L. (2), qui croît dans les deux Indes. On en dis
(1) Dioécie ennéandrie (Lin.). — Euphorbes (Juss.).
(2) Monoécie triandrie (Lin.) — Euphorbes (Juss.).
M. Desbois avait rapporté Jes myrobolans au spondias
«ES ÉVACUA m s. 45q
lingue diverses espèces, qu’on nomme les citrins, les indiens, les chébulles, les emblics, et les bellerics : ce sont surtout les citrins qui sont d usage. Us étaient inconnus aux anciens, et doivent leur usage et leur réputation aux Arabes; mais comme ils ne purgent pas du tout on les a en général abandonnés : la dose était d une ou deux onces en forte décoction. Ils entrent encore dans beaucoup de préparations pharmaceutiques.
Casse.
La casse est le fruit d'un arbre légumineux cassia fistula L. (i) ? qui vient dans les grandes Indes et en Egypte. Ge fruit fournit une moelle qui contient un principe gommeûx très-abondant et une très-petite quantité de résine. On emploie la casse ou en bâton , ou mondée , ou en extrait. La casse en bâton a été mise en usage, parce que, dans l’idée que la pulpe était venteuse, on a cru qu’en la donnant avec lecorce, celle-ci, par son amertume, corrigerait la flatuosité de l’autre. La dose est de 3, 4? 5, 6 onces, que l’on concasse fortement7 e t que 1 on fait bouillir dans trois demi-setierà d eau jusqu à ce qu’ils soient réduits à un. Celte décoction seule peut purger, mais le plus souvent elle sert d’excipient à d’autres pur-
tl iS •
La casse mondée est la pulpe tirée de la si-
wyrobolanus , de ta décandrie pentagynie de Linné , et de la famille des terebenthacées de Jussieu.
(0 Decanaric monogynie (L.). — Légumineuses (Juss.)
lique , et séparée de son noyau. C’est la manière la plus ordinaire de l’employer. La dose est d’une, deux, ou trois onces, rarement seule. L’extrait de casse est la pulpe , privée des matières étrangères au principe sucré purgatif de la casse. La dose est d’une once et demie , qu’on prend le soir en se couchant , parce que son effet, très-lent, n’a lieu que le lendemain. Enfin il y a encore la casse cuite, espèce d’électuaire , que l’on aromatise avec l’eau de fleurs d’orange , et qu’on donne de la même manière et à la meme dose.
Tamarins .
Ce sont aussi les fruits d’un arbre légumineux , Tamarindus indica , L. (i), qui croît dans les grandes Indes et en Asie , et qu’on pourrait peut-être aussi cultiver dans nos pays méridionaux. Frais, le tamarin est un fruit aigrelet très-agréable, qu’on mange dans le pays où on le recueille, avec autant de plaisir que nous mangeons les cerises et les fraises, et on en fait une espèce de limonade. Pour l’usage médical , on le monde , c’est-à-dire , qu’on ôte le noyau et les parties filamenteuses. Cette pulpe contient un principe gommeux très-abondant, une huile douce, un principe sucré , et un sel acide absolument analogue à la crème de tartre. Le tamarin est un purgatif doux , rafraîchissant , anti-putride , très-utile dans la continuité des fièvres putrides, et propre à soutenir doucement les évacuations. La dose
(i) Triaridrie monogynie (L.). — Légumineuses (Juss.).
T) E S ÉVACUAIS. /\\ \
est alors d’une once , une once et demie ou deux onces dans une pinte d’eau ou de petitlait- on en fait entrer la même dose dans les médecines ordinaires.
Nous avons aussi quelques fruits purgatifs indigènes.
Pruneaux .
Les pruneaux sont les fruits du Prunus do mestica , L. (1) Leur pulpe est très-mucilagineuse, et contient une très-petite quantité de résine. Cette pulpe se donne comme celle des tamarins, à la dose d’une once, une once et demie ou deux onces. On se sert aussi , pour purger , du jus de pruneaux ; on y ajoute par verre un demi-gros de feuilles de séné pour les enfans , et un gros , un gros et demi ou deux gros pour les adultes.
Nerprun.
Le nerprun , rhamnus catharticus , L. (2), arbrisseau qui croît en Provence, surtout du côté d Avignon , et produit des baies assez semblables à celles du genièvre. On fait dans le pays, avec le jus de ces fruits, un sirop qu’on nomme domestique, et qui est un purgatif drastique très-utile dans le cas de leucophlegmasie,d’hydropisie, d’apoplexie pituiteuse , etc. La dose est d’une once , ou once et demie dans un verre de potion purgative , et de deux, trois onces en lavement. Sydenham le regardait
(1) Icosandrie monogynie (Lin.). — Rosacées (Juss.).
(2) Pentandrie monogynie (Lin.). — Nerpruns (Juss.).
comme suffisant pour guérir les hydropisies qui exigent les hydragogues ; mais comme ce sirop échauffe , porte un peu à la gorge , et donne beaucoup de soif, on fait usage en même temps de l’eau de veau, et , s’il est nécessaire , de gargarismes rafraîchissans.
Coloquinte .
C’est le fruit du cucumis colocjnthis L. (i), très-connu et employé par les anciens , et trop peu usité parmi nous. C’est un des plus forts drastiques que l’on connaisse. La coloquinte est très-amère, ainsi que ses préparations, et c’est d’elle que l’on tire le chicotin. Elle contient un principe extractif et un principe résineux ; le premier est plus abondant que l’autre , et celui-ci est de la plus grande énergie.
On donne rarement la coloquinte en infusion , à cause de sa grande amertume ; la dose est de 3 ou 4 gros infusés à chaud dans une pinte de boisson; mais on emploie très-souvent la décoction en lavement, dans les coliques de peintres , les apoplexies séreuses , certaines paralysies , etc. On renferme dans un nouet le quart ou la moitié d’une coloquinte, et on la fait bouillir dans une pinte d eau , qu’on fait réduire à une chopine : ce lavement est fortement purgatif. On prépare aussi un vm de coloquinte , que l’on nomme vin sacré ; pour cela , on met digérer 3 gros de ce fruit dans une chopine de vin , dont on prend une cuil-
émm i ' 1 ■ ' . ' - ~
(i) Monoécie syngénésie (L.). — Cucurbitacées (Juss.).
lerëe le matin , ensuite une seconde , si la première ne suffit pas , rarement vient-on à la troisième ou quatrième. Il n’est pas rare que ce vin fasse vomir : c’est un des plus forts purgatifs que l’on emploie dans les hydropisies, les anciennes maladies de peau , comme la gale , la teigne , les anciens érysipèles , les apoplexies séreuses, etc.; mais son administration demande beaucoup de prudence. On peut aussi donner la coloquinte en poudre, rarement seule , elle serait trop âcre , mais triturée avec la gomme adragant; c’est ce qui forme les trochisques alhandal (1) : composition qui est un excellent purgatif dans les cas d’hydropisie , d apoplexie , de maladies cutanées opiniâtres, etc. La dose est de 12, i5, 20 grains ou demi-once au plus. A la dose de 5, 4> 6grains, c’est un très-bon fondant.
L’extrait résineux de coloquinte , à la dose de 2, 3, 4 grains, est le plus fort de tous les purgatifs. On le donne à la dose d’un demigrain pour fondre les viscosités , surtout de la matrice : ce qu’Hippocrate pratiquait déjà de son temps.
4°. Fleurs purgatives.
Nous n’en connaissons pas d’exotiques.
Roses pâles.
On prépare avec une forte infusion de roses pâles ou blanches, Rosa alla , L. (2), et le
(1) Alhandal est un mot arabe qui signifie coloquinte.
(2) Icosantîrie polygynie (Lin.}. — Pvosacées (Juss.).
sucre , un sirop qu’on donne à la dose d’une once ou une once et demie , aux enfans, aux femmes enceintes, en couches et à celles qui sont très-sensibles; cependant fort souvent ce sirop ne purge pas.
Fleurs de pêcher.
Les fleurs de pécher, amjgdalus persica y L. (i), sont vraiment purgatives. On fait de même, avec une forte infusion de ces fleurs et le sucre , un sirop très-usité dans l’enfance, surtout pour les maladies vermineuses : la dose est d’une once , une once et demie. Il est , diton, très-commun dans la province de faire ce sirop avec les feuilles de pêcher, et on dit qu’il est aussi purgatif.
5°. Semences purgatives.
Il n’y en a pas non plus d’exotiques.
Carthame .
Le carthame, carthamus tinctorius , L. (2), fournit des semences qui étaient très-employées par les anciens et par lesiVrabes, comme purgatives. Aujourd’hui elles sont peu d usage, et ne se trouvent plus que dans quelques préparations pharmaceutiques purgatives, comme dans l électuaire et les lablettes diacarthami. Ces semences sont peu et infidèlement purga-
(1) Icosandrie monogynie (Lin .). — Rosacées (Juss.)
(2) Syngénésie polygamie égale (Lin.). — Cinarocépliales (Juss.).
DES ÉVACUAIS. l\l\S
tives. On les donnait à la dose d’un gros et demi, deux gros, qu’on pilait pour en faire une émulsion.
Violette.
Les semences de violettes , viola martia > ou viola odorata , L. (1) , sont un peu purgatives. Elles sont à présent d’usage pour ceux qui répugnent aux médecines noires. On en pile 2 ou 5 gros, pour en faire une émulsion qu’on étend dans 5 ou 4 onces d’une éiïiulsion ordinaire : cependant ces semences sont peu purgatives.
6°. Sucs purgatifs.
C’est parmi ces sucs que l’on trouve les purgatifs les plus énergiques. On peut les distinguer en ceux que l’on retire, i°. des racines; 2°. des tiges et des troncs; 3°. des feuilles; 4°. des fruits.
i°. Sacs purgatifs tirés des racines .
Il n’y a qu’une racine qui fournisse un suc purgatif.
Scammonée.
La scammonée est une espèce de liseron , convolvulus scammonia , L. (2) , qui croît dans plusieurs contrées de l’Asie. On relire , par
(1) Syngénésic monogamie (Lin.). — Cistes (Jüss.).
(2) Pentandrie monogynie (Lin.). — Liserons (Juss.).
/|/j6 11ÈGNE VÉGÉTAL.
l’incision de la tète de cette racine, un suc laiteux qui, épaissi, retient lui-même le nom de scammonée , qui était très-employé par les Arabes, et qui est encore aujourd’hui d’un usage trèsfréquent. On distingue deux espèces de scammonée , celle de Srnyrne et celle d’Alep; celleci est la plus estimée. Ce suc a un goût amer et nauséabond , et une odeur désagréable : il contient un principe gommeux et un principe résineux; celui-ci est plus abondant que l’autre, et beaucoup plus purgatif. Cependant , suivant la plupart des praticiens, il faut donner la scammonée telle qu elle est, parce que l’un de sesprincipes corrige l’autre. D’autresvoyant qu’elle agit d’une manière très-vive, ont essayé de l’énerver. La scammonée prend alors le nom de diagrède , qui varie selon la manière dont il est préparé. On le nomme soufré , quand oh a employé, pour le faire , la vapeur du soufre, qui, ainsi que les acides, surtout les acides minéraux, peut en effet diminuer l’activité des drastiques. On a encore proposé dé renfermer la scammonée dans le parenchyme du coing, et de faire sécher le tout dans un four très-chaud : c’est ce qu’on appelle diagrède cydoniè. Enfin on a imaginé d énerver la scammonée , en l’étendant dans une infusion de réglisse , qu’on fait ensuite évaporer jusqu à consistance d’extrait : ce diagrède s’appelle gtycyrrhisé. Mais aujourd’hui toutes ces préparations sont regardées comme inutiles , et on préfère la scammonée en substance.
Elle convient toutes les fois qu’il faut purger fortement, comme dans les apoplexies séreuses les maladies de peau rebelles , etc. ; et comme
UES ÉVACUA NS. l[[\J
elle est en même temps incisive et atténuante, on la donne souvent aux enfans à petite dose. On ne l’emploie point en infusion ni en décoction , parce que, quand elle est très-étendue, elle perd beaucoup de sa propriété. En substance, la dose est de 8 , io, 12 grains jusqu’à un demi-gros, et cette dose est forte. Le plus souvent on l’unit avec d’autres substances appropriées, sous formes de pilules, de bols, ou en poudre. On peut aussi la donner sous forme liquide : pour cela , on en triture 12 , i5 , ] 8 , 20 grains avec du sucre, ou un sel neutre, ou un alkali fixe, pour la rendre plus dissoluble , et on étend ce mélange dans l’eau d’orge ou de veau , dans une émulsion ou dans un verre d'orgeat.
On prescrit de la même manière, la résine descammonée, qu’on donne rarement seule sous forme sèche. La dose est de 2 , 6 , 8 , 10 , 1 2 grains au plus.