Execution du semis. — Le pin pinier et le
(I) Dans les Âlpos, on tend quelquefois des toiles sous les pins cembros pour profiter de la dissémination naturelle ; ces toiles demeurent à terre pendant tout l'automne et jusqu'à rentrée de l'hiver, car h dissémination se fait très-lentement.
5 H DBS REPEUPLEMENTS
pin cembro sont trop rares pour en faire des semis en grand. Ordinairement on repique les amandes en pépinière ou en pots, dans une terre de bonne qualité ; on les recouvre de 9 à 13 millimètres et on les arrose souvent. Lorsque les plants ont un ou deux ans, on les transplante une première fois, et ce n'est que trois ou quatre ans plus tard qu'on les met définitivement en place. Il est essentiel de leur donner les soins qu'ils réclament, selon leur tempérament [312 et 324].
Quand le repiquement de la graine se fait en automne, les plants paraissent au printemps ; lorsqu'on sème dans cette dernière saison, ils lèvent au bout de cinq ou six semaines. Souvent, néanmoins, les amandes ne germent que la seconde année.
ARTlCIiB XYUI.
Semis du pin du lord Weymouth.
724. Rbgoitb et consbbvation. — Après les avoir cueillis, il suffit d'étendre les cônes dans un lieu sec et aéré et de les retourner souvent. Les écailles s'entr'ouvrent sans le secours de la chaleur et laissent échapper la graine.
- On n'a fait encore que peu d'essais sur la faculté qu'a cette semence de se conserver ; aussi est-il à conseiller de l'employer dès le printemps qui suit la maturité. Les moyens de conservation sont les mêmes que pour les autres graines résineuses.
725. Examen de la draine. — Ces graines doivent être d'un brun-clair et présenter du reste les mêmes caraclères que celle du pin sylvestre.
726. Exécution du semis. — Ce que nous avons dit à cet égards dans Tarticle précédent, du pin pinier et du cembro, s^applique entièrement au pin du Lord. Les graines n'ont pas besoin d'être enterrées à plus de 6 ou S millimètres,
ARTICLE Xn.
Semis du mélèze.
727. RÉCOLTE ST CONSERVATION. — La récoltc des cônes, l'extraction des graines et leur désailement se font de la manière qui a été indiquée pour le pin sylvestre et l'épicéa. Lorsqu'on le pourra, il sera pré* férable d'attendre le printemps pour la récolte.
Dans l'opération de l'extraction, il est essentiel de ne donner qu'une chaleur très-modérée, ce qui nécessite un plus long séjour des cônes sur les claies. Une chaleur trop élevée fait suinter la résine à travers les écailles, et les enduit au point qu'elles ne peuvent plus s'ouvrir.
Lorsqu'on donne à la semence de mélèze les soins que nous avons déjà indiqués pour les autres graines résineuses, elle peut se conserver plusieurs années, moins cependant que les semences de pin sylvestre et d'épicéa. Aussi est-il préférable de ne pas tarder à l'employer.
.H/|6 DES REPEUPLEUBNTS
728. Examen de la graine. — Mêmes caractères que la graine da pin sylvestre [713]. La semence de mélèze doit être jaunâtre et peser^ par litre, 160 & 175 grammes si elle est ailée, et 500 à 550 grammes si elle est dépouillée de ses ailes.
. 729. Execution du semis. — Les règles que noiis avons données à cet égard pour le semis d'épicéa, sont tout à fait applicables au semis du mélèze. Toutefois, comme la graine de cette dernière essence est en général fort chère et quMl est assez dificile de s'en procurer des quantités considérables, on préfère, la plupart du temps, semer d'adord en pépinière, et employer ensuite la plantation pour les repeuplements à exécuter en forêt. Souvent aussi on mélange la graine de mélèze avec d'autres graines de bois résineux où feuillus. La semence de mélèze est ordinairement d'assez mauvaise qualité ; si Ton voulait en faire un semis par bandes ou par trous, il ne faudrait pas l'épargner ; 16 à 18 kîl. de graine ailée, et 12 à 15 kil. de graine sans aile, seraient nécessaires, par hectare. Semée au printemps, cette graine lève au bout de quatre ou six semaines.
ARTICLE XX
Semis du cèdre du Liban.
730. Nous avons fait connaître, dans le premier livre de ce cours [350], l'époque de la dissémination naturelle du cèdre. En cueillant les cônes à la fin
d*août ou de septembre (selon que la température reste sèche ou devient pluvieuse), on pourra les conserver à volonté jusqu'au moment où Ton se proposera de semer^ car la graine renfermée dans les cônes, se maintient en parfait état pendant des années. — Pour extraire la semence, il suffit de laisser les cônes séjourner dans Peau pendant 24 ou 36 heures. Les écailles se détachent alors de leur axe avec une grande facilité, et il n'y a plus qu'à en séparer la graine à Paide d'un crible.
La semence se trouvant fortement humectée par le procédé d'extraction, il est à conseiller de la semer immédiatement. Toutefois, si l'on voulait différer le semis de quelques semaines, il faudrait faire sécher la graine, au soleil autant que possible, et Pétendre ensuite dans un lieu bien aéré en la faisant retourner fréquemment.
Les semis de cèdre ne se font qu'en pépinière ou en pots ; la dernière manière est préférable, parce qu'elle permet de rentrer les jeunes plants en hiver [351]. Après leur avoir fait subir une première transplantation, on pourra les placer définitivement en forêt. Si, dans ce dernier lieu, onnVpas la facilité de les garantir du froid, il faudra attendre, pour les y planter, qu'ils aient atteint leur huitième année au moins [348].
548 DES BEPBUPIEUENTS
ARTICLI XXI.
Des semis mélangés.
751. Les semis mélangés deviennent uliles dans différents cas :
1® Pour créer des forêts mélangées ;
2^ Pour élever une essence sous Pabri d^une autre ou pour couvrir promptemeni le sol afin de Fempêcher de se détériorer ;
3^ Pour économiser une semence très-chère ou rare.
732. Nous savons que les essences dont le mélange est avantageux sont celles qui ont une croissance sensiblement égale, qui supportent même révolution et même mode de traitement, et dont les racines puisent la nourriture à différentes profondeurs du soi.
Dans le troisième et dans le quatrième livre de ce cours, nous avons indiqué les essences qu^il conrvient d'élever en mélange, soit pour la futaie, soit pour le taillis ; jl suffira donc de consulter, pour cet objet, les parties précitées [451, 461, 462, 468, 477, 577].
' 733. La propriété la plus importante des essences destinées à en abriter d'autres dans leur jeunesse ou à couvrir le sol, est d'avoir une croissance très-rapide dès les premières années. Celles qui, dans ce but, conviennent le mieux, sont : parmi les bois
feuillus, Torme, le bouleau, les érables, les saules, et les peupliers (4) ; parmi les bois résineux, le pin sylvestre, le pin maritime , le pin laricio et le pin d^AIep. Mais, en général, les graines résineuses sont d'un prix trop élevé pour être employées à un tel usage, tandis qu'on se procure à très-peu de frais, selon les localités, des graines de Fune ou de Fautre essence feuillue.
Ainsi que nous Favons dit ailleurs [679], le genêt ou Fajonc peut aussi être employé avec avantage.
Dès que Fessence supplémentaire a atteint son.but, il convient de Fextraire. Dans les pays où le bois a de la valeur, le produit de cette extraction est souvent assez considérable pour faire rentrer le propriétaire, en très-grande partie,, dans ses avances. Aussi cette considération seule peut-elle^ dans beaucoup de cas, décider le mélange des essences dans un semis.
754. Lorsque, pour économiser une graine rare ou chère, on la mélange avec une autre plus commune, la seule précaution à prendre, dans le choix de cette dernière, est que les deux essences aient une végétation et des exigences à peu près semblables ; au moins pendant les trente ou quarante premières années, si c'est une futaie que Fon veut créer,
(1) Ces deux dernières ne se multiplient d'ordinaire que par boutures.
550 DES HEPEUFLEUÇNTS
et pendant une durée moindre, s^il nes^agitqued^un taillis. En s^atlachant ensuite , dans les éclaircies périodiques, à extraire Tessence supplémentaire, on réussira peu à peu à faire dominer entièrement la plus précieuse.
735. La manière d'exécuter des semis mélangés ne présente aucune particularité, si ce n'est que, après avoir déterminé le rapport du mélange, il faut semer et recouvrir d'abord la semence qui demande à être enterrée davantage. Si, au contraire, les deux graines ont, sous ce rapport, les mêmes exigences, on les mélange avant de les semer, et ensuite le semis se fait comme à l'ordinaire.
ARTIFICIELS. KSI