TRAVAUX D^ENTRBTIEN A EXECUTER DANS LES REPEU- PLEMENTS ARTIFICIELS
77S. Pat* cela seal qa'un semis a bien levé et que dans une plaâlation la grande majorité des plants est restée verte> ou a produit une faible pousse^ la réus* site de ces opérations n'est point assurée. ,— A vrai dire, le succès d^un repeuplement artificiel ne peut être considéré comme certain qu^au bout de 5 ou 6 ans, alors que les jeunes sujets, complètement enracinés, protégeant leur pied et pouvant lutter avec avantage contre les intempéries et contre Fenvahissèment des plantes nuisibles, commencent à s'élancer avec vigueur et approchent du moment où ils vont couvrir la totalité du sol par Pextension graduelle de leurs branches latérales. Jusqu'à cette époque, le syl<» viculteur ne peut abandonner son œuvre ; il doit au contraire, sous peine de perdre le fruit de ses travaux et de ses dépenses, la surveiller activement ; écarter, autant qu'il dépend de lui, les causes qui sont de
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nature & entraver la végétation de la forêt naissante» et réparer les dommages qae le temps a pu y causer, à mesure qu'ils ont lieu.
776. Les travaux d'entretien consistent en sarclages et en binages. On appelle sarcler Popéralion par laquelle on enlève, une à une pour ainsi dire, les mauvaises herbes qui se présentent parmi les plants composant un semis ou une plantation, tandis que biner y c'est (ainsi que ce mot l'indique) donner une seconde façon à la terre, en même temps qu'on la débarrasse de la mauvaise herbe. Selon la nature des plantes qu'il s'agit d'extraire, selon le sol plus ou moins compact, enfin, selon la ténuité du plant dans l'intérêt duquel l'opération a lieu, les sarclages se font ou avec un couteau, ou avec un petit instrument appelé sarcloir et que tout le monde connaît, ou bien i la main. Les binages, se donnent toujours avec une houe légère ou avec le crochet.
777. Examimons d'abord l'application que trou* vent ces travaux dans les semis.
1^ Bois feuillus.
Les semis en plein sont les moins sujets à l'envahissement des mauvaises herbes, pourvu toutefois qu'ils aient bien levé. Ordinairement, comme on le sait, le sol a été préparé à la charrue et neltoyé par une ou plusieurs cultures en céréales. Sidonclesemis forestier réussit, les jeunes plants étant répandus de toutes parts empêcheront la mauvaise herbe des'^mr
parer da terrain et ne tarderont pas & la dominer et à Fétouffer, Toutefois , quelques sarclages dans les deux premières années ne sauraient être qu^ayan* tageux.
Dans les semis partiels (par bandes et par pots) les plantes nuisibles sont beaucoup plus à redouter, parce que les parties demeurées incultes facilitent la reproduction de ces végétaux dans les parties cul< tirées, soit par la graine, soit par les racines. Aussi les sarclages dans les deux premières années, et les binages ensuite sont-ils si non indispensables du moins extrêmement utiles, quand on ne veut pas voir languir le semis et quelquefois même risquer son existence; car certaines essences feaillues, telles que le châtaignier, le frêne dans ses premières années, même le chêne et quelques autres encore sont singulièrement offusquées par les hautes herbes dans les sols où celles-ci se produisent arec abondance. On fera donc bien, dans ces sortes de semis, de ne pas se borner à sarcler ou biner seulement les parties ensemencées, mais de donner en même temps une légère façon aux parties demeurées primitivement incultes, pourvu que la déclivité du terrain permette de le remuer en totalité, et que Fessence ne réclame pas impérieuse» ment un abri dans ses premières années, comme le hêtre, par exemple. — Dans les sols frais ou dans les situations basses, Popération dont il s^agit aura, outre Pavantage de débarrasser le semis de voisins incommodes et nuisibles, celui d'empêcher que Phu*
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midilé atmosphérique (brouillards, rosées)> en se maintenaat dans les herbes y ne rende plœ dangereuses, pour les jeunes plants, les premières gelées de l'automne.
3f^ Bois résineux.
Les semis de bois résineux ne se font en général que dans des terrains assez légers, siliceux, feldspathiques ou calcaires, accidentés plutôt qu'en plaine. L'envahissement des herbes y est donc, la plupart du temps, moins à redouter que dans les terres fortes, substantielles ou humides, mais par contre on a à y combattre certains arbustes tels que myrtiles, bruyères, ronces, etc. -— Il ^t rare que l'on sème en plein et; presque toujours, c'est le semis par bandes ou par pots qui obtient la préférence. L'ex* tréme ténuité des jeunes planta ne permet guère d'autres sarclages que ceux qui se font au couteau ou à la main. Ces opérations sont très*utiles dans les deux ou trois premières années, surtout quand, pour économiser la semence, on n'en a répandu que la quantité strictement nécessaire et que, par con** séquent, les sujets lèvent assez écartés. Quant aux
binages, ils ne sont à conseiller ni dans les premières années ni dans les suivantes, et il est entendu que l'on devra s'abstenir (surtout dans les pentes) de donner une culture à la houe aux bandes intermédiaires, quand bien même on reconnaîtrait que dans les années qui succèdent à la levée de la graine, les arbustes ou les herbes qui les garnissent nuisent au
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semis «i s^abatlaat sur les rayons cultirés» Ce qu'il y aurait de mieux en pareil cas^ ce serait de les faudller si ce sont des herbes, et si ce sont des arbustes de le» tondre ayec des ciseaux de jardin, âlS pu 20 centimètres de hauteur, comme on fait dès haies dans les champs. *— Une farte faucille ou un croissant pourrait aussi servir à ce dernier ouvrage.
778. Dans les plantations, les sarclages, on le eonçoit, serai^it presque toujours insuffisante ; par contre^ les bins^es détiennent d^aùtaot plus effi-^ caees^ tant pour éloigner des plante les beriies o» les arbustes qui pourraient les gêner, que pour pro^ curer à leurs radnes Paccès de Pair et dePhumidité. Lorsqu'on plante des essences d'élite dans de bons terrains situés en plaine, il est souvent avantageux de faire précéder la plantation, de même que le se* mis, d'un labour total à la charrue et même de plusieurs cultures de céréales ou de pommes de terre. Le sol alors est parfaitement ameubli et nettoyé, et il est facile de Pentretenir dans cet état au.moyea d'un ou de. deux binages au plus par an. Mais, dans les repeuplemente forestiers, de telles plantations ne sont guère que Pexeeption. Ordinairement, la qualité et la configuration du sol, autant que des motifs d'économie, font qu'on se borne à ouvrir les trous des plants, comme lious Pavons enseigné plus liaut [746], sans toucher au reste du terrain. Il s'ensuit que les binages aussi ne se pratiquent qu'autour de cjbaque plant, sauf à tondre les arbustes ou 4
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fauciUer les herbes dans les intervalles ^ s'ils dere^ naieni nuisibles ou si Pon devait en retirer un bénéfice immédiat.
779. L'époque la plus favorable pour les sarclages comme pour les binages des semis et plantations^ est celle où les plantes nuisibles poussent avec le plus de vigueur, c'est-à-HHre, les mois de mai et de juin ; on doit les suspendre entièrement pendant les fortes chaleurs. Si, en raison de Pabondance des parasites et des inconvénients qu'elle pourrait entraîner pour les jeunes plants, dans l'automne ou l'hiver, on re« connaissait l'utilité d*un second sarclage ou binage, il faudrait l'effectuer dans le courant de septénaire.
780. Les travaux d'entretien dont nous venons de parler sont encore peu en usage parmi les forestiers qui s'occupent de repeuplements artificiels, soit qu'ils répugnent à la dépense à laquelle ces travaux donnent lieu, soit qu'ils craignent de ne pouvoir suffire à la surveillance qu'ils exigent. — Nous ne méconnaksons pas les obstacles qui peuvent souvent exister sous ce double rapport, mais nous ne saurions trop insister sur la haute opportunité des ouvrages dont il est question. Non-seulement ils assurent la réussite d'une quantité considérable de sujets qui autrement eussent péri ; mais ils doublent et triplent la croissance de tous dans les premières années, favorisent le développement de leurs or* ganes de nutrition et jettent ainsi les fondements d'une végétation prospère et vigoureuse qui, plus
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lard> dédommage le planteur^ souvent au décuple^ des peines et des sacrifices pécuniaires qu'il s'est imposés.
781. Deux ou trois ans au plus tard^ après qu'une plantation a été exécutée, il convient de s^occuper des remplacements ou regarnis. Pour cette opération, on emploiera de préférence des plants un peu plus forts que ne le sont ceux auxquels ils doivent être associés, afin qu'ils se tiennent plus facilement à leur hauteur.
Pour faire le même travail dans un semis, il est bon d'attendre que les jeunes plants aient acquis assez de développement pour permettre de juger de la réussite du repeuplement dans son ensemble. Les regarnis se font de la sorte plus facilement et mieux ; il est presque toujours préférable d'y procéder par voie de plantation.