Tome I. H
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donnent à la peau cet aspect connu sous le nom de chair de p ouïe ; la respiration, fréquente et pénible au premier instant, se ralentit et paraît plus rare ; le pouls est petit et lent, les urines sont sécrétées en plus grande quantité. Il survient aux personnes faibles des crampes, des engourdissemens, de la pesanteur de tête. Si le bain est prolongé, les lèvres perdent entièrement leur couleur, le pouls et la respiration deviennent: extrêmement lents; un engourdissement général succède, et est bientôt suivi de la mort, si le séjour dans beau est prolongé.
Quand on sort du bain , après y être resté un temps convenable, et avant que les aecidens dont il vient d’être fait mention se soient manifestés, on éprouve d’abord un sentiment de chaleur, à moins que la température extérieure ne soit très-basse; la peau rougit, la respiration devient facile et grande, le pouls reprend plus de force et de fréquence que dans l’état naturel, les engourdissemens cessent , la tête se dégage, etc.
Un usagé fréquent et prolongé du bain froid augmente d’une manière sensible l’épaisseur de la peau , et lui fait perdre un peu de sa souplesse. Il en diminue également la sensibilité, et paraît affaiblir l’exhalation et l’absorption cutanées. Au reste, les bains froids fortifient généralement; ils rendent la digestion plus active et plus prompte, les mouvemens plus libres et plus assurés ; ils ajoutent beaucoup à l’énergie musculaire.
Us paraissent donc jouir d’uné vertu stimu-
lante et tonique. L’irritation locale qu’ils déterminent à la surface des corps se communique à tout le système. Le froid, d’abord, fait refluer le sang des capillaires cutanés dans les vaisseaux d’un calibre plus considérable ; de là peut-être la gène des mouvemens du cœur, à moins qu’on n’aime mieux l’attribuer à ce resserrement sympathique qui se fait sentir vers l’épigastre. Cette action, portée trop loin, éteindrait le principe de la vie; mais modérée et retenue à propos, elle sollicite une réaction salutaire, qui répartit avantageusement les forces dans toute l’économie.
L’action fortifiante des bains froids est si généralement reconnue, qu’il serait inutile d’y insister davantage. Il est seulement à propos d’observer que cet effet est relatif au tempérament, et à cet égard il faut bien distinguer les gens forts des individus faibles . Les premiers supportent Ires-bien i impression pénible occasionnée par le froid du bain ; ils s’y accoutument meme, pour peu qu’ils fassent de mouvement, et que la température de l’eau ne soit pas. trop voisine du terme de la congélation : ce n’est qu’au bout d'un temps assez long, d une demi-heure, une heure, et même davantage , qu ils se refroidissent et commencent à s’engourdir. Les gens faibles , au contraire, ne se remettent pas du premier saisissement que le froid leur a fait éprouver. Ils sentent un poids énorme sur la poitrine et au creux d« l'estomac ; ils ont des crampes , des engourdissemens , des le moment même de l'immersion ; aussi ne peuvent-ils séjour-
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ner que très-peu de temps dans le bain froid; quelques-uns meme ne peuvent absolument le supporter.
Cette distinction est surtout bien importante relativement aux enfans nouveau -nés. Le précepte donné par quelques philosophes, et meme par plusieurs médecins, de les plonger fréquemment dans l’eau froide ne peut avoir qu’une application très-limitée. Il serait en effet dangereux et souvent mortel pour les enfans d’une constitution faible. A l’égard de ceux qui sont forts et vigoureux , on ne doit user des bains froids qu’avec beaucoup de discrétion , et seulement à une température de quelques degrés au-dessus de zéro.
Les maladies dans lesquelles les bains froids ont été utiles, sont i°. les débilités générales sans lièvre , telle que celle qui est produite par l’onanisme ou par l’abus des plaisirs vénériens ; 2°. certaines maladies nerveuses et spécialement l’hypocondrie , la manie , les accès violens d’hystérie ; 3°. lesdouleurs localesopiniâtres et sans inflammation , comme la céphalée, etc. Il n’est rien moins que démontré que les bains froids soient avantageux dans la goutte et le rhumatisme, quoique Hippocrate et un grand nombre de médecins anciens et modernes les aient conseillés. Marcard les regarde, dans ce cas, comme un remède violent et très-incertain , qui peut déplacer l’humeur goutteuse et la porter sur des parties essentielles à la vie.
On doit interdire absolument les bains froids à ceux qui sont menacés d’apoplexie, à ceux qui sont sujets aux rhumes et aux crachemens
de sang , à plus forte raison s’ils éprouvent actuellement ces sortes d’affections. Les bains froids sont egalement contraires dans toutes les maladies inflammatoires ,.dans les hémorrhagies actives, et en général dans les flux, quels qu’ils soient, accompagnés de chaleur et d irritation. Il n’en est pas de même des évacuations qui sont l’effet du relâchement des solides, comme les fleurs blanches, les gonorrhées anciennes et bénignes; on fait même usage des pédiluves froids pour arrêter les perles utérines; mais il faut alors beaucoup de discernement et de sagacité dans leur administration.
On peut prendre les bains froids ou dans une baignoire ou dans une eau exposée en plein air; cette dernière manière est préférable. On doit même choisir une eau courante, et non bourbeuse, coulant sur un sable fin, dans un endroit dont la profondeur soit telle , qu’étant debout, on ait seulement de l’eau jusqu'aux épaules. Ceux qui savent nager peuvent se livrer avec avantagé à cet exercice ; en général, il ne faut pas rester dans l’eau très-froide sans y faire aucun mouvement. Il ne faut pas non plus prolonger le bain jusqu’à en être incommodé. Quand on en sort, on doit s’essuyer promptement, et reprendre aussitôt ses habits , a moins qu’on ne soit dans un endroit chaud ; alors les frictions seules peuvent être très-utiles pour exciter la transpiration. Dans tous les cas, on doit faire un peu d’exercice îîprès le bain. L’heure à laquelle il convient de le prendre est à-peu-près indifférente ,
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pourvu qu’on ne soit point très-fatigue' et que I estomac ne soit pas chargé d’alimens.
2°. Bains frais de 29 à 5o de g. (R. i5 à 2 4)'. - — Les effets du bain frais sont, jusqu’à un certain point, les mêmes que ceux du bain froid , mais à un degré plus faible. Aussi au moment de l’immersion, on éprouve un léger spasme , on se sent envie d’uriner , le pouls et la respiration prennent plus de fréquence , la région épigastrique est plus ou moins comprimée. Au bout de quelques minutes , ces symptômes disparaissent, et font place à un état plus calme , dans lequel on sent une excitation générale. Enfin , si le séjour dans l’eau est long-temps prolongé , où si l’on y reste sans mouvement, le refroidissement survient, et successivement les crampes , puis la décoloration des lèvres, les douleurs de tête, etc. En sortant d’un bain frais, on se sent plus léger , plus fort; le pouls devient plus plein , la respiration grande et facile; la peau offre une douce chaleur et une rougeur légère ; l’appétit est augmenté; la digestion se fait avec plus d’activité : le plus souvent, ce bain dispose à la transpiration , quand la peau est naturellement sèche.
On doit recommander le bain frais dans les mêmes circonstances que le bain froid , et surtout à ceux qui ont de la peine à supporter ce dernier. On peut le prendre dans une baignoire, mais une eau courante , échauffée pendant l’été par les rayons du soleil, est sans contredit préférable.
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Bains tiède s , de 3o à 56" (R. 2 \ à 29). — L’entrée dans le bain tiède 11’est pas accompagnée de phénomènes fort appareils sur le corps de l’homme soumis à son influence. La différence de température est à peine sensible ; la pression exercée par le poids du liquide est peu considérable, puisqu’elle est proportionnée à la hauteur de celui-ci, et qu’on ne s’enfonce jamais dans l’eau à une grande profondeur : on observe seulement , chez ceux qui ont de la répugnance à se baigner, quelques changemens dans l’état du pouls et celui de la respiration , évidemment produits par la frayeur. Mais généralement ce n’est qu’au bout de quelques instans que les effets du bain se font apercevoir. On éprouve un calme et un bienêtre inexprimables, la respiration est un tant soit peu gênée le pouls se ralentit, et cela d’une manière d’autant plus marquée, qu’il avait plus de fréquence avant l’immersiou ; la digestion se fait avec moins d’activité, lasécrétion des urines est augmentée , la perspiration plus abondante , l’absorption cutanée plus considérable.
Cette augmentation de l’absorption et de l’exhalation cutanée est moins réelle que pré* sumée. On se fonde à cet égard sur plusieurs observations, et quelques expériences qui ne sont rien moins que concluantes. On rapporte en faveur de l’absorption l’exemple de voyageurs qui ont apaisé leur soif en se plongeant flans la mer ou en mouillant leurs habits ; celui fie quelques malades dont le poids a considérablement augmenté dans le bain. Darwin
assure meme qu’un jeune homme , brûlé d’une fièvre ardente, ayant pris un bain de pieds, urina sur le champ abondamment, et qu’on vit l’eau baisser considérablement dans le vase qui la contenait ; mais ce sont là des cas particuliers. Si les urines, en général , sont sécrétées en plus grande quantité pendant qu’on est dans le bain , ce peut être un effet sympathique, aussi-bien que le calme qu’on éprouve. On doit avouer cependant que la réunion de toutes ces demi -preuves rend très- vraisemblable l’opinion généralement admise, que le corps absorbe davantage dans le bain.
Quanta l’augmentation de la perspiration, elle est assez bien établie par les expériences de Keill, de Home, de Cruikshank, de Lemonnier ; mais oir n’a pas encore déterminé si c’est à l'exhalation pulmonaire ou à la cutanée qu’il faut rapporter cette augmentation. Il parait au reste que ces phénomènes présentent beaucoup de variétés.
C’est surtout à la sortie du bain que l’exhalation cutanée est très-active, à moins que l’impression du froid ne la supprime tout à coup, ce qui est très- dangereux. L’air extérieur est rarement à une température aussi élevée que celle de notre corps , et nous avons supposé que celle de l’eau était la même. Ce fluide est d’ailleurs beaucoup plus dense que l’air ; double raison qui fait que l’impression du froid se fait sentir à la sortie du bain. Si l’on remet promptement ses habits, la chaleur naturelle se conserve , le calme procuré par le bain se perpétue , le pouls reprend seulement
un peu plus de fréquence , et les autres fonctions reviennent a leur type primitif.
On doit regarder les bains , surtout le tiède x comme un objet de propreté. Il débarrasse la peau des substances étrangères qui s’y étaient attachées; il favorise le renouvellement de l’épiderme, qui tombe par petites écailles à l’aide d’un léger frottement ; il rend aussi la peau plus souple, plus propre à l’exercice des fonctions qui lui sont destinées, mais en même temps plus susceptible des impressions extérieures. Un usage fréquent des bains tièdes a donc quelques inconvéniens ; il nous rend plus sensibles aux vicissitudes atmosphériques, avec lesquelles il serait bon, au contraire, de nous familiariser.
Ces bains conviennent plus à ceux qui sont d’un tempérament sec qu’aux individus chez lesquels le système lymphatique prédomine. Ils sont très-favorables aux sujets nerveux, et sont aussi très- recommandés dans toutes les maladies des nerfs. On doit les regarder comme un des meilleurs antispasmodiqu es et des meilleurs caïmans. Ils agissent comme sédatifs dans les cas de douleurs très— viyes ; et c’est en cela qu’ils conviennent dans l’inflammation qui survient aux intestins à la suite dune hernie étranglée, dans quelques coliques, dans les douleurs occasionnées par la présence de la pierre dans la vessie ; enfin dans les maladies éruptives, spécialement la petite vérole.
Quoique l’action des bains tièdes ne soit pas directement affaiblissante, comme on peut
s en convaincre, en réfléchissant sur l’usage qu’en faisaient habituellement les anciens, et à celui qu’en font encore les Orientaux, qui sont en général des hommes vigoureux , il est cependant d’observation que les bains tièdes ne conviennent point aux personnes épuisées par des évacuations trop abondantes, ou réduites à un état de langueur par une maladie longue : Hippocrate dit quon ne doit pomt baigne r les faibles (aph. 42 i sect. vu). Il interdit également le bain à ceux qui ont des évacuations bilieuses , ou cet ensemble de symptômes qui caractérise l’embarras gastrique. Ce serait faire également une erreur dangereuse que de baigner les malades affectés d hydropisie ou de paralysie. Plusieurs médecins ont conseillé les bains dans les fièvres inflammatoires et dans les intermittentes; mais ils sont alors pour le moins inutiles.
Si l’on veut retirer du bain tiède tous les avantages qui y sont attachés, il faut le prendre avec certaines précautions. On doit avoir soin que la salle du bain soit suffisamment échauffée pour ne pas souffrir du froid avant et après l’immersion; on entretiendra la baignoire dans une grande propreté , et on fera choix d’une eau bien purifiée. Il faut, autant qu’on peut , se baigner avant d’avoir mangé, ou lorsque la digestion est achevée. Le temps qu’on doit séjourner dans le bain est indéterminé; il dépend de la facilité avec laquelle on le supporte, et du soulagement qu’on en retire. Dans certains cas, on l’a prolongé pendant des journées entières. Les onctions avant d’entrer dans le bain, les frictions lorsqu’on en sort, peuvent
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être d une grande utilité. Il est fâcheux que nous avons entièrement abandonné les pratiques des anciens sur un objet aussi important à la conservation de la santé. Si les bains et les frictions sont devenus moins nécessaires par la découverte du linge , ils seraient encore d’une grande utilité pour ceux qui en feraient un usage modéré.
Bains chauds au-dessus de 56° '(R. 29). — Ce qui caractérise les bains chauds , étant un degré de chaleur supérieur à celui du corps humain , il en résulte que la sensation qu’lis procurent au moment de l’immersion est celle que produirait fout autre corps très-chaud. Cette sensation estpénible, douloureuse même, et accompagnée d’un malaise universel. Le pouls devient fréquent, la respiration précipitée, tout le corps augmente de volume, la face rougit , se couvre d’une sueur qui' devient bientôt générale j il y a des palpitations, des vertiges, menace d’apoplexie. Cesphénornènessont plus ou moins prompts, suivant que le bain est plus ou moins chaud; mais ils sont constans, et font assez sentir de quelle importance il est «le ne le pas prolonger. Lorsqu’on sort dun pareil bain, on se trouve d’une faiblesse extrême; la peau se décolore, les urines coulent, le pouls et la respiration reprennent leur premier type, la tête se dégage, mais souvent la transpiration continue.
Le bain chaud est donc un irritant très-actif, et un puissant sudorifique. La sensation die chaleur, le gonflement du tissu cellulaire sons-
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cutané, sont les effets du calorique transmis du bain au corps qui y est plongé. Faut-il attribuer à l’expansion des fluides l’accélération du pouls, la coloration de la face, et l’état apoplectique imminent ? Mais nous avons vu que le bain froid déterminait ces derniers symptômes en produisant un effet contraire sur le pouls; il faut donc regarder les uns et les autres comme sympathiques. Ici , comme dans le bain froid , c’est sympathiquement que l’irritation exercée sur la peau met en jeu les organes situés à l’intérieur, avec cette différence, que, le premier étant moins irritant que le second, ou stimulant d’une autre manière, la réaction est différente sous certains rapports.
Il est aisé d’apercevoir que les bains trèschauds sont hors de la classe des moyens hygiéniques, mais se placent sous le domaine de la thérapeutique, On ne doit, en effet, y recourir que comme à des remèdes extrêmement actifs : on les a recommandés dans les maladies scrophuleuses, dans les rhumatismes chroniques, dans l’engourdissement des membres, et pour faciliter l’éruption de la petite vérole : quelques médecins les conseillent dans la violence du frisson de certaines fièvres intermittentes.
Quelles que soient les circonstances où l’on administre le bain chaud, il faut qu’il soit de courte durée , que l'on s’y plonge rapidement , et qu’on n’y fasse aucun mouvement. Il serait bon d appliquer sur la tête, pendant qu’on est plongé dans le bain, des compresses d’eau
froide, pour éviter la congestion sanguine qui tend à s’établir vers le cerveau. Suivant Je but qu’on se propose, on entretiendra la transpiration, ou on l’arrêtera avec plus ou moins de ménagement. Les onctions sont très- propres à cet objet. Le repos, une boisson un peu cordiale , conviennent auss-i après cette sorte de bain.
Bains de mer. — Ce sont ceux que l’on prend en se plongeant dans la mer. Iis doivent être rangés dans la classe des bains froids, et aussi dans celle des bains frais , puisque la température y est en général de i5 à 22 degrés (K. 12 à 17) sur les côtes de l’Angleterre, et qu elle s’élève probablement beaucoup plus hautçlans les régions plus voisines de l’équateur.
Les effets que ces bains produisent sur le corps humain sont à peu près les mêmes que ceux des bains froids d’eau douce*. On éprouve en y entrant un sentiment pénible, que l’habitude affaiblit beaucoup; la respiration est haletante, le pouls a plus de vivacité. Quelques momens suffisent pour dissiper ce premier saisissement, que l’on appelle le choc: la chaleur naturelle revient ; cependant , à la longue, elle diminue, comme on s’en est assuré en plaçant un thermomètre dans la bouche; on se sent presque défaillir. Alors surviennent lesvertiges, les palpitations, l’anxiété;
1 état du pouls varie beaucoup, ou du moins les observations qu’on a faites à cet égard sont peu d’accord entre elles. Curries l’a vu se ralentir de dix à douze pulsations par minute; d autres l’ont trouvé accéléré , et il paraît que
ce changement est le plus constant. Euchan en a fait l’épreuve sur lui-même : « Pendant que j’étais dans l’eau , dit-il , je ne pouvais pas sentir les battemens de l’artère radiale, mais ceux du cœur allaient toujours à plus de cent par minute, et souvent à 120; même, après un séjour d’une heure dans l’eau, à la température la plus froide , le pouls demeurait encore fréquent, quoique évidemment plus faible sur la fin ». Cependant il ajoute : « Dans une autre personne, sur laquelle je répétai cette expérience, le pouls, quoique d’abord accéléré, devint, au bout d’une heure de séjour dans l’eau, plus lent qu’avant le bain ».
Au sortir de l’eau , et pendant qu’on reste exposé à l’air , on éprouve communément des frissons et un sentiment de froid plus grand que dans l’eau même; ce qu’il faut attribuer à l’évaporation. Mais lorsqu’on s’est essuyé, et qu’on a repris ses habits , une douce chaleur se fait sentir par tout le corps.
L’eau de mer, indépendamment de sa température, jouit d’une vertu tonique : les matelots conviennent qu’il est infiniment moins dangereux d’étre mouillés avec de l’eau salée qu’avec de l’eau douce ; les personnes les plus délicates s’enrhument beaucoup moins facilement quand elles ont les pieds ou le reste du corps mouillés par l’eau de la mer que par de l’eau de pluie. Des voyageurs ont éprouvé que , lorsqu’ils avaient été percés par la pluie , et qu’ils 11’avaient pas de quoi changer , le meilleur moyen de se préserver des effets de 1 humidité était de plonger leurs habits dans la mer, et de les remettre après les avoir tordu.
Peut-être cette différence tient-elle , jusqu’à un certain point , à ce que l’eau salée est moins susceptible d’évaporation; mais on doit croire aussi que les particules salines, qui demeurent en contact avec la peau , en sont la principale cause par l’irritation qu’elles produisent sur toute sa surface.
Quoi qu’il en soit , il est certain que les bains de mer , judicieusement administrés, donnent de la force et de la vigueur aux gens faibles, raniment les couleurs des gens délicats, et réveillent l’irritabilité des gens épuisés.
Ils conviennent à ceux qui transpirent beaucoup ou qui sont sujets à des évacuations trop abondantes, aux personnes d’un tempéramment pituiteux. O11 les a recommandés contre les affections scrophuleuses , le rachitisme, les paralysies anciennes, les maladies nerveuses qui tiennent à la débilité ou à l’atonie. Buchan parle de deux affections particulières pour lesquelles le bain de mer est d’une grande utilité. La première est une espèce de mal de gorge caractérisé par le relâchement de la luette , par des inégalités sur la surface des tonsilles, et communément par une extinction de voix. Ces symptômes sont ordinairement accompagnés d’un teint plombé et d’un grand accablement. La seconde survient aux personnes qui mènent une vie sédentaire,, et qui se livrent à des études forcées ou à quelque autre occupationde cabinet exigeant un grand travail d’esprit. Leur pouls est constamment accéléré,, la peau de leurs mains toujours brûlante , leur sommeil agité; et, quoiqu’ils digèrent assez bien la nourriture qu’ils pren-
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lient, ils ont peu d'appétit. Dans cette situa tion qui dure souvent des années, et dégénère quelquefois en une vraie hypocondrie , il n’y a point de remède plus efficace que les bains froids. Les bains de mer ont surtout l’avantage , dans ces cas-là , d’interrompre les occupations habituelles du malade, et de lui procurer des plaisirs et des distractions qui qui secondent merveilleusement bien l’effet direct du bain.
Il y a encore quelques maladies dans lesquelles les bains froids peuvent être utiles , mais non pas d’une manière aussi constante, ni aussi généralement reconnue : telles sont la chlorose , la phthisie, les fièvres intermittentes , etc.
Comme ces sortes de bains ont pour effet d’augmenter les forces et la tonicité de tout le système, il est visible qu’ils sont contraires dans toutes les maladies inflammatoires. Les personnes qui sont sujettes à l’érysipèle , dit Buchan , ne manquent pas d'en éprouver une rechute , quand elles se baignent dans la mer. Le même auteur blâme l’usage des bains de mer dans toutes les affections cutanées, quoiqu’il soit recommandé par plusieurs praticiens. Il dit avoir eu souvent occasion d’en observer les mauvais effets. Ou doit enfin les interdire absolument à ceux cpii ont Y habitus apoplecticus.
L’automne est la saison la plus favorable pour se baigner dans la mer, parce que la chaleur, accumulée sur la terre pendant l’été, réchauffe l’eau du rivage , et lui donne une température beaucoup plus rapprochée de la nôtre que dans un autre temps. Cependant, si l'on
a egard à Futilité qu on peut retirer des bains de mer, pour s’accoutumer aux variétés de température, ou verra qu’ils conviennent au moins autant dans le printemps que dans l’automne , puisque les vicissitudes atmosphériques sont plus grandes dans le premier. D’un autre côté, il importe de ne pas se faire une habitude des bains : on a vu des personnes qui , s’étant trouvées très-bien de les avoir pris pendant un automne, ont continué à les prendre plusieurs années de suite dans la même saison , et qui n’ont pu en cesser l’usage sans en être fort incommodées.
Les gens forts et robustes qui se baignent par plaisir plutôt que par raison de santé , peuvent le faire sans inconvénient dans toutes les saisons et à tous les mornens du jour , pourvu que ce ne soit ni après une débauche , ni avec un estomac trop plein. Mais les valétudinaires feront toujours bien d’attendre, pour prendre les bains de mer , la saison où l’eau est la plus chaude, et de choisir le temps de la haute marée, lorsqu’elle a lieu de midi à trois heures. Ils ne seront pas précisément à jeun, mais n’auront pris que peu d’alimens : ils se seront exercés de manière à s’échauffer, mais non à se fatiguer. Ils doivent alors se déshabiller promptement, et se plonger tout entiers dans la mer, en y entrant par les pieds, et non pas s’y jeter la tète la première. Il est bon cependant que la tète soit également baignée : c’est le meilleur moyen d éviter les douleurs vives qui s’emparent souvent de cette partie, lorsqu’on la tient hors de l’eau , tandis
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que le corps y est plongé. On y restera una demi-heure , une heure , ou même davantage, si l’on n’y éprouve pas de froid. Il vaut mieux y séjourner un peu de temps, que d’en sortir et de s’y replonger à plusieurs reprises. En quittant le bain , on se revêtira sur-le-champ de ses habits, et l’on fera encore un peu d’exercice. Si l’on a de la peine à reprendre sa chaleur, on fera bien de prendre un bouillon chaud. Si le sentiment du froid est encore vif, accompagné de tremblement et d’une grande faiblesse , il faut mettre le malade dans un lit bien chaud, et lui appliquer sur l’estomac une vessie remplie d’eau chaude. En tout autre cas, c’est une mauvaise coutume de se mettre au lit après ces sortes de bains.
En Angleterre, où les bains de mer sont très-communs, on a coutume de se servir , pour entrer dansla mer, de certaines machines que les guides dirigent vers l’endroit où l’on veut se baigner. Ces machines sont fermées et garnies de eannevas qui dérobent le baigneur à la vue des assistans. Il y entre ordinairement nu , déposant ses habits dans une salle qui est sur le rivage. Dans le court trajet que fait la machine, il est exposé aux injures de l’air; ce qui n’est pas sans inconvénient, surtout au retour du bain. Aussi Buchan donne-' t-il le conseil à ceux qui se servent de ces machines de s’y envelopper d’une robe de flanelle , dont le double avantage est de conserver ou de rendre au corps sa chaleur naturelle , et de le préserver des effets de l’humidité.
Bains d'eau de mer. — On désigné sous ce nom les bains que l’on ne prend pas dans la mer meme , mais seulement dans l’eau qui en provient. On peut leur donner la température que l’on désire et en faire à volonté des bains froids ou frais , des bains tièdes , chauds ou très-chauds. Dans toüs ces cas, ils produiront des effets analogues à ceux des bains d’eau douce pris à la même température , à l’exception que la vertu tonique de l’eau de mer s’y fera plus ou moins apercevoir.
On prend ordinairement ces bains à une température plus élevée que celle de la mer. Ils conviennent aux personnes trop faibles ou trop délicates pour pouvoir supporter le froid des bains de mer, proprement dits. Mais ils ne présentent pas les mêmes avantages aux gens forts , pour qui l’impression du froid est salutaire , et qui prennent de l’exercice, soit en allant au bain , soit lorsqu’ils sont dans l’eau. Ceux à qui leurs occupations et leur éloignement des côtes ne permettraient pas d’aller se baigner dans la mer pourraient y suppléer jusqu’à un certain point , en prenant chez eux des bains d’eau de mer ou d’eau salée.
Bains d'eaux minérales. — Celles des eaux minérales que l’on fait prendre en bains sont toutes plus ou moins chaudes ; les autres ne se donnent qu en douches ou à l’intérieur. Parmi ces eaux, les unes sont à une température très-élevée, comme celle de Baiaruc, de Barége , de Cauteretz, etc., dont les bains peuvent être rangés dans la classe des bains
très-chauds ; les autres sont seulement chaudes ou tièdes , et agissent , soit comme les bains d’eau douce à la meme température , lorsqu’elles sont simples (telles sont celles de Saint- Amand et d’Aix en Provence) ; soit d’une manière analogue aux bains de mer , lorsqu’elles sont salines (par exemple, les eaux de Bourbonne-les-Bains , de Pyrmont, etc.); soit par quelque principe particulier , quand elles sont sulfureuses, martiales , savonneuses, etc.
On peut remplacer les eaux minérales naturelles par des artificielles , tel que l’ont fait avec le plus grand succès MM. Pol et Tryaire.
Bains de vapeurs. — Bains formés par les exhalaisons de l’eau.
Les bains de vapeurs, comme tous les autres , sont ou généraux ou partiels. C’est principalement aux premiers que se rapporte ce que je vais dire.
On peut cependant l’appliquer jusqu’à un certain point aux seconds.
Le degré de chaleur nécessaire pour tenir l’eau à l'état de vapeurs est toujours supérieur à celui du corps humain. Lors donc qu’on entre dans un bain de vapeurs, la première impression qu’on éprouve est celle du chaud. Bientôt l’air , refroidi autour du corps , laisse précipiter l’eau qu’il tenait en suspension , et la peau se trouve couverte d’une humidité abondante qu’ou a souvent prise pour de la sueur. A la vérité, la sueur survient, mais plus tard , et seulement après que la réaction a eu le temps de s’établir. Alors la fréquence du pouls
est augmentée , la respiration se précipite ; on vse sent plus d’appétit , on éprouve une faiblesse réelle , et quelquefois des défaillances.
Les effets qui suivent cette espèce de bains sont différen s, selon la manière dont on se conduit après qu’on en est sorti. Si l’on se tient chaudement , on continue de transpirer beaucoup, ce qui affaiblit considérablement. Si au contraire on s’expose à un froid vif, la transpiration cesse subitement, mais sans in-
convénient, à cause de Faction stimulante du froid , qui semble donner plus de force et d’activité à tout le système. Ceci n’est vrai cependant qu’à l’égard de ceux qui sont d’une bonne constitution, et qui ne sont actuellement affectés d aucune maladie; car . l’impression d un froid si- subit ne pourrait être que fâcheuse pour les personnes valétudinaires. Un passage aussi brusque du chaud au froid ne convient pas non plus, quand if s’exerce sur une seule partie : il devient une cause certaine de rhumatisme ou d’autres accidensplusgraves. L usage de se faire laver avec de l’eau tiède et ensuite avec de la froide, en sortant du bain de vapeurs, est celui qui est le moins sujet à inconvénient; il ramène d’une manière insen-
sible les fonctions à leur premier état.
Ces bains nous présentent l’action combinée de 1 humidité et de la chaleur. L’eau réduite en vapeurs pénètre bien plus facilement le tissu de la peau que lorsqu’elle est en masse liquide ; aussi lui donne-t-elle une grande souplesse. La chaleur agit encore comme stimulant sur la peau , y augmente la perspiration
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et peut être l’absorption , mais indubitablement plus la première que la seconde ; et quoique le corps s’affaiblisse à la longue par cette abondante transpiration, il est probable que ses forces sont soutenues pendant un certain temps , en vertu de la réaction que cette forte chaleimexcite dans tout l’organisme.
Les cas où conviennent les bains de vapeurs sont ceux en général où les sudorifiques sont indiqués ; ils remplacent d’une manière avantageuse ces médicamens qui ne peuvent agir sur la vitalité de la peau qu’après avoir traversé l’estomac , une partie du conduit intestinal, et probablement les voies de la circulation. Ils conviennent en outre , à ce qu’on prétend , dans les maladies cutanées chroniques, dans le gonflement des os., dans la goutte, le rhumatisme , la plique polonaise , et surtout dans une affection particulière caractérisée par une extrême sécheresse de la peau. Marcard en donne un exemple bien remarquable. Il s’agit d’une fille de dix-sept ans, non réglée, dont la peau , sans avoir perdu la sensibilité qui lui est propre, présentait une roideur et un endurcissement semblable à celui du cuir. Les urines, chez celte fille, excédaient de beaucoup la boisson. Les bains d’eau douce tièdes ne firent qu’exaspérer le mal , qui céda graduellement au contraire à l’usage des bains de vapeurs. Le sixième fut suivi de sueur sous les aisselles, à la poitrine et auxjarrets. Elle augmenta progressivement ; après vingt bains, elle était continuelle; la peau des cuisses reprit d’abord sa souplesse,
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puis celle des jambes , et enfin celle des autres parties, après un traitement de cinq mois.
Les bains de vapeurs conviennent en général davantage dans les pays froids , tels que la Russie et le nord de l’Allemagne. Ils ne sont pas aussi favorables dans, les pays méridionaux , où la chaleur du climat dispose assez à la transpiration. Timony blâme l’usage excessif qu’en font les Turcs. Il les regarde comme prédisposant à contracter la peste. On les a cependant conseillés contre cette maladie ; mais ils seraient tout au plus utiles dans le début , pour expulser du corps le principe morbifique. Ils sont évidemment contraires a ceux qui ont la poitrine délicate, et on peut, en général, leur faire le reproche qu’on fait aux bains tièdes , celui d’augmenter la susceptibilité de l’organe du tact.
On a parlé plus haut de la manière dont les Russes et les Orientaux prennent leurs bains, qui ne sont au fond que des bains de vapeurs , dans lesquels le corps entier , sans en excepter la tête , est exposé à l’influence de la chaleur humide.
Les Allemands se servaient autrefois de caisses, dans lesquelles le corps Seul était exposé à la vapeur. Il paraît que l’usage en a été abandonné. C’est à peu près sur le même plan qu’on a construit, à Paris, des bains de vapeurs qui peuvent être d’une grande utilité : en voici une description abrégée.
L’espèce de petite chambre dans laquelle se donne le bain de vapeurs est une boîte qui ne peut contenir qu’une seule personne; elle est
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de bois extérieurement revêtu de faïence k l’intérieur et fixé au parquet , lequel est recouvertd’unelame de plomb. Elle se ferme presque hermétiquement , au moyen d’un couvercle de bois séparé en deux parties, dont la postérieure est inhérente à la boîte , et 1 antérieure se retire pour laisser passer la personue, lorsqu’on ouvre la porte ou un des pans de la boîte. Le même couvercle présente une ouverture ronde , pour laisser passer la tête de la personue qui est assise sur un petit tabouret , placé au milieu sur le fond de la boîte. Immédiatement, sous le tabouret , passe un conduit qui porte la vapeur, et qui est ouvert ou terme à volonté, par le moyen d un robinet. Le conduit provient d’une pièce située au-dessous des boîtes, et où l’eau est continuellement échauffée par des fourneaux. En entourant de linge ou de couvertures le cou de celui qui prend le bain, on restreint au tronc et aux membres l’action de la vapeur. Si l’on veut que la tête elle-même y soit exposée, au lieu de fermer 1 ouverture, on place au-dessus un panier d’osier qu’on recouvre de linge , en ne laissant qu autant de passage à l’air extérieur qu’il est nécessaire pour entretenir la respiration.
Ces sortes de baignoires ont encore 1 avantage de servir à prendre des bains partiels. Dans ce dessein, on y a pratiqué de petites portes qui ferment hermétiquement dans toute autre circonstance. On peut faire prendre ainsi des demi-bains de vapeurs, en passant dans l’ouverture de la boîte les jambes et les cuisses,
qui sont bien enveloppées dans l’endroit de leur insertion. On peut aussi y introduire séparément un bras ou une jambe.
Ceux qui ne sont pas à même de prendre les bains de vapeurs dans de semblables machines peuvent y suppléer de la manière suivante : on se déshabille , on se couvre lâchement, à l’exception de la tète, de deux ou trois couvertures de laine; 011 s’assied sur un petit banc, au-dessous duquel est un grand vase rempli d’eau bouillante, et ou a soin d écarter un peu les couvertures , afin que la vapeur puisse se répandre par tout le corps. On peut remplacer l’eau chaude par trois onces d’esprit-de-vin que l’on enflamme. D’autres personnes font brûler l’esprit-de-vin dans un tonneau défoncé, où l’on reste enfermé en tenant la tète dehors.
Quant aux bains de vapeurs partiels, il n’est pas moins facile de les administrer. Veut-on , par exemple, que les vapeurs agissent spécialement sur l’anus et les parties de la génération , on met un peu d’eau chaude dans un bassin , et l’on fait asseoir le malade dessus. Ce bain a souvent fait cesser la constipation ; il convient aussi pour dilater l’orifice du vagin chez les femmes où son extrême constriction est un obstacle à la cohabitation. Si l’on veut que l’action de la vapeur s’étende à une plus grande surface, on fait asseoir la personne sur une chaise de canne, au-dessous de laquelle on a placé l’eau , et on lui recommande de s’envelopper de couvertures.
1 ou t le monde connaît la manière d’exposer la tète seulement aux vapeurs qui s’élèvent
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d’un vase rempli d’eau bouillante : il suffit de îa couvrir d’une serviette qui environne en même temps le vase. Ce bain de vapeurs, qu’on nomme improprement fumigation, est trèspropre à calmer les maux de tête, surtout ceux qui accompagnent ordinairement le coryza.
On peut egalement diriger les vapeurs sur toute autre partie du corps, en l’exposant audessus du vased’où elles s’élèvent, et en concentrant ces vapeurs à l’aide de linges ou de couvertures. Mais, si l’on veut qu elles n agissent que sur une très-petite surface, on adaptera au vase une espèce d’entonnoir renversé, dont îe plus petit orifice, le seul par lequel la vapeur puisse s’échapper, sera dirigé vers la partie où l’on veut qu elle se porte : on peut à cet effet donner diverses inflexions au tuyau qui termine l’entonnoir.
Il nous reste à dire un mot des bains de vapeurs composés. Ils se prennent de la même manière que ceux de vapeurs simples. On y lait entrer tantôt des plantes aromatiques ; ce qui peut être utile pour augmenter la tonicité des parties qui y sont exposées, ou pour contrebalancer l’action relâchante de l’humidité r d’autres fois ce sont des matières sulfureuses ou mercurielles , telles que les sulfures alcalins et le mercure sublimé : elles agissent , a ce qu’on dit, plus efficacement que lorsqu’elles sont administrées en friction. Cette observation mérite d’être confirmée.
des demi-bains.
Le demi-bain a lieu lorsque le corps n’est plongé dans l’eau que jusqu’uupeu au-dessus
de l’ombilic. On l’emploie souvent chez les sujets trop faibles pour supporter le bain entier ; chez ceux qui ont la poitrine délicate, et font craindre l’hémoptysie , dans les affections aiguës ou chroniques des viscères abdo-minaux, comme dans les suppurations des reins, l’inflammation de la vessie, de la matrice, etc.. . .
DES PÉDILUYES.
Les pédiluves sont employés quand on veut rappeler aux extrémités inférieures une humeur vague, qui, de cette partie où elle résidait naturellement , s’est portée dans l’intérieur de l’économie : telle est la goutte portée sur le bas-ventre, la poitrine ou la tête. Alors le pédiluve peut, et meme doit être animé , soit avec de la moutarde (il prend alors le nom de pédiluve sinapisé ) , sôit avec des cendres, du savon, du sel commun, de l’acide muriatique , etc. , selon les circonstances, ou l’exigence des cas. On emploie encore les pédiluves pour opérer une dérivation dans quelques maux de tête habituels, causés par une trop grande quantité de sang portée sur cette partie, pour rappeler les règles supprimées depuis un certain temps. Cependant il ne faudrait pas les employer dans cette dernière circonstance, si la suppression des règles venait d’un engorgement sanguin de la matrice , car alors il faut les saignées du bras plutôt que du pied, et le bain des extrémités supérieures. Dans lesmaladiesde poitrine, comme la pleurésie et la péripneumonie, les anciens
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faisaient beaucoup d’usage du bain des extrémités supérieures.