‹ Cours élémentaire de matière médicale, suivi d'un précis de l'art de formuler de Desbois de RochefortChapitre 17 sur 94 · BE DESBOIS DE ROCHEFORT · texte numérisé non relu

BE DESBOIS DE ROCHEFORT

la seule lecture des livres , la lecture même de ceux qui n’en contiennent pas , si cependant il existe un seul ouvrage de l’esprit humain qui n’ait pas payé son tribut à l’erreur.

Mais, liélas ! si les ouvrages des hommes enfantés dans l’étude , mûris par la réflexion , et composés dans le recueillement , ne sont pas exempts de fautes , comment les hommes euxmêmes pourraient-ils s’en défendre , lorsqu’un désir immodéré d’apprendre excite en eux un zèle qu’allume une jeunesse toute de feu? Alors agités , pour ainsi dire , par l’ivresse de la science , ils s’empressent partout où ils croient la saisir, ils en embrassent jusqu’à l’ombre. C’est dans ces momens du délire de son génie que M. Desbois , tourmenté d’une passion de savoir que sa rais'on ne maîtrisait plus, alla, dans les liens séduisans d’une institution nouvelle , oublier un moment , et la foi de ses sermens , et les devoirs de sa reconnaissance. Mais son cœur , qui ne fut jamais complice de ses égaremens , dissipa les prestiges de cette ivresse ; sa raison s’épura par le tumulte meme de la fermentation qu’elle avait éprouvée , et 1 erreur du moment dévdila une qualité de plus.

*1 ou jours plein du véritable objet de la médecine, c’est-à-dire de la guérison des malades ,

M. Deseois comprit bientôt que pour arriver à ce but , il ne suffisait pas d’avoir recherché les causes des maladies , d’en avoir aperçu, les différences, distingué les symptômes et observé les terminaisons ; il sentit qu’il fallait faire une etude également approfondie des ressources que la nature et l’art offrent au médecin pour combattre ces fléaux de l’humanité. L’ismo-

rance, le faux savoir , la crédulité , et surtout le charlatanisme ont recueilli tous ces moyens, et les ont décorés du nom de matière médicale. Assemblage informe et monstrueux , auquel doit sa naissance cette foule de formules qui ont répandu sur l’action des remèdes une obscurité à travers laquelle l’observation craint encore d’égarer sa marche à la lueur trop vacillante de la chimie.

M. Deseois eut pour guides dans cette science l’esprit des bons auteurs et l’exemple des grands maîtres que sa Compagnie lui mettait sous les yeux; il connut, il enseigna même à connaître ces remèdes aussi vains que multipliés; mais ce fut pour apprendre à en écarter l’usage , et pour les rendre au néant dont ils n’auraient jamais dû sortir. Dédaignant les uns, craignant les autres, le discernement présida constamment au choix du petit nombre de ceux dont sa prudence dirigea toujours sagement l’application.

DE DESEOIS DE ROCUEFORT.

Tant de connaissances solidement acquises et judicieusement ordonnées , devaient nécessairement liâter la marche rapide de M. Desbois dans la pratique de son art. Il 11e lui manquait, pour l'accélérer encore, que d’exercer la médecine sur un de ces théâtres où se renouvelle perpétuellement la scène des calamités humaines. C’est dans ces tristes asiles ouverts au pauvre ( que méconnaît le riche , où le vrai philosophe va se former à penser , et le sage apprendre à mourir) , que le médecin éclairé trouve sans cesse sous ses yeux la peinture fidèle et variée de toutes les maladies. Là, ces maladies sont du moins tout ce qu’elles doivent être : elles ne sont point défigurées par cette médecine active et précipitée qu’exige l’impatiente ignorance des gens du monde , et qu’emploie trop souvent, sous le nom de médecin, l’intrigant complaisant et téméraire. Là, le véritable observateur peut , dans une méditation profonde , contempler la nature aux puses avec les maux enfantés par les égaremens des hommes, ou avec ces maux qu’elle produit aveuglément elle-même. Là , le médecin pénétiant voit cette nature, souvent désordonnée, n agir pas toujours avec l’intelligence qu’011 se pLît à lui prêter 5 et il apprend que si clic offre souvent dans les maladies des efforts à seeon-

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