‹ Cours élémentaire de matière médicale, suivi d'un précis de l'art de formuler de Desbois de RochefortChapitre 50 sur 94 · DU SOUFRE · texte numérisé non relu

DU SOUFRE

Des Bâtons de soufre. — On employait beaucoup, il y a trente ans, les bâtons de soufre à l’extérieur, pour faire éprouver différentes sensations : non-seulement on en éprouvait soi-même, mais encore on pouvait en produire sur les individus que l’on touchait. On devenait de véritables éiectrophores ambulans, de vraies torpilles qu’on ne touchait pas impunément. On prétendait qu’il n’y avait rien à craindre pour ceux qui se livraient à ces expériences ; ils n’en avaient que plus d’appétit, en un mot une meilleure santé. Le moyen le plus ordinaire et le plus simple consistait à employer seulement cinq bâtons de soufre, long et gros d’un pouce environ : on en mettait un sur le creux de l’estomac , deux aux cuisses , et deux aux aisselles. Ainsi sulfurisé , si on imposait les mains sur quelqu’un, on pouvait éprouver et faire aussi sentir des sensations de toute espèce.

On a raffiné sur ces expériences, et on a conseillé d’emplir un sachet de soufre pilé et mêlé avec de la limaille de fer, et de se l’appliquer sur la poitrine ; bientôt l’on se trouvait pénétré de la vertu sulfuro-électrique , et assez pour agir efficacement sur de jeunes personnes, et surlout sur celles qui avaient la fibre délicate et le genre nerveux sensible. Si l’on voulait ètreplus armé encore, on prenait le matin, à jeun , deux ou trois pastilles de soufre.

Cette espèce de magnétisme a fait, dit-on, aussi éprouver des crises plus ou moins sensibles , telles que des émissions d’urine , des sueurs, une véritable purgation, des défait—

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lances, des évanouissemeus ' des convulsions de toute espèce , etc. etc. C’est ici le cas de dire comme Sénèque : Vitium omnia credere ; vitium niliil credere.

Maladies de ceux qui emploient le soufre. Quand le soufre est réduit en vapeurs , il donne le gaz acide sulfureux, qui est très-stimulant et irritant, et qui produit des maux de tête, des ophthalmies , des tremblemens , des mouvemens spasmodiques aux larynx et à la trachée-artère, un asthme sec et convulsif, une toux opiniâtre et dangereuse, et même quelquefois l'asphyxie. Ces accidens se voient chez ceux qui blanchissent la soie , chez ceux qui préparent l’acide sulfurique, etc. Le traitement doit consister à relâcher, à ôter la crispation et la tension, à calmer; c’est pourquoi on emploie les émolliens , les mucilagineux , les très-légers diapnotiques. Quand l’acide sulfureux a produit l’asphyxie , il faut exposer les malades à l’air libre , et employer les stimulans mécaniques et chimiques.

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