DESSIN GÉOMÉTRAL OU GRAPHIQUE
4. — Le dessin dont nous allons nous occuper ici, est celui désigné généralement sous le nom de dessin linéaire, nom entièrement équivoque , impropre et vague , contre lequel nous devons prémunir les élèves.
Que veut dire en effet le mot linéaire ? qui a rapport aux lignes, qui est fait de lignes. Mais que signifie Un dessin composé de lignes? Tous les dessins en général n’en sont-ils
OU DESSIN EN GÉNÉRAL
pas essentiellement formés ?.. . Peut-être a-t-on voulu exprimer que les lignes seules, à l’exclusion des ombres , entraient dans la composition de ce genre de dessin. Mais dans cette hypothèse , ce mot linéaire rend mal cette pensée et forme une espèce de non-sens. Du reste, il n’est pas vrai que ce dessin se compose exclusivement de lignes, car il emprunte souvent le secours des ombres, comme nous le verrons plus tard, au sujet des dessins à effet (541).
5. — Nous rejetterons donc, quanta nous, cette dénomination , pour adopter celle de dessin gcomélral , ou graphique , admise par différents auteurs , désignation beaucoup plus rationnelle, et plus exacte, car, c’est sur la géométrie seule, en effet, que repose ce genre de dessin, et il n’est aucune de ses opérations qui ne s’appuie sur cette science. Toutefois , de ces deux dénominations , nous donnerons encore la préférence à la dernière , parce qu’elle rend mieux et plus complètement l’objet de ce genre de dessin : la description des corps , le mot graphique tiré du grec yp«?u (graphù), décrire, exprimant parfaitement cet objet.
6. — Le dessin graphique diffère essentiellement du dessin perspectif, en ce que, la plupart des lignes ne viennent point, comme dans celui-ci, concourir en des points fixes (3), et que la position du spectateur n’influe en quoique ce soit sur la reproduction des objets. Dans ce genre de dessin , au contraire , l’œil dedfe dernier, au lieu detre un point constant, peut être considéré comme se déplaçant à chaque instant, pour se transporter successivement vis-à-vis de chacun des points limitant la surface des corps , et y envoyer des rayons visuels horizontaux et verticaux sur chaque plan servant à. les représenter (350 — 353). La rencontre ou projection (354) de ces rayons visuels sur ces plans déterminera des points qui , joints deux à deux , donne-
DU DESSIM EN GÉNÉRAL
ront les lignes extrêmes des surfaces des objets représentés , et dont l’ensemhle sera alors la reproduction exacte, rigoureuse et mathématique de ees corps, dans la position qu’ils occupent dans l’espace.
Nous verrons plus tard (330 à 362) et plus en détail , les principes sur lesquels repose ce dessin.