‹ Cours élémentaire de matière médicale, suivi d'un précis de l'art de formuler de Desbois de RochefortChapitre 89 sur 94 · Tome I. Ff · texte numérisé non relu

Tome I. Ff

Elle entre clans la marmelade de Tronchin , composée avec parties égales d’huile d’amandes douces , de manne et de casse cuite. Cette préparation a été connue et décrite par Fernel.

La manne est expectorante , et très-utile sous ce rapport , quand il faut entretenir en même temps la liberté du ventre et l’expectoration. Alors on en inet une once ou une once et demie sur une pinte de tisane pectorale.

5°. Sucs purgatifs tirés des feuilles.

H n’y a qu’un suc purgatif tiré des feuilles : c’est l’aloès.

Aloès.

La famille des aloès est très - nombreuse ; leurs feuilles contiennent une substance visqueuse très-abondante , et pourraient, la plupart, fournir un suc semblable à 1 aloès. Mais le plus usité se tire de Soccotora ou Soccotra , île de la mer des Indes, où il est fourni par Y aloë perfoliata ? succotrina , (i). On pourrait aussi en retirer des aloès crus dans nos contrées , mais il serait sans doute d’une moindre qualité.

On distingue trois espèce d’aloès : le succotrin , ainsi appelé du nom du pays d où on le tire ; Y hépatique , qui tire son nom de sa couleur rouge; et le caballin , ainsi nommé, parce qu’il est d’usage dans la médecine vétérinaire. M. Antoine de Jussieu nous a appris que ces trois espèces d’aloès se retiraient du même in-

(i) Hexandrie monogynie (Lin.). -r- Asphodèles (Juss.).

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dividu. Le succotrin est celui qui transsude naturellement des feuilles; l’hépatique coule par l’incision qu’on a faite à ces mêmes feuilles; enfin celles-ci, exprimées, fournissent l’aloès caballin.

L’aloès est un suc amer comme la coloquinte : il contient un principe extractif et un principe résineux qui sont très-unis ensemble; il se dissout totalement dans beau , pourvu qu elle soit chaude, dans le vin , l’eau-de-vie et l’esprit-de-vin, quand il n’est pas trop déphlegmé. Ici , c’est le principe gommeux qui est dépositaire de la vertu purgative ; le résineux est tonique. Ce suc était connu et employé par les anciens ; et il l’est encore beaucoup aujourd’hui, surtout en Allemagne, en Hollande, en Angleterre. Nous le considérons comme purgatif, comme tonique, comme amer et anthelminthique, comme apéritif, enfin comme excitant spécifiquement les évacuations sanguines , surtout par les parties inférieures, et plus particulièrement encore par l’anus.

i°. L’aloès, comme purgatif, est très-utile , quand il faut évacuer et en même temps soutenir les forces et donner du ton. C’est pourquoi il entre dans presque toutes les purgations hydragogues , quand il faut stimuler fortement 1 action des intestins, évacuer des matières qu il faut fondre auparavant , comme dans le cas de viscosités dans les premières voies.

On ne le donne point en infusion : cette boisson serait trop amère; mais on prescrit l’extrait gommeux, qui est un très-bon purgatif,

à la dose de 6, 8, 12 , i5 grains au plus, quelquefois seul, plus souvent comme excipient d’autres purgatifs. En poudre , la dose est de 4,6, 8 , 10 grains. Cette dose est assez forte.

20. Comme tonique , l’aloès est très-employé dans les faiblesses et langueurs d’estomac, dans l’inertie des premières voies causée par des matières glaireuses qui les tapissent. Alors il atténue ces matières étrangères et excite l’appétit ; il entre en cette qualité dans les pilules gourmandes, qui sont très-propres à faciliter la digestion ; on les prend au commencement ou au milieu des repas. Il entre aussi dans la plupart des élixirs toniques et stomachiques , comme celui de Stoughton, etc.

L’aloès , comme tonique , se donne en poudre , incorporé dans quelque extrait approprié , à la dose de 1 , 2 , 3 grains , en montant graduellement jusqu’à 6 ou 8. On le donne aussi en teinture et en élixir ( c’est de l’espritde-vin chargé de la résine de plusieurs substances ) , à la dose de 4? 5,6,8 ou 12 gouttes dans un peu de café, de vin, ou d’infusion amère. On peut aussi en faire du vin aloétique, en mettant un demi-gros d’aloès digérer pendant un certain temps dans un demi-setier de bon vin. Ce vin se prend à la dose de 10, 12 gouttesdans un véhicule approprié, comme la décoction de gentiane, etc.

3°* Comme incisif, l’aloès est très-utile dans le cas de viscosité dans les premières voies et des viscères abdominaux; à la fin des fièvres quartes , quand elles sont accompagnées d’empâtement g/tfzVew.r de quelques organes. Il entre comme tel dans les pilules savonneuses, dont

il augmente la vertu incisive , en même temps qu'il facilite leur passage. Ces pilules se do nneut dans le cas de jaunisse lente avec faiblesse d’organes. Quand on donne alors laloès en substance, c’est l’extrait gommeux qui se prescrit en poudre ; car eu teinture et en élixir, il est plus tonique qu’incisif.

4°. L’aloès , comme amer , est en même temps antbelminthique, puisque tous les amers le sont. Il est très-utile sous ce rapport , parce qu’il jouit, outre cela, d’une propriété tonique, ce qui convient bien dans ce cas; car les vers ont lieu principalement chez les gens de fibre lâche , molle , infiltrée ; c’est pourquoi les enfans y sont très-sujets. De plus, les vers, par la continuité de leur séjour, déposent une matière visqueuse qui forme le nid vermineux , qu’il faut inciser et évacuer, ce que fait trèsbien l’aloès.

5°. Comme excitant spécifiquement les évacuations sanguines, l’aloès est nuisible chez les gens pléthoriques , secs , chez ceux qui ont la bile tres-exaltée , parce qu’il excite une turgescence considérable, des maux de tête, des maladies inflammatoires. On en abuse souvent dans les maladies de l’estomac et des intestins qui s’expriment par des vents. Il faut, pour l’employer, que ces douleurs venteuses ne reconnaissent pour cause que la faiblesse des intestins. Il ne convient pas non plus quand la poitrine est délicate , qu’il y a toux sèche ; il exciterait l’hémoptysie.

On l’emploie comme emménagogue, lorsque les règles manquent, non par pléthore, secheresse et irritation , il serait nuisible alors ;

mais quand la cause de ce dérangement est un sang mal constitué, un empâtement glaireux de la matrice, un défaut de sensibilité dans cet organe , à raison duquel le sang menstruel n’y est point appelé ; .alors l’aloès est très-utile, uni au safran et à la limaille de fer.

Mais il excite encore plus spécifiquement le flux hémorrhoïdal. Les Allemands sont en général très-sujets à ce flux , et Stahl le regardait comme aussi nécessaire aux hommes que les règles le sont aux femmes. Mais cette fréquence du flux hémorrhoïdal en Allemagne, est due principalement à l’abus qu’on y fait des vins, bols et élixirs aloétiques. Lorsque la suppression du flux hémorrhoïdal occasionne de la pléthore, de la douleur, une inflammation commençante, etc. , l’aloès est nuisible ; mais quand cette suppression est suivie de maladies de langueur, il est très-utile donné en poudre à petite dose, ou, de préférence, en teinture ou en élixir, parce que c’est le principe résineux qui a la propriété dont nous parlons : ou l’emploie çn même temps à l’extérieur ; pour cela, on en saupoudre un suppositoire ordinaire.

A l’extérieur, 1 aloès est employé sur des emplâtres qu’on applique sur la région hypogastrique, pour exciter le flux utérin, et tuer les vers. On en applique aussi de semblables sur la région de l’estomac, pour donner du ton à ce viscère, et calmer les vomissemens que sa faiblesse occasionne. On fait aussi usage extérieurement de la teinture d’aloès. On y trempe du coton , qu’on introduit dans l’anus , pour tueries ascarides, qui sont de petits vers

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Lianes ressemblans à ceux du fromage. Ou se sert encore de cette teinture pour déterger les anciens ulcères, les caries, les gangrènes qui ont une marche rapide : alors aussi on saupoudre d'aloès la partie affectée. Mais si ce suc est anti-septique à l’extérieur, il ne l’est point du tout à l’intérieur, quoiqu’en disent quelques médecins chimistes : si on l’employait dans les fièvres putrides, il ne pourrait qu’augmenter l’éréthisme et la putridité.

L’aloès fait partie de l’élixir de propriété , composé avec la teinture d’aloès , celle de myrrhe et celle de safran. C’est un excellent tonique, stomachique, emménagogue et héiuorrhoïdal, qui se donne à la dose de 6 à & gouttes jusqu’à un demi-gros.

4°. Sucs purgatifs tirés des fruits.

Elaterium.

C’est un violent purgatif, très-employé par les anciens, surtout dans l’hydropisie , et que fournit le concombre sauvage, momordica elaterium, L. (i). Son nom lui vient , selon quelques-uns, de la violence avec laquelle il agit, et selon d’autres, de l’élasticité avec laquelle les semences sont chassées du fruit mûr quand on y touche. La dose est de 2, 5,4, 6, 10 ou 1 2 grains au plus, sous forme de pilules ou de bols, trituré avec quelque substance mucilagineuse, ou dans un véhicule abondant. Mais

(1) Monoéciesyngcnésie(LiN.). — Cucurbitacées (Juss ).

son usage , comme celui des autres drastiques, demande beaucoup de circonspection.

Huile de palma-Christi.

L’huile de ricin , ou de palma-Christi , se tire des semences du ricinus commuais , L. (i), qui croît en Amérique, d’où cette huile nous est apportée. Elle n’a point de goût ni d’odeur désagréable. Celle qui est âcre et très-amère est exprimée du pignon d’Inde : elle excite des douleurs d’entrailles , des vomissemens , des superpurgations ; et c’est ce qui avait fait abandonner l’huile de ricin, à laquelle on attribuait tous ces accidens; mais elle ne les produit jamais quand elle n’est pas sophistiquée. Elle est très-utile pour purger les personnes délicates , et celles qui répugnent aux médecines noires. La dose est d’une once , une once et demie ou deux onces pour l’enfance , à prendre par cuillerées, jusqu’à ce que le ventre s’ouvre ; et pour les adultes , de 3 , 4 ou 5 dans la matinée : on en prend une cuillerée de demiheure en demi-heure. On purge ainsi les femmes, les enfans , etc. Ordinairement on l’unit avec les acides végétaux, pour qu’elle soit moins désagréable : par exemple , on met une demi-once de suc de citron sur 3 onces d huile (a).

Cette huile , outre la propriété purgative douce dont elle jouit , est encore décidément

( i) Monoécie monadelphie (Lin.). — Euphorbes (Juss.).

(a) L’éditeur croit avoir observé que les acides unis à l’huile de palma-Christi , nuisaient à sa vertu purgative.

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anthelminthique. J’ai vu des tænia , rebelles au remède de Nouffer, céder en peu de temps à l'usage de celui-ci : aussi remploie-t-on à l’ Hôtel-Dieu, quand le spécifique dont je viens de parler ne réussit pas, ou quand il est contreindiqué par trop de sécheresse , d’irritabilité , etc. La dose est alors de 2 ou 5 cuillerées par jour pour les enfans.

Agaric.

L’agaric , boletus laricis , ou laricinus , L. ( 1 ) , d’usage à l’intérieur, est celui qui croît sur le mélèse ,pinus Unix , L. Il contient un principe résineux assez abondant, et un principe gommeux très-tenace. Les anciens, les Arabes, et les médecins du dernier siècle l’employaient beaucoup pour évacuer les sérosités, surtout celles de la tète , comme dans l’apoplexie pituiteuse, etc. ; mais il ne mérite pas d’ètre préféré aux autres moyens connus. Il est actuellement peu employé, parce que c’est un purgatif infidèle , lourd, fatigant, et qui donne beaucoup de vents. La dose et de 1 once et demie ou 2 onces en décoction , pour servir d’excipient à d’autres purgatifs ; mais cette décoction gluante est très-désagréable. La Pharmacopée de Paris a conservé les trochisques d’agaric ; mais c’est un mauvais purgatif , dont la dose est depuis un gros jusqu’à 5.

Il est aisé de voir, d’après cette énuméra-

(1) Cryptogamie champignons (Lin.). — Champignons (Juss.).

tion , que le règne végétal est plus riche en purgatifs que le règne minéral. Celui-ci, en effet , n’a point de purgatifs doux , ni de drastiques; il n’en fournit que de moyens, qui sont les sels neutres : au lieu que le règne végétal en contient de trois espèces; i°. des minoratifs , comme les follicules de séné , les tamarins, la casse, les pruneaux domestiques, et la marine; 2°. des cathartiques, comme la racine de rhubarbe, celle de jalap , et les feuilles de séné ; 5°. des drastiques, comme la racine d’ellébore noir, d’asarum , de bryone , de coloquinte , les baies de nerprun , la scammonée, l’aloès,la gomme-gutte, etc.

Les anciens étaient beaucoup moins riches que nous en purgatifs; ils n’en avaient que de drastiques , ét point de minoratifs ni de moyens : aussi craignaient -ils beaucoup les purgatifs dans les maladies inflammatoires ; ils les éloignaient avec le plus grand soin au commencement et dans lé courant de ces maladies, et ils ne les donnaient à la fin qu’avec la plus grande prudence. Pour nous, nous avons des purgatifs doux, que nous employons dès le commencement des maladies aiguës, pour nettoyer les premières voies , surtout dans les maladies putrides : nous les continuons dans le courant de ces maladies , en les donnant très-étendus , et surtout les tamarins, et nous terminons le traitement de ces mêmes maladies par les mêmes purgatifs doux.

Le nouveau continent nous a fourni le jalap, la gomme-gutte, etc. Nous pourrions nous en passer, et nous en tenir à la bryone, qui est un excellent purgatif; à la coloquinte, à 1 asa-

des évacua n s. 4^9

rum, etc. Neanmoins les exotiques nous sont très-utiles.

Toute substance purgative, quand elle est vieille, ne purge plus; les plus énergiques même perdent à la longue de celte propriété, surtout les racines, les feuilles et les fruits; quant aux sucs, ils la conservent plus longtemps. C’est en changeant la constitution de ces substances, qu’une longue et forte ébullition diminue et même détruit leur vertu purgative; et ce n’est pas seulement par l’évaporation du principe volatil, car beaucoup de purgatifs ne paraissent pas en contenir. Il faut convenir cependant que plusieurs d’entre eux doivent leur vertu à ce principe. Telle est la rhubarbe, dont l’eau distillée purgerait, dont les émanations mêmes purgeraient, si on restait long- temps dans un magasin où il y en eût beaucoup. Telles sont encore les feuilles de séné, dont le principe volatil est très-âcre et nauséabond; aussi prescrit-on d’en faire une légère décoction à vaisseau ouvert pour dissiper une partie de ce principe. D’ailleurs, presque tous les purgatifs doivent leur propriété à un principe résineux : aussi les extraits résineux et les teintures sont - ils trèsdrastiques. C’est par ce principe qu’agissent tous les cathartiques et les drastiques, excepté la rhubarbe, dont l’extrait gommeux purge plus que l’extrait résineux , et l’infusion aqueuse plus que l’infusion vineuse. Il en faut dire autant de l’aloès. Ce principe résineux ne se trouve point, ou du moins n’est qu'en trèspetite quantité dans les minoralifs , comme la

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casse, la manne, les tamarins, les pruneaux, les follicules de séné. Ces purgatifs contiennent un principe mucilagineux sucré, qui agit en humectant, relâchant, et occasionnant, pour ainsi dire, une espèce d’indigestion. Leur manière d’agir est donc bien différente de celle des drastiques; et comme ceux-ci pourraient s’attacher au canal intestinal , et donner lieu à des accidens , on recommande, pour les rendre plus solubles dans nos humeurs > de les triturer avec du sucre, un alkali fixe, un sel neutre, etc. Nous remarquerons enfin que les purgatifs, surtout drastiques, donnés à dose altérante, sont d’excellens fondans et désobslruans.

On trouve dans les boutiques un grand nombre de préparations pharmaceutiques, qui, à cause de l’usage journalier que l’on en fait, méritent d’être particulièrement examinées.

i°. Les décoctions . Parmi les décoctions , il y a le décoctum anti-venereum lux ans , composé avec les follicules de séné, la rhubarbe, lés sudorifiques, l’antimoine et un alkali. C’est un des meilleurs sudorifiques laxatifs, et qui convient dans beaucoup de cas de maladies vénériennes. La dose est de 5 ou 4 verres dans la matinée à jeun.

2°. Les poudres. Parmi les poudrés, il y en a une cathartique et une drastique. La première est la poudre cornachine ou de tribus, qui est composée avec parties égales de diagrède , d’antimoine diaphorétique et de crème de tartre, qui sert à rendre la scammonée plus dissoluble dans nos humeurs . La dose est d’un demi-gros,

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un gros , un gros et demi , pour les adultes; et de 12, i5, i8, 20, 24 grains pour l’enfance , dans une cuillerée de potion agréable, ou un demi-verre de véhicule.

La poudre drastique, est la poudre hydragogue faite avec le jalap, le méchoacan, la rhubarbe, la soldaneile, la gomme-gutte, etc. La dose est d’un scrupule , un demi-gros , un ou deux gros, en bols ou en pilules, ou dans quelques cuillerées de véhicule. Ce purgatif convient dans le commencement de la goutte , quelques hydropisies , etc.

3°. Les tablettes. Les tablettes purgatives sont celles de citron, diacarthami (i) et de rhubarbe. Celles de citron sont faites avec l’écorce de citron, la scammonée , le turbith végétal, les feuilles de séné, la rhubarbe , etc. C’est un bon cathartique, agréable, et qui purge sanscolique. La dose est de 1 ou 2 gros, clans un verre d’eau de veau ou de bouillon aux herbes* Les tablettes diacarthami sont composées avec les semences de carthame , le diagrède , le turbith , etc. La dose est de 2 gros jusqu’à une once. Celles de rhubarbe ne contiennent que de la rhubarbe, du sucre, et quelque substance mucilagineuse. La dose est de 2 , 5 gros, ou demi-once comme purgatives : mais elles sont plus toniques que cathartiques.

4°. Les électuaires. On appelle de ce nom un mélange de plusieurs ingrédiens qui a peu de consistance, c’est-à-dire, qui en a plus que les

(1) De Meuve , dans son Dictionnaire pharmaceutique , dont la seconde édition a été publiée en i68(), range le diacarthami parmi les électuaires.

sirops, moins cjue les extraits, les pilules et les bols, mais autant à peu près que les confitures. Il y en a beaucoup de purgatifs : c’est pourquoi nous les diviserons en minoratifs , cathartiques et drastiques.

l°. Les électuaires minoratifs sont la casse cuite, le diaprum simple, lediaphénix, l’électuaire lénitif. On les emploie quand il faut exciter les selles d’une manière douce. Alors on ne les donne pas seuls , mais délayés dans quelque potion purgative; par exemple, sur un verre de décoction de manne ou de casse, on met une once de ces électuaires. Si on les donnait seuls , la dose serait de 2 ou 5 onces. On peut aussi les employer en lavement à celle de 3 ou 4 onces. La casse cuite est l’électuaire minoratif le plus employé. C’est la pulpe de casse lavée et réduite sous forme d’électuaire qu’on aromatise avec le sirop de violettes , l’huile essentielle et l’eau de fleurs d’orange. On en prend le soir une ou 2 cuillerées; on dort tranquillement, et le lendemain on fait quelques selles. Les autres électuaires minoratifs ont pour base la pulpe de casse , les tamarins , les pruneaux ou les follicules de séné.

2°. Les électuaires cathartiques sont le diaprum solutif, le cariocostin , la bénédictelaxative, le catholicum double. Ils sont faits en partie avec la pulpe de casse , les tamarins, les feuilles de séné : on y joint un peu de diagrède ou d’autre substance drastique. La dose est la même que celle des électuaires minoratifs. Le catholicum double se donne de préférence à la suite des dévoiemens, quand il faut évacuer, et donner en même temps du ton , ce

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qu’il fait au moyen de la rhubarbe qu’il contient.

5°. Les électuaires drastiques sont la confection hamech, l’hiera picra, Thiera diacolocynthidos, l’opiat mésentérique, et l’extrait panchymagogue. Ces électuaires ont pour base les forts purgatifs , comme la racine d’ellébore noir, l’asarum, la coloquinte, la gomme-gutte, le diagrède, l’aloès, etc. A l’intérieur, la dose est d’un gros ou deux gros et demi au plus : et en lavement, d’une once et demie ou deux onces. On les emploie aussi comme altérans à celle de 12,24 grains ou demi-gros; car ce sont de bons fondans, surtout l’opiat mésentérique, qui est la meilleure composition atténuante et purgative, dans le cas d’engorgemens froids et lents du bas -ventre, le rachitis , et le carreau. Il est fait avec la rhubarbe , le séné , larum, l’aloès, le mercure doux, la gomme ammoniaque, la limaille de fer, £tc. La dose est de 12 ou 24 grains, demi-gros ou un gros, comme altérant; on en donne, par exemple , 6 grains de trois heures en trois heures aux enfans écrouelleux. Comme purgatif, il se donne de 2 , 3 gros, à une once et demie.

5°. Les pilules. 11 y a beaucoup de pilules purgatives, et il n’y en a guère que de drastiques. On emploie souvent celles de Belloste , qu il faisait avec le mercure cru, le sucre, le diagrède et le jalap. La dose altérante est de' 2 ,

b, b, jusqu à 24 grains, ou d’un gros et demi, comme purgative. C’est un purgatif fondant, qui convient dans beaucoup de maladies dartreuses et vénériennes. On les a réformées avec la crétne de tartre au lieu de sucre, parce

4r>4 H È G N E V JE G Ê T A L .

que le mercure s’éteint mal dans celui-ci. Mais d’autres pilules mercurielles plus fondantes, plus purgatives , et préférables dans le cas d’écrouelles , ce sont celles de la sœur de charité de Saint - Merry. Les pilules mercurielles du 'Codex sont' faites avec le mercure éteint dans la crème de tartre, l’aloès, le diagrède, la gomme-gutte, la coloquinte, la racine d’ellébore noir, etc. Elles sont en même temps fondantes et évacuantes, et par-là très-utiles. Nous avons aussi les pilules de Bontius, médecin hollandais, qui sont très-renommées, surtout pour les maladies d’infiltration, et les hydropisies si communes en Hollande par l’atmosphère constamment humide , et le régime relâchant qui y est usité. Elles sont faites avec la gomme - gutte , l’aloès et la gomme ammoniaque. Elles commencent à être moins employées aujourd’hui; mais c’est à tort, car c’est un excellent purgatif hydragogue, qu’on prend d’abord à la dose de 12 grains; on monte ensuite graduellement jusqu’à 2 o, 5o, et plus.

6°. Les sirops. Enfin, les sirops purgatifs sont simples ou composés. Les premiers sont ceux qui ne sont faits qu’avec une seule substance , et ils sont ou minoratifs ou drastiques. Les minoratifs sont le sirop de fleurs de pêcher, de pommes, de roses pâles, et de violettes, qui est purgatif à certaine dose. Celui de nerprun est le seul sirop drastique. La dose de ces sirops est d’une once ou d’une once et demie; mais on ne les donne jamais seuls. Les sirops composés sont cathartiques ou drastiques. Les cathartiques sont celui de mercuriale , lait avec le suc de bourrache , de buglose , la racine

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fie glaïeul , etc. : celui de roses pâles compose', fait avec le séné, etc. On l’emploie surtout dans le dévoiement des enfans : celui de chicorée composé, fait avec la rhubarbe, le suc de chicorée, la cuscute , etc. ; c’est un purgatif tresapproprié à la première enfance. Le sirop composé drastique, est celui de pommes ellébore, qui est fait avec la décoction d’ellébore noir. La dose de ces sirops composés est, pour l’enfance, depuis r gros jusqu’à 4 gros , et pour les adultes, depuis une demi-once jusqu’à une once et demie ou deux onces.

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