RODE DE CÔTÉ
à ce qu'elle s écoule de part et d'autre, et elle agit ainsi par son poids, jusqu à ce qu'elle soit arrivée au bas de la roue.
En variant la disposition de la roue, on peut faire prédominer plus ou moins Tun ou Tautre de ces deux modes d'action de leau; or, il est clair que, d'après ce que nous avons dit dans. les paragraphes précédents, on devra surtout chercher à rapprocher la roue de côté de la roue à augets, qui utilise une bien plus grande portion du travail moteur développé par l'eau que la roue en dessous. Pour cela, au lieu de donner Teau à la roue par le bas d'une vanne, fig. 441 , on la fait arriver sur les aubes par le haut d'une vanne qui s'abaisse, fig, 442, de manière à produire l'écoulement comme
\}Àl/
Fig. 4i2.
par un déversoir. L'eau vient ainsi rencontrer les aubeç avec une faible vitesse, et agit presque exclusivement par son poids pour faire tourner la roue.
Si l'on* compare la roue de côté, disposée comme nous venons de le dire en dernier lieu, avec la roue à augets, on verra qu'elle présente certains avantages relativement à cette dernière roue. Premièrpment, l'eau comprise entre les aubes ne cesse d'agir par son poids que lorsqu'elle est arrivée au bas de la roue ; tandis que, dans la roue à augets, l'eau sort toujours des augets avant d'avoir atteint le bas de la roue. Secondement, la roue n'a pas à supporter la tota-
lité du poids de Teau qui agit sur elle ; car la pression exercée sur chaque aube par Teau qui la surmonte n'est qu'une composaDte du poids de cette eau, et le coursier supporte l'autre composante de ce poids ; il en résulte que la roue, tout en recevant de l'eau la même quantité de travail, se trouve beaucoup moins chargée, et, par suite, les frottements de son arbre sur ses supports sont moins considérables. Mais ces avantages sont contre-balancés par des inconvénients, dus à ce que le jeu qui existe nécessairement entre les bords des aubes et le coursier occasionne une perte d*eau, et aussi à ce que l'eau, en se mouvant le long du coursier, en éprouTe une résistance assez considérable. Pour éviter que la perte d'eaa entre les aubes et le coursier ne soit trop grande, on est obligé de faire mouvoir la roue plus rapidement qu'une roue à augets, et il en résulte que l'eau quitte la roue avec une vitesse notable qui entraîne une perte de travail. En résumé, la roue de côté, disposée comme l'indique là fig. 442, donne de moins bons résultats que la roue à augets *, mais elle est de beaucoup préférable à la roue en dessous : elle utilise environ les 0,66 du travail moteur développé par l'eau.
§ 379. Roue Poneelet. — Les roues en dessous ont, sur les roues à augets et sur les roues de côté, l'avantage de marcher avec une vitesse assez grande ; ce qui fait que, pour une même quantité d'eau à dépenser, la roue n'a pas besoin d'avoir autant de largeur, puisque l'eau reste beaucoup moins de temps à son intérieur, et qu'en conséquence la quantité d'eau que contient la roue à chaque instant est beaucoup moindre.
On conçoit donc qu'il était d'une grande importance de chercher à modifier la roue en dessous, de manière à lui faire utiliser une fraction plus considérable du travail moteur fourni par l'eau, sans lui ôter l'avantage qui vient d'être signalé. C'est ce qu'a fait M. Poneelet. La roue qu'il a imaginée, et qui porte son nom, fig. 443, ne diffère de la roue en dessous, dont nous avons parlé précédeinment (§ 376), qu'en ce que les aubes planes y sont remplacées par des aubes courbes, qui sont à peu près tangentes à la circonférence extérieure de la roue.
Il est aisé de comprendre comment cette disposition fait que le travail transmis par l'eau à la roue est plus grand que dans le cas où les aubes seraient planes. D'abord l'eau, à son entrée dans la roue, ne produit pas de choc sur les aubes ; parce que ces aubes* en raison de la forme qui leur a été donnée, ne se présentent au liquide que par leur tranc*he. D'un autre côté, si l'on fait en sorte que la roue prenne une vitesse convenable, l'eau sortira des aubes