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Quant à la méthode du taillis sous futaie

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considérée sous le rapport de son influence sur la fertilité du sol, elle participe naturellement des deux méthodes examinées plus liaut> et ses effets se rapprochent de ceux de la futaie ou de ceux du taillis simple, selon que, par le nombre et Page des baliveaux, le couvert est plus ou moins épais après la coupe.

614. Les considérations que nous venons de présenter font voir que la méthode de la futaie ne s^applique pas exclusivement aux bons sols, ainsi qu^on le pense communément ; on peut^ et Ton doit même, remployer dans certains terrains médiocres, si Ton veut empêcher qu'ils ne s'appauvrissent davantage. Mais, <ians ce cas, il faut cultiver des essences fra- . çantes qui donïient, autant que possible, un couvert épais (1), et les soumettre à de courtes révolutions, afin de maintenir les bois en massif très-serré, et ^'assurer ainsi l'amendement du sol. Nous ne voudrions pas, cependant, que Ton inférât de ce que ■■ ■ ■ ....Il I I , ■ ».,i .1 .1 II I ■ I ■■ ■ I ' I I II» I ■ I

(i) Pour atteindre ce but, le bétre, parmi les essences feuillues, et rëpicëa, parmi les résineuses, méritent la préférence. Le pin sylvestre dans le nord et l'est, dans Touest le pin maritime, et dans le midi ce dernier pin et le pin d*Âlep, peuvent aussi être employés avec avantage, mais comme essences transitoires seulement. Ils donnent, dans la jeunesse, un couvert épais et d^ détritus abondants, à la faveur desquels les sols dégradés se restaurent suffisamment pour qu'il devienne possible, ensuite, d'y introduire des essences susceptibles d§ croître en massif serré jusqu'à l'exploitabilité.

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nous venons de dire^ que, selon nous, les taillis doivent, dans les terrains médiocres en général, faire place aux futaies. Ce serait entièrement méconnaître notre opinion. En général, il est naturel et juste d^assigner les terrains médiocres aux taillis, ainsi qu^on le fait d'ordinaire ; mais, lorsque la base minéralogique de ces terrains est dépourvue de tout liant, que la pente est rapide^ et qu'on a d'ailleurs la faculté de choisir le mode d'exploitation, nous pensons qu'il n'y a pas à hésiter et que la futaie doit être préférée.

ABTICLB TI.

Conclusion.

615. Des faits démontrés dans le présent chapitre, on peut déduire les considérations et les principes généraux suivants sur l'application des divers modes d'exploitation dans les forêts de l'£tat, des commua nés et des particuliers.

616. La méthode de la futaie fournit les produits en matière les plus considérables et les plus utiles ; elle fait rendre aux forêts, comme telles, les revenus les plus élevés, et elle conserve et améliore, plus que toute autre, la fertilité du sol ; elle répond donc au plus haut degré, à l'intérêt général. Il suit de là, que l'Etat doit non-^seulement conserver soigneusement les futaies qu'il possède, mais qu'il doit encore s'appliquer à en créer de nouvelles. Or, le moyen le plus prompt et le plus sûr pour atteindre ce der-

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nier but, c'est la conversion en futaie des taillis com-< posés» de ceux du moiiis qui sont situés en bons fonds et suffisamment peuplés de bonnes essences.

617. Toutefois» de^ obstacles majeurs s'élèvent contre une mesure générale de ce genre. En effet» pour convertir en futaie un taillis composé, il faut» nécessairement» réserver une grande partie des bois qui^ sans la conversion» eussent été coupés» d'où résulte un abaissement notable dans les produits. Quelque évidente que soit donc,- en principe, l'utilité d'une telle opération, il est incontestable qu'elle pourrait donner lieu à de graves embarras, si l'on voulait l'étendre» à la fois» à toutes les forêts qui eh sont plus ou nft)ins susceptibles, et tenter ainsi une réforme systématique, brusque et complète.

^Prendre un tel parti, ce serait ignorer qu'en administration on ne modifie sans danger ce qui est défectueuXi qu'en procédant par des améliorations partielles» et en cherchant à amener peu à peu le^ intérêts existants à transiger avec ceux de Tavenir.

Dans leur état actuel, les forêts domaniales sont destinées à fournir des produits d'une haute importance» pour les principales industries du pays et pour la consommation en. général ; en outre» le trésor compte sur elles pour lui procurer des revenus qui lui sont nécessaires. Toute amélioration donc» qui» dans ces forêts, ne peut se faire sentir qu'après de longues années, doit avoir pour condition de ne point froisser les intérêts actuels» tant ceux des consom-

mafeurs que ceux de PEtat lui-mémo. Le principe qui interdit de dépasser la possibilité desforéts^trouve ici sa réciproque ; càr> s^il est injuste de faire tourner au profit de la génération actuelle des produits qui ne devraient écheoir qu'à ses successeurs^ il le serait au moins autant de refuser satisfaction à des besoins existants, afin de préparer Pabondance dans ravenir,

618. Pour convertir en futaie un taillis composé^ le problème à résoudre est donc : de conduire la forêt à Pétat de fufare exploitable» sans que les produits subissent de baisse sensible. Le chapitre qui traitera spécialement de ces conversions fera voir que, dans une forêt de quelque étendue, on peut souvent obtenir un tel résultat à Paidb d'une combinaison particulière des exploitations entre elles [658]. Nous ferons observer, cependant, que, pour apprécier Popportonité des conversions en futaie sous la condition que nous venons d'énoncer^ il ne faut pas toujours considérer, dans leur abstraction, leâ forêts que Pon y destine ; on doit, au contraire, les regarder comme partie d'un certain ensemble de forêts, dont les produits alimentent une localité déterminée^ ou y s'il est permis de s'exprimer ainsi, un bassin de consomfnation.

Placé à ce point de vue plus élevé, on reconnaîtra souvent qu'un taillis composé peut être converti, quoique Cette opération doive amener, pour Un certain temps, une baisse dans les produits particuliers de ce taillis ; car, pendant le même temps^ les pro'

duifs d'une autre forêt pourront être mis en hausse^ et ainsi> en définitive, la possibilité de la localité, tant en matière qu^en argent, ne se trouvera point altérée (1).

Lorsque, au contraire, on aura acquis la certitude que rintérét du trésor et celui des consommateurs rendent impossible la conversion de taillis composés qui, d'ailleurs, y seraient propres, on se contentera de préparer, pour V avenir^ les moyens d'exécuter cette importante amélioration. Dans ce but, on conservera et Ton multipliera, dans ces forêts, les essences précieuses, et Ton y réglera, en général, le balivage et le traitement, d'après les principes qui ont été enseignés dans le quatrième livre de ce cours.

619. Peu de mots suffiront quant à l'application que peuvent recevoir, dans les forêts domaniales, les autres genres de conversion mentionnés plus haut [591].

Ces diverses combinaisons ne se rattachent point, comme les conversions en futaie de taillis composés, à des considérations administratives d'un ordre supérieur, attendu qu'elles ne sont pas susceptibles d'acquérir ce caractère de généralité dont il importait, pour les autres, de discuter la portée théorique

(i)«C'6St^ en général, de celte manière (|u*un grand propriétaire de bois» tel que TElat, devrait entendre la possibilité, qui» prise dans un sens trop étroit, devient souvent une véritable CQirave à la plus grande productioD.

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et pratique. Leur opportunité n^est en général dè< terminée que par la nature du sol et des essences, et il est^ par conséquent,facîle au forestier, qui possède quelques connaissances culturales, de l'apprécier. La conversion des taillis simples en futaie semble seule devoir participer, dans certains cas/ de Fimportancé de celle des taillis composés; mais cemodeile trai-ilement ne se rencontre que rarement, et, pour ainsi dire, par exception seulement, dans les bois de PEtat i nous en avons indiqué la cause plus haut [S65}.

620. Les motifs qui doivent faire préférer, en principe, la méthode de la futaie, dans les forêts de PEtat, se reproduisent, en grande partie, au sujet des forêts communales. Les communes, en effet, sont perpétuelles comme PEtat, et, en raison de cette perpétuité, elles doivent chercher à administrer leurs domaines dans V intérêt du plus grand usufruit. Pour toute commune, donc, qui possède des futaies, il est de la plus grande importance de les conserver ; les convertir en faiUis (sauf dans quelques circonstances tout à fait exeeptionnelles), ce serait consommer une véritable spoliation envers les générations^ futures.

Cependant, une commune doit-elle, comme TEtat^ chercher à convertir en futaie ses taillis composés ? — Oui, si elle est assez riche pour que, par quelque combinaison temporaire dans Pensemble des exploitations de ses bois, elle trouve à couvrir le déficit qui, temporairement aussi, résultera de la conversion*

Mais, telle n'est pas, en général, la position des

commises en Franee : presque toutes ne possèdent que des foréjEs pçu étendues^ dont les re^^ourcea sont à peine suffisantes pour faire {qice^ i^oit aux dépenses d'iitiUlé publique qui se reproduisant pé-^ rîodiquement^ soit aux hesoiim d^une popijilatîoa toujours croissante. On ne peut done guère espérer que l'on créera des futjaies dans les forêts conunu-^ nales ; 1^ obstacles^ il faut le reconnaître^ sont à peu près insurmontables*

621 • La fnaj[orité de ees forêts est traitée aujour-^ d^hui en taillis composé» mode qui» s'il est bien conduit» réunit une partie des avantages de la futaie à ceux du taillis simple [S 4 3}. Cette métbode d'ex-^ ploitation intermédiaire semble d'ailleurs convenir assez bien à un propriétaire tel que la commune» qui» par sa perpétuité et comme corporation» participe de l'essence de l'ilStat i mais qui» en raison de ses besoii]^ presque toujours pressants et de se& ressources bornées» est très-souvent forcée» par la nécessité) de calculer comme un particulier.

Nous pensons donc» vu ces circonstances, que Ton doit» dans les forêts communales en général^ se borner à conserver soigneusement les futaies existantes et maintenir» du reste» le mode du taillis composé en s'attachant à le rendre rationnel et à corriger son application qui» trop généralement» laisse beaucoup à désirer.

622. Quant aux forêts particulières» leur traitement» comme nous Pavons vu [599], est déterminé

par la condition dominante d'élever le plus possible le rapport entre le revenu et le capital engagé ; il est donc évident que la méthode da taillis simple mérite la préférence^ sauf le cas où le manque de débouché des bois de feu dans la localité, ou leur très-bas prix^ peut rendre profitable la réserve de baliveaux destinés à fournir des bois d'oeuvre (voir la note % page 423). Enfin, il est un genre de forêts, les résineuses, qui exclut absolument le mode du taillis et commande celui de la futaie : mais alors le particulier devra nécessairement choisir la révolution la plus courte possible, parce que, comme nous Pavons prouvé ailleurs [602-606], les longues révolutions exigent un capital engagé tellement considérable, comparativement aux intérêts qu'on en retire, que le taux du placement finit par descendre au-dessous de tous ceux que Ton trouverait dans toute autre spéculation, même la plus sûre (i)«

(i) D'après des etpërîences faites par Cotta, les sapins et les épicéas rapporteraient^ à 70 ans, 3 p« ^/o ; à 100 ans i p. % et à 440 ans */* p. ^/o. (Voyez les tables de cet aateur réduites en mesures françaises, dans le deuxième volume du Traité de l'aménagement des forêts, par feu M. de SalomoDi directeur de TEcole forestière.)

CHAWTRE TROISIÊSlE.

GOI^yERSIdN DBS FUl^AltiS.

AnTICLB PRIMIEB.

Conversion d*une futaie eft taiflis sinofple.

625. La conversion d'une futaie en taillis simple ne présente en général aucune difficulté. Il suffit de déterminer, d'une part, les parties de la forêt dont les souches promettent encore une reproduction certaine ; de Pautre, les parties où cette circonstance n'existe pas. Dans les premières/ Texploitation en taillis peut commencer immédiatement ; dans les secondes, il est nécessaire de créer d'abord un nouveau peuplement, soit pat des coupes de régénération, soit par des travaux de semis ou de plantation, afin de pouvoir ensuite passer au mode du taillis.

Soit, par exemple, une futaie, soumise jusqu'alors à une révolution séculaire^ destinée à- être convertie

en un taillis de 2S ans. Si, dans la localité, on peut compter avec certitude sur la reproduction des souches jusqu'à Page de 50 ans, tous les bois de cet âge et au-dessous (1) seront exploités tout de suite, en taillis, par 2 S* de surface ; le surplus de la forêt, peuplé d'une futaie de 100 à SI ans, sera mis en coupes de régénération, de manière à produire, dans le délai de 25 ans, un repeuplement • d'une gradation d'âge aussi régulière que possible, et qui, après ce temps, pourra être traité comme la partie précédente.

Ce n^est que quand une futaie a été exploitée sans ordre, que la conversion en taillis peut présenter des difficultés, parce qu^alors les parties susceptibles de se reproduire tout de suite par rejets se trouvent plus ou moins mélangées avec celles à régénérer au préalable par la semence. Dans de telles circonstances, c'est l'examen attentif des lieux qui peut seul décider auquel des deux moyens il convient de donner la préférence, ou, s'il y a lieu .de les combiner, pour arriver au but le plus sûrement et le plus promptement possible.

(I) Dans le cas où retendue de ces bois serait considérable^ on les partagerait en deux séries^ Tune comprenant les bois de 1 à 25 ans et l'autre ceux de 26 à 50.

DB COIV VERSION. 437

ARTICLI II.

Conversion d'une futaie en taillis composé.

624, La marche à suivre pour opérer la conversion d'une futaie en taillis composé est absolument semblable à celle que nous venons d'indiquer dans Particle précédent^ sauf les dispositions à prendre pour le balivage.

On commence donc par fixer la révolution du taillis à créer, et l'on détermine les parties de forêt qui pourront être tout de suite exploitées d'après ce mode et celles qui, préalablement, sont à régénérer par la semence ; puis on règle, d'après les principes que nous connaissons, le degré de couvert à répandre sur le taillis, et l'on arrête le nombre et les différentes catégories de baliveaux dont devra se composer la réserve [S49-551].

625. Dans les parties à exploiter tout de suite en taillis, cette réserve ne pourra se composer, pour la première révolution, que de baliveaux de l'âge dont le nombre sera tel que, parvenus à la qualité de moderne, ces arbres donnent le couvert voulu. A la 2* révolution, on ne conservera, de ces modernes, que la quantité fixée par le balivage adopté, et l'on complétera le couvert par des tiges de l'âge. A la 3* révolution, on réservera le nombre prescrit d'anciens et de modernes, et l'on complétera encore le couvert par des baliveaux de l'âge, et ainsi de suite,

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de révolution en révolution, jusqu^à ce que toutes les catégories d^arbres, dont doit se composer la réserve, soient établies sur le taillis.

626. Dans les parties qu^il faut d^abord régénérer par la semence, on laissera sur pied, lors de la coupe définitive, un certain nombre d'arbres, donnant le couvert jugé convenable. Quand on coupera le sous-bois pour la première fois, on réservera le nombre de tiges de Page que prescrit le balivage adopté, et Ton diminuera le nombre des vieux arbres dans le rapport du couvert que donneront ces jeunes baliveaux lorsqu'ils seront devenus modernes. Et Ton continuera ainsi, jusqu'à l'entier établissement du balivage adopté.

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