‹ Cours élémentaire de mécanique théorique et appliquéeChapitre 167 sur 169 · MACHINE ÉLECTRO-MOTRICE · texte numérisé non relu

MACHINE ÉLECTRO-MOTRICE

respondance dans les deux sens. Il existe pour cela à chaque station deux appareils comme ceux de la/ïg. 535 ; un pour envoyer les dépêches, et un autre pour les recevoir. On mel alternativement le fil conducteur en communication avec l'un ou l'autre de ces appareils, suivant que les dépêches doivent se transmettre dans un sens ou dans Tautre.

§452. Machine éleetro - motrice.

— L'attraction exercée par un électroaimant sur un morceau de fer doux placé dans son voisinage, peut être utilisée pour faire mouvoir divers mécanismes , et vaincre en même temps les résistances qui leur sont appliquées.

Pour cela, il faut d'abord qu'une machine spéciale reçoive l'action de l'électro- aimant, de môme que la machine à vapeur reçoit l'action -de la vapeur-, pour la transmettre ensuite aux machines-outils destinées à la pro

Fig. 537.

duction du travail utile. Cette machine spéciale, qui n'a d'autre objet que de servir d'intermédiaire entre l'électro-aimant et les mécanismes qu'il doit faire mouvoir, se nomme une machine éleetromotrice.

M. Froment, un des premiers qui se soinnt occupés de ce genre de machines, a imaginé diverses dispositions toutes très ingénieuses. La machine que nous allons décrire, et qui est représentée par la fig. 538, est celle qui a été construite pour la Faculté des sciences de Paris, par M. Bourbouze. Dans cette machine quatre cylindies creux A, B, dont deux sont cachés par les deux autres sur la figure.

sont enveloppés par les .spires nombreuses de fils métalliques recouverts de soie, qui doivent servir de passage au courant électrique. A l'intérieur de ces cylindres creux pénètrent, sans frottement, des cylindres de fer doux C, D, qui sont pleins. Les cylindres C, réunis à leur partie supérieure par une pièce transversale, également de fer doux, comme on le voit sur la fig. 539, sont suspendus à l'extrémité E du balancier EFG, au moyen d'une articulation. Les cylindres D sont de même suspendus au point G. Le mouvement communiqué aux pièces C, D, par l'action de l'électricité, ainsi que nous allons l'expliquer, donne lieu à des oscillations du balan-

Fig. 538.

cier autour du point F. Ce balancier se prolonge jusqu'en H, et est relié en ce point à une bielle HK, qui saisit en K le bouton d'une manivelle fixée à un arbre tournant. Le mouvement oscillatoire du balancier détermine ainsi la rotation de l'arbre: un volant

MACHINE ELECTRO-MOTRICE.

qui participe à cette rotation est destiné à en régulariser la vitesse.

Pour faire comprendre comment l'électricité peut mettre en mouvement les pièces C, D, examinons spécialement la /îg. 539. On y aperçoit les cylindres de fer C, qui pénètrent à l'intérieur des cylindres creux A, jusque près du milieu de leur hauteur. D autres cylindres C, aussi de fer, remplissent la moitié inférieure du vide des cylindres creux A, et sont réunis l'un à l'autre par une barre de fer qui passe au-dessous d'eux. On a donc en réalité deux pièces distinctes CC, C'C, dont chacune a la forme d'un fer à cheval, et qui sont toutes deux placées dç manière à pouvoir se transformer en aimant sous l'influence du courant électrique qui circule tout autour des cylindres A. Par suite de la disposition adoptée, lesdeux aimants ainsi obtenus ont leurs pôles de noms contraires en présence, et par conséquent ils s'attirent et tendent à se mettre en contact ; l'aimant C'C étant fixe, c'est l'aimant CG qui se met en mouvement, et qui abaisse ainsi l'extrémité E du balancier. Lors que ce mouvement est produit, le courant électrique cesse de passer autour des cylindres A ; les pièces CC, C'C repassent à l'état de fer doux, et cessent de s'attirer. Mais, en même temps, le courant vient passer autour des cylindres B ; la pièce de fer D se change en aimant, et esc attirée vers le bas de la même manière, ce qui détermine un abaissement du point G du balancier. Le courant électrique, après avoir produit cet effet , vient de nouveau passer autour des cylindres A, et ainsi de suite.

C'est la machine elle-même qui fait passer le courant électrique, tantôt autour des cylindres A, tantôt autour des cylindres B. A cet effet, l'arbre qui reçoit un mouvement de rotation porte un excentrique L, fig 538, qui donne un mouvement de va-et-vient à une glissière aa.

Cette glissière, formée d'une petite plaque d'ivoire, est recouverte dans une partie de sa longueur d'une lame métallique 6. Un fil de cuivre c se recourbe de manière à venir s'appuyer constamment par sa pointe sur cette lame métallique, malgré le mouvement de vaet-vient qu'elle reçoit de l'excentrique L; ce fil est en communication avec l'un des

pôles de la pile par le fil conducteur d , qui pénètre en o dans le compartiment intérieur où elle est placée. Deux autres fils (Je cuivre <?, /",

Fig. 539.

Fig. 540.

s'appuient également par leur pointe sur la glissièreaa, el communiquent, l'un avec le 61 g qui vient des cylindres Â, l'autre avec le hl h qui vient des cylindres B. Le mouvement de va-et-vient de la glissière aa amène la plaque b alternativement sous le 61 e, et sous le 61 f; en sorte que le fîl c est mis ainsi en communication, tantôt avec le 61 g, tantôt avec le 61 A , par l'intermédiaire de la plaque métallique 6. En nous reportant maintenant à la /Ig. 540, qui est une coupe horizontale de la partie de la machine dont nous nous occupons, nous verrons que le courant électrique , qui vient de Tun des pôles de la pile par le fil p, et se rend à l'autre pôle par le 61 d, peut suivre pour cela deux chemins différents , suivant la position qu'occupe la glissière aa. Dans ia position qu'indique la figure pour cette pièce, le courant va de p en qr ; il tourne en montant autour d'un premier cylindre A ; il se rend par le fil n sur le second cylindre A, autour duquel il tourne en descendant; il quitte ce second cylindre par le fil g , va de c en c par la plaque métallique b , et arrive enfin au fil d. Le passage par les cylindres B est interrompu , parce que les parties /", c , de ce passage ne sont réunies que par une portion de la plaque d'ivoire a, et que l'ivoire est un mauvais conducteur. Lorsque par suite de la rotation de l'arbre, l'excentrique amène la plaque métallique b sous le fil f, lélectricité passe par les cylindres B, et ne passe plus par les cylindres A .

M. Froment emploie ses machines électro-motrices pour faire mouvoir des machines à diviser, et s'en sert notamment pour diviser les limbes de cercles destinés à la mesure des angles. Il arrive de cette manière à des résultats d'une précision extraordinaire ; et cette grande précision est due en partie à la régularité avec laquelle fonctionnent ses machines motrices. Les machines électro-motrices n'ont pas encore reçu jusqu'à présent d'application en grand dans l'industrie. La plus forte machine de ce genre que M. Froment ail construite a la force d'un cheval.

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