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CUVETTES DE JAUGE ET DE DISTRIBUTION

loppent la partie N de ce réservoir, sans descendre jusqu'au fond, fig. 424, afin d'empêcher que les mouvements occasionnés sur la surface, par Teau qui arrive en A, ne se transmettent dans la partie restante L ; l'eau se rend de N en L, en passant sous ces deux cloisons, et sa surface libre, dans toute l'étendue de cette dernière partie L du réservoir, est ainsi rendue parfaitement tranquille. La cloison D, qui sert de limite au réservoir, et qui s'étend dans trois directions différentes, porte, dans toute sa longueur, un grand nombre d'orifices H disposés comme celui de la fig- 422 ; leau sort du réservoir par ces divers orifices, et tombe dans une rigole qui existe en dehors de la cloison D, et dans toute sa longueur : de là elle tombe, en F, dans un canal couvert qui la conduit à l'autre extrémité de l'aqueduc. Une cloison EE divise le réservoir LN en deux parties entièrement distinctes ; celle de droite reçoit les eaux qui viennent des pompes mues par les roues hydrauliques ; celle de gauche reçoit les eaux fournies par les pompes de la machine à vapeur (§ 362). Par cette disposition, les eaux qui viennent de ces deux systènaes de pompes ne se réunissent qu'après avoir traversé les orifices de la cloison D, c est-à-dire après avoir été jaugées, ainsi que nous allons l'expliquer.

Si l'on suppose que l'eau sorte du réservoir LN, en passant toujours par le même nombre de trous de la cloison D, on conçoit que le niveau qu elle prendra dans le réservoir sera plus ou moins élevé au-dessus de ces trous, suivant que les pompes fournironi plus ou moins d'eau dans un même temps. En effet ce niveau s'établit de manière à donner au liquide une vitessed'écoulemont, par les orifices, qui soit telle que la quantité d'eau qui les traverse, dans un temps donné, soit précisément égale à celle que les pompes amènent dans le môme temps. Si, au contraire, on ferme un certain nombre des orifices de la cloison D, à l'aide débouchons de liége, comme on Je voit en T, fig. 423, on fera monter en conséquence le niveau de l'eau dans le réservoir LN, pour une même quantité d'eau fournie par les pompes ; car, à mesure qu'on diminuera le nombre des orifices d'écoulement, la vitesse avec laquelle l'eau traversera chacun d'eux devra s'accroître, pour qu'il en sorte toujours la même quantité. On peut donc faire varier à volonté la position du niveau de l'eau dans le réservoir LN, en fermant un nombre plus ou moins grand des orifices ; et l'on en profite pour faire en sorte que ce niveau coïncide avec un repère fixé à la cloison D, repère que nous avons déjà indiqué précédemment en a, /i{/. 422. Lorsque cette coïncidence du niveau de l'eau avec le repère est établie d'une manière pernanenle depuis quelque temps, il suffit de compter les

trous qui restent ouverts, pour avoir immédiatement le nombre de pouces d'eau que fournissent les pompes.

Dans la cuvette de jauge de Taqueduc de Marly, la partie du réservoir qui sert à jauger les eaux amenées par les roues hydrauliques est munie de 60 orifices ; la partie qui correspond auxeam fournies par la machine à vapeur, en contient 90. Si ron trouvait, par exemple, que les pompes mues par les roues hydrauliques élèvent 60 pouces d'eau sur l'aqueduc, ce qui doit avoir lieu Iorsqu'elie> fonctionnent bien, cela voudrait dire qu'elles y élèvent 60 fois 20 mètres cubes, ou 1200 mètres cubes d'eau, en 24 heures. On calculera sans difficulté le nombre de chevaux-vapeur qui correspond à ce travail utile, en observant que la hauteur à laquelle Teau e<t élevée est de \ 55". En effet, le travail utile, produit en 24 heure?, sera égal à 1 86 000 GOO"*™ ; en une seconde, il sera 21 54*^™ ; donc il correspond à une force de 28,7 chevaux-vapeur. La force réunie des deux roues hydrauliques, qui font marcher les pompes à Marly. doit représenter un plus grand nombre de chevaux-vapeur, en raison des pertes de travail de toutes sortes qui existent dans de semblables machines, et qu'il est impossible de faire disparaître complètement.

La distribution des eaux entre les divers quartiers d'une ville, et même entre les divers particuliers qui ont des concessions d'eau. se fait à l'aide de cuvettes entièrement analogues aux cuvettes de jauge. Toute la masse d'eau à distribuer se rend dans un résenoir, d'où elle sort par des orifices pratiqués sur tout son contour, et l'on dispose les tuyaux ou conduits entre lesquels doit se fractionner cetle masse d'eau, de manière que chacun d'eux roi^oive l'eau qui s'écouio par un nombre déterminé des orifices.

§ 365 . IMirers •jstèmes de lampes. — On a imaginé un gram! nombre de dispositions différentes pour les appareils d'éclairage auxquels on donne le nom de lampes. Nous allons faire connaître les principales; on y verra une application d'un assez grand nombre des principes que nous avons étudiés jusqu'à présent.

Dans les lampes, la lumière est produite par la combustion de l'huile. Pour opérer cette combustion, on emploie une mèche de colon, que l'on fait plonger en grande partie dans l'huile; la portion de la mèche qui sort du liquide s'en imbibe complètement par un effet de capillarité, et c'est à cette portion que l'on met le feu. A mesure que l'huile se brûle, la capillarité eu fait monter de nouvelles quantités, et la mèche ne se charbonne que dans une très petite étendue. Pour activer la combustion, et obtenir une lumière plus vive, on donne à la mèche la forme d'un cylindre ci *ux, et on

DIV£RS SYSTÈMES DB LAMPBS. 523

r introduit dans l'espace annulaire compris entre deux tuyaux concentriques de fer-blanc; l'huile est amenée dans ce môme espace annulaire, et s'y élève jusqu'à la partie supérieure de ces deux tuyaux : la mèche, qui plonge ainsi dans l'huile, monte un peu plus haut, et lorsqu'on y met le feu, elle brûle sur tout le contour de son bord supérieur. On dispose en outre, autour du bec de la lampe, un tuyau de verre qui s'élève à deux ou trois décimètres au-dessus du point où se fait la combustion ; ce tuyau fait fonction de cheminée d'appel, et, en raison de la température élevée qui s'y développe, il se produit à son intérieur un courant ascendant très rapide qui amène constamment de l'air sur la flamme, tant par l'intérieur du bec qui est creux, que par tout son contour. Ordinairement la cheminée de verre que l'on adapte à un bec de lampe se rétrécit brusquement à une faible distance de sa base; ce rétrécissement est destiné à changer la direction des divers filets gazeux, qui sans cela se mouvraient verticalement, et à les projeter sur le contour extérieur de la flamme.

La disposition qui vient d'être indiquée est adoptée dans toutes les lampes qui sont destinées à produire une lumière un peu vive. La différence entre les diverses espèces de lampes consiste essentiellement dans le moyen employé pour amener l'huile jusqu'à la partie supérieure du bec ; la variété des procédés imaginés pour y arriver tient à la difficulté qu'on a rencontrée pour remplir cet objet d'une manière convenable. Il faut, en effi^t, satisfaire aux conditions suivantes : 4 ° entretenir constamment l'huile dans le bec, au niveau de son extrémité supérieure ; 2® éviter que l'huile, en débordant tout autour du bec, ne puisse se répandre au dehors et salir les objets qu elle atteindrait : 3° faire en sorte que la lumière puisse se répandre dans toutes les directions possibles autour du bec, et éviter en conséquence les dispositions dans lesquelles certaines parties de la lampe pourraient intercepter la lumière, et projeter de l'ombre sur les corps environnants. Nous allons voir comment on est parvenu à satisfaire plus ou moins complètement à ces diverses conditions. .

§ 366. La fig. 425 représente une lampe dans laquelle le niveau de l'huile s'établit dans le bec, en vertu du principe de l'équilibre des liquides dans des vases communiquants (§228). L'huile est contenue dans un réservoir aa^ en forme de couronne ; deux conduits inclinés 5, 5, l'amènent à la partie inférieure du bec, qui est disposé de manière à occuper le centre du réservoir. On voit en c une ouverture, habituellement fermée par un bouchon, qui sert à l'introduction de l'huile dans le réservoir. Un petit cône cf, présentant

52/i MACBINES QCI SSRYBNT A ÉLEVER LES LIQUIDES.

un Irou à son sommet, permet à i*air atmosphérique d'exercer librement sa pression sur le liquide. D'après cette disposition, le niveau

de l'huile dans le bec est toujours à la même hauteur que dans le réservoir aa ; il baisse donc de plus en plus, à mesure que l huile se brûle. C'est pour cela qu!on a donné au réservoir de très petites dimensions dans le sens vertical, et qu on Ta surtout étendu dans le sens horizontal. Il en résulte que le niveau ne varie réellement pas d'une grande quantité dans le bec.

Lorsque le réservoir est plein, le liquide doit monter jusqu'à la partie supérieure du bec ; il baisse à mesure que le réservoir se vide:

mais le contact du métal entpêche que la flamme descende en même lemps le long de la mèche, et par suite l'intensité de la lumière produite doit diminuer progressivement.

Un godet est adapté à la parlie inférieure du bec, pour recevoir les petites quantités d'huile qui peuvent s'écouler au dehors. Plusieurs trous sont pratiqués au haut de ce godet, sur tout son contour, pour que l'air puisse s'introduire à l'intérieur, de manière à monter dans le bec, et à venir passer au milieu de la flamme. La forme du réservoir aa , et sa position par rapport au bec , font qu'il n'empêche nullement la lumière de se répandre librement sur les objets qui sont placés au-dessous du niveau de la lampe. Les conduits 6, 6, peuvent seuls gêner sous ce rapport : mais ils sont très étroits, et il n'en résulte pas d'inconvénient. Cette espèce de lampe, quant à sa disposition, convient donc très bien pour éclairer des tables de travail, et en général dans tous les cas où l'on a besoin de répandre la lumière sur les objets placés dans la partie inférieure d'une chambre: mais elle a le désavantage de ne pas fournir une lumière d'une intensité constante.

§ 367. On a cherché à faire disparaître l'inconvénient qui résulte

Fig. 4 25.

DIVERS SYSTÈMES DE LAMPES. 525

l'un abaissement progressif du niveau de l'huile dans le bec, en îm ployant le moyen indiqué précédemment (§ 258), pour rendre ce liveau constant. La /î(/. 426 représente une lampe construite d'après olte idée. Un vase a, qui a a forme d'un flacon à une ubulure, est placé à l'inté- •ieiir d'un autre vase 6, cyindriqne comme le premier, nais ouvert par le haut. Le . ase a est renversé, cest-àlire que son ouverture est ,ournéeversIebas;iI s'appuie i'ailleurs, au moyen d'un bourrelet dont il est muni, ?iir tout le contour du bord supérieur du vase 6. L'huile, que l'on a introduite primitivement en a, ne peut pas en sortir librement, parce que 'espace situé au-dessus de sa surface libre ne communique 3as avec l'atmosphère ; elle le peut s'écouler dans le réservoir h qu'autant que le ni- ^eau s'est assez abaissé dans :e réservoir, pour permettre 1 une bulle d'air d'entrer par a tubulure du vase a. On voit que, de cette manière, on ob- :ient un niveau constant de 'huile à l'intérieur du rèser- ^o\v 6, Une petite ouverture

atérale c, pratiquée dans la paroi de ce réservoir, permet d'ailleurs i l'air extérieur d'y entrer librement; en sorte que . la surface Je l'huile en h est soumise à la pression atmosphérique. Un tuyau i amène Ihuile du réservoir h au bec, dont l'extrémité se trouve 5ur le plan horizontal en! passant par les bords de la tubulure du vase a.

Pour introduire de l'huile dans le vase a, on le retire de l'intérieur du réservoir 6, et on le retourne afin de placer la tubulure vers le haut ; on l'emplit alors d'huile, puis on le renverse de nouveau, pour le replacer comme il était. Un petit disque métallique,

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faisant fonction de soupape, vient s'appliquer contre Touverlure intérieure de la tubulure, pour empêcher l'huile de sortir, soit lorsqu'on enlève le vase a pour le remplir, soit lorsqu'on le remet ec place après l'avoir empli. Cette soupape est munie d'une tige uo peu longue, qui vient s'appuyer sur le fond du réserv^oir fe, lorsque le vase a y est introduit, de manière à maintenir la tubulure constamment ouverte, et à permettre à l'huile de descendre librement en 6, chaque fois que le niveau s'est suffisamment abaissé. La lampe est montée sur une tige, le long de laquelle on peut la faire glisser, pour la fixer à telle hauteur que l'on veut ; la tige surmonte un large pied, à laide duquel on peut poser la lampe sur une table

Cette lampe satisfait bien à la condition d'entretenir l'huile constamment à la même hauteur dans le bec, et par conséquent de donner une lumière d'une grande régularité ; mais elle présente deux inconvénients. Le premier consiste en ce que le réservoir d'huile, placé d'^n côté du bec, projette son ombre sur les objets situés de ce côté. Le second tient à ce que, la lampe étant portative, l'horizontalité de la ligne ee* n'est pas toujours maintenue ; pour peu que a lampe penchedu côté du bec, soit qu'on la transporte, soit quelle repose sur une surface légèreaaent inclinée, l'huile déborde au haut du bec, vient remplir le godet qui est placé au-dessous, et finit par se répandre au dehors.

§ 368. La disposition la plus avantageuse qu'on puisse donnera une lampe est évidemment celle dans laquelle le bec serait place verticalement au-dessus du réservoir, et à telle hauteur qu'on voudrait. En effet, on éviterait par là d'avoir latéralement des corps qui s'opposent à ce que la lumière se répande dans toutes lesdirwtions ; et d'un autre côté, l'huile qui déborderait tout autour du bec pourrait retomber dans le réservoir, ou bien encore dans une capacité spéciale assez grande pour qu'il n'y ait pas à craindre qu'elle ne se répande au dehors. Toute la difficulté que l'on rencontrera pour réaliser cette disposition, consistera à faire monter Thuile du résen^oir jusqu'au haut du bec, et surtout à l'y faire monter d'une manière régulière. Nousaljons voir quels sont les moyens qui ont été imaginés pour y arriver.

La fontaine de Héron, dont nous avons parlé précédemmenl (§ 297), parait éminemment propre à atteindre le but que nous nous proposons en ce moment ; on voit, en effet, qu'elle permettrait de faire monter de l'huile dans un bec qui serait isolé au-dessus du corps de la lampe. Mais si l'on examine attentivement cet appareil on verra qu'il serait loin de satisfaire aux conditions que doit ren)plir une bonne lampe. Pour nous en rendre compte, admelton>

DIVERS SYSTEMES DE LAMPES

l'une lampe soit disposée comme le tube ABC de la fig. 377 ( page 34) ; et que le bec, dans lequel l'huile du réservoir G sera poussée iv la colonne d'huile AB, soit assez élevé pour que le liquide s'y ette en équilibre, sans s'écouler par son extrémité supérieure. A lesure que l'huile brûlera vers le haut du bec, les surfaces libres 1 liquide A, B, G, se déplaceront; le niveau baissera en A et en , et montera au contraire en B. Pour que l'huile se maintînt tou- •ursà la même hauteur dans le bec, il faudrait que la force élastiae de l'air contenu de B en G augmentât, puisque la différence de iveau de l'extrémité supérieure du bec et de la surface du liquide iG augmente constamment. Or, cela ne peut pas avoir lieu, puisue cette force élastique de l'air est déterminée par la pression une colonne d'huile ayant pour hauteur la ifférence de niveau en A et en B, et que cette ifférence de niveau va en diminuant. On oit donc que la hauteur à laquelle l'huile élèvera dans le bec sera de plus en plus etite, à mesure qu'il s'en brûlera une plus rande quantité, et que', par suile, la quanité de lumière qu'elle fournira sera loin ôtre régulière.

Mais, si la fontaine de Héron, telle que ous Pavons décrite, ne peut pas atteindre î but que l'on se propose , il suffit de lui aire subir quelques modifications, pour u'elle puisse faire monter l'huile toujours une même hauteur dans un bec de lampe. 'est ce que montre la fig, 427. Trois comartiments A, B, G, sont fermés de toutes •arts, et ne peuvent communiquer, soit enre eux, soit avec l'atmosphère, que par les ivers tubes D, E, F, G. Supposons que on ait primitivement introduit de l'huile n A et en B, par un moyen quelconque, ^a pression atmosphérique s'exerce libreiient sur l'huile de la capacité B par le tube ^i cette huile descend par le tube E, dans 'à capacité G ; l'air situé en G, au-dessus le l'huile , se trouve comprimé , et vient, 'n passant par le tube FF, exercer une pression sur l'huile du réservoir A ; enfin cette huile, en raison de elte pression qu'elle supporte, s'élève dans le tube G, qui com-

Fig. 427.

528 MACHINES Q\n SERVENT A ÉLEVER LES LIQUIDES,

munique librement avec l'atmosphère par sa partie supérieure. Si le tube G se termine par un bec de lampe, et que Ihuile qui y arrive se brûle peu à peu, on voit que le niveau du liquide baissera en A et en B, et montera en même temps en C ; il sennble doncque, la différence de niveau en B eten C diminuant, la force élastique de l'air intérieur doit diminuer, et qu'en conséquence, commt dans l'appareil de la fig. 377, le liquide doit monter de moins en moins haut dans le tube G. Mais il faut observer que ce n'est pa> sur la surface libre de l'huile en B que s'exerce la pression atmosphérique; cette pression s'exerce à l'extrémité inférieure m du tube D. De même, en raison de ce que le tube E plonge dans un tube plus largo placé au milieu du réservoir C, et que ce tube plu> large est toujours plein d'huile jusqu'en n, la position du niveau de riiuile en C n'influe pas sur la force élastique de l'air qui la surmonte. Cette force élastique doit évidemment surpasser celle de l'air atmosphérique d'une quantité déterminée par la différence de niveau des deux points w et n; et en conséquence elle ne varie pas avec la position des surfaces libres de l'huile en B et en C. L'air qui se rend dans le réservoir A par le tube FF y exerce donc une pression constante ; et, comme cette pression s'exerce, non pas sur la surface de l'huile qui y est contenue, mais bien à l'extrémité inférieure p du tube recourbé FF, il en résulte qu'elle fera toujours monter l'huile en q, à une même hauteur au-dessus du point p.

Ces ingénieuses modifications, apportées à la fontaine de Héron, pour la rendre applicable à la construction des lampes, ont été imaginées par Girard. Les lampes construites d'après ce procédé ont reçu le nom de lampes hydrostatiques. Sous le point de vue théorique, elles satisfont à toutes les conditions que doit remplir «ne bonne lampe ; mais on les a abandonnées, à cause du peu de commodité qu'elle présentent sous le rapport de l'introduction de l'huile et des nettoyages.

§ 369. Pour faire monter l'huile d'une manière régulière dans un bec placé au-dessus du réservoir, on emploie maintenant exclusivement un moteur installé dans le corps de la lampe, soit au-dessous du réservoir d'huile, soit dans le réservoir lui-même. Les premières lampes de ce genre qui aient été construites sont les lampes Carcel, ainsi appelées du nom de leur inventeur. Dans ces lampes, un mécanisme d'horlogerie, mû par un ressort tel que ceux des figures 226 et 227 (page 235), et dont le mouvement est ré*nilarisé par l'appareil à palettes de la figure 229 (page 238), fait mouvoir des pompes foulantes qui élèvent l'huile jusqu'à la parlie

DIVERS SYSTÈMES DB LAMPES. 529

supérieure du bec. Ces pompes sont d'une espèce particulière. Deux compartiments rectangulaires A, B,/»gf. 428, n'ayant aucune communication l'un avec l'autre, forment, à proprement parler, les corps de pompe. Deux ouvertures circulaires C,D, sont pratiquées sur l'une des faces de ces compartiments, et sont exactement fermées par deux membranes non tendues, qui peuvent en conséquence être repoussées vers l'intérieur de ces compartiments, ou bien tirées au dehors. De petits disques métalli- k ques, attachés à ces membranes, sont munis de tiges CE, DF ; un levier EF, qui peut tourner autour d'un axe vertical G, est articulé à ses deux extrémités avec les tiges de ces espèces de pistons ; un levier GH, fixé au même axe G, est mis en communication avec une manivelle I, adaptée à l'extrémité d'un arbre horizontal K, auquel le mécanisme d'horlogerie donne un mouvement de rotation uniforme. La manivelle I pousse et tire alternativement le levier GH , par l'intermédiaire de la bielle Hl ; l'axe G, prenant ainsi un mouvement de rotation alternatif, communique un mouvement de va-et-vient aux deux tiges CE, DF; et les membranes C et D sont alternativement poussées à l'intérieur des compartiments A et B, et retirées au dehors. La capacité de chacun de ces compartiments A, B, augmente donc et diminue alternativement, tout aussi bien que si un piston était animé d'un mouvement de va-et-vient à son intérieur, en frottant contre ces parois. Une soupape permet à l'huile du réservoir de pénétrer dans chacun des corps de pompes lorsque sa capacité augmente ; lorsque, au contraire, sa capacité diminue, celte soupape îe ferme, et l'huile, ouvrant une autre soupape, est refoulée dans m tuyau d'ascension. Le mouvement ascendantde l'huile est sensiblement régulier, en raison de ce qu'il existe deux pompes qui narchent en sens contraire l'une de l'autre, ce qui fait que l'huile îst toujours refoulée, soit par l'une, soit par l'autre, dans le tuyau l'ascension commun auquel elles communiquent.

Dans les lampes Carcel, les pompes sont disposées de manière à aire monter plus d'huile qu'il n'en faut pour entretenir lacombusion ; l'excédant retombe dans le réservoir même où puissent les )ompes.

530 MACHINES QVl SERVENT A ÉLEVER LES LIQUIDES.

§370. Depuis quelques années, on se sert beaucoup de?

lampes dites à moderat evr. Dans ces lampes, l'huile est refoulée jusqu'au bec par l'action d'un ressort moteur, comme dans les lampes Carcel ; mais leur prix est beaucoup moins élevé, en raison de la plus grande simplicité de leur construction.

La/îg. 429 représente une coupe dune lampe de ce genre.

Le réservoir intérieur, destiné à contenir l'huile, fait fonction de corps de pompe. Un piston A est disposé dans ce réservoir, de manière à s'appuyer contre ses parois par tout son contour. Un ressort en hélice, fixé d'une part au piston, d'une autre part aux paroLs supérieures du réservoir, exerce constamment une pression sur le piston ; cette pression se transmet à l'huile située au-dessous du piston, et l'oblige à monter par le tuyau d'ascension C,

Fig. 429.

qui la conduit jusqu'au bec. A mesure que le piston oescend, la tension du ressort diminue, et au contraire la hauteur à laquelle

DIVERS SYSTEMES DE LAMPES

riiuile doit être élevée augmente; ces deux causes doivent donc contribuer à diminuer progressivement la vitesse avec laquelle l'huile est amenée au bec. Mais, à l'aide d'une disposition particulière, on est parvenu à rendre le mouvement ascendant du liquide très sensiblement régulier. Voici en quoi consiste cette disposition.

Le tuyau d'ascension C est formé de deux parties qui pénètrent Tune dans l'autre, fig. 430. La partie inférieure est fixée au piston, qu'elle traverse, et descend avec lui sous l'action du ressort moteur. La partie supérieure, au contraire, reste immobile, et sert, pour ainsi (lire, de gaîne à l'autre, qui glisse a son intérieur en descendant avec le piston. Une tringle GG, représentée seule par la fig. 431, se trouve placée suivant l'axe du tuyau d'ascension CG, et descend jusque dans sa partie inférieure. L'huile, en montant, est \«/ obligée de passer dans l'espace annulaire étroit -^ qui existe entre les parois du tuyau d'ascension et le contour de cette tringle ; il en résulte une résistance au mouvement du liquide, qui fait que son mouvement ascendant est 1res lent. Mais, en outre, la tringle GG n'est pas toujours engagée de la même quantité dans la partie la plus étroite du tuyau d'ascension, c'est-à-dire dans la partie de ce tuyau qui fait corps avec le piston et qui descend avec lui; le passage étroit qui existe dans celte partie du tuyau, tout autour de la tringle (îG, a une longueur d'autant plus grande que le piston est plus élevé, et par conséquent que le ressort est plus tendu. On voit donc que la Fig, 431. résistance opposée au mouvement du liquide par la tringle GG, que l'on nomme le modérateur^ diminue de plus en plus, à mesure que le piston descend, c'est-à-dire à mesure que la force du ressort décroît, et que la hauteur à laquelle l'huile doit être élevée va on augmentant; on conçoit qu'on ait déterminé les dimensions du modérateur, de telle manière que le mouvement ascendant de l'huile soit sensiblement réjrulier. >

Toute l'huile qui arrive au bec ne se brûle pas ; il en retombe une certaine quantité qui vient se placer dans le résefvoir, au-dessus

Fig. 430.

du pislon, de manière à baigner les spires inférieures du ressort. C'est aussi dans cette partie du réservoir que l'on introduit Fhuile pour remplir la lampe, et alors le ressort est complètement immergé. Supposons qu on veuille faire fonctionner la lampe, dont le réservoir a été précédemment rempli d'huile ; ou bien que cette lampe fonctionnant déjà depuis quelque temps, et le piston s'étant abaissé jusqu'au bas de sa course, on ait besoin de faire passer au-dessous de lui toute l'huile qui le surmonte, et qui est redescendue du bec. 11 suffira de tourner la clef qui communique au pignon D, fig. 429. Ce pignon, en tournant, fera monter la tige à crémaillère BB, avec laquelle il engrène, et soulèvera en môme temps le piston qui esl fixé à cette tige. Les bords du piston sont simplement formés d'une bandedecuir aa, qui est recourbée vers le bas, etqui s'applique contre les parois du réservoir, en raison de la pression exercée contre elle par l'huile qui cherche à sortir. Lorsque le piston s'élève, par suite de l'action du pignon D sur la crémaillère BB, il tend à se produire un vide sous sa face inférieure ; la pression diminue au-dessous de lui, et l'huile qui le surmonte, pressée par l'atmosphère avec laquelle elle communique librement, fait fléchir la bande de cuir aa^ pour se rendre dans le compartiment inférieur du réservoir, en passant tout autour du piston.

Le bouton opposé à la clef du pignon D est destiné à faire monter la tige à crémaillère EE, qui sert à élever plus ou moins la mèche, à l'intérieur du bec F.

§ 374 . Presse hydraulique. — Nous avons déjà fait connaître (§ 21 7) le principe de la presse hydraulique. Occupons-nous maintenant d'indiquer la disposition qu'on donne à cette machine. La fig. 432 la représente dans son ensemble, et la /ig 433 en est une coupe, destinée à montrer les parties intérieures. Un cylindre très solide A renferme le piston B, auquel on doit appliquer une grande pression par l'intermédiaire de l'eau. Ce piston B porte sur sa tête un plateau C. C'est entre ce plateau, mobile avec le piston B.etle plateau fixe D, fortement relié au cylindre A par les colonnes E, E, que l'on met les corps à comprimer. L'eau est introduite dans le cylindre A au moyen d'une pompe F. Un levier GH, mobile autour du point H, se termine par une poignée G; on le saisit par cotte poignée, et on lui donne un mouvement de va-et-vient, en rélevant et l'abaissant successivement. Ce mouvement se transmet au piston I de la pompe F, dont la tige est reliée au levier GH par une petite bielle articulée, d'une part à ce levier, d'une autre part à la tige du piston. Le mouvement du piston est d'ailleurs guidé par un anneau fi\ej(, dans lequel se meut librement l'extrémité supé-

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