INTRODUCTION
§ 4 . La mécanique est la science des forces et du nwuvemenL
Exposer les principes de cette science, et les appliquer à l'étude des machines et des divers pnénomènes purement mécaniques que nous observons autour de nous, tel est l'objet de cet ouvrage.
Nous allons d'abord rappeler en peu de mots les propriété gênéraies des corps, car il faudra que nous les ayons constamment présentes à Tesprit.
§ %. Divislbttité. — La matière, telle que nous la rencontrons dans la nature, jouit à un très haut degré de la divisibilité. Tous les corps peuvent être divisés en parties extrêmement fines ; chacune de ces parties peut être divisée à son tour en plusieurs autres. Mais, quoiqu'on puisse toujours concevoir que les plus petites parties qu on a obtenues soient encore subdivisées, on ne doit pas regarder la matière comme étant divisible à l'infini. On a, au con-^ traire, de fortes raisons de croire que les corps sont formés de la réunion d'une multitude de corpuscules non susceptibles d'être divisés.
Ces corpuscules indivisibles sont ce que l'on nomme des atomes.
Les dimensions des atomes doivent être excessivement faibles : on s'en fera une idée en pensant que certains animaux sont tellement petits, qu'il faut employer de puissants microscopes pour les apercevoir, et que cependant ils ont des organes qui doivent être composés d'un très grand nombre d'atomes.
Les expressions de molécules et de particules sont employées pour désigner des parties très petites des corps^ mais dont chacune peut renfermer un grand nontbre d'àtmnesr.
2 LNTRODICÏION.
§ 3. Porosité. — Les molécules d*un corps ne se touchent pas : elles soûl à une certaine distance les unes des autres, et Ton nomme pores les intervalles, vides de matière, qui existent entre elles. Les corps les plus compactes en apparence ne sont pas dépourvus de pores. Les académiciens de Florence, en 4661 , ayant rempli d'eau une sphère d'or creuse,^t ayant fortement comprimé cette eau, la virent suinter sur toute la surface du métal : l'eau avait traversé les pores de l'or. La porosité ne peut pas être mise en évidence de cette manière pour tous les corps : ainsi le verre est imperméable aux liquides, lilais les changements de volume, qui accompagnent toujours les changements de température, ne peuvent s'expliquer qu'en admettant que les molécules s'éloignent ou se rapprochent les unes des autres, suivant que la température augmente ou diminue', il en résulte nécessairement que, dans aucun corps de la nature, les molécules ne sont en contact.
§ 4. Étate des corps. — Tous les corps sont susceptibles de prendre trois états différents : l'état solide, Tétat liquide et Tétat gazeux. Un des corps les plus répandus dans la nature , l'eau , se montre à nous habituellement à l'état liquide : elle passe à I état solide , lorsqu'elle se change en glace ; elle passe à l'état gazeux , lorsqu'elle se transforme en vapeur. Un grand nombre d'autres corps ont été obtenus sous ces trois états, et l'analogie a conduit à admettre qu'il en serait de même de tous les corps, si l'on pouvait les soumettre à des moyens sufOsamment énergiques. A chaque instant de nouveaux faits viennent confirmer ces idées adoptées par les physiciens: et, si quelques doutes pouvaient encore subsister, ils seraient complètement levés par les belles expériences de M. Despretz, dans lesquelles il est parvenu à fondre et à volatiliser le charbon, le corps le plus réfractaire que Ton connaisse.
§ 5. Corps solides. — Dans les corps solides, les molécules ont des positions détermmées les unes par rapport aux autres ; si Ion cherche à les déranger, à déformer le corps, on éprouve une certaine résistance Cependant l'effort qu'on exerce déplace réellement les molécules, et produit un changement de forme qui est plus ou moins sensible suivant les cas. Un faible effort, appliqué à un barreau mince d'acier, ou à une lame de verre, les fléchira un peu. Si cet effort cesse, le barreau d'acier et la lame de verre reprendront la forme qu'ils avaient précédemment. Cette propriété qu'ont les corps solides de revenir à leur forme primitive, lorsqu'ils sont soustraits à l'action de l'effort qui les avait déformés, constitue ce qu'on appelle ïélasticUé. Si l'effort appliqué au corps est trop grand , ce corps pourra se briser, ou bien il se déformera tellement, qu'il ne