ROUE A AUGETS
résulterait dans la pression de Teau sur les aubes rendrait la résistance prédominante, et le mouvement se ralentirait.
On conçoit, d'après ce qui précède, que Ton puisse faire prendre â la roue telle vitesse qu'on voudra, en réglant convenablement la grandeur de la résistance qu'elle aura à vaincre. Mais la quantité de travail réellement transmise à la roue par l'action de l'eau ne sera pas la même, suivant que la roue tournera avec telle ou telle vitesse. Pour que la roue marche très rapidement, il faut qu'elle n'ait à vaincre qu'une faible résistance; si on lui oppose une résistance considérable, elle ne prendra qu'un mouvement très lent. Or, le travail effectué par la roue dans un temps donné dépend à la fois de la grandeur de la résistance vaincue, et de l'étendue du chemin parcouru pendant ce temps, par le point d'application de cette résistance, ou, ce qui revient au- môme, de la vitesse de la roue. Dans l'un et dans l'autre des deux cas extrêmes qu'on vient de considérer, l'un des éléments du travail est très petit, et, par suite, le travail lui-même ne peut pas être grand. Il doit donc exister une certaine vitesse de la roue, qui ne soit ni trop grande ni trop petite, pour laquelle le travail effectué surpasse celui que la roue produirait avec toute autre vitesse. L'expérience a appris que, pour obtenir ce maximum de travail, il faut que la vitesse de la roue, mesuréeà sa circonférence, soit les 0, 45 de celle de l'eau, aumoment où elle arrive sur les aubes.
Les roues en dessous à aubes planes sont ïoin de satisfaire aux conditions que nous avons indiquées en général pour les moteurs hydrauliques (§ 375). En premier lieu, l'eau perd une portion desa vitesse, avant d'atteindre la roue, par son frottement contre les parois du coursier qui l'amène do la vanne sur les aubes ; en second lieu, au moment où l'eau rencontre une des aubes de la roue, elle perd brusquement sa vitesse, pour prendre la vitesse de la roue; en troisième lieu, l'eau quitte la roue en conservant une vitesse considérable, qui donne lieu à ce bouiUonnement,que l'on observe dans le bief d'aval, jusqu'à une grande distancé de la roue. Aussi les roues de cette espèce sont-elles de très mauvais moteurs hydrauliques. En mesurant, à l'aide du frein dynamométrique, la quantité de travail transmise par l'eau à la roue, on a reconnu que, lorsque la roue a la vitesse la plus convenable, cette quantité de travail ne dépasse pas les 0,25 de celle qui correspond à la quantité d'eau dépensée; le quart seulement de la force de la chute est utilisé par la roue, et les trois autres quarts sont entièrement perdus.
§ 377. BoneA aoseta. — La roue en dessus, ou roue àaugets,
5fia EMPLOI DE l'eau COMME MOTEUR.
/Ig. 437, est disposée de manière que Teau soit amenée à sa partie supérieure par un canal qui la prend dans le bief d'amont, au niveau de la surface du liquide dans ce bief. L'eau ne prend dansée canal que la vitesse nécessaire pour qu'elle puisse atteindre la roue ; elle tombe de là dans des compartiments ou augets dont la roue est munie sur tout son contour, et les remplit successivement, à mesure que, par le mouvement de la roue, ils se présentent à l'extrémité du canal d'amenée. Lorsque les augets arrivent au bas de la roue, l'eau en sort pour tomber dans le bief d'aval, et
Fig. 437.
ils remontent vides, pour se remplir de nouveau lorsqu'ils seront sur le point de redescendre. On voit, par là, que les augets compris dans la partie descendante delà roue sont constamment pleins d'ean, tandis que ceux qui se trouvent dans la partie ascendante sont vides ; c'est le poids de l'eau qui est ainsi contenue dans une moitié