CHAPITRE QUATRIÈME
ARTICLE I«r.
Des qualUés que doivent offrir les plants.
756. Tout plant, quel que soit son âge, doit, pour présenter les meilleures chances de reprise, avoir des racines fraîches, unies, qui ne soient ni rompues, ni écorchées, ni endommagées en aucune manière ; plus les racines sont nombreuses, mieux la reprise est assurée.
Si c'est un plant de haute tige (i mètre à 1 mètre 33 centimètres et au-dessus), il est nécessaire que sa grosseur soit proportionnée à sa hauteur, afin qu'il puisse se soutenir seul, et résister aux intempéries ; il faut en outre, qu'il soit bien droit, sans aucune blessure, que sa tête soit suffisamment développée, et qu iPait d'ailleurs tous les signés d'une végétation vigoureuse [372]. Si c'est un plant de basse tige (audessous de 1 mètre), sa forme est moins importante ; cependant il doit être droit et présenter surtout de
bS2 DES RSPBUPLBVBNTS.
belles racines, des pousses fortes et des bourgeons sains et bien formés.
737. Les plants reprennent d'autant plus facilement qu'ils sont plus jeunes ; aussi les hautes tiges ne sont-elles employées en sylviculture, que dans quelques cas d'exception où elles peuvent seules convenir : par exemple, dans des lieux exposés aux dégâts du pâturage ou des inondations, ou bien encore s'il s^agit, dans certains taillis composés, d'élever des sujets propres au balivage [558]. D'ordinaire, c'est toujours la plantation de basses tiges qui est préférée ; non-seulement parce qu'elle est, comme nous venons de le dire, d'une réussite plus assurée, mais encore parce qu'elle entraine à bien moins de frais. Cette dernière considération, lorsqu'on fait des repeuplements en grand, est naturellement de beai|^ coup de poids.
En général, les hautes tiges ne sont propres à la transplantation que quand elles ont été élevées en pépinière ; pour les basses tiges, bien que celles que l'on produit en pépinière méritent de beaucoup la préférence, on peut cependant aussi les tirer Mes semis naturels ou artificiels qui existent souvent, soit dans la forêt même où il s'agit de planter, soit dans les forêts voisines. Si l'on prend un tel parti, il faut éviter de choisir des plants provenant d'en* droits très*fourrés ou très^couverts : dans les uns, ils sont . rabougris ou au moins très- délicats et peu propres y par conséquent , à résister lorsque
ARUIFICIBLS. 555
on les met en terrain découvert ; dans les autres^ ils manquent de racines et de branches^ ce qui compromet également leur reprise.
. L'âge le plus convenable pour la reprise des basses tiges varie d'ailleurs selon les essences. Ainsi, on peut planter avec avantage :
De 1 à 3 anSy les pins sylvestre^ maritime et laricio, — Fépicéa et le mélèze, de même que les bouleaux, les aunes et les robiniers ;
De 3 à 6 ans, les sapins, le$ pins du lord Wey mouth, les châtaigniers, les ormes, les frênes et les érables ;
De 4 à 8 ans, les chênes, les hêtres, les charmes, les fruitiers, etc.
Il est entendu que, pour être générales, ces règles n'ont rien d'absolu et qu'elles doivent fréquemment se modifier d'après les circonstances locales.
Quand on a des plantations considérables à exécuter, la création d'une pépinière, loin d'être une dépense inutile, est, au contraire, une grande économie ; c'est aussi le moyen le plus sûr d'obtenir du plant de bonne qualité.
ARTICLE II
De h culture des plants eo pépinière.
738. Il faut éviter d'établir les pépinières dans un terrain (rèsgras ou humide : les plants y prennent une texture lâche, leurs racines y sont générale-
5^4 DES REFBDPLBMÊNTS
meiît mdl condilio^nées^ e\, lorsque, plus tard, on les transplante dans une terre moins fertile, ils périssent souvent dès la première année^ on bien ils Sont longtemps avant de reprendre de la vigueur. Un terrain maigre et de mauvaise qualité convient moins encore pour une pépinière, parce qu^on n'y obtient que des brins languissants, dont tous les organes, et surtout les racines, sont faibles et d'une conformation vicieuse ; transplantés, de tels sujets sont presque toujours victimes des circonstances plus ou moins défavorables qui sont la suite de la transplantation. C'est dans un terrain de fertilité et de compacité moyennes qu'on élèvera des plants vigoureux et qui, placés en forêt, s'accommoderont le mieuï d'un sol quelconque.
Les éléments minéralogiques du terrain n'exercent qu'une très-faible influence sur la réussite des cul* tures d'une pépinière; les labours de diverses sortes, les arrosages, les amendements au besoin y combattent et corrigent les défauts que peut présenter le sol. Seulement, quand on en aura le choix, on devra donner la préférence aux sols légers sur les terres fortes, parce que celles-ci, comme on le sait^ se durcissent et se crevassent profondément par la séch^esse et» sous l'influence de labours fréquents surtout, les jeunes plants y Sont facilement soulevés et déracinés par les gelées d'hîter.
Autant que possible, on doit établir la pépinière
AIITIFIGIBLS. S55
à proximité du terrain à replanter ; d'abord, afin que les plants s^habituent, dès lenr naissance, au climat et ao sol qui leur sont destinés ; en second lieu, parce quMl y a économie sur les frais de transport. Toute-* fois, les grandes élévations, de même que les vallées profondes, doivent être évitées ; un terrain un peu abrité des grands vents, en plaine ou en pente douce, et où les plants soient le moins possible exposés aux gelées tardives du printemps, tel est remplacement le plus convenable. S'il se trouve, dans le voisinage, des eaux qui donnent la facilité d'arroser pendant les temps de sécheresse, ce sera un grand avantage.
739. Le terrain destiné à une pépinière, à moins qu'il ne soit tout à fait léger, doit recevoir un labour complet et profond, de manière à y détruire entièrement la mauvaise herbe et à rendre la terre parfaitement meuble.
Ce résultat obtenu^ soit par de simples labours, soit par une ou plusieurs cultures de céréales ou de pommes de terre, on divise le terrain en planches ou plate-bandes, en le coupant par des chemins et par des sentiers perpendiculaires les uns aux autres ; enfin, si l'on a à redouter les dégâts du bétail ou du gibier, on le clôt de fossés, de palissades, de haies, etc.
Dans les plate-bandes dont il vient d'être parlé, et parallèlement aux sentiers qui les limitent, on ouvre des sillons ou petites rigoles, séparés entre eux par des intervalles de 20 à 30 centimètres, profonds de 25 à 30 et d'une largeur de 20 i 25 ccnti-
SS6 DBS BBPBIJPLnfBNTS
mètres, rédaite au fonds à 12 oa IS centimètres environ (1). La terre qai provient de ce travail est répartie sar les intervalles demeurés libres. — L'opération terminée, on remplit les sillons d'un terreau provenant, mi-partie, de feuilles mortes et mi*partie de gazons décomposés et qu'il faut avoir soin, à cet effet, de préparer annuellement dans quelque place reculée de la pépinière (2). On tasse ensuite légèrement ce terreau, soit avec une
(1) Voyez Charles Heyer, traité de sylviculture.
(^3 Pour faire son terreau on choisit une place ombragée, abritée du midi mais non recouverte ou surmontée, afin que les influences atmosphériques y aient un libre accès. — Oa forme, d'une part, un ou plusieurs tas de feuilles mortes, de fougères et autres plantes charnues récoltées avant la maturité de leurs semences ; de l'autre, des tas semblables composés de gazons, de la mauvaise herbe provenant des binages de la pépinière, du nettoyage des chemins, etc. — Ces tas doivent être longs, assez étroits et d'une hauteur de 1 mètre à i mètre 30 environ. Deux fois par an, au printemps et en automne, on les retourne, et dans les temps de sécheresse prolongée, on les arrose. Les gazons sont d'ordinaire entièrement décomposés au bout d'un an, mais il faut 3 et 4 ans aux feuilles mortes pour être complètement réduites en terre. -^ Les feuilles de bêtre mélangées, en parties égales, à des feuilles de bois résineux, fournissent une des meilleures qualités de terreau. Pour hâter la pourriture assez lente de ce mélange, on fera bien d'y ajouter des feuilles qui se décomposent plus rapidement, telles que celles de frêne, érable, orme, saule, peuplier, aune, robinier, etc.
Lorsque les sillons d'une pépinière ont été, une première
AaTiFiGisu. 557
batte ou simplement avec la main^ de façon que les intervalles entre les sillons saillissent sur ceiurci de 3 ou 4 centimètres environ. Cette précaution devient très-utile lorsque ^ dans Phi ver qui soit la levée du semis, les jeunes plantules ont été sovdevées par les gelées, et qu'une partie des radicelles se trouve déchaussée, parce que, si tôt le dégel du printemps, il suffit de les recouvrir de quelques centimètres de terre pour assurer leur reprise.
740. Les semis en pépinière se font de préférence au printemps ; il faut semer très dru de manière que les graines se touchent, pour ainsi dire, et ne recou-* vrir celles-ci (même les semences lourdes) que d'ane couche de terreau, tout juste suffisante pour empé«cher que la pluie ne les mette à découvert. — On comprend que des semis aussi dros fournissent le plus grand nombre possible de plants, eu égard à la surface cultivée, et en second lieu, que la mauvaise herbe ne saurait les envahir. L'expérience prouve
fois, préparés avec ce terreau, comme nous l'expliquons cidessoSy il suffit d'y apporter chaque année une faible quantité de terreau neuf pour entretenir la fertilité du sol. — En prévenant iiosi^par un procédé simple et paa coûtenx» répai&ement de la terre dans les pépinières, on évite la nécessité de les déplacer de temps à autre, à laquelle on ne saurait échapper autrement. L'intérêt qu'il y a sous tous les rapports, à établir les pépinières à proximité des maisons de gardes et à les y maintenir, doit faire apprécier cette méthode de culture et lui mériter l'accueil des forestiers.
5S8 DIS JIIPBUPLSHBIITS
d'ailleurs que les plants qui enprovienoenlsoni aboadâiumeat pourvus de radnes^ surtout de chevelu, et qu'ils ne s'affistnent point entre eux» méoie lors« qu'ils atteignent 40^ 50 et jusqu'à 70 centimètres de hauteur. Lorsqu'on procède i leur extraction, les racines, quoique entrelacées, se démêlent et.se se* par^t aisément ; mais un certain nombre de tiges, ayant été dominées (surtout vers le milieu du sillon), sodt demeurées faibles et ont besoin de se fortifier avant de pouvoir être mises définitiven^t en f^ce. A cet effet, on les repique dans des rigoles voisines ou dans celles mêmes d^où elles proviennent, et on les y laisse josqu^ice qu'elles aient atteint les dimensions et la vigueur désirables»
Pour élever une essence qui , comme le chéne> par exemple, pousse un fort pivot dès les premières animes et diminuer l'inconvénient que cette racine présente lots de l'extraction ultérieure des plants> il suffit d'enfoncer, de chaque côté du sillon et obliquement vers le fond de celui-ci, le fer bien acéré d'une bêche, après quoi l'on referme, avec le pied, la section faite par l'instrument dans la terre. Le^ plant ne tarde pas à remplacer le pivot ainsi re* tranché pat* des racines obliques qui sont moins gênantes et plus utiles lors de la transplantatioDi. Gett^ opération doit se faire au commencement de Tau*tomûe qui suit la levée des plants.
Un autre procédé, pour empêcher le trop grand développement des pivofs, e^t celui que Duhamel
iadique $ous le nom de pratique de Brelagne (i), et dont il conseille Pemploi. Il cooaiste & paver en pierres plates le fond des sillons dans lesqn^ll^s^ on sème ; ces pierres^ en arrêtant le pivot, forçai 1^ plant à pou&ser des racines latérales.
741^ Quand il s'agit d'élever en pépinière de^ plants de haute tige> on choisit dans les sillons de semis^ les sujets les plus vigoureux et les plus élancés^ et on les transplante dans une ou plusieurs plate^ bandes à ce destinées» en leur donnant un espace^ ment en tout sens de 33 à 66 centiniètres# hors de celte transplantation^ on pourra retmncher le pivot du plant (qui se reproduit souvent^ même après avoir été supprimé une première fois)i afin 4e favo^ riser le développement des racines latérales. On pourrait aussi^ dans le même but, placer une ou plusieurs pierres plates au fond de chaque trou.
742. Les arrosements, ainsi que nous Pavons dit, seront très-utiles dans les temps de grande sécbe*resse ; mais, une fois commencés, il faut les conti^ xiuer jusqu'à ce que la pluie survienne. Autrement il se forme, à la surface de la terre, une croûte qui nuit à la végétation, en empêchant l'air de parvenir aux racines. "-^ Il est essentiel d'arroser assez^ abondam'ment pour détremper le sol jusqu'à la profondeur où plongent les racines les plus longues ; on conçoit
(1) Des semis et plantations des arbres, page 127.
560 DIS REPEUPLEMENTS
qae> sans cette précaution^ la peine que Pon prendrait serait sans résultat.
De tous les modes d'arrosement^ celui qui offrirait le plus d^avantages sans présenter d'inconvénient serait Pirrigatiôn^ telle qu'on la pratique dans les prairies» en faisant» dans ce cas» servir comme saignées» les sentiers qui séparent les plates-bandes. Mais les pépinières forestières sont trop rarement placées dans des situations qui rendraient applicable nn pareil système; on ne peut donc en parler qu'à titre d'exception.
743. Il faut avoir un soin particulier de ne pas laisser prendre le dessus à la mauvaise herbe. Dans les sillons» il faut l'enlever à la main dès qu'elle paraît» et choisir autant que possible pour cette opération un temps frais. — Si le semis a réussi convenablement» ces sarclages ne seront nécessaires que la première année. — Les intervalles* entre les sillons» ainsi que les chemins et sentiers» devront aussi être nettoyés au moins deux fois par an» au printemps et vers la fin de l'été» dès avant l'époque où mûrissent les graines des plantes nuisibles. Les parties de la pépinière occupées par les plants de haute tig& devront recevoir chaque année deux binages.
AATIGLB m.
De la saison la plos conTenahlo à la piantaiion,
7kh. On peut planter depuis le (emps de la chute des feuilles jusqu^au moment où les boutons commencent à s'ouvrir ; mais comme en hiver la terre est ordinairement ou gelée ou trop moIle> on distingue deux saisons pour planter : l'automne et le printemps.
Quand on plante en automne, les arbres, lors de Pextraction, souffrent moins de se trouver quelque temps hors de terre, parce que l'évaporation est moindre.dans celte saison qu'en foute autro ; en second lieu, la terre, par Phumidité dont elle s'imbibe, et par les gelées, se tasse mieux autour des racines ; enfin, il paraît constant que, dans les hivers doux, les arbres poussent du chevelu, d'où il suit que, dans certain cas, des sujets plantés en automne peuvent être pourvus, dès le printemps de nouvelles racines (i). On peut donc, en général, considérer l'automne comme la meilleure saison pour les plantations à faire en grand ; cependant il existe aussi des csas où le printemps est préférable. Ainsi on doit choisir cette saison pour les essences qui peuvent avoir à souffrir des fortes gelées d'hiver, et, à cet
■■Mva
(1) Voyez Duhamel. Des semis iBt plantations des arbres, page 179.
562 DBS BJBPBWUmBlfTS
égards il faut nécessairement tenir compte du climat local ; elle est encore la plus convenable pour les bois résineux qui» généralement, reprennent moins bien quand ils sont plantés en automne (1). Dans les terrains trop humides, la plantation du printemps mérite souvent aussi la préférence.
AATicu nr.
De Tespacement à donnef aux plants.
745. Nos arbres forestiers, comme on le sait, prospèrent surtout lorsqu'ils croissent en massif; c'est dans cet état qu'ils prennent les plus bdiles pro^ portions et qu'ils fertilisent le sol en lui conserv^mt de la fraîcheur et en lui procurant de Tengrais, Il suit de là que, dans les plantations, il faudrait rap*
(i) Dans les régions qu'habitent ces bois (an moins les plus importants et les plus répandus), les hivers sont rigoureux. SI l'on plante des suj^ très-jeunes (de 1 à 5 ans)» ce qui est à conseiller puisqu'on ne peut taîfler les résineux [76t], il arrive fréquemment que les fortes gelées d'hiver soulèvent les^^Unts et les rejettent, pour ainsi dire, hors des troiis« Si l'on piaate des tiges pins âgées, on les voit souvem peut Are tovt^ leurs feuilles pendaot l'hiver ; et comme ces essences vivant plos particulièrement par les organes aériens, leur reprise, auprÎAtemps, exige, de la part des racines, un effort de végétation qu'elles ne sont que rarement en état de fournir. Le phnt languit alors jusqu'en été, puis, quand survieooi^st les grandes chaleurs et la sccheressc, il fiait par périr.
AATfflGtCLS. 563
procher assez les tiges^ pour que^ dés les premières années^ le massif pût se former. MaiS| si Ton appli* quail ce principe dans toute sa rigueur^ il arriverait, après ua très-court laps d« temps^ que le besoin d'une éclaircie se ferait sentir, et qu'on se verrait forcé de supprimer un grand nombre d^ tig«S| s|ins que^ dans la plupart des cas^ leur produit pût dé« dommager des dépenses qui avaient été faites pour les planter. Dans la pratique^ il faut donc calculer Pespacement à donner aux plants de manière à conciiier, autant que possible> les exigeaces d'une benne végétation avec Péconomie. Or, cet espacement dépend, d'abord, des dimensions des tiges, de P^ssenoe, du sol et du climat ; en second lieu, du but que le propriétaire se propose en plantant et 4e8 sonmies qu'il est en état de consacrer i cet objet.
746. Dans les plantations de basses tiges, l'espace^ ment varie de €6 centimètres à i mètre 53 centimètres ; 1 mètre est la distance la pins ordinairement adoptée. Les bautes tiges s'espacent à 2, 3, 4, 5, 6 et même jusqu'à 8 mètres.
Pour régler, cet objet, l'expérience a confirmé les principes suivants :
Plus les plants sont forts, plus ils doivent être espacés.
Certaines essences, telles que le hêtre et les bois résineux (1) demandent à croître très-rapprochées }
(I) Le mélèze seul parati faire exception.
X6& DBS UPBOTI.naNTS
d^aulres^ au contraire, comme le boaIeaa> Forme, le robinier, exigent plus d^espace.
On doit planter pins serré dans les sols secs et arides que dans les terrains fertiles, dans les climats froids que dans les régions tempérées.
Lorsqu^on ne veut obtenir que du bois de feu, on peut adopter un plus grand espacement que quand il s^agit d'élever des bois de construction ou de fente. i
Quand on a des terrains très-considérables à reboiser et qu'on est borné dans ses ressources pécuniaires, il faut adopter le plus grand espacement possible, afin d'arriver prompfement à mettre le sol en production.
Les plantations de têtards et d'arbres d'émonde sont celles qui admettent le plus d'espacement, parce que le sol, comme on le sait, est d'ordinaire Utilisé, soit pour la culture, soit pour le pâturage .
747. On ne réussit à donner un égal espacement aux plants, qu'en les disposant dans un ordre régulier. On connaît quatre manières de tracer les plantations : 1^ en allées ou files (fig. 9) ; 2^ en triangles équilatéraux (fig. 10); 3^ en carrés (fig. 11); et 4^ en triangles i^oscèles ou quinconces (1) (fig. 12).
(f ) Ce dernier mode est an fond le même qoe le troisième ; si ce n'est qae les carrés, an lieu d'être construits, par rapport à une ligne donnée, au moyen d'un système de perpendiculaires, sont formés par on système d'obliques faisant, avec la ligne donnée, un angle de 45 degrés.
ARTIFiaBt.S. S65
Gest ordinairement arec un cordeau et des piquets que ces tracés s'exécutent ; si le terrain est étendu^ on peut aussi employer Péquerre d'arpenteur pour établir les alignements. Nous croyons inutile d'expliquer comment on procède à cette opération ; l'inspection des figures suffira pour la faire comprendre.
Le choix de Tune ou de l'autre de ces figures n'a pas^ à proprement parler^ d'influence culturale c'est plutôt une affaire de goût ; cependant la plantation par files ou allées présente^ dans certaines circon-« stances^ des avantages réels. D'abord, elle permet d'ouvrir des tranchées, au lieu de trous, ce qui rend l'ouvrage plus facile et procure un sol plus meuble, dans lequel, en général, les plants prospèrent mieux; en second lieu, le tracé en est plus aisé et plus prompt, quels que soient les contours du terrain. A la vérité, les plants n'ont pas la facilité d'étendre également leurs racines de tous les côtés, puisqu'ils sont très-rapprochés dans un sens et très-espaces dans l'autre; mais on sait qu'il n'est pas nécessaire que les racines se répandeoMymétriquement autour d'un arbre ; elles se dirigent indifféremment vers un point quelconque, pourvu qu'dles y trouvent de l'espace et de la nourriture.
748. Le tableau ci-après fait connaître la quantité de plants à employer sur un hectare, quand on adopte le tracé par triangles équilatéraux ou celui par carrés, avec les différents espacements portés dans la precbière colonne.
DBS REPIOPtKMBKTS
NOMBRE DB PLANTS à phcer sar an lieelai*
par trianglei éf|«llâl4fWQC
pV CBfféCt
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oisUYifioin-
NoQs d'atods pas fait figurer sar ce tableau la ptantalioo en allées, parée que le nombre de plants à employer, par hectare, dépend, à la fois» de leur espacement snr la mène file et de la distance des iiles entre elles. Hais on conçoit qoe ce nombre est très-facile à calcaler, tontes les fois qae le terrain est on carré on qu'il peat être ramené à cette forme ; il soffit, en effet, de multiplier le nombre de plants d^nna file par le nombre de tontes les files.
Quant ai traoé par triangles iso* scèles on quinconces, qui ne figure pas non plus iei, il est éf ident qu'il admet le même nombre de tiges que celui par carrés, pourvu, toutefois, qne les oèléadei carr^ soient égnx aux petits côtés des triangles, ainsi qne nous le montrent les ûg* il et
ARTICU T.
De la cooffetiott des trous.
7k9. Les troas poar les plants doivent être proportionnés à la grandear des racines^ c^esl-à^dire, qu^il fant qae celles-ci paissent y trouver place, tout en conservant leur position et leur direction naturelies. Dans les sols très-KX>mpactes9 il est bon même de faire les trous plus grands^ afin que les racines puissent, pendant quelques années, se fortifier et se
^^ ARTiriGtBtS. 867
développer dans une terre ameublie^ avant de pénétrer dans des couches plus rebelles. Au contraire^ dans les sols humides, on ne doit donner au trou que peu de profondeur (1).
750. Pour creuser les trous, on procède de la manière suivante : on enlève d'abord la superficie du 8ol> ordinairement gazonnée ou garnie de plantes quelconques, et on la place d^un côté du trou ; puis on met, du côté opposé, la couche de terre végétale immédiatement inférieure et qui est la plus riche en humus ; enfin, on entasse, sur un troisième point, les autres couches moins fertiles. Cette manière d'opérer contribue puissamment au succès des plantations, surtout de celles de hautes tiges ; nous verrons plus loin quel avantage on en retire.
75 i* Lorsque le sol est de bonne qualité, les trous ne doivent être ouverts que peu de temps avant
(I) Si Ton avait à planter des parties tout à fait aquatiques, on pourrait ne pas faire de trous du tout et se contenter de poser le plant, bien d'aplomb, sur le sol, en l'entourant d'une buue de terre assez large pour que ses racines soient entière* ment ooavertes, et assez ëUv^e pour qn'il ait ane assiette so* lide ; aatoar de ceue butte, on tracerait une petite rigole pour recevoir et éconduire les eaux. Ce mode de plantation, indiqué déjà par Duhamel (voy. Traité des semis et plantations, page 2'2S) est rapporté par Cotta ; il dit l'avoir pratiqué en grand et en avoir obtenu des résultats qui ont dépassé tout ce qu'on pouvatt en attendre. Nous l'avons essayé aussi, ea petit à la vérité, et l'etpérienee a parfaitement rëossi.
868 DES RIPlUPliBlIBIlTS
de planter ; non*sealement pour que la terre reste plus fraîche, mais encore pour que rhuknus qu^eUe renferme ne perde pas ses propriétés nutritives» par Faction de Pair et de la pluie. Ce n'est que dans les sols trësHM)mpactes qu'il devient nécessaire de faire les trous quelque temps à Favance, afin que la terre se divise ; ainsi, quand on veut planter au printemps, les trous peuvent être faits en automne.
ARTICU Tl.
De rextraciion des plaots.
7S3. Quand on procède à Pextraction des plants, il faut faire en sorte de ménager, le plus possible, les racines et les tiges.
Les brins très-petits peuvent être arrachés à la main, pour peu que la terre soit meuble et fraîche; mais, en général, il vaut mieux les extraire avec un couteau, et dans les sols plus compacts, on fera bien de se servir d'une petite pioche. Pour extraire des tiges plus fortes, si elles sont en sillons dans une pépinière, on ouvre une tranchée parallèle au premier sillon et le plus près possible des plants ; puis, avec la bêche, on détache ceux-ci par mottes, en les soulevant un peu, et on les renverse doucement dans la tranchée, de manière que la ferre reste adhérente auxTacines. On continue ainsi de sillon en sillon. Quand on arrache les plants dans les forêts, on peut aussi commencer par faire une tranchée ou un trou, puis fouiller la terre avec une pioche.
753. Lorsque des plants de basse tige doivent être transplantés en motte, ce qui est surtout à conseiller pour les essences résineuses, on se sert, avec beaucoup d'avantage, pour les extraire, de Pune ou de Tautre des deux, bécbes demi-circulaires dont nous donnons le dessin à la fin du volume (voy. fîg. 7 et 8). La plus grande de ces bêches convient plus particulièrement dans les terres compactes et pour des plants qui sont déjà d'une certaine force ; Fautre, plus légère et plus facile à manier, sert dans les sols plus divisés et pour extraire des tiges plus faibles. Ces blâches ne s'emploient pas seulement à l'extraction des plants, elles servent aussi pour confectionner les trous dans lesquels les mottes doivent être placées (1). On conçoit combien, par un tel procédé, la plantation est rendue facile et tous les avantages qui doivent en résulter pour la végétation.