‹ Cours élémentaire de culture des boisChapitre 52 sur 108 · VALEUR · texte numérisé non relu

VALEUR

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605. Il résulte du tableau ci-dessus que les coupes de régénération à faire annuellement dans la futaie produiront :

376n.Ai. c«b. ^ 160^' = 60 160''-

Quant aux éclaircies périodiques, il est nécessaire

DR CONTimSION» 419

d'entrer dans quelques détails pour en fixer la valeur. Nous avons admis, plus haut, que le produit annuel en matière de ces opérations équivalait^ dans la futaie normale proposée, à la moitié du produit des coupes de régénération^ savoir :

— ^^— = 188 mètres cubes, a

Mais comme ces 188 mètres cubes doivent s'obtenir par six éclairciçs» à faire sur six hectares, dont le plus jeune a 20 ans et le plus âgé 120, nous avons besoin de connaître séparément le produit matériel de chaque éclaircie, afin d'en déterminer le prix conformément à la S® colonne du tableau, et d'obtenir ainsi la somme pour laquelle ces exploitations contribueront au revenu annuel.

Or il est d'expérience, que les produits matériels des éclaircies périodiques vont en augmentant, jusqu'à l'âge de 80 ans à peu près, pour les essences longévives, et surtout pour le chêne, et qu'ensuite ils diminuent brusquement. C'est d'après plusieurs auteurs forestiers estimés, et d'après les données pratiques que nous avons eu l'occasion de recueillir Bous-méme, que nous avons adopté les nombres Sâivaots comme représentant celte échelle de production avec une exactitude suffisante pour l'exemple que nous discutons :

420 DBS EXPLOITATIONS

!'• ^Itircic, bois de 20 ans, fouraira lO^^t. eub., à IC'- Tbii, d. 100^.

bobdeiOaDs, ^ 20 — 20 — 400

bois de 60 ans, — iO — ^0 — 1,600

bois de SO ans, — 62 — 60 — 3,7Î0

bois de 100 ans, — 30 — 80 — 2,i00

bois de 120 ans, — 26 — 120 — 3,120

ToTAi... 188*»Ai.cob. ll,340fr.

AjoDlanl k cette somme la Talenr des coapes de régéoéralioD qui

est de. ci

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tonr revenu de la fora, ci • • • • 71,tJ00fr>

606. Si nous rapprochons ce revenu de 71,500 fr. de la valeur du capital engagé, qui est de 2^362,860 fr., nous voyons que, malgré les prix excessifs attribués aux bois de fort équarrissage^ on n'obtient encore qu^un placement à 5 pour cent environ, et toujours sous la condition expresse de négliger la valeur du fonds.

Mais après tout, ces prix, que nous pourrions presque appeler calamiteux, nous garantiront-ils du moins que la futaie ne passera qu'entre les mains d'un acheteur disposé à spéculer sur sa conservation^ Nullement* Cet acheteur sans doute se présentera, puisque c'est au taux de 5 p. Q/O environ que se font ordinairemenf les placements en biens-fonds ; mais il se trouvera certainement en concurrence avec celui qui spéculera sur la destruction, et qui pourra o&ir au vendeur un prix bien plus considérable, parce que, industriel ou commerçant, il fait travailler ses capitaux et en retire 4, 5 et même 6 pour cent.

au lieu de se conteiifer de 3 comme le premier. On peut donc être assuré qu^il y a dix chances contre une> pour gue toute futaie mise en vente soit acquise par des spéculateurs ayant intérêt à ce qu^elle soit promptement abattue. Le calcul, d'ailleurs, prouvera facilement ce que nous avançons.

En effet, supposons, comme nous Pavons fait dans le premier exemple, que Ton abatte toute la futaie, moins le bois de 1 à 20 ans ; on réalisera le capital suivant : '

lequel placé à 4 pour cent seulement, rapportera par

an 94,442 f^

Mais le revenu, en spéculant sur la conservation, n'est que de. . ; 71,500

Le bénéfice réalisé équivaut donc à 22,912 ^^. de rente , sans compter la valeur considérable du terrain déboisé et du jeune bois de 1 à 20 ans.

Et que Ton ne dise pas que ces sortes d'affaires présentent, dans la réalité, de^ difficultés et des chances qui en détournent les spéculateurs ; elles sont aujourd'hui fort connues et fort recherchées même, par suite des nombreuses ventes de bois faites depuis trente et quelques années par l'Etat. Que l'entreprise soit ou non considérable, elle trouvera des amateurs: si elle est peu importante, elle conviendra à des individus ; si elle est plus vaste, ce seront des compa-gnies qui s'en empareront, et, dans tous les cas, le

capitaliste qui voudrait coûserrer sera écarté du marché»

607. Il nous semble donc démontré que le prix des bots de fortes dimensions, quelque élevé qu'on le suppose, ne saurait assurer la culture et la con-^ servation des futaies de la part des particuliers. Il est évident, an contraire, qu^avee Paugmentation de ces bois en valeur, doit croître aussi Tappât de les détruire, surtout si l'on tient compte de la puissance des intérêts composés, que, dans Pétat actuel de rindustrie, il n'est plus possible de nier pour un grand nombre de cas •

608. Après avoir considéré les futaies dans leurs rapports avec Pintérét particulier, il nous reste à examiner les taillis simples et les taillis composés sous le même point de vue.

Peu de mots suffiront.

Si les futaies, surtout celles à longues révolutions, ne peuvent convenir à Pintérét privé, la cause,comme on Pa vu, en est principalement dans le capital trop élevé, qu'il est nécessaire d'engager dans les bois sur pied, pour se procurer un revenu soutenu ; capital qui, joint à la valeur du sol, fait descendre le taux de l'argent bien au*dessous de celui des placements ordinaires.

Or, il n'en est pas de même pour les taillis simples, qui s'exploitent à des époques rapprochées et n'exigent qu'un capital engagé peu élevé comparative*

ment au revenu qu'ils procurent (1); leur destruction ne saurait donc être avantageuse dans une contrée où le prix du bois est à peu près nivelé avec celui des autres denrées, sauf dans le cas où le soi serait d'une qualité tout à fait supérieure pour, un genre de culture très-lucratif.

Quant aux taillis sous futaie, leur position, ici encore, est intermédiaire ; présentant plus d'avantages à Pintérét particulier que les futaies, ils sont moins profitables que les taillis simples, surtout lorsqu^on y élève des bois de plus de trois révolutions (2).

609. En résumé, la discussion du revenu des trois principales méthodes d'exploitation constate les faits suivants :

(i) Voici quelques données à cet égard, que nous fournît un auteur allemand très-estimé (Hundesbagen) :

Le peuplement du taillis étant supposé normal, et le revenu en matière égal à l'unité, le capital engagé sera : pour une révolution de 50 ans — i4 à 16,

— 20 — i0àl2.

(2) Lorsque le bois de feu se place difficilement dans une localité, et, en tout cas, ne s'y vend qu'à bas prix, la spécu-* lation de réserver, sur le taillis, des arbres de deux et même de trois révolutions peut devenir fort avantageuse au propriétaire, parce que les bois d'œuvre acquièrent dès lors une valeur proportionnelle d'autant plus grande, qui permet de les exporter jusque sur les marchés où ils trouvent un placement profitable et assuré;

42j^ DES EXPLOITATIONS

Pour PEtat et pour tout propriétaire impérissable comme 1ui> et qui, par essence, n est point apte aux spéculations commerciales, la méthode de la fulaiç offre les plus grands bénéfices ; le taillis composé tient le second rang et le taillis simple occupe le dernier.

Le contraire a lieu pour les particuliers dont la possession est précaire, et qui^ par suite de la division indéfinie des fortunes, sont forcés, soit à la première soit à la deuxième, ou au plus tard à la troisième génération, de rechercher des placements élevés et des spéculations mercantiles auxquelles ne saurait résister le capital engagé dans des bois exploitables. Pour eux, c^est le taillis simple qui doit être mis en première ligne, le taillis composé en seconde, et la futaie ne peut occuper que le dernier rang.

AET1CI.I y.

De rinfluence des différentes méthodes d'exploitation sur la Tertilité

du sol.

610. Les bois influent sur le sol quHls occupent de deux manières distinctes :

1® Par le couvert ;

2^ Par Famendement qu'ils procurent.

Le premier effet est produit par le massif plus ou

moins serré et par Tépaîsseur de feuillage propres à

chaque essence ; le second effet dépend des mêmes

eause$> et^ en outre, de Pabondance des feuilles et des circonstances qui hâtent ou retardent leur décomposition après leur chute (1). ^

611. Dans les futaies en général^ la méthode du réensemencement naturel et des éclaircfes établit un couvert constant et complet qui garantit le soi du dessèchement et y maintient la fraîcheur favorable à la Vjégétation des bois. Un détritus abondant^composé de feuilles^ de menues branches, et qui trouve toutes les circonstances favorables à sa prompte décomposition, augmente chaque année la couche d'humus dans ces forêts, et restitue ainsi abondamment à la terre les substances nourricières que s^assimilent les arbres. Ce n'est que quand les révolutions sont trèslongues que cette restitution devient moins complète: le massif alors, s^éclaircissant de plus en plus, permet Paction trop directe du soleil et de Pair sur la surface du sol; les vents dispersent le lit de feuilles; et Phumus, formé pendant longues années, se dessèche, diminue peu à peu, et finit par perdre toutes ses qualités fertilisantes. Mais, hors ce cas qui n^est qu'une rare exception, il est incontestable que tout, dans Pexploitation des futaies régulières, concourt à con-

(i) On sait que les causes d'une prompte décomposition ou putréfaction sont : rhumidité» une chaleur modérée et Pair stagnant ou du moins calme. Au contraire, la sécheresse, une forte chaleur et des coui'ants (Tair violents retardent et entravent même la putréfaction.

server et à augmenter constamment la fertilité du terrain.

612. Par la méthode du taillis simple^ le sol est à peu près complètement dénudé à chaque coupe. SMl est fertile^ situé en plaine ou en pente douce^ les rejets s^y élèvent rapidement après la coupe et forment^ dès les premières années, un nouveau fourré assez épais pour préserver le terrain des influences nuisibles de Patmosphère.Si le sol est médiocre, peu profond, mais cependant plat^ la méthode du tailh's simple, quoique ne Pamendant que faiblement, ne Fexpose pas néanmoins à se détériorer. Mais, quand ce moded^exploitation est pratiqué dans un terrain aride, fortement incliné et e:(posé aux ardeurs du soleil, il est impossible qu'il ne produise pas de fâcheux résultats. En effet, à chaque coupe, les rejets nouveaux, manquant devigueur,sonttrès-longtempsavantdecouvrir le terrain, ce qui fait que la faible couche d^humus, formée pendant la révolution écoulée, est promptement torréfiée, puis lavée par les pluies ; en second lieu, rélément minéràlogique lui-même, n'étant plus recouvert, se désagrège, devient pulvérulent et est entraîné dans les bas-fonds. C'est ainsi, par exemple, que, dans les formations de grès et de calcaires qui sont entièrement dépourvus d'argile, il suffît souvent de quelques révolutions de taillis, pour mettre le roc à nu, et exclure toute végétation autre que celle de quelques chétifs arbrisseaux et arbustes.

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