D E L EAU. I 1 L
aussi magnifiques que commodes, et servaient à l'embellissement delà ville. Le nombre s’en accru t prodigieusement , et ils se multiplièrent au point qu’Aurélius Victor, qui écrivait sous Julien l’Apostat, en comptait jusqu’à huit cents.
Suivant la description que Vitruve nous en a laissée, ces bains, pour la plupart, étaient doubles, un coté étant destine aux femmes, et l’autre aux hommes. Tous les deux étaient échauffés par un même foyer. Ils étaient composés de six principales pièces: i°. L "eleotusium , ou chambre dans laquelle ou avait coutume de se frotter d’huile ; 2°. la salle du bain froid (frigida lavatio ) ; 5°. et 4°. les étuves voûtées, dont l’une sèche (laconium) , et l’autre humide ( tepidarium ) : 5°. le lieu du rafraîchissement (frigidarium ou solium frigidum ) ; 6°. le bain cl’eau chaude ( calida tavatio ) .
Les édiles étaient chargés de la police des bains. Dans l’origine, tout se passait avec la pl us grande décence, mais la débauche s’étant introduite à Rome, il s’y glissa des abus que les edi ts des empereurs Adrien, Marc-Aurèle et Alexandre Sévere eurent bien de la peine à réformer.
Le bain était ouvert à tous; la modicité du prix permettait au peuple de jouir des avantages qu il procure. 11 n’était pas permis de se baigner àv toutes les heures du jour, mais seu-** lement à celles qui étaient déterminées et indiquées par le son d’une cloche. Vitruve dit, en général, que c’était depuis midi jusqu’au
soir. Ainsi, les Romains ne prenaient le bain qu’après qu’ils étaient débarrassés de leurs affaires, et immédiatement avant le souper, leur principal repas.
L’usage des bains s’est perpétué en Orient. Les Turcs les prennent à peu près à la manière des Romains; les Indiens et les Egyptiens y joignent le massage , qui consiste à se faire frapper et pétrir tout le corps, en étendant les membres de manière à faire craquer toutes les jointures. En Russie et en Finlande, on ne se baigne pas, à proprement parler, mais on s’expose nu dans des étuves très-fortement chauffées : la chaleur monte à 60 et jS degrés (R. 48 à 60) dans l’étuve sèche, et seulement à 45 ou 5o (R. 36 ou 4o) dans l’étuve humide. En sortant de ces étuves, les gens du peuple vont se plonger dans quelque étang glacé , ou se rouler dans la neige : ils boivent ensuite un ou deux verres d’esprit de grain , ou de la bière très-chaude, dans laquelle on a fait infuser des feuilles de menthe. Les gens riches se font verser de l’eau tiède , et de suite de la froide , dans la salle même du bain , et prennent , immédiatement après, un mélange de bière anglaise, de vin de France , de citron coupé par tranches, de sucre et de pain rôti.
On ne se baignait presque pas en Angleterre vers le milieu du dix -septième siècle ; l’usage des bains froids , surtout de ceux d’eau de mer, y est devenu très -commun par la suite , mais on n’y emploie fréquemment les bains chauds que depuis une vingtaine d’années. De tout temps on s’est beaucoup baigné
en Italie, mais nulle part plus qu’en Suisse. Les médecins de ce pays sont ceux qui , suivant Marcard, ont donné sur les bains les notions les plus exactes. En France, il y a des bains publics dans toutes les villes un peu considérables. Paris en compte un grand nombre , parmi lesquels on doit distinguer ceux d’eaux minérales artificielles, situés près de Tivoli. L’établissement des bains dans les hôpitaux est une institution très-utile, et qui commence à se répandre généralement.
Bains (Beau douce . — Les bains d’eau douce sont ceux que l’on prend dans les rivières, les étangs et les ruisseaux, ou ceux que l’on fait avec les eaux qui en proviennent : l’eau des puits et des citernes peut également servir à les former.
On doit distinguer les bains à raison de leur température: i°. en bains froids, depuis le terme de la glace fondante jusqu’à 19 degrés au-dessus de zéro sur le thermomètre centigrade (R. i5); 20. en bains frais, depuis iq jusqu’à 5o degrés (R. i5 à 24); 5°. en bains tièdes, entre 5o et 56 degrés (R. 29); 4°. en bains chauds ou très-chauds, lorsque la température s’élève au-dessus de ce dernier ternie.
i°. Des Bains froids, de o à iqdeg. (R. à i5). — En entrant dans de beau très -froide, on éprouve un saisissement universel et un tremblement général. La peau se décolore, devient d’abord pâle, puis d’un rouge livide. Les bulbes des poils se* montrent à travers l’épiderme ; et