‹ Cours élémentaire de matière médicale, suivi d'un précis de l'art de formuler de Desbois de RochefortChapitre 26 sur 94 · LY ° DÉFINITION · texte numérisé non relu

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que celui de l’homme , qui a perdu le sien dans la société , leur fait souvent trouver des medicamens appropriés à leurs maladies, et en cela, la nature lésa servis avec avantage. Cependant il serait quelquefois dangereux de conclure par cette analogie pour l’homme ; car le cochon aime beaucoup la jusquiame, qui est dangereuse pour l’homme. D’un autre côté, les ombellifères, qui sont des assaison- Pemens et desmédicamens pour l’homme , sont des poisons pour les oiseaux : le persil est uri poison pourlesperroquets; les amandes amères sont un poison pour l’espèce gallinacée, et l’homme en peut prendre innocemment une certaine quantité. Un chien prit une fois trois gros de sublimé corrosif, et n’en eut que plus cl’appétit. De plus encore , c’est que les animaux sont quelquefois avides de substances qui leur sont dangereuses, ce que savent bien les pâtres.. . . Ainsi , l’analogie animale n’est utile que dans quelques circonstances, et il faut y joindre des observations particulières sur l’espèce humaine.

a°. L’analogie chimique est la comparaison des effets de quelques substances sur des humeurs tirées hors du corps, avec les effets de ces substances sur les memes humeurs roulantes dans le torrent de la circulation. Ainsi voyant que les acides et les alkalis coagulaient le sang et les autres fluides tirés dans une palette , on a conclu que ces memes substances les coagulaient aussi dans la circulation, etc. Mais celte analogie est très-souvent fautive. L’esprit de vin, à petite dose, coagule les fluides animaux hors du corps; cependant pris

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à l'intérieur, il n’y a que l’excès, soit dans la dose, soit dans la continuité qui soit nuisible. Il y a donc beaucoup de différence entre nos fluides mis dans un inatras , et ces mêmes fluides agités par un mouvement vital qu’on a cherché à expliquer, mais qu’on n’expliquera jamais. On s’est encore fondé sur l’analogie chimique pour les antidotes des poisons minéraux, proposant de diminuer la causticité des poisons acides par le moyen des alkalis* de dissoudre les poisons métalliques par le foie de soufre. (1) Mais ces moyens ne feraient qu’augmenter l’irritation de parties déjà trop incendiées. Il faut dans ces cas les relâchans, les émolliens, etc. D’ailleurs il y a beaucoup de différence entre les substances vénéneuses avalées, ou mises immédiatement dans la circulation. On avale impunément le venin de la vipère* on avale aussi, sans accidens, les corps des animaux morts de la rage: c’est ce qu’ont décidé les plus célèbres facultés de l’Europe. Le mouvement de la digestiou détruit le caractère nuisible de ces substances, et leur imprime un caractère nutritif. Mais introduites immédiatement dans la circulation, ces substances sont des poisons très-actifs, etmêmecinqà six gouttes de vinaigre, d’esprit de vin , introduites immédiatement dans la circulation , tuent en deux ou trois heures au milieu des convulsions.

o°. L analogie pratique est la comparaison tirée des effets de quelques substances dans certaines maladies, pour d’autres. C’est ainsi

(i) Sulfure 1ml

rogéné de soude ou de potasse.

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que le mercure lut rl abord employé contre la

i^ale des animaux; ensuite, par analogie, on

I employa dans beaucoup de symptômes cutanés vénériens ressemblais à la gale; et ainsi , peu à peu on découvrit que le mercure était le spécifique des maladies vénériennes. Quand le bina a commencé à être connu, on ne l’a d abord employé que contre les fièvres intermittentes : s’il guérit les fièvres d’accès , a-t-on dit, il pourra peut-être aussi guérir les maladies intermittentes ou périodiques sans fièvre. vS il guérit les fièvres intermittentes, peut-être pourra-t-il réussir aussi dans quelques maladies continues avec des redoublemens bien décidés, dans les fièvres rémittentes : c’est ainsi que par le moyen de l’expérience , ce remède, d’abord employé contre une seule maladie, est devenu d’un usage plus étendu. On a vu que le polygala de Virginie réussissait dans la pleurésie excitée par la morsure du serpent à sonnettes; on a cru de là qu’il réussirait dans les autres pleurésies.

II en a été de même pour découvrir que l’alkali volatil était l’antidote de quelques poisons animaux, etc.... Ainsi, cette analogie pratique est de la plus grande nécessité; mais il faut être praticien pour reconnaître l’identité des maladies entre elles, et une grande prudence pour les observations \Judicium difficile , experientia fallax . Hirp. Il faut savoir saisir les rapports de l’expérience qui est souvent trompeuse; car nous ne connaissons point de moyens particuliers qui puissent nous conduire à la découverte des spécifiques : le hasard seul nous les a offerts de siècle en siècle. Par exemple, une fièvre intermittente de mauvais caractère régnait au

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Pérou ; plusieurs malades se baignent dans une rivière bordée de plantes qui donnent le kina, ee qui faisait une espèce d’infusion naturelle, et furent guéris. Peu a peu on s’assura , d’après ee fait , de le spécificité du kina dans les fièvres

intermittentes Des troupeaux paissaient

auprès d’une mine de mercure; plusieurs individus galeux se trouvent guéris par le cinabre qu’ils avalent : de là on conclut que le mercure peut être utile dans la gale des hommes, etc. Ainsi le hasard seul préside à la découverte des spécifiques; il est inutile d’en faire la recherche, mais il faut plutôt chercher à profiter de la découverte une fois faite, l’assujettir à des règles données , et fixer dans quel cas elle peut être utile.

Ainsi l’analogie pratique est la plus nécessaire des trois, et absolument indispensable ; elle seule peut instruire sur les véritables effets • les remèdes ; mais elle demande un jugement bien exact.

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