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VENTILATEURS

puits, OU bien à l'orifice d'un large conduit qui est mis en communication avec ce puits; et l'on fait en sorte que l'air du puits se rende librement vers le centre du ventilateur, tandis que sa circonférence est ouverte de toutes parts dans l'atmosphère. Les ^g . 46 9 et 470 représentent un ventilateur de ce genre, dont la disposition a été indiquée par M. Combes. Les palettes sont courbes, et dirigées en sens contraire du mouvement qu'on leur donne. Cette forme des palettes a pour objet de faire en sorte que l'air n'ait qu'une faible vitesse , au moment ou il est abandonné dans l'atmosphère par la machine ; l'air glissant sur les palettes, en sens contraire du sens dans lequel elles se meuvent, sa vitesse absolue, après sa sortie de la machine, ne sera que la différence entre la vitesse du ventilateur et sa vitesse propre sur les palettes. Ici les palettes ne sont pas portées par des bras fixés à l'arbre central ;

elles sont adaptées à un picp^ 470,

disque circulaire qui forme la face du ventilateur opposée à celle par laquelle Tair est aspiré

Fig. 471

de l'intérieur de la mine : ce disque est fixé à l'arbre, et tourne avec lui en entraînant les palettes.

§404. Vis pneumatique. — On se sert encore quelquefois, pour l'aérage des mines, de l'appareil représenté par la/îg. 474 , et qui consiste en une vis à large filet, mobile autour d un axe vertical à Tintérieur d'un cylindre fixe qni l'emboîte exactement.

Cette vis, que l*on nomme vis pneumatique^ a une grande analogie de forme avec l'hélice delà fig. 395 (page 476), et fonctionne à peu près de la même manière. L'hélice de bateau , en tournant dans un sens convenable, détermine un mouvement de translation du bateau , et donne en même temps à l'eau qu'elle rencontre un mouvement en sens contraire. Si le bateau était fortement amarré au rivage, l'hélice ne se déplacerait plus en tournant; mais elle agirait toujours sur l'eau, et son action serait même augmentée par l'impossibilité dans laquelle elle se trouverait de céder à la pression mutuelle qui s'exerce entre sa surface et le liquide; la rotation de l'hélice donnerait donc lieu à un courant d'autant plus rapide qu'elle tournerait plus vite. C'est précisément ce que produit la vis pneumatique dont nous nous occupons maintenant. Si on la fait tourner rapidement dans un certain sens, elle produit un courant d'air ascendant, et agit ainsi comme machine aspirante , à l'orifice du puits sur lequel elle est installée. Il est clair que, si on la faisait tourner en sens contraire, elle donnerait lieu à un courant descendant;, et agirait comme machine soufflante.

§ 402. Cagnlardeile. — Pour faire comprendre le mode d'action de la vis d'Archimède (§ 343), nous avons considéré d'abord un appareil consistant en un simple tube de verre enroulé autour d'un cylindre, en forme de filet de vis, fig. 398 (page 487). Nous avons dit que, si l'on faisait tourner cet appareil dans un certain sens, et qae l'extrémité inférieure a du tube plongeât, pendant une portion de chaque tour, dans un réservoir d'eau, des quantités de Hquide seraient successivement puisées par la partie inférieure de

CAGNIAUDELLE.

ce tube, et monteraient à la suite les unes des autres en se plaçant toujours an bas de ces diverses spires; en sorte que ce liquide viendrait se déverser par l'extrémité b du tube, de laquelle sortirait, à chaque tour, la quantité de liquide contenue dans une des spires. Imaginons maintenant que le même appareil soit plongé dans un réservoir d'eau dont le niveau soit plus élevé, de manière que, l'extrémité a restant toujours sous l'eau, pendant la rotation, l'exirémité b entre dans le liquide et en sorte alternativement à chaque tour. Concevons de plus que le mouvement de rotatioa donné au tube soit de sens contraire à celui qu'on lui donnait précédemment lorsqu'il s'agissait d'élever de l'eau. Il est aisé de voir qu'au moment où l'extrémité b du tube, en s'abaissant, vient rentrer dans Teau, une certaine quantité d'air est emprisonnée dans ce tube; et que, si le mouvement de rotation continue, cette quantité d'air, cherchant toujours à occuper le haut de la spire dans laquelle elle est engagée , se mouvra le long du tube, en se rapprochant de l'extrémité a. A chaque tour, une nouvelle quantité d'air s'introduira dans le tube ; ces quantités d'air viendront occuper successivement les parties supérieures des diverses spires; et, à chaque tour, l'une d'elles se dégagera en o. On conçoit dès lors que l'appareil, employé de cette manière, peut devenir le type d'une machine soufflante.

Fig. 47

Cette idée a été réalisée par M. Cagniard-Latour. La machine soufflante qu'il a construite d'après ce principe est désignée sous le nom de cagniardelle. Elle se compose d'un arbre AB, fig. 472, au-

quel est fixée une cloison hélicoïdale de tôle, terminée extérieurement à un cylindre également de tôle. Le tout est placé dans une position inclinée, à l'intérieur d'un réservoir contenant de l'eau, el est mis en mouvement au moyen d'engrenages. L'air qui s'introduit à chaque tour dans l'espace compris entre les Spires de la cloison vient occuper successivement les parties f:, il\ CJ\ C'\ do cet e^i)ticQ, en se comprima ut de plus nri plus, et dôlerminant par coi;>t'*quOTit un abaigïîenient prof^res&if ^^ de la siîifïno dt' Wv^i avec laquelle il esl en contiU'i Arrivé en C''\ il pénètre daiis le tuyau It où tj entre m vitIu t\ii I excès de sa force éliistiqup sur celle de Tair atmosphérique: co tuviiu le conduir nu fourneau dont il di]it iilimtMitoE- hî mmbusUon.

§ 40:j, Trompe. ^ — Nu^i:? avons déjà vu 4ans lo bel ier hydraulique (§ 302) ^ un exem pie dans lequel Icau d'une cluile afrit directement pour produire du travail ijliie, sans que sa force ait besioin d'être Iran s mise a une machine motrice, coinine cela n lieu ordinairement ; rinus allons en voir un autre exemple dans hi trompe ^ machine s^:funiafi te qui est (rès employée dans les pays de montagnes. Cette machine se compose essentiel lotuent diin tnvau vertical do l>ois,

Fig. 473.

fig. 473, dans lequel on laisse tomber l'eau du bief supérieur. Le haut du tuyau est muni d'une espèce d'entonnoir conique par lequel

leau s'introduit à son intérieur ; cet entonnoir donne lieu à la formation d'une veine liquide, qui n'occupe pas toute la largeur du tuyau , et qui tend à entraîner dans son mouvement l'air qui se trouve autour d'elle. Des ouvertures A, A, permettent à cet air intérieur de suivre en effet le mouvement descendant de l'eau, sans qu'il en résulte un vide dans le haut du tuyau , puisque l'air entraîné de cette manière est remplacé immédiatement par l'air extérieur, qui entre par ces deux ouvertures A, A. Par cette disposition, Tintérieur du tuyau est constamment parcouru de haut en bas par un mélange d'air et d'eau. Le tuyau débouche inférieurement dans une caisse fermée B. La colonne descendante vient se briser sur une petite tablette C, destinée à faciliter la séparation de l'air et de Teau. L'air se loge dans le haut de la caisse, et y possède une force élastique supérieure à celle de l'air atmosphérique ; en vertu de cet excès de force élastique, il se rend par le tuyau D à l'inlérieur d'un fourneau voisin, ou bien encore dans un puits de mine qu'il s'agit d'aérer. Quant à l'eau qui tombe au fond de la caisse B, elle s'écoule constamment au dehors , par une ouverture que l'on voit près de la tablette C.

Le jet gazeux produit par une^ trompe présente*une très grande régularité. Mais cette machine est peu avantageuse sous le rapport de l'économie du travail : la quantité de travail moteur qui serait strictement nécessaire pour produire la compression de l'air dans la caisse B n'est guère que les 0,4 5 du travail moteur, qui correspond à la quantité d'eau dépensée.

Lorsque, par suite d'une explosion dans une mine , on a besoin d'y produire promptement un renouvellement de l'air, on a recours quelquefois à un moyen qui est fondé sur le môme principe que la trompe. Ce moyen consiste à détourner le cours d'un ruisseau voisin , et à en faire couler l'eau dans le puits : cette eau entraîne avec elle une quantité d'air considérable, qui permet de descendre dans la mine pour porter secours aux ouvriers blessés , et aussi pour reprendre les travaux que l'explosion a interrompus.

§ 404. Les mouvements de raif atmosphérique peuvent être employés pour pi'oduire du travail, tout aussi bien que le mouvement de l'eau dans les cours d'eau. Cette source de travail ne se rencontre pas seulement dans quelques localités : elle existe partout , et en grande abondance. Aussi le vent serait-il un moteur des plus précieux , s'il agissait avec une certaine régularité. Mais l'extrême

irrégularité de son action, résultant des fréquentes variations de son intensité et de sa direction , fait qu on ne peut pas y avoir recours pour effectuer un travail qui demande de la continuité, et qui ne permette pas de trop [grands changements dans la vitesse des mécanismes employés à sa production.

Les appareils destinés à recevoir Taction du vent pour la traosmettre aux pièces qui ont des résistances à vaincre sont dans les mêmes conditions que les roues à palettes que l'on installe dans le courant d'une rivière (§ 380), Ils ne doivent utiliser qu'une portion extrêmement faible du travail que la masse totale de Tair en moavement est capable de produire ; d'ailleurs, on n'est pas obligé de restreindre leurs dimensions dans d'étroites limites : aussi n'a-t-on pas à se préoccuper de la forme de ces appareils autant qu'on devrait le faire s'il s'agissait d'utiliser la plus grande portion possible de la puissance d'un courant d'air limité. La simplicité de la construction et la facilité des réparations sont les conditions principales qu'on doit chercher à remplir dans la disposition des appareils de ce genre. Quant à la grandeur du travail qu'ils pourront utiliser, elle variera suivant qu'on leur donnera des dimensions plus ou moios considérables.

§ 405. IVavIres é, voiles. — ' Le vent est le moteur !e plus employé dans la navigation sur mer ; il a même été le seul pendant bien longtemps, et ce n'est que dans le siècle actuel que l'action de la vapeur lui a été substituée dans un certain nombre de navire. Le peu de régularité de l'action du vent se fait nécessairement sentir dans la marche du navire, qui lui emprunte sa force motrice. Tantôt le calme de l'atmosphère l'oblige à rester dans une immobilité presque complète pendant un temps plus ou moins long ; tantôt, au contraire, la violence du vent l'expose aux plus grands dangers. D'un autre côté, lorsque la vitesse du vent ne sort pas des limite qui conviennent à une bonne navigation , sa direction est souvent très différente de celle de la route que l'on veut suivre.

Pour qu'un navire puisse recevoir du vent l'action qui est nécessaire à sa marche, on le surmonte d'un grand appareil de mâts et de cordages, destiné à porter les voiles sur lesquelles le vent doit exercer sa pression. Ces voiles sont de grandes surfaces de toile, qui peuvent se développer et se replier à volonté, et auxquelles on peut donner des directions différentes, suivant les besoins. Si le navire doit se mouvoir précisément dans la direction du vent, et dan? le même sens quQ lui , il est clair qu'il sufût de disposer les voile? de manière que leurs surfaces soient perpendiculaires à l'axe du navire, le vent venant les rencontrer de face, exerce sur elles une

j)ressioii qui est dirigée dans le sens de cet axe , et qui détermine un mouvement de progression dans le même sens. Mais si la direction du vent n'est pas la même que celle du chemin qu'on veut parcourir, on est obligé de donner aux voiles une position oblique par rapport à la longueur du navire, et, en outre, de faire en sorte que le vent arrive obliquement sur leur surface. Le vent, en glissant sur les voiles , exerce sur elles une pression qui leur est toujours perpendiculaire, et qui a, en conséquence, une direction différente de cejle du mouvement de l'air ; d'un autre côté, la marche du navire n'ayant pas lieu exactement dans le sens de sa longueur, et le gouvernail étant tourné plus ou moins dans un sens convenable '■§ 332 ), il en résulte une résistance du liquide qui est oblique par rapport à la direction de cette marche. Si Ton observe que la résultante des pressions que l'air exerce sur le navire, pressions qui sont supportées en très grande partie par les voiles, doit constamment avoir la même direction que la résistance opposée par le liquide, on verra que les deux causes qui viennent d'être signalées concourent pour produire une obliquité plus ou moins grande de la direction du mouvement du navire sur celle du vent qui le détermine.

En agissant convenablement sur la position des voiles, et sur le gouvernail , on peut faire en sorte que cette obliquité devienne très grande ; on peut même arriver à faire marcher le navire en sens contraire du vent. Quand on remonte, pour ainsi dire, le courant d'air qui produit le mouvement du navire, en cherchant à faire faire à la direction de ce mouvement le plus petit angle possible avec la direction d'où vient le vent , on dit qu'on marche au plus près du vent; l'angle formé par ces deux directions peut être réduit jusqu'à 65°, et même 60" dans les circonstances les plus favorables. En marchant ainsi au plus près , tantôt d'un côté du vent, tantôt de l'autre , de manière à faire des zigzags, on parvient à se transporter en définitive exactement en sens contraire du vent : c'est ce que l'on appelle louvoyer,

§ 406 . Moidiiis ik vent. — La force du vent est employée depuis un temps immémorial pour faire mouvoir des moulins à farine, auxquels on donne le nom de moulins à vent. La fig. 474 montre la disposition de ces machines. Un arbre AB , susceptible de tourner sur lui-môme, dans les coussinets qui le supportent , est disposé dans la direction même du vent. Il fait un angle de 1 0 à 1 5 degrés avec l'horizon. Cette inclinaison a été adoptée, parce que l'on a observé que le mouvement de l'air n'est généralement pas horizontal, mais que sa direction fait ordinairement un petit angle avec la surface de la terre. Quatre bras sont fixés à cet arbre, à son extrémité

A , perpendiculairement à sa longueur , de manière à former une sorte de croix ; chacun de ces bras sert d'axe à une surface à peu près rectangfulaire, C

guo que large, ((ui esl des li née à rece- \v>ir/'a('lioiidu vent, et quG ion noinme une aile. On donne souventausaife^ijnp largeur de 2", et tme longueur de W'':

iextnmiHé la [tkis rapprofhée de l'arbre AB en est â mie diéLinca de 2'" : ce qui fait que l'espêec»

de roue lonnée [jar 1 ensL^riiblc dos quatre ailes a un diumelre de 2*)'". Chaque aile est formée de barreiiux de bnii^ qui sont implantés transversuleinent de dislante en distance dans la pièf:G de bois qui lui sert d'a^e, cl

Fig. 474.

dont les extrémités sont reliées par deux autres pièces de bois s'étendant parallèlement à Taxe, dans toute la longueur de l'aile. Le châssis à jour ainsi construit a une grande analogie de forme avec une échelle a montants parallèles, qui serait fixée à Taxe de Faite par les milieux de ses divers barreaux. Des toiles, ou voiles, s'étendent à volonté sur toute l'étendue de ce châssis^ de manière à lé transformer en une surface continue destinée à arrêter l'air dans son mouvement, et par conséquent à recevoir la pression qui doit en résulter.

Les surfaces des ailes ne sont pas dirigées dans le plan perpeii^*^ diculaire à l'arbre AB qui contient leurs axes ; elles présentent une certaine inclinaison sur ce plan , de manière à recevoir obliquement l'action du vent, dont la direction est la même que celle de l'arbre AB. Il est aisé de se rendre compte de la nécessité de cette obliquité des ailes sur la direction de Tarbre AB. Si une aile avait sa surface perpendiculaire à AB, elle recevrait l'action du vent en face, et en éprouverait une pression dirigée de la même manière que le vent, c'est-à-dire parallèlement à l'arbre AB; cette pression tendrait à repousser l'aile en arrière, à faire glisser l'arbre AB dans le sens de sa longueur; mais elle ne tendrait nullement à le faire tourner dans un sens plutôt que dans l'autre. Si la surface de l'aile était, au contraire, dirigée parallèlement à AB, le vent ne la rencontrerait que par sa tranche , et elle n'en éprouverait qu'une action extrêmement faible, qui d'ailleurs ne tendrait pas davantage à faire tourner l'arbre AB. Tandis que , si Ton donne à l'aile une certaine inclinaison sur l'arbre , la pression qu'elle éprouve de la part du vent, étant toujours perpendiculaire à sa surface, sera également oblique par rapport à l'arbre AB, et en conséquence cette pression tendra à le faire tourner dans un certain sens. Les inclinaisons des diverses ailes sont disposées de manière que les pressions supportées par chacune d'elles tendent toutes à faire tourner larbre AB dans un même sens.

L'obliquité de la surface des ailes sur la direction de l'arbre AB n'est pas ordinairement la même dans toute la longueur de chacune d'elles; cette obliquité va en diminuant depuis l'extrémité de l'aile située près de l'arbre, jusqu'à l'autre extrémité : en sorte que ' l'aile présente une surface qui n'est pas plane, mais qui est légèrement gauche. Dans les moulins bien construits, la partie de l'aile qui est la plus rapprochée de l'arbre fait un angle de 60 degrés avec la direction de cet arbre, et la partie la plus éloignée fait avec cette direction un angle de 80 degrés. Ce changement d'obliquité, d'un point à un autre de l'aile, est motivé par la vitesse plus ou

Fig. 475.

moins grande avec laquelle ses divers points se meuvent en mênje temps. 11 ne nous sera pas difficile de reconnaître qu'en effet cette différence de vitesse nécessite une différence d'inclinaison de la surface. Soit MN , fig. 475, la portion de surface de l'aile que nous considérons . A dmettons que le vent se meuve dans le sens de la flèche /", el que la surface MN, tournant autour de l'arbre du moulin , qui est dirigé suivant la même flèche /", se meuve au contraire suivant la direction perpendiculaire à la première indiquée par la* flèche f'. Si, pendant que la surface MX passe dans la position M' N', une molécule d'air située d'abord en N peut parcourir précisément le chemin NM', en vertu de sa vitesse propre, il est clair que cette molécule ne sera pas gênée par la surface MN, qu'elle ne fera que glisser le long de cette surface , et qu'en conséquence elle n'exercera sur elle aucune action. Pour que la surface MN puisse recevoir une pression de la part du vent, il faut que la vitesse des molécules d'air soit capable de leur faire parcourir un chemin plus grand que NM', pendant que la surface MN passe à la position M'N'; on voit en effet que , dans ce cas, cette surface gênera le mouvement de l'air , et que , par suite, l'air réagira en tendant à accroître la vitesse de la surface qu'il rencontre. Si nous attribuons successivement à MN des vitesses de plus en plus grandes, pour une même vitesse du vent, cette surface mettra un temps de plus en plus petit pour passer à la position M'N' ; pendant ce temps les molécules d'air parcourront, en vertu de leur vitesse propre, des chemins de plus en plus petits. Donc, pour que ces chemins surpassent toujours NM', et que par conséquent le vent exerce toujours une pression sur la surface MN , il faut que NM' soit de plus en plus petit, à mesure que MN marche plus vite : ou, en d'autres termes, il faut que MN s'approche de plus en plus d'être perpendiculaire à la direction du vent, ou bien à la direction de l'axe du moulin , qu'on suppose être la même. Or , les diverse^ parties d'une même aile, situées à des distances de plus en plus grandes de l'arbre tournant, sont précisément dans le cas que nous venons de supposer ; elles marchent de plus en plus vite, et doivent cependant recevoir l'action d'une masse d'air qui a partout la même

vitesse : donc il faut que l'inclinaison de ces diverses parties sur la direction de l'arbre diminue en raison de l'augmentation de leur vitesse.

Le mouvement de rotation imprimé par le vent à l'arbre AB, fig. 474, se transmet au mécanisme intérieur du moulin, par l'intermédiaire d'une roue dentée D fixée à cet arbre, et d'une lanterne E avec laquelle engrène la roue D ; la lanterne est montée sur Taxe même de la meule courante F (§149). Toute la machine est portée par une forte pièce de bois verticale G H , autour de laquelle elle peut tourner comme sur un pivot. Un long levier K est fixé au moulin , et sert à l'orienter ; en appliquant une force de traction à l'extrémité de ce levier, on faif tourner tout le moulin autour de GH , et l'on amène ainsi l'arbre AB à être dirigé du côté d'où vient le vent. Pour faciliter cette manœuvre, on adapte souvent à l'extrémité du levier K , un petit treuil (§ 55) sur lequel s'enroule une corde, dont on fixe l'extrémité libre sur le sol , à une certaine dislance. En faisant tourner le treuil, on tend à amener la corde pour l'enrouler sur son contour ; mais, comme son extrémité est fixe, et qu'elle ne peut pas céder à la force de traction qui lui est appliquée, c'est le treuil qui marche, en entraînant avec lui le levier K, et par suite le moulin.

L'appareil moteur d'un moulin à vent, composé de l'arbre AB, et des ailes C, C, est très souvent employé pour faire mouvoir d'autres mécanismes, tels que des scieries (§ i 51 ), des vis hollandaises (§ 34 i), etc. On a conservé par extension le nom de moulin à vent à cet appareil en lui-même, quel que soit le genre de travail auquel il est employé.

§ 407. Lorsqu'un moulin à vent ne doit pas marcher, on serre les voiles, en les rapprochant de l'axe de chaque aile. De cette manière, les surfaces des ailes sont à jour, et ne donnent plus de prise au vent. Pour remettre la machine en mouvement, après avoir dirigé l'arbre moteur dans le sens du vent, il suffit d'écarter les voiles, afin de garnir de nouveau les ailes. Pour effectuer ces opérations, on amène successivement chaque aile au bas du chemin qu'elle parcourt en tournant, et on la maintient immobile dans cette position, pendant qu'on monte sur ses barreaux comme sur une échelle , soit pour tendre des voiles, soit pour les serrer. On parvient à maintenir les ailes dans l'immobilité, au moyen d'un frein analogue à celui que représente la figure 1 95 (page 1 85). Ce frein est formé d'un grand cercle de bois qui entoure la roue D, /î(/. 474 ; une de ses extrémité^ est fixe ; l'autre extrémité est attachée à un fort levier, qui , par son seul poids, suffit pour serrer le cercle sur le contour de la roue, et

pour s'opposer à ce qu'elle prenne le moindre mouvement. Pendant

C'est pour faire disparaître ces

la marche de Ja machine, ce levier est soulevé, et supporté par un crochet qui l*empêche d'ajdr sur le frdn.

On voit que la TnanœmTe.

qui a pourohjet de tendre ou de s^errer les voiles qui couvrent les ailes d'un moulin.

Il est pas très commode: elle exige un certain temps, et en outre elle expose celui qui losécute à dos dangers assez frry nds, surtout lorsqu 'il s'agit de soustraire rapidement le moidin a l'action d'un vent qui devient trop violent. D'un autre côté, on ne peut pas songer à serrer plus ou moins les voiles à chaque instant, suivant qne le vont est plus ou moins fort ; et ce|iendant il serait bon de p^mvoir le faile, pour ne pas laiiguer inulilemont la machine, et pour éviter qu'elle ne prenne un mouvement trop rapide, divers inconvénients , que

M. Berton a imaginé récemment un système particulier d'ailes

dont l'usage se répand de plus en plus , et qui permet de faire varier à volonté pendant la marche du moulin l'étendue des surfaces qui reçoivent l'action du vent. La/îgi. 476 représente la disposition qu'il a adoptée. L'arbre moteur du moulin est muni, comme dans les moulins ordinaires, de quatre bras A, qui lui sont perpendiculaires, et qui doivent former les axes des ailes. Mais ces ailes, au lieu d'être des surfaces à jour que Ton recouvre de toiles à volonté, sont formées d'un certain nombre de lattes C, qui se recouvrent en partie, et qui déterminent ainsi une surface oblique à la direction de l'arbre du moulin. Ces lattes, qui ont une grande analogie avec celles dont se composent les jalousies , sont attachées , au moyen de brides D, à des traverses E. Les traverses E sont ellesmêmes fixées en divers points des bras A, mais de manière à pouvoir tourner autour de leurs points d'attache, et faire des angles plus ou moins aigus avec la direction des bras A. Les brides D sont également mobiles autour de leurs points d'attache avec les traverses E. Quatre tringles à crémaillère N sont liées à articulation par une de leurs extrémités aux premières traverses de chaque aile ; elles engrènent d'ailleurs avec un môme pignon denté, situé à l'extrémité de l'arbre du moulin. Ce pignon est fixé à un axe' de fer qui traverse l'arbre dans toute sa longueur, et qui se termine, à l'autre bout de l'arbre, par une manivelle à l'aide de laquelle on peut le faire tourner facilement dans l'ouverture longitudinale qui le contient. En agissant sur la manivelle, on donne à l'axe qui la porte, et au pignon fixé à l'autre extrémité de cet axe, un mouvement de rotation dans un sens ou dans l'autre. Les crémaillères N se trouvent ainsi tirées ou poussées d'une certaine quantité ; cela fait varier en conséquence l'inclinaison des traverses E sur les bras A, et il en résulte que les lattes C se recouvrent plus ou moins, ou en d'autres termes que les ailes présentent une largeur plus ou moins grande. En faisant tourner la manivelle d'une quantité suffisante, et dans un sens convenable, on parvient même îi amener les lattes C à se superposer complètement; en sorte que

les ailes se présentent comme si elles étaient réduites à leurs bras, fig. 477.

On voit que l'élargissement ou le rétrécissement des ailes imaginées par M. Berton s'effectue avec la plus grande facilité de l'intérieur du moulin, et même pendant que la machine fonctionne. On peut donc sans peine, et aussi souvent qu'on le veut, mettre la largeur des ailes en rapport avec la vitesse du vent qui agit sur elles. Ce système d'ailes présente cependant un défaut: ccï^t que la surface de chaque aile est également inclinée sous la direction du vent dans toute sa longueur. D'aj)rès ce que nous avons dit. les parties extrêmes des ailes ne doivent recevoir que peu d*aclion de la part du vent, si toutefois elles en reçoivent. A égalité de surface, les ailes dont il s'agit doivent produire moins de travail que les ailes dont la surface est inégalement inclinée sur l'arbre en se> divers points.

On a reconnu que la marche d'un moulin à vent qui donne lieu à la production de la plus grande quantité de travail est celle pour laquelle le nombre de tours des ailes, en une minute, est double du nombre de mètres parcourus par le vent en une seconde.

§ 408. Les machines à'vapeur constituent un genre de moteurs dont l'usage encore récent est déjà extrêmement répandu, et tend à se répandre de plus en plus. C'est , sans contredit , de tous le> moteurs connus, celui qui est le plus précieux pour l'industrie, en raison de la possibilité de l'employer partout , en lui donnant telle puissance qu'on veut, depuis la force d'un homme, jusqu'à la force de plusieurs centaines de chevaux-vapeur. Avant d'entrer dans la description des appareils à l'aide desquels on a pu utiliser la forc.^ de la vapeur d'eau, il est indispensable de rappeler les principale^ propriétés de cette vapeur, propriétés qui serviront de base à tout ce que nous aurons à dire des machines à vapeur.

§409. Propriétés de la vapear d'ean. — Lorsqu'une certaine quantité d'eau est contenue dans un vase fermé, qu'elle ne remplit pas complètement, une portion de l'eau se réduit en vapeur, quelle que soit sa température. La vapeur ainsi formée se répand dans la partie de la capacité du vase qui n'est pas occupée par l'eau, soit que cette partie du vase ait été d'abord vide lie toute matière, soit qu'elle contienne un gaz tel que de l'air atmosphérique. A mesure que la vapeur se forme, et s'accumule dans l'espace qui surmonte la masse deau , sa force élastique s'y accroît ; mais cette

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