‹ Cours élémentaire de matière médicale, suivi d'un précis de l'art de formuler de Desbois de RochefortChapitre 85 sur 94 · Tome. J. p c · texte numérisé non relu

Tome. J. p c

Brjone.

La bryone , bryonici alba, L. (i), vulgairement appelée vigne blanche , couleuvrée ou coulevrée, navet du diable , était très-connue des anciens , qui en faisaient un grand usage (2); les modernes l’emploient moins, et à tort. Elle contient, outre un principe féculent, un principe gommeux très - abondant, et une résine très-active. La racine fraîche est très-succulente; mais ce suc est trop âcre et trop violent pour pouvoir être employé; c’est pourquoi on la dessèche, et alors on la donne en poudre, presque à la même dose, mais plus N rarement, que celle de jalap;ou en infusion aqueuse, à la dose de 1 ou 2 gros, ou demi-once, dans une pinte d’eau. Cette infusion est assez fortement purgative, et est employée aussi en lavement dans l’apoplexie , la colique des peintres, la paralysie, la constipation ancienne, etc. ; mais l’infusion vineuse est beaucoup plus active: ellese faiten mettantdigérer la raêmequantité de bryone dans une chopine de vin pendant vingt-quatre heures ; ce vin se prend par cuillerée, et est très-usité dans les campagnes. La teinture se prescrit rarement, parce quelle

(x) Monoécie syngénésie(LiN.). — Cucui'bitacées (Juss.). . — On. peut employer également le bryonia dioïca : il est de serre chaude , et par conséquent beaucoup plus rare. Voyez Swediaur ( Materia medica ) , et Dumont de Courset ( Botaniste cultivateur).

(2) On prétend que les anciens ont usé comme aliment des jeunes pousses de bryone. Voyez Peyrilhe ( Tableau méthodique d’un Cours de matière médicale).

fSt trop purgative. La résine se donne à la close de 2 , 5 ou 4 grains, guère plus: quelquefois on va jusqu’à 8 ou io : on la triture avec du sucre ou quelque sel neutre , et on étend le tout dans un verre d’émulsion. C’est un purgatif drastique, utile dans les anciennes hydropisies , les paralysies, l’apoplexie pituiteuse, etc. Ce même extrait résineux peut se donner comme altérant, à la dose d’un ou 2 grains. C est un bon fondant pour les einpâtemens glaireux des viscères abdominaux , surtout de la matrice, et c’est ainsi que la bryone est emménagogue.

. Extérieurement , les anciens employaient la racine de bryone en fumigation contre quelques maladies de matrice. On peut aussi la faire cuire sous la cendre, et encore mieux dans le vin; et en former des cataplasmes assez efficaces pour dissiper les engorgemerîs pituiteux de la matrice , les tumeurs écrouelleuses , oedémateuses, et autres indolentes; les ankylosés, etc.

La bryone est celui des drastiques indigènes qui mérite la préférence.

P 0 ly p o de de chêne.

C’est une espèce de fougère , Poly podium vulgare , L. (1), qui croît sur plusieurs arbres, principalement sur le chêne, et dont on emploie la racine et les tiges. Cette racine est un peu mucilagineuse et sucrée, contient un principe extractif abondant , et fort peu de résine.

( 1 ) Cryptogamie , fougères (Ljn.). — Fougères (Juss.).

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4^6 E'ÈGNE VÉGÉTAL.

Les anciens l’employaient beaucoup comme purgatif, et quelques modernes l’emploient encore comme telle; cependant, donnée seule, elle ne purge guère ; aussi ne fait-on usage de sa décoction que pour servir d’excipient à d’autres purgatifs. Pour cela, on en met 2 ou 5 gros ou une demi - once sur une chopine d’eau , qu’on fait réduire à un demi-setier ; encore cet excipient, fort usité autrefois, ne l’est plus guère aujourd’hui.

On faisait aussi jadis le même usage de la cuscute ou epithym , cuscuta epithymum , L. (1); mais ces filamens, donnés seuls, ne purgent pas du tout.

Nous ne garderons pas non plus parmi les purgatifs indigènes, utiles dans la pratique, le pain de pourceau , cyclamen Europœum , L. (2), dont les anciens faisaient un usage fréquent; c’est un remède âcre, infidèle, auquel on doit préférer le jalap et la bryone.

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