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SEMIS DES ESSENCES LES PLUS IMPORTANTES

ARTICLE PRItiriBR»

Semis du cbène.

674. RficOLTB ET CONSERVATION. — La manière de récolter les glands et de les soigner immédiatement après qu^ils ont été amassés^ a été expliquée plus haut [655 et 654]. Nous ajouterons seulement qu^il faut éviter de faire amasser les premiers tombés, parce qu^ils sont ordinairement de mauvaise qualité et piqués des vers.

On connaît) pour conserver les. glands pendant l'hiver, différents moyens, plus ou moins applicables, selon les circonstances dans lesquelles on se trouve :

1^ Dans un jardin, ou en tout autre lieu clos^ on

SOO DES RBPEUPLBMSNTS

choisit une place bien sèche que Ton garnît d^on lit de feuilles^ sèches aussi, de la hauteur de 33 centimètres environ. Sur ce lit de feuilles, on place les glands, par tas coniques d^un mètre de haut; on les recouvre d'une couche de feuilles mortes de 33 centimètres d'épaisseur, puis on ajoute encore 16 centimètres de mousse sèche, et 16 centimètres de paille. Sur le tout on établit une couverture en paille comme celles que Ton voit sur les meules de grain ou de foin ; enfin, pour mieux garantir le sol de toute humidité, on ouvre un fossé circulaire autour de la place de dépôt.

2^ On établit des silos ou fosses. SMls ne sont que temporaires, on se contente d'en soutenir les parois par des pieux entre lesquels on tresse de la paille ; s'ils doivent servir pendant longues années, on les construit en maçonnerie. Dans le fond de la fosse, on met un lit de paille, les glands y sont répandus par couches de 33 centimètres d'épaisseur, alternant avec des couches aussi épaisses de menue paille et de feuilles sèches. Ainsi remplie, la fosse est recouverte de planches, par-dessus lesquelles on élève une butte épaisse de terre bien tassée, afin d'empêcher le froid et l'humidité d'y pénétrer.

3^ On peut remplir de glands des tonneaux ou des caisses, qu'on perce de petits trous et qu'on plonge dans l'eau pour les y laisser jusqu'au printemps. Le séjour des glands, dans l'eau, les conserve et ne leur ôte rien de leur faculté germinative.

AUTiPicifitâi 501

4*^ Ôû ptenà de grandes caisses qu^oû élève sur des liteaux^ dans une cave, de même qu'on place les tonneaux. On remplit ces caisses de couches alter-^ nés de sable et de glands. Il faut avoir soin d'employer du sable de rivière bien sec et éviter surtout un sable terreux. La couche supérieure de glands» ayant toujours plus de disposition à germer, doit être recouverte de 22 à 27 centimètres de sable. II n'est pas nécessaire de donner d'autre couverture à la caisse.

Ces quatre modes de conservation du gland sont donnés par Hartig. D'après l'expérience qu'il en a faite» le premier lui paraît préférable ; nous pouvons indiquer le quatrième comme nous ayant toujours parfaitement réussi, alors même que les glands n'étaient extraits des caisses qu'à une époque assez avan« cée du printemps. Le gland ne peut se conserver que jusqu'au premier printemps .

675. Examen de la gaaiise. — Le gland doit remplir complètement son enveloppe extérieure ; en le séparant par le mih'eu dans le sens de sa longueur, il doit être blanc, frais et luisant ; le germe qui se trouve à la partie supérieure doit être intact. Si> au contraire, le fruit est desséché, d'une couleur bleuâtre ou noirâtre intérieurement ; s'il a une odeur de moisi, ou s'il est piqué, sa faculté gérminative est détruite.

Un autre moyen déjuger de la bonté des glands consiste à en jeter un nombre déterminé dans un

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vase rempli d^eau ; ceux qui tombent au fond sont bons pour la plupart^' ceux qui surnagent sont mauvais* Ënfin^ on les juge aussi par le poids ; un litre de glands de bonne qualité doit peser environ de 550 à 600 grammes.

676. ExÉGUTioir nu semis. — Lorsque le terrain à repeupler est en plaine, d'une nature compacte, entièrement découvert, mais garni cependant d^arbustes et de gazon, il convient de le préparer en y cultivant, soit des céréales, soit des pommes de terre, pendant une ou deux années selon quMl sera plus ou moins facile de le nettoyer et de Pameublir. Ce résultat obtenu, on donne un dernier labour à la cbarrue, et Von répand les glands avec une demisemaiile de seigle, si c'est en automne, et d'a?oine ou d'orge, si c'est au printemps.

Le semis ne doit être recouvert que de 3 ou 4 centimètres au plus.^La herse est l'instrument lé plus convenable pour cette opération. A la récolte des céréales, il faut avoir soin de couper les chaumes à une certaine hauteur, afin de ne pas endommager les jeunes chênes. *

Dans les sols légers ou en |>ente, le labour partiel, soit par bandes, soit par places, doit être préféré ; et, selon les circoustances, on répand les glands pour les recouvrir ensuite avec la houe, ou bien on les repique. Si les herbes ou les arbustes sont peu nombreux, ce dernier mode peut même être pratiqué sans aucun labour préalable.

AK<rilrtGiMâ. SOS

Dans lès terres légères, le gland doit étte recouvert de S à 6 centimètres*

Semé en automne (1), il lève an bout de cinq à six mois ; semé an printemps, apr^ quatre où six semaines. Cette dernière saison est toujours préférable, ainsi que nous Pavons dit plus hant [668] ; mais quand on a des semis très-considérables à faire et qu^on ne peut, par divers motifs, garder jusqu^au printemps toute la quantité nécessaire de glands, il convient de partager son semis entre les deux saisons ^ en prenant la précaution de semer en automne avec plus d^abondance, afin de faire la part des intempéries et des animaux.

Quoique le jeune cbéne soit d^un tempérament très-robuste et ne réclame en général aucun abri, [72] on se trouvera bien cependant, dans les départements de Pouest et du midi, de lui a^oindre, dans la proportion d'un quart ou d'ua cinquième, une ou plusieurs essences ayant une croissance rapide dès les premières années, telles que bouleau, pin sylvestre ou maritime, etc. Dès que ces bois auront atteint les dimensions propres à faire de menus fa-< gots, et que les chênes d'ailleurs se moBtreroQt suf-

(1) On fera bien de né pas semer avant ta mi-novembre, et même plus tard dans les climats doux, afin d'empêcher chez le gland la germination d'automne qui le rendrait victime des gelées de l'hiver.

S04 DES ABPËbmUtKNfS

fisamment vigoareux> on s^empredsera de dèbarj^ââ-^ ser ceux-ci des essences auxiliaires^ ea les enlevant par forme de nettoiement.

Les quantités de glands à employer par hectare sont :

Pour un semis en plein , 15 à 16 hectolitres ;

Pour un semis partiel^ 10 à 12 id.

Pour le repiquement> 6 à 7 id.

^ ARTICLE II

Semis da hêtre.

677. RÉCOLTE ET CONSERVATION^ — La faîne se récolte et se conserve comme le gland (1). Hartig indique en outre, pour la conservation de cette se* mence, un procédé très-simple et qu'il dit avoir souvent employé avec un entier succès.

Après avoir étendu les faines dana un endroit aéré^ et les avoir journellement retournées, pour en laisser évaporer toute Phumîdité [654], il suffit de les entasser, à une hauteur de 33 à 66 centimètres, sur le plancher d'une chambre close et de les recouvrir de 33 centimètres environ de paille, afin de les garantir du froid.

La faine, à moins de précautions minutieuses et

(f ) Coua dii que la faiae ne se conserve pas dans Teau

îtfipossîbles à pratiquer en grand, ne peut se garder que de Paulômne au printemps.

678. Examen de la cniiNE. — La qualité de la faîne' s'apprécie, en général, d'après les mêmes caractères que celle du gland. On pept, en outre, en juger par le goût du fruit; il doit être agréable et rappeler celui de Pamande ou de la noisette. Une saveur rance indique la mauvaise qualité.

Un litre de faînes doit peser de 405 à 42S grammes.

679. Exécution du semis. — Le tempérament très-délicat du jeune hêtre rend, en général, impraticable le semis en plein de ceMe essence,i sur un terrain entièrement nu. Quand bien même on mélangerait une forte quantité de céréales à la faîne, on ne remédierait pas à cette difficulté, puisque Pabri est nécessaire pendant plusieurs années; aussi faut-il, pour réussir dans une opération de ce genre, préparer, quelque temps à Pavance, Pabri indispensable.

Dans ce but, après que le terrain est convenablement labouré, on le partage par bandes dont, sur deux, on en sème une d'essences ayant une végétation rapide/ telles que bouleaux, ormes, pins, etc.; on peut aussi, pour plus d'économie, employer selon le climat, le geuet ou Pajonc. Si Ton veut gagner du temps, il faut planter ces essences au lieu de les semer; car ce n'est que quand elles auront atteint unecertaine hauteur, qu'on pourra répandre la faîne

î>06 DIS KKPBIIPLBIUIITS

dans les bandes intermédiaires restées vides. LVbri créé de cette manière doit être conservé au jeune hêtre jusqu'à ce qu'il en éprouve quelque gêne, ou du moins jusqu'à ce qu'il soit assez fort pour résister aux influences atmosphériques; alors les essences supplémentaires pourront être extraites par forme de nettoiement.

Toutefois, le mode d'opérer que nous venons d'indiquer ne saurait être suivi dans les terrains fortement inclinés, vu que le défrichement total du sol pourrait amener l'éboulement des terres. Dans ce cas, il faudrait, comme à Tordinaire, diviser la superficie en bandes horizontales de 66 centimètres à 1 mètre de largeur, dont l'une resterait inculte et . dont l'autre serait préparée à Tensemencement pro* jeté. Celle-ci serait elle-même partagée en deux portions ; dans la première, on planterait ou l'on sèmerait à l'avance, comme nous venons de l'expliquer, et Tautre, en temps opportun, recevrait la faîne.

Les difficultés d'exécution dont est entouré le semis de la faîne en terrain découvert, les frais qu'il entraine et les nombreuses chances auxquelles il est exposé rendent cette opération peu avantageuse, et doivent, en général, faire choisir d'autres essences pour le repeuplement des terres vagues ; ou, si l'on tenait expressément au hêtre, faire préférer la plantation comme plus sûre [651]. C'est plus particulièrement dans les futaies clairiérées, dans certains taillis entièrement épuisés , ou bien dans d'autres

ART1FICIEI.S. £U>7

parties tolalement envahies par les bois blancs ou les morts-bois que Pon pourra semer la faine avec succès [514]. Dans de telles circonstances, le repiguement sera surtout convenable ; on fera bien de jeter plusieurs semences dans le même trou, parce quHl a'eu trouve souvent qui sont vaines. Lorsque les jeunes plants de hêtre auront acquis suffisamment de force, les autres essences devront être extraites par forme de nettoiement.

La faîne ne doit êti*e recouverte que de 15 à 50 millimètreSfSuivant la nature plus ou moins compacte du sol. Il faut faire en sorte que la terre soit bien divisée à sa surface ; autrement^ le jeune plant qui lève avec deux lobes séminaux très-amples ne pourrait la percer.

La faîne, semée en novembre , lève au bout de cipq à six mois ; semée au printemps, qui est la saison préféra)>le, les plants lèvent au bout de trois ou de six semaines.

Pour un semis en plein , il faut , par hectare,

de • • • • 8 à 10 hectolitres ;

poiir un semis partiel, de • ... 6 à 7 id. et pour le repiqueiHent, de . • • 5 à 4 id.

680. Cotta indique, dans son traité de la culture des bois, un mode particulier de semer la faîne sans doi^ner aucun abri au jeune plant, mode qui, dit-il, lui a parfaitement réussi. Voici en quoi il consiste.

Le terrain étant partagé par bandes alternées, on creuse^ ^^ns.le milieu de la bande caltivée» une

508 DBS RSPEUPtEMEN^S

rigole de 10 à 12 centimètres de large^ sur autant de profondeur environ ; c'est dans cette rigole qu'on sème la faine*. Immédiatement après la leyée des plants, on comble la rîgole, ea y tirant les terres voisines^ de manière à en entourer complètement les petites tiges jusqu'à fleur des feuilles séminales. Il paraît^ ajoute Cotta» que c'est surtout la tige des jeunes hêtres qui souffre des influences atmosphériques, et, qu'en la préservant d'une manière quelconque, les jeunes plants peuvent se passer d'ombrage.

L'auteur que nous citons mérite la plus grande confiance, et nous sommes d'autant plus porté à croire bon le procédé qu'il recommande, que nous connaissons un fait qui en confirme entièrement l'efficacité.

Dans la forêt de Gompiègne, appartenant au domaine de la Couronne, on exécute, chaque année, des plantations très-considérables de différentes essences et entre autres aussi de hêtre. Ordinairement, les sujets plantés proviennent de semis faits en pépinière et ne sont définitivement mis en place qu'après avoir subi, dans la pépinière même, une première transplantation. Mais, pour le hêtre en particulier, comme on connaît les difficultés de le semer en terrain découvert, on se procure les jeunes plants, qui doivent subir cette première transplantation, dans les massifs de futaie ^i\ ils lèvent en abondance. Ce sont les plants naissants, munis en-

ARTIFICIBLS. 809

core de leurs feuilles cotylédonaires, que Ton choisit de préférence ; on les extrait de terre avec un couteau^ puis, dans la pépinière^ on les place^ h ciel ouvert, dans des rigoles semblables à celles dont parle Cotta, en prenant aussi la précaution de les enferrer entièrement jusqu'aux feuilles séminales. Quand Pété est très-chaud , on perd néanmoins beaucoup de ces plants ; mais ceux qui résistent^ et en général c'est le très-grand nombre, . deviennent, dès lors, suffisamment robustes pour supporter les intempéries de tout genre.

Cette pratique du butlage des semis de hêtre faits en terrain découvert est aujourd'hui généralement admise en Allemagne, et les meilleurs auteurs la recommandent, tout en reconnaissant cependant, que la plantation reste toujours le moyen le plus sûr et le plus facile d'établir le hélre sur un sol entièrement dénudé.

ARTIGLK III.

Semis du cb&taigoier.

681. RÉCOLTE ET CONSERVATION. — Les châtaigncs se récoltent et se conservent comme le gland; le moyen de conservation qui nous a toujours le mieux réussi est la stratification dans le sable, telle que nous l'avons décrite plus haut; on peut aussi les garder assez longtemps, en les laissant dans leur enveloppe extérieure appelée communément hérisson. La châtaigne ne se conserve que pendant un hiver.

810 DES BimPUniBKTS

682. ExAMBN BB hk €BAiHB. — La qualflé des châtaignes se recoonait par les mêmes caractères qtle celle des glands et des faines. La châlaîgne doit avoir une saveur agréable , quoique légèrement acerbe. On a prétendu que la grosseur du fruit devait être prise en considération, et qu^il fallait éviter de semer de petites châtaignes, parce qu^elles pro^ duisent des plants d'une faible végétation. C'est une erreur. Quelle que soit leur grosseur, les châtaignes produisent de bons plants, pourvu qu'elles proviennent d'arbres bien portants, qu'elles soient saines, fermes, bien remplies, et que le germe soit intact.

683. Exécution du sbmis. ^-n Le châtaignier demande, plus que toute autre essence, un sol bien nettoyé. On doit, à cet effet, donner un labour convenable, soit à la charrue, soit à la houe ; puis disposer le terrain par bandes alternées. Dans l'une, de 16 centimètres de large, on repique les châtaignes: dans l'autre, d'une largeur d'un mètre environ, on cultive, pendant plusieurs années, des pommes de terre, des betteraves, etc., afin d'empêcher la crue des plantes nuisibles.

Le repiquement des châtaignes se fait ordinairement assez dru; eu raison des ennemis qu'elles ont à redouter et des différentes chances auxquelles elles sont exposées [668]. Si les plants levaient trop épais en certains endroits, on aurait toujours la facilité d'en extraire une partie pour garnir les places où le semis aurait moins bien réussi.

IHTIFlCnU. 511

Le mode de semis dont nous venons de parler, s'emploie plus particulièremenf pour élever le châtaignier en massif de futaie. Quand il s'agit d'un taillis, on prépare le terrain de même, mais, au Heu de semer en rigoles, on établit communément des trous ou pots peu profonds, espacés d'un mètre à un mètre et demi, dans chacun desquels on repique deux ou trois châtaignes. Comme il suffit de laisser, dans chaque trou, une seule tige, on dispose des plants superflus au bout de deux ans. A Tâge de cinq ou six ans, et même plus tôt, selon sa végétation, on recèpe le jeune plant avec soin, après avoir donné, jusqu'à cette époque> au moins deux cultures à la terre.

On a prétendu qu'il était à propos d'abriter les jeunes châtaigniers par des bouleaux , des saules marceaux, ou par d'autres bois d'une croissance rapide. Cette précautidn est au moins inutile dans l'Est et le Nord de la France où le jeune châtaignier, s'il occupe les expositions qui lui conviennent, n'a pas besoin d'abri. Dans les régions plus chaudes, un tel mélange pourra être mieux à sa place.

La châtaigne ne s'enterre que de 3 à 6 centimètres au plus, selon la nature du sol. Quand on la sème en automne, elle lève après cinq ou six mois ; si elle n'est semée qu'au printemps, le plant paraît au bout de trois à six semaines. Cette dernière saison doit en général être préférée.

Pour semer en rigoles, ainsi que nous l'avons

SI 2 DKS MSrstl^LEHBNTS

indiqué plas haut^ il ne faut que 9 ou iO hecfalilres de châtaignes, par hectare ; quand on repique par pots ou trous 9 on conçoit que la quantité dpit être de beaucoup inférieure ; 2 ou 3 hectolitres, au plus^ doivent suffire.

ABTICLB IV.

:' "■ Semis de Forme.

684. Recoltb et coitservation. — On récolte les semences d'orme en en dépouillant les rameaux à la main. Aussitôt qu'elles sont cueillies, il est essentiel de les étendre, en couches minces, dans un lieu bien aéré et de les remuer souvent. Pour peu qu'on les laisse en tas, elles s'échauffent et perdent leur faculté germinative. En continuant à leur donner les mêmes soins, on peut rigoureusement les conserver jusqu'au printemps suivant ; mais il est préférable, sous tous les rapports^ de les semer immédiatement après leur maturité.

685. ExAHBN DE LA GRAINE. — La scmcnce qui est placée au centre de la membrane doit être un peu élevée et ferme au toucher ; en la coupant transversalement et en l'écrasant sur l'ongle, il faut qu'elle soit farineuse en même temps qu'humide ; en outre, elle doit dégager une odeur fraîche, agréable et avoir une saveur oléagineuse prononcée.

Un litre de semence d'orme doit peser environ 40 grammes.

AllTIFIGIBLS. 513

686. Exécution du semis. — Le labour par bandes alternées ou par trous carrés est le plus avantageux pour le semis de Forme. Gomme il est convenable de semer la graine de suite après sa maturité qui a lieu au commencement de juin, on fera bien de chercher à donner un premier abri aux jeunes plants, afin quMl résistent mieux aux chaleurs de Fêté. A cet effet, si le sol est en plaine, ou en pente douce, on pourra, dès le printemps, tracer les bandes destinées à la graine d'orme et ensemencer le reste du terrain en orge ou en avoine. De cette manière, Pabri sera assuré aux jeunes plants sitôt qu'ils lèveront, et Pon obtiendra en même temps un produit en céréales, ce qui n'aurait pu avoir lieu si on ne les avait semées qu'avec la graine d'orme. Lorsque le terrain sera fortement incliné, on pourra ou subdiviser la bande cultivée [679], ou se contenter de mélanger la graine d'orme aux céréales, sauf à faire le sacrifice de celles-ci.

La semence d'orme doit être très-légèrement recouverte ; elle n'a même besoin de l'être que pour empêcher le vent de la disperser. Semée aussitôt après sa maturité, elle lève au bout de quinze jours ou de trois semaines, et, dès l'automne, les jeunes plants atleîgnenl une hauteur de 16 à 22 centimètres.

Pour effectuer un semis d'orme en plein, il faudrait employer, par hectare, de 28 à 30 kilogrammes de semence; pour le semis parliel 48 à 22 kilogrammes peuvent suffire.

SI 4 DIS BttÉtrtMMTS

▲ETICLB T.

' Semîs da frAoe.

687. RicOLTB ET GONSESYâTioN. -^ Le meilleur moyen pour récolter la semence dn frêne est de la cueillir & la main; si Ton voulait employer la gaule, il faudrait choisir, pour cette opération, un temps partaitement calme.

Cette graine est sajette à se dessécher, et se conserve, en général, assez difficilement ; il est bon de la mélanger avec du sable et de la placer dans un endroit frais. Ce qui vaux mieux, c^est d'ouvrir, dans quelque terrain, des rigoles ou fosses de 53 à SO centimètres de profondeur, sur une longueur et une largeur proportionnées à la quantité de graines recueillies, d'y jeter cette graine en amas, puis de la couvrir de 12 à 16 centimètres de terre. Comme la semence de frêne ne germe que la seconde année, après avoir été mise en terre, on pourra, si Ton veut semer en automne, Ih laisseï', dans les rigoles, pendant un an, et même jusqu'au printemps suivant^ si c'est dans cette dernière saison seulement que doit s'effectuer le semîs. Ce procédé a l'avantage de conserver la semence en très-bon élal, et de plus on sait, dès la première année, à quoi s'en tenir sur la réussite du semis.

688. Examen de la graine* — Pour juger des semences de frêne, on en coupe plusieurs transversa-

AETiFlGiBtS. SIS

lement. Si Tintérieur présente une substance d'un blanc bleuâtre et de la consistance de la cire, la graine est bonne ; elle est mauvaise si cette substance est entièrement desséchée.

Le litre de cette semence doit peser à peu près de 170 à 180 grammes.

689. Exécution du sbbiis. — Le labour par bandes alternées ou par trous carrés est, en général, le meilleur pour les semis de frêne.' 11 faut faire en sorte que les jeunes plants soient un peu abrités, au moins la première année, et, dans ce but, leur adjoindre des céréales, lorsque la nature du terrain le permet. On devra éviter de laisser prendre le dessus à la mauvaise herbe qui fait beaucoup de tort aux jeunes frênes.

Sous ce dernier rapport, il est très-avantageux que la semence ait éCé préparée daçs des fosses, parce qu'alors elle lève tout de suite, sans laisser le temps aux plantes nuisibles d'envahir le terrain. .

Les semences de frêne ne doivent être enterrées que de 15 à 20 millimètres. Préparées comme nous venons de l'indiquer plus haut, et semées en automne, elles lèvent au commencement du printemps suivant ; quand elles sont semées au printemps, les plants paraissent au bout de quatre à six semaines.

Les quantités de semences de frêne à employer par hectare, sont :

pour le semis en plein, de 40 à 4S kilogrammes ; et, pour le semis partiel, de 27 à 50 id.

Si 6 lïiBS BBPSUPLEMBNTS

Aaricui Ti.

Semis de Férable.

690. RÉCOLTE ET CONSERVATION. — La técolte des semences d'érable a lieu comme celle des semences de frêne. Quant à la conservation, il suffit, après les avoir laissées ressuyer dans un lieu aéré, de les mettre en tas, dans un appartement clos, et de les retourner de temps en temps ; on peut aussi les mélanger avec du sable. Traitées de 4a sorte, leur faculté germinative peut se conserver jusqu^au second printemps, mais il est toujours bien préférable de les semer dès le premier.

691. Examen de la graine. — Pour vérifier les graines d'érable, on en ouvre plusieurs. Elles sont bonnes lorsque, sous les capsules qui les enveloppent, on les trouve fraicbes, flexibles et d'une couleur verte. Le vert seul, cependant, ne suffit pas pour décider de la qualité ; il existe souvent quand déjà il y a dessèchement. Il faut donc qu'indépendamment de la couleur, la graine présente du moelleux et de la fraîcheur.

Un litre de semence d'érable de bonne qualité doit peser de 120 à 130 grammes.

692. Exécution du semis. — Ce que nous avons dit, à cet égard, du semis de frêne s'applique aussi à celui de l'érable.

Le printemps est la saison la plus favorable pour

semer^ les jeunes plants étant assez délicats et craignant les gelées printanières.

Pour ensemencer un hectare en plein, il est nécessaire d'employer de 60 à 6S kilogrammes de semence d'érable ; et, pour un semis partiel il en faut, sur la même superficie, de 40 à 45 kilogrammes.

ARTICLE TH

Semis du bouleau.

693. RÉCOLTE ET CONSERVATION. — Gomme la semence du bouleau se dissémine très-promptement, il faut saisir à point Pépoque de sa maturité pour la récolter. On cueille les chatons à la main. Un procédé plus facile, mais qui ne peut s'exécuter que sur des bouleaux destinés à être abattus prochainement, c'est de couper les rameaux qui portent la graine. Dans ce cas^ il n'est pas nécessaire d'attendre l'entière maturité ; en suspendant les rameaux coupées dans un endroit sec et aéré, la graine achèvera de mûrir.

La semence de bouleau est très-difficile à conser^ ver, et il est à cohseiller d'en faire le semis l'année même de la récolte. Néanmoins, si l'on était forcé de la garder jusqu'au printemps suivant, il faudrait l'étendre, en couches minces, dans un grenier, la garantir des froids de l'hiver et la remuer trèssouvent.

Kl 8 DIS RSPBCPLKMBNTS

694. ExAMBN DB LA GR4INB. — L^exameo des graines de bouleaa se fait comme celui des semences d^orme. En en ouvrant quelques-unes, avec la pointe d'un canif» par exemple, la petite amande doit être farinense ; écrasée/ sur Pongle» elle doit laisser quelques traces d^un suc laiteux.

Un litre de cette graine doit peser de 90 à i 00 grammes.

695. Execution du sbmis. — Le labour partiel convient plus particulièrement pour les semis de bouleau. Ce qu'il faut craindre surtout, c'est de tlrop remuer le sol et de trop enterrer la graine. On se contentera donc, pour établir les bandes ou les pots, de lever le gazon et d^extraire les arbustes sans piocher la terre ; il sulBra même, si le terrain n'est pas très-gazonné, de racler la superficie avec les dents d'ua râteau en fer (voy. fig. 2).

i|p semant, il faut tenir la main le plus près possible de terre (1), afin d'empêcher que le vent n'emporte la graine. Le temps le plus favorable, pour cette opération, est le temps pluvieux, parce qu'alors on peut se dispenser d'enterrer la semence ; mais si Ton sème par un temps sec, on devra faire en sorte de mêler seulement ta graine à la terre,

(f ) Une bonne précaution pour faciliter Topëration du semis delà graine de bouleau, comme de toute graine très-légère en général» copsiMe à ne la répandre que mêlée à une certaine proportion de terre très-fine.

en promenant légèrement un râteau en bois dans les parties semées ou bien en les tripplant [672] avec les pieds.

Semée en automne^ qui, comme nous Pavons dit, est la saison la plus convena}))e, la semence de bouleau lève dès le commencemeiit du printemps.

Si Ton voulait faire un semis en plein, il faudrait employer, par hectare, de 56 à 40 kilogrammes de semence ; pour le semis partiel, i^ suffira d^ 24 à 30 JLjiogrammes. En général, la graine de bouleau ne doit pas être épargnée, parce qu^ejle est rarement de très-bonne qualité.

ARTICLE Tlll.

Semis du robinier faux accacia.

696. BécoLTB ET GoifSEiivAtiON. — Les gousses (lu robinier se cueillent à la main. £n les étendant sur un grenier, elles s'ouvrent d'elles-mêmes pendant rhiver; il suffit ensuite de les remuer légèrement avec un râteau pour détacher les semences [170]. On sépare les graines des gousses^ à Paide du crible.

Cette semence peut se garder deux et même trois ans; on la conserve en tas, dans des greniers, en ayant soin de Taérer de temps à autre.

697. Examen de la graine. — La graine du robinier doit être brun foncé; Fintérieur doit être blanc, farineux et frais.

69S. EqucuxiOH DU sBMis. — Le semis partiel

TS20 DES ntPBUl^LSMENTS

mérite la préférence. Un sol bien nettoyé favorise la végétation des jeunes plants.

La semence doit être recouverte de S à 10 millimètres ; et comme le plant, dans sa naissance, redoute les froids, on fera bien, quand ce sera possible, de garnir le 30I d^une couche de mousse ou de feuilles mortes.

La délicatesse du jeune plant doit faire préférer le printemps pour les semis de robinier. Mise en terre dans cette saison, la graine lève après trois ou quatre semaines ; semée en automne^ au contraire, le plant ne parait qu\')u bout de cinq ou six mois.

Quatorze à seize kilogrammes de semence'de robinier seraient nécessaires, par hectare, pour un semis par bandes ou par pots ; si Ton voulait semer en plein, il faudrait employer, sur la même superficie, de 20 à 25 kilogrammes.

ARTICLE IX

Semis du charme.

699. ■*— Récolte et conservamoît. '— Les semences de charme se cueillent à la main ; on peut aussi^ mais seulement par un temps très-calme, faire gauler les arbres en tendant des toiles pour recevoir la graine. Les moyens de conservation sont absolument les mêmes que ceux que nous avons indiqués pour la semence de frêne [687] ; comme celle-ci, la graine de charme se conserve difficile-

ARTIFICIELS. îi%i

ment, et> mise en terre, elle ne germe que la se* conde année.

700. ExAHBM DB tA GRAiNB* — En ouvrant la graine de chajrme> on doit trouver une amande blanche et fraîche; cette amande doit remplir com* plétement le noyau qui lui sert d^enveloppe. Un litre de semence de charme ailée doit peser de 50 à 60 grammes ; si la semence est désailée, la même capacité pèsera de 410 à 420 grammes.

701. ExÉGOTiON DU SEMIS. — Ce qui a été dit pour Pexécution du semis de frêne [689] s'applique entièrement au semis de charme; seulement, la graine de cette dernière essence pourra, dans les sols légers, être enterrée jusqu'à 3 centimètres de profondeur.

Les quantités de semence de charme à employer par hectare, sont :

semence ailée, pour un semis en plein, 50 à 55 kilogrammes ; pour le semis partiel, 35 à 38 id.

semence désatlée, pour un semis en plein, 45 à 50 kilogrammes ; pour le semis partiel, 30 à 33 id.

i&RTICLB X.

Semis de Talisier, du sorbier et do micocoulier.

702. Ces essences ne sont pas ordinairement cultivées en grand; mais il est intéressant d'en faire

522 DES BBPBUPl.BlfBIITS

des séniis en pépinière, pour les répandre ensuite^ par la plantation, dans les forêts.

Les fruits se cueillent i Parriëre-saison ; on les sème en rigoles, en évitant de trop les rapprocher, et on les recouvre de bonne terre bien émiettée. Les semences de sorbier demandent à être enterrées de 6 à S millinlëtres seulement; celles de micocoulier de 10 à IS millimètres, et les alises de 3 à 4 centimètres. Ces deux dernières graines ne lèvent, en général, que le second printemps après avoir été semées, à moins que, par des arrosements fréquents, on ne hâte leur germination.

Le micocoulier, ainsi que nous Pavons dit plus haut {204], redoute les froids dans ses premières années, et a besoin, dans le nord et dans Test de la France, d^étre recouvert de paille, de feuilles mortes ou de mousse pendant Phiver.

Lorsque les plants de ces trois essences ont deux ans à peu près , on leur fait subir une première transplantation en pépinière, afin de favoriser le développement de leurs racines ; à cet effet, on les espace de 22 à 33 centimètres.

Parvenus i 66 centimètres ou à 1 mètre de haut, on les plante alors dans les lieux pour lesquels on les destine.

autificibls. 523

ARTICLE XI

Semis de Tauae.

703. RÉCOLTE ET CONSERVATION. — Oii cueîUe les petits cônes à la main, dès qu^ils commencent à brunir; il faut se hâter, car la semence se dissémine trèS'promptcment. Cette récolte peut aussi se faire, comme celle des semences de bouleau [693], en coupant les branches qui portent graine sur les arbres destinés à être prochainement abattus; nous avons indiqué les avantages de ce procédé.

Pour obtenir la graine, il suffît d^étendre les cônes sur un plancher bien aéré et de les remuer souvent; les écailles s^entr^ouvrent peu à peu et la semence s'échappe. Mais si Pon voulait semer dés Tautomne, il faudrait exposer les cônes à une chaleur tempérée, afin de les faire ouvrir plus vite. Pour séparer la graine dWec les cônes, on se sert du crible.

La semence d'aune ne se conserve que de l'automne au printemps. On la met ordinairement en tas sur un grenier ; on peut aussi là plonger dans Peau.

704. Examen de la graine. — La semence d'aune doit présenter à peu près les mêmes caractères que celle d'orme ou de bouleau. Ouverte et écrasée sur l'ongle, l'amande doit être farineuse, légèrement humide, et dégager une odeur fraîche et agréable. La couleur de la graine est brun-marron.

524 DBS KEPEUPLEHENTS

Un libre de celte semence, lorsqu'elle est de banne qualité^ pèse de 320 à 340 grammes.

705. Exécution du sbmis. — Les sols humides, aquatiques, ou même marécageux, dans lesquels Panne prospère plus particulièrement, offrent des difficultés pour le semis. La grande quantité d'herbe dans les premiers, une crue d'eau dans les autres, s'opposent souvent, soit à la germination tle la graine, soit au développement du jeune plant. Aussi a*t-on plus généralement recours & la plantation pour établir une aunaie [65i]. Cependant, comme les inconvénients que nous venons de signaler ne se présentent par toujours» on pourra aussi, dans certains cas, employer la voie du semis.

Le labour en plein pourra être pratiqué, lorsque le sol le permettra et qu'on n'aura pas d'ailleurs besoin d'épargner la graine ; toutefois, le labour partiel sera généralement préférable. La principale précaution à prendre, .pour préparer le terrain, consiste à le remuer le moins possible, tout en le débarrassant de la mauvaise herbe. Souvent il sera très-avantageux d'écobuer, et, dès lors, il suffira de gratter la terre, soit à la herse, si l'on veut semer en plein ; soit avec le râteau en fer, s'il s'agit de cultiver par bandes ou par pots. Dans certains terrains, on pourra même se contenter de faire parcourir des bêtes à cornes ou des moutons. U n'est pas rare en effet de voir, dans les prairies, des semis naturels d'aune très-bien réussis dans les pas des bestiaux ou dans les rigoles d'irrigation.

ARTinciEis^ 525

La semence ne doit pour ainsi dire pas é(re ^i^ terrée. Dans les semis en plein» on pourra se contenter de passer le rouleau pour la raffermir contre la terre, à moins qu^on ne redoute les dégâts des oiseaux, auquel cas il faudrait employer le fagot d'épines. Dans les semis partiels on se servira, le plus légèrement possible, du râteau de bois. Semée enautomne,qui est lasaisonla plus faYorable,la graine lève au mois d'avril suivant ; semée au printemps, elle produit des plante au bout de cinq ou six semaines.

Pour un semis en plein, il faut, par hectare, de 10 à i2 kilogrammes de semences d'aune; pour le semis partiel 6 à 8 kilogrammes suffisent.

ARTICLE XII

Semis du sapin.

706. RÉCOLTE n consEnvATioN. -— On cueille Iqs cônes à la main, dès la fin de septembre ou le commencement dK)ctobre. Il suffit de les étendre sur un grenier et de les remuer de temps en temps au râteau, pour faire tomber les écailles et les graines ; on sépare ensuite les unes d'avec les autres au moyen du crible.

Si l'on veut dépouiller la semence de l'aile dont elle est garnie, il faut la frotter entre les mains ou dans un sac seulement rempli au quart. Quoi qu'on fasse, on ne pourra que briser une partie de Faile ;

^26 DBS REPBUPLBMBNTS

il est impossible de TenleFcr entier ement , parce qu'elle est très-adhérente.

La graine de sapin ne se conserve guère au-delà de 18 mois; si donc on ne remploie pas au prin<terops qui suit sa maturité, il faut, au plus tard, la semer un an après. Le meilleur moyen de conservation est de la mettre en lieu sec, à Pabri du froid, et de Pentasser le moins possible. D^abord il faut avoir soin de la retourner souvent et ensuite seulement de temps à autre, jusqu^au jwunent de Pemployer.

707. ExAUEif DB LA graIIK — En ouvrant les petites amandes du sapin, on doit les trouver pleines, fraîches et d'une couleur blanchâtre ; elles doivent dégager une odeur prononcée de térébenthine, et le germe doit être vert. La couleur extérieure est brune.

Un litre de cette semence, munie de son aile, pèse ordinairement de 200 à 21 5 grammes ; lorsque la graine est désailée, le poids de la même capacité est de 265 à 275 grammes.

708. Execution du semis. — TouA;e que nous avons dit plus haut [679] sur les procédés à employer pour semer le hêtre, et sur les difficultés que cette opération présente, s^applique entièrement an semis du sapin, à cause de Pextréme délicatesse du jeune plant. Le mode indiqué par Gotta, pour semer le hêtre sans abri [680]» n^a point encore été essayé pour le sapin, et la plantation ne peut guère supplééer au semis ; car cette essence résineuse^ surtout

MTIFICIBLS. M7

en terrata découvert et aux expositions chaudes, est d^une reprise fort difficile. Cest principalement pour remettre ea état des parties de forêt ruinées^ cou^ vertes de bois blancs, de morts-bois ou de broussailles, quelconques, que Ton peut eB»pioyer le semis du sa« pin (1). Gomme le hêtre, dans ce cas, on sèmera le sapin par places, à Pombre de ces broussailles; ou même on repiquera la graine, si el|e est rare, mais en ayante soin de ne remuer la terre que le moins possible (2).

La semence doit être recouverte, avec le râteau^ d^une épaisseur de 6 à 9 millimètres.

Il est difficile d^indiquer la quantité de semence nécessaire^ par hectare, pour un semis fait de la sorte.

En général, il faut semer abondamment, car la graine n'est pas toujours de très-bonne qualité, sur* tout lorsqu'elle a été conservée pendant quelque^

(i) Toutes les fois qu'on pourra abriter les semis de sapin, de maaière à préserver les jeun^js plants des gelées tardives du printemps, on fera bien de répandre la graine dans Fautomne même de sa maturité. H est certain qu'une quantité notable de semences, quelques précautions que Ton prenne paur la conser* ver, perd sa faculté germinative dès le premier hiver.

(2) Pour repiquer des graines légères, telles que celles du sapin, ou pour les semer, par places, sous des bois blancs ou sous des broussailles, l'instrument le plus commode est la houe-rateau dont nous donnons le dessin à la fin du .volume (voy. fig* 5). Les dimensions à lui donner peuvent varier selon la nature des terrains dans lesquels elle doit fonctionner..

528 DES nBPKUPLBMENTS

temps ; et d^alileurs les jeuaes plants, fort tendres, ont plusieurs chances à courir. Pour un semis par bandes ou par pots, on peut employer de 40 à 45 kilogrammes de semence ailée, et de 36 à 40 kilogrammes de semence désailée, par hectare.

Ordinairement on sème depuis la fin de Phiver jusque vers la fin du mois de mai, selon que les gelées printanières sont plus ou moins à craindre. Dans ce cas, les jeunes plants paraissent au bout de quatre à six semaines.

ARTICLS XIII.

Seinis de lYpîcéa.

709. RécoLTB BT GONSKRVATioN. — Larécolfedes cônes d^épicéa peut avoir lieu depuis le mois de no* rembre jusqu^au mois de mars. Quand on doit faire de grands approvisionnements en semences, il faut s^y prendre aussitôt après la maturité [269] ; dans le cas contraire, il est préférable de ne cueillir les cônes qu^après les froids, parce que plus on rapprocha cette opération de Pépoque de la d&séminatron naturelle, plus on extrait ensuite la graine avec facilité.

Uextracfion des graines a lieu, soit à Paide de là chaleur artificielle d^un fourneau^ soit à Paide de la cbaleur du soleil. Quoique ce dernier moyen mérite d'être préféré, en ce sens qu'on en obtient généralement des graines d^une qualité supérieure, le pre-mier est cependant le plus employé, parce qu'il est

beaucoup plcte expéditif, et qu^il permet mieux de pourvoir à des approvisionnements considérables.

Harlig décrit les appareils à étabKr pour Pun et Pautre mode ; nous donnons ci-après ces descrip-^ tions telles qu'elles sont traduites dans le Dictionnaire des Forêts de Baudrillart.

1^ « On se sert d'une chambré dans la partie in-^ 9 férieuré d'un bâtiment en maçonnerie; s'il est » possible, on place dans cette chambre un ou plu- » sieurs poêles, pourvus de grils, afin de pouvoir » les échauffer avec les cônes vides; ou bien on y » établit circulairement des canaux de chaleur , » comme dans une serre chaude, afin que le local y puisse être échauffé dans toutes ses parties à un « assez haut degré de température. Dans cette étuve, » on fait construire, contre les murs et dans le mi- » lieu de la pièce, des échafaudages sur lesquels on » puisse placer dés claies en bois ou en fil de fer de » 1 mètre 66 centimètres à 2 mètres de long sur 82 » centimètres de large, et en former des étages de » i6 centimètres environ d'intervalle. Sous la der- » nière rangée des claiçs, on fait pratiquer des tiroirs » pour recevoir la graine. Ces premières disposi- » tions prises, on charge les claies de cônes et on 9 chauffe Tétuve de manière qu'un homme en puisse » difficilement supporter la chaleur (20 à 25 degrés » Réaumur) (1) ; on entretient cette température

Il ■ ■ I ■» [ *———■—»——■ I II I I m ■ I I ■ I f I I I * I iiw I, .1 1 I I. ■ ■ é"i I I M

(1) CûUa dit que la température peut s'élever jusqu'à 30 et

530 DES ABPEIIPLBVBKT9

jusqu'à ce que les cônes se soient ouverts. Alors on les remue fortement sur toutes les claies, en commençant par les étages supérieurs, de manière que les semences tombent d'étage en étage, jusqu'aux tiroirs placés sous les claies inférieures. (1) » « Lorsque tous les cônes sont ouverts aussi complètement que possible, on les retire et Ton cherche à obtenir encore la semence qui a pu y rester. A cet effet, on les place dans un vaisseau dont la disposition est semblable à celle d'une baratte à battre le beurre. Dans ce vaisseau, qui doit avoir le fond à claire- voie serrée, afin que les semences seules puissent y passer et être reçues dans un vase placé au-dessous, on agite fortement les cônes jus-^ qu'à ce qu'ils soient totalemrat dépouillés de grai« nés. On peut alors employer les cônes à chauffer lés fourneaux. >

2^ c Pour em{doyer la chaleur du soleil, on établit des échaffaudages contre le mur d'un bâtiment exposé au midi. On y place des claies à une telle distance les unes des autres, que le soleil puisse donner sur les rangées les plus reculées et sur le&

même 35® Réaamor, sans qae la faculté germiDaiivede la graine ait à en souffrir.

(I) Pour plus de facilite on a rendu les claies mobiles, en les faisant glisser sur roulettes dans deux coulisses. De cette manière en poussant et tirant la claie, on agite aisément tous les cônes qui s'y trouvent.

ARTlFIGIBtS. S31

» inférieures. Sous la dernière claie se (rouve un V tiroir dont le fond est en f oile grossière, afin que, » si la pluie vient à y tomber, elle la traverse faci- » lement et que les graines puissent sécher. UappâF-* » reil entier est recouvert d un petit toit dont là pente » est dirigée vers le Nord. »

c Lorsqu^il fait un beau soleil et une chaleur forte, » on remue les cônes en commençant par les claies 9 des étages supérieurs et en continuant jusqu'en » bas ; on rassemble alors les graines tombées dans » le tiroir. Enfin, quand on juge que les cônes se » sont ouverts autant que possible, on les enlève, et » on les place dans Tespèce de baratte dont nous » avons parlé, pour en tirer les semences qui pour- » raient y être restées. »

L'appareil décrit en dernier a été perfectionné en pratiquant sur chaque claie un couvercle mobile, qu'on ferme pendant la nuit et quand il pleut, et que Ton ouvre lorsqu'il fait beau, plus ou moins suivant la hauteur du soleil. Afin que ce couvercle renvoie mieux les rayons calorifiques sur les cônes, on en peint la face intérieure d'une couleur blanche au vernis.

L'extraction des semences par la chaleur artifi* cîelle a lieu encore, d'après un autre système, dans des bâtiments construits exclusivement pour cet objet. On trouvera la description d'un établissement de ce genre, avec des détails intéressants sur les manipulations auxquelles donnent lieu l'extraction, le désai-

532 BBS RSPJtUPI.BMElfTS

lemeat et la conservation des graines résineusesi dans les Annales forestièresi tome II» année 1843^ page SOS. Noos renvoyons le lecteur à cet arlicle qui est de M, Rich^ Sous^Inspecteur des forêts et gérant de la sécherie de graines forestières que Fadmimstration des forêts a établie à Haguenau (Bas-Rhin).

Lorsqu^on veut désailer les graines d'épicéa, on les humecte, et après les avoir mises dans un sac qu'on ne remplit qu'au quart, on les frotte fortement jusqu'à ce que les ailes s'en détachent (1)« Ensuite, après. les avoir étendues dans un lieu très-aéré afin de hâter leur dessication, on les nettoie entièrement au moyen du van.

Le désailement de la graine est avantageux parce qu'il en rend le transport plus facile, en lui faisant occuper un moindre vôlunie et en diminuant son poids ; en second lien la semence désailée se sème et se recouvre mieux, et l'on ne risque pas autant de la voir dispersée par les vents. Mais, en général, les graines qui ont subi cette opération, surtout quand on se les procure par le commerce, se conservent moins bien que celles qui sont munies de leurs ailes. Dans les établissements (principalement dans ceux d^ Allemagne) où il se prépare de grandes quantités

(I) On peut éviter d'bumecter lagraine (ce qui vant toujours mieux) en étendant les sacs» remplis comme il est dit, sur Ymtt d'une grange et les frappant avec des fléaux à battre le grain.

ABTrFIGIELS. 533

de semence pour la vente, on met quelquefois la graine en tas, après l'avoir bien humectée, et on la laisse ainsi jusqu'à ce que, en y enfonçant la main, on sente une légère chaleur; c'est alors que 1^ ailes B^en détachent avec le plus de facilité. On conçoit aisément qu'un tel procédé prédispose las graines à la germination , et que , si le semis est retardé, il puisse s'en trouver un grand nombre qui perdent leur faculté germinative.

La graine d'épicéa peut, rigoureusement, se conserver trois ou quatre ans, en lui donnant les mêmes soins qu'à celle du sapin.

710. ExAMEFT DE LA GRAiNB. ---- La graine d'épicéa de bonne quaKté, comme celle de sapin, est ferme et bien remplie ; son odeur, en Pouvrant , est fraîche, résineuse, et, écrasée sur l'ongle, la petite amande y laisse une substance grasse, d'une odeur oléagineuse. La couleur de cette gfaine est brun rougeâtre.

Un litre de semence d'épicéa ailée doit peser de d 25 à 1 40 grammes ; désailée, cette graine pèse, par litre, de &00 à 450 grammes.

711. Execution du sbhis. -^ Le labour par bandes alternées ou par pots, convient, en général^ au semis d'épicéa comme au semis de sapin. Quoique le jeune plant ne soit pas aussi délicat que celui de cette dernière essence, il a besoin, cependant, surtout aux expositions chaudes, de quelque ombrage ; le couvert au contraire lui est très- défavorable.

534 DBS nBPBVPtBHBNTS

Qaand le terrain se trouvera garni de myrtilles, de bruyères, etc., il suffira de les conserver dans les bandes ou dans les places qu^on laisse en friche ; dans le cas conlraire, c'est-à^^dire, si le terrain était entièrement nu, il faudrait mêler nne demi-semaille dWoine ou d^orge à la ^graine* On devra faire en sorte de remuer la terre le moins possible, par le labour; presque toujours le râteau en fer pourra suffire pour cet objet.

Le jeune plant, restant très-petit dans les premières années, a souvent beaucoup à souffrir des herbes qui envahissent les semis* Quand on aura à combattre cet inconvénient, on devra d'abord augmenter la largeur des bandes ou des pots et ensuite faire enlever les herbes avant Fautomne, soit en les arrachant soit en les faucillant, toutes les fois qu'on le pourra sans trop de frais. Parfois la conservation du semis est à ce prix.

La graine n'a besoin d'être enterrée que de 4 à 6 millimètres : on peut même se contenter de la mêler à la terre avec un râteau en bois. Semée au prin* temps, qui est la saison préférable, elle lève au bout de cinq ou six semaines.

Pour le semis partiel, 13 à 15 kilogrammes de semences ailées, et 10 à 12 kilogrammes de semences désaiiées, suffiront par hectare. Pour un semis en plein, il faudrait ajouter moitié en sus.

AATIFIGIBLS. 53S

ARTICIB XIT.

Semis du pin sylvestre.

712. RÉCOLTE BT CONSERVATION. — Ce qui a été dit de la récolte des cônes d'épicéa s'applique entièrement à la récolte des cônes de pin sylvestre.

L'extraction des semences se fait à Taide des appareils qui ont été décrits dans l'article précédent ; mais, ainsi que nous l'avons dit plus haut, on a aussi construit des bâtiments exclusivement destinés à cet objet, auxquels on a donné le nom de sécheries de graines forestières. L'administration des forêts possède, dans la forêt de Hagueneau (Bas-Rhin), un établissement de ce genre qui lui fournit tous les ans les semences de pin qu'elle fait répandre dans les forêts de l'Etat.

On se sert plus particulièrement, pour la prépa-» ration des graines de pin sylvestre, de sécheries par la chaleur artificielle dont nous avons dit un mot plus haut en renvoyant, pour la description d'un tel établissement, aux Annales forestières. Nous renouvelons ici ce même renvoi.

Le désaillement de la graine de pin a lieu tout à fait comme nous l'avons expliqué pour la graine d'épicéa.

La semence de pin sylvestre peut aussi se conserver pendant trois et quatre ans ; mais, dans ce cas, il ne faut pas la désailer. Elle se conserverait

536 DES KBPBCPLBMBNTS

encore plus sûrement si on la laissait enfermée dans les cônes, et si on ne récoltait ceux-ci qu'à la fin de Phiver.

715. Examen de la cbaine. — Les caractères qui indiquent la bonne qualité des semences sont absolument les mêmes pour le pin sylvestre que pour Pépicéa* Les sentences de pin sont noires ou blanches ; parmi ces dernières il s'en trouve un plus grand nombre de vaines que parmi les autres. On fera donc bien, lorsqu'on achètera des graines, et que les blanches seront en majorité, de les éprouver avec d'autant plus de soin.

La semence de pin sylvestre doit peser, par litre, de 120 à 140 grammes, si elle est ailée; et de 440 à 500 grammes si elle est dépouillée de ses ailes*

714. Execution du semis. — Le labour à donner au terrain pour le semis du pin sylvestre est le même que celui qui convient pour le semis de l'épicéa, sauf qu'il n'est pas nécessaire de ménager autant l'abri. Dans les pentes méridionales couvertes de bruyères, où souvent on sème le pin, il est essentiel de prendre une précaution particulière, en préparant le sol ; c'est de creuser les bandes ou les trous jusqu'à la couche de terre inférieure au terreau noir qui se trouve à la surface, et que l'on nomme commune^ ment terre de bruyère. En répandant la graine dans ce terreau sans aucune consistance, impropre k retenir l'humidité^ et qui, par sa couleur, s'échauffe à un haut degré, les semis manquent presque toujours.

Souvent d^ailleurs ]a terre de brayére contient un principe acide qui fait avorter complètement la germination (!)•

Gomme les graines d'épîcéa, celles du pin sylvestre ne doivent être recouvertes que de 4 à 6 millimètres ; il suffît même de les mêler à la terre avec le râteau. Ordinairement les jeunes plants paraissent au bout de quatre à six semaines» lorsque le semis a été fait au printemps, ainsi que cela est à conseiller; mais souvent aussi, quand les graines ont été trop recouvertes ou trop chauffées dans Textraetion, elles ne germent que la seconde années

Dans quelques parties de PAUemagne, où les semences de pin sont très-^abondantes, on est dans Tusage de semer tout simplement les cônes dans les bandes ou dans les trous préparés à cet effet ; puis, dès qu'au printemps la chaleur commence à agir sur les écailles, on remue fortement les cônes avec un

(1} Ce principe est l'acide acétique. On a proposé, pour le neutraliser, d'employer Técobuage qui, par les cendres qu'il produit, atteindrait ce but. Ce procédé peut être suffisant pour certaines plantes qui exigent peu d*humidité et pour la culture desquelles on retourne entièrement la terre, de manière à mêler la couche de terreau à l'élément minéralogique du sol. Mais pour les semis d'essences forestières, il ne saurait en être de même, car, tout en enlevant au terreau un principe nuisible, les cendres ajouteraient d'ailleurs à son trop de légèreté et i son défaut d'bygroscopicité [663],

538 DES RKPSUPLEHBNTS

rafeau> afin d^en faire tomber les graines et de distribuer celles-ci le plus également possible. Ce pro« cédé a • d'abord Pavanf âge d'économiser les frais d'extraction et de désailement des semences ; en second lieuy celles-ci sont généralement de meilleure qualité; et eûfin, les cônes qui recouvrent le sol peuvent donner quelque abri aux plants naissants. Mais, d'un autre côté, on perd une partie des graines, parce qu'on ne réussit jamais à les faire sortir toutes des cônes ; elles ne sont pas aussi également réparties sur le terrain, et, pour le transport, les cônes sont plus encombrants.

Les quantités de semences de pin sylvestre à employer, par hectare, pour un semis partiel, sont :

Semences ailées. ... 12 à 14 kilog.

Semences désaîlées.» 9 k H td.

Cônes ; . . • 18 à 20 hecfolifrcs.

ARTIGLV XV.

Semis du pio maritime.

715. RÉCOLTE ET CONSERVATION. — Ce quc nous avons dît, sous ce rapport, de l'épicéa et surtout da pin sylvestre, s'applique entièrement au pin maritime.

716. Examen de la graine. — • La graine de ce pin est beaucoup plus grosse que celle du précédent ; sa couleur est grise ou brtin mat sur une face et d'un noir luisant sur l'autre ; elle doit d'ailleurs présenter les mêmes caractères que la graine du sylvestre.

717. ËxÊGUTiOiN DU S£Mis« — Les différents modes de labour que nous connaissons sont tous applicables au pin maritime. Quoique cet arbre soit surtout cul* tivé dans des terrains légers et peu accidentés, on se sert assez généralement de la charrue pour la façon à donner à la terre et de la herse pour recouvrir le semis, attendu que, croissant très-rapidement dès la première anùée, il n^a pas à craindre le dessèchement du sol [291]. — La graine, d'ailleurs, étant plus grosse, a besoin d'être enterrée davantage.

La quantité de semences à employer par hectare varie. — En Sologne, par exemple (voir le rapport déjà cité de M. A. Brongniart), on emploie pour un semis en plein, depuis 10 jusqu'à 20 kil., sans doute, selon la bonté de la graine et aussi selon que Ton a en vue la création d'un bois plus touffu. Nous pensons que 15 à 18 kil. de semence ailée et 12 à 14 kil. de semence désailée doivent suffire, attendu que la graine du pin maritime est généralement de trèsbonne qualité. Pour les semis partiels, il y aurait heu de diminuer ces quantités d'un tiers.

La culture du pin maritime a pris dans plusieurs contrées de l'ouest et du centre de la France (notamment dans le Maine et la Sologne), une très-grande çxten^ion, par suite des produits particuliers que fournit cet arbre [292]. Mais c'est surtout dans les Landes et dans la Gironde qu'elle acquiert une importance de' premier ordre. On sait que, dans ces départements, s'étend sur le littoral de l'Océan, de-

^0 DES REPEUPLEMENTS

ptiîs Pembouchure de la Giroade jusqu^à celle de PAdour, une région^ appelée les dunes du golfe de Gascogne qui occupe un espace d'environ 240 kil • de long sur une largeur moyenne de îi kil. Le sol de cette région^ exclusivement composé d'un sable quartzeux très^tenu que les marées de POcéan déposent sur la plage, devient tellement mobile^ dés qu'il se dessèche, que les Vents le soulèvent et Pemportent au loin. Le plus léger obstacle, tel qu'un petit accident de terrain, un arbre, quelques touffes de genêt ou de gourbet (arvndo arenarîd), suffit souvent pour arrêter les sables dans leur marche ; ils s'accumulent alors d'autant plus vite et forment des amas d'autant plus forts que les dépôts laissés par les lames sont plus considérables, et que les vents soufflent plus longtemps dans la même direction. Telle est la formation des dunes, dont la hauteur et la forme diffèrent nécessairement en raison des conditions sous lesquelles elles se sont élevées ; on en rencontre qui ont de 20 à 30 et jusqu'à 50 et même 100 mètres de haut.

C'est par un système mixte de travaux de clayonnage et de reboisement en pin maritime que Pon est parvenu à arrêter partout à peu près la marche des sables qui menaçait les communes voisines et leur territoire, et c'est une des gloires du corps des ponts et chaussées à qui le Gouvernement a confié cette grande et belle œuvre, d'avoir pu la conduire à bonne fin et d'avoir successivement amélioré et telle-

ment simplifié les procédés employés^ qu'ils sont aujourd'hui à la portée de toutes les personnes qui peuvent avoir à s'occuper du boisement de sables mouvants.

Mais si intéressante que soit pour le forestier , comme pour l'ingénieur^ Pétude approfondie de ces procédés, nous sortirions du cadre que nous nous sommes tracé pour la rédaction de ce cours, si nous entreprenions de les exposer ici avec détail. Nous renvoyons donc le lecteur, curieux d'étudier cette belle question, aux principaux écrits qui en ont traité, savoir :

1. Mémoire sur les dunes, par Brémontier, inspec* teur général des ponts et chaussées (réimprimé dans les Annales des ponts et chaussées, année 1835, page 14S).

2. Notice sur la fixation des dunes, par M. Lefort, ingénieur des ponts et chaussées (Annales des ponts et chaussées^ année 1831, page 320).

3. Mémoires sur les dunes du golfe de Gascogne, par M. Laval, ingénieur en chef, directeur des ponts et chaussées (Annales des ponts et chaussées, année 1847, page 218) (1).

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