumettre ceux qui sont assis dans des fonds secs et légers.
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