Teinture de mars. On en compte de plusieurs espèces
— Teinture de mars tartarisée. C’est, comme on vient de le dire , une solution de tartrate de potasse et de fer , avec addition d’alcool. Cette préparation martiale est tonique , stomachique , apéritive. On ne la donne point seule, ni étendue dans de larges véhicules , mais en potion , à la dose de 5o , 56 grains , ou un gros et demi pour cinq ou six onces de potion , dont on prend une cuillerée de temps en temps.
— Teinture de mars de Ludovic. Elle se fait avec le sulfate de fer, le tartrate acidulé de potasse, l’esprit-de-vin et l’eau. Cette teinture est plus astringente que la précédente.
— Teinture de Mynsicht. Elle se fait en mettant en digestion dans un matras des fleurs de sel ammoniac martial avec une suffisante quantité d’esprit-de-vin.
— Teinture alkahne de Stahl. On la fait en versant sur du nitrate de fer au maximum d’oxydation une dissolution de carbonate de
(ï) On prépare le tartre martial, ou tartrate de potasse et de fer cristallisé , en faisant bouillir dans 2-5o "parties d’eau une partie dé limaille de fer porphyrisé , et de tartrate acidulé de potasse, filtrant et laissant cristalliser; et le tartre martial soluble se prépare en faisant évapoiei jusqu’à siccité 4 parties de teinture de mars tartarisées , et i de tartrate dépotasse desséché ( docteur Nysten^.'Lc tartre martial soluble est donc un tartrate de potasse et de fer alcoolisé.
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potasse saturée, jusqu’à ce que le précipité formé soit dissous. La liqueur est alors d’un rouge de sang. Cette teinture est inusitée.
— Teinture de mars ellèborinée. Elle se fait avec deux ou trois onces d’esprit-de-vin , une onces d ellébore noir, qu’on y met digérer avec un demi-gros de tartre martial soluble . Elle est bonne contre quelques liydropisies , l’ellébore étant un des bons purgatifs; par son moyen, on peut purger sans affaiblir: ce qui est utile , car la continuité des purgatifs a l’inconvénient d’affaiblir ; c’est ce qui a donné de. la réputation aux pilules de Bâcher, composées avec 1 extrait résineux d ellébore , la myrrhe et le chardon bénit en poudre.
— Teinture de mars cydoniée. Elle se prépare en faisant digérer du coing dans l’esprit-de-vin, avec le tartre martial soluble.
8°. Boule de mars, ou de Nancy . C’est un mélange de limaille de fer et de crème de tartre, réduit en consistance solide , comme résineuse et formé en boule. On met ce mélange avec de 1 eau dans un vase sur le feu , et on le remue de temps en temps, jusqu’à ce qu’il ait acquis la consistance dont on vient de parler. On enferme ces boules dans un nouet , et quand on veut s’en servir, on les fait infuser dans l’eau , jusqu à ce que celle-ci ait pris une couleur rougeâtre.
Cette préparation est tonique, apéritive, astringente, vulnéraire et discussive. En poudre,, la dose serait depuis six grains jusqu’à douze.
On pourrait employer indifféremment la
teinture de mars iartarisée , ou la boule de mars.
Il est bon de remarquer qu’en général les dissolutions du fer par les acides végétaux sont plus apéritives qu’astringentes; au contraire, celles qui se font par les acides minéraux sont plus astringentes qu’apéritives.
L'eau de boule est la dissolution de la boule de mars dans l eau. On l’emploie en douches, en lotions, dans les entorses , dans les empâtemens légers des parties externes, et pour fortifier ces mêmes parties affaiblies, à la suite des coups et des chutes.
A l’intérieur, l’eau de boule est employée comme stomachique dans les maladies venteuses, pour arrêter les dévoiemens, dans les pâles-couleurs , le défaut de règles, etc.
q°. Fleurs martiales de sel ammoniac. Elles s’obtiennent en mettant en sublimation un mélange de safran de mars et de sel ammoniac , qui, préalablement, a été gardé vingt-quatre lie u res dans un air humide. La dose est depuis deux grains jusqu’à douze, dans un bouillon ou en bols.
io°. Vin chaljbé. Il se prépare en faisant digérer une once' ou deux de limaille d’acier sur deux livres de vin d’Espagne , ou tout autre vin liquoreux, dans lequel l’acide est peu développé; mais nos vins, et surtout les blancs, sont meilleurs. On ne donne pas ce vin seul; si on le donne seul, c’est à la dose de six onces ou huit, la moitié le matin, et la moitié le soir. C’est un des meilleurs stomachiques. On le donne aussi étendu dans des boissons apéritives , dans une décoction de ivina, dans le cas
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de fièvres intermittentes; dans les boissons purgatives, dans le cas d’hydropisie, etc.
Maladie de ceux qui travaillent le fer. — Le fer, par lui-mème, n’est point dangereux ; il est très utile en médecine , comme nous l’avons dit ci-devant. Cependant les forgerons , les taillandiers, les serruriers sont sujets à des maladies particulières, non dépendantes du fer , mais bien du feu, de la chaleur des ateliers, et des vicissitudes du froid et du chaud. l)e plus , en forgeant et martelant le fer, il se porte deséclats de fer rouge sur l’œil, qu’ils irritent ; aussi ces ouvriers ont-ils les yeux rouges, irrités , chassieux. On les engage à se laver souvent les yeux, et à attirer au-dehors les particules de fer par le moyen d’une pierre d’aimant , ce qui réussit très-bien ; et on a vu de telles ophthalmies , rebelles aux moyens intérieurs et extérieurs, céder cà celui-là.