TÉLÉGRAPHE ÉLECTRIQUE
se produit au moment où laiguille correspond au trait qui sépare les deux lettres, et le courant s'établit en conséquence ; le courant est de nouveau interrompu, lorsque l'aiguille est arrivée sur la lettre Y. Voyons maintenant comment les alternatives d'existence et d'interruption du courant électrique peuvent faire mouvoir l'aiguille du second cadran, de manière à lui donner toujours la même position qu'à la première, c'est-à-dire à la faire toujours correspondre à la même lettre. Tout près de l' électro-aimant A, fig. 536 et 537, qui est installé en arrière du cadran de gauche, se trouve une pièce de fer B, destinée à être attirée pai^ l'aimant, chaque fois que le courant électrique est établi. Cette pièce de fer est fixée à un levier CD, mobile autour du point C. Une petite lame de ressort £, fixée au même levier CD, est pressée sur sa face supérieure par la pointe d'une vis, qui lui donne'ainsi une tension suffisante pour écarter le morceau de fer B de l'électro-aimant, lorsque le courant n'existe pas ; mais la tension de ce ressort n'est pas assez forte pour s'opposer à ce que le morceau de fer B vienne toucher l'aimant, au moment où le courant existe. Les alternatives d'existence et d'interruption du courant donnent lieu ainsi à un mouvement de va-et-vient de la pièce de fer B, et par suite du levier CD; ce mouvement se transmet, par la tige DF, au levier GHK, mobile autour du point G. Ce dernier levier se divise en deux branches dont les extrémités H, K, portent chacune une petite cheville, disposée de manière à pouvoir s'engager entre les dents d'une roue à rocbet J, qui est fixée à l'axe de l'aiguille. Supposons que les aiguilles des deux cadrans correspondent toutes deux à la lettre X. D'après ce que nous avons dit, le courant électrique sera interrompu ; la pièce de fer B sera écartée de l'électroaimant par l'action du ressort E, fig. 536 ; et la petite cheville K s'appuiera au fond de l'angle formé par deux dents de la roue J. Si l'on amène l'aiguille du premier cadran sur le trait qui sépare la lettre X de la lettre Y, le courant s'établira ; la pièce B sera attirée par T électro-aimant ; la cheville H sera poussée vers la droite , et en glissant sur la partie oblique d'une des dents de la roue J, elle la fera tourner de manière à amener également l'aiguille du second cadran sur le trait qui sépare les lettres X et Y, fig, 537. Si l'on continue le mouvement de l'aiguille du premier cadran, et qu'on l'amène sur la lettre Y, le courant sera interrompu; le petit ressort E entraînera le levier CD; et la cheville K, en ghssant à son tour sur la partie oblique d'une des dents de la roue J, placera la seconde aiguille sur la même lettre Y. On voit donc que, si l'on fait tourner la première aiguille en lui
EMPLOI DE l'Électricité comme moteur.
faisant parcourir une partie du premier cadran, la seconde aiguille prendra exactement le même mouvement. Si la première aiguille, en tournant toujours dans le même sens, s'arrête successivement un certain temps sur les lettres P, A, R, I, S, la seconde aiguille fera de même ; et Ton aura ainsi transmis, pour ainsi dire instantanément, le mot Paris d'une station à l'autre. On conçoit qu'on
peut remplacer les lettres de l'alphabet par des signes plus expédiiifs dont la signification est convenue d 'avance; en sorte qu'on peut de cette manière transmettre des dépêches avec une extrême rapidité.
Nous avons dit que le courant électrique quitte le premier appareil en f, fig. 535, et pénètre dans le second en/'; puis qu'il sort du second appareil en fe, et qu'il rentre dans le premier en k'. On avait établi d'abord deux fils conducteurs allant, l'un de f en f\ l'autre de k en &' ; mais on a reconnu que le second fil peut être supprimé, pourvu, qu'on mette les points k^ fe', en communication avec la terre. De cette manière, le courant revient du second appareil dans le premier en passant par la terre qui sert de conducteur. Quant au premier fil f /"', il doit être isolé de la terre, afin que le courant ne prenne pas un autre chemin que celui qui a été indiqué précédemment. A* cet effet, on le suspend à des poteaux plantés de distance en distance, ordinairement le long des lignes de chemins de fer, et on l'accroche à ces poteaux au moyen de matières peu côndutrices, telles que du verre ou de la porcelaine.
Un fil unique, allant d'une station à une autre, suffit pour la cor-
Fig. 536.