‹ Cours élémentaire de matière médicale, suivi d'un précis de l'art de formuler de Desbois de RochefortChapitre 88 sur 94 · Sucs purgatifs tirés des tiges · texte numérisé non relu

Sucs purgatifs tirés des tiges

Gomme gutte.

On la tire par incision d’un arbre qui croît dans l’Amérique et dans les grandes Indes, et qu’on nom me gambogia gutta, L., ou cambogia g ut ta, (1). Ce suc est acre et caustique : si on en met sur la langue, ou éprouve de la chaleur , de 1 irritation et un resserrement douloureux ; cependant le principe gommeux qu’il

(1) Polyandrie monogynie (Lin,). — Guttiers (Juss.).

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contient est plus abondant que le principe résineux.

La gomme-gutte n’est guère connue que depuis environ deux siècles. C’est un des purgatifs drastiques les plus actifs, qui convient dans beaucoup d’hydropisies , de maladies de peau , dans l’apoplexie séreuse, quand l’irritabilité détruite ou diminuée exige un fort stimulant. Elle entre aussi dans les bols et les pilules contre le tænia, et elle a une propriété vermifuge qu’elle partage avec les autres purgatifs résineux.

On donne toujours la gomme-gutte en poudre, à la dose de i , 2 grains, pour aider les autres drastiques. Quand on l’emploie seule, la dose est de 6, 8, 10 ou 12 grains au plus. Une fois cependant j’en ai donné jusqu’à 24 grains ou demi-gros, sans effet, à un ancien hydropique, chez lequel les intestins avaient perdu leur irritabilité.

La résine de gomme-gutte n’est point usitée, et avec raison , ce serait un purgatif trop dangereux.

Manne .

La manne est un Suc qui découle d’ouvertures naturelles ou artificielles faites au tronc • et aux branches de plusieurs espèces d arbres. Mais la plus usitée est tirée du frêne qui croît en Italie , surtout dans la Sicile et la Calabre , fraxinus rotundifolia , et fraxinus ornas , L. (1).

On distingue trois espèces de manne : i°. la

(i) Polygamie dioécie (Lin.). — Jasminées (Juss.).

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manne en larmes, qui se retire par le moyen de petites branche ttes qu’on fiche dans l’arbre; 2°. la inanneen sorte, qui coule naturellement et sans art : elle est très-estimée ; 5°. la manne grasse, qu’on retire par des incisions très-profondes : elle est la moins estimée des trois ; ce-

pendant elle est la plus purgative , parce que, dans le commerce, on y ajoute souvent de la scammonée, etc.

La manne paraît contenir un principe résineux, mais en très-petite quantité, et tellement uni au principe gommeux , qu’il devient dissoluble dans l’eau. Le principe extractif est très-abondant , et mêlé avec une assez grande quantité de sucre; ce qui rend la manne susceptible de fermentation : aussi quand elle est ancienne, elle ne purge plus.

La manne est un purgatif doux, qui était à la portée des anciens, et dont il ne paraît pas qu’ils aient fait usage. Elle convient quand il faut évacuer sans irriter, exciter les sefles chez des sujets très-sensibles, ou dans le -courant, ou à la fin d’une maladie inflammatoire , dans les suppurations internes, quand il y a indication de purger. La dose est de i , 2 , 5 onces , en légère décoction dans uue infusion de camomille, ou avec quelque ingrédient amer, pour corriger son mauvais goût. La décoction doit être légère ; car si elle était forte, elle lui ferait perdre beaucoup de sa vertu purgative. La dose, pour l’enfance , est d’une once dans du lait. Quand on la donne en bols et en pilules, ce n’est que comme excipient de purgatifs plus actifs ; car seule , elle serait en trop petite quantité pour purger.

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