‹ Cours élémentaire de mécanique théorique et appliquéeChapitre 62 sur 169 · TRANSMISSION DU TRAVAIL DANS CNE MACHINE · texte numérisé non relu

TRANSMISSION DU TRAVAIL DANS CNE MACHINE

Dans certains cas, le régulateur agit de lui-môme sur la puissance -qui fait mouvoir la machine, en diminuant sa grandeur lorsque le mouvement est trop rapide , et laugmentant lorsque la vitesse est trop faible; c'est ce qui a lieu notamment dans les machines à vapeor, comme nous le verrons plus tard. Dans d'autres cas, lo r^lateur ne fait que prévenir l'ouvrier qui dirige la marche de la machine, en lui indiquant si le mouvement est trop rapide ou trop lent ; cet ouvrier peut alors modifier la grandeur de la puissance, et la mettre en rapport avec les résistances à vaincre, de manière à maintenir la vitesse entre les limites dont elle ne doit pas sortir. La fig. 487 montre une disposition qui est employée dans les moulins a farine, et qui est destinée à produire l'effet dont nous venons de parler en dernier lieu. L'anneau D est surmonté de deux tringles verticales, dont une seule est visible sur la figure, et qui se termi • nent à l'anneau E. Ce second anneau, se trouvant ainsi lié au premier, en suivra tous les mouvements; il s'élèvera ou s'abaissera, •suivant que le mouvement de la machine sera trop rapide ou trop lent. Cet anneau E, qui tourne en même temps que le régulateur, I^orte un doigt horizontal placé de manière à ne rien rencontrer tlan s son mouvement, tant que la machine marche avec une vitesse convenable; mais dès que la vitesse de la machine devient tro^> ;^rande ou trop petite, ce doigt vient, à chaque tour, choquer un l^etit levier qui fait sonner une sonnette. Les deux sonnettes, dont i une sert quand la machine va trop vite , et l'autre quand elle va trop lentement, ont des timbres différents, afin qu'on puisse distinguer tout de suite dans quel sens on doit modifier la grandeur de la puissance qui fait mouvoir la machine.

§ 4 34. Traosmisslon do travail dans une machioe. — N'ous avons vu précédemment (§80), que lorsqu'une machine est animée d'un mouvement uniforme, le travail moteur et le travail réâstant, produits pendant un même intervalle de temps, sont <';raux entre eux. Il ne peut plus en être de même, dans le cas où la \itesse de la machine change à chaque instant.

Pour que le mouvement s'accélère, il faut que la puissance l'emporte sur les résistances; une partie seulement de la puissance leur fait équilibre, et l'autre partie augmente la vitesse de la machine, le travail moteur produit par la première partie est égal au travail résistant total, puisque, si elle existait seule, le mouvement serait uniforme. On voit donc que le travail moteur, dû à la puissance tout t'utière, surpasse le travail résistant total de tout le travail que pro- ^luit la seconde partie de la puissance.

Pmir que le mouvement se ralentisse, il faut que les résistances

176 MACHINES A L*ÉTAT DK MOUVEMENT NON UNIFORME, lemportent sur la puissance. Celle-ci ne fait plus équilibre qu'à une portion des résistances, et le travail moteur est égal au travail résistant dû à cette portion seulement. Le travail résistant total surpasse donc le travail moteur de toute la quantité de travail correspondant à la portion excédante des résistances.

Ainsi le travail moteur est tantôt plus grand, tantôt plus petit que le travail résistant produit pendant le même temps , suivant que le mouvement de la machine s'accélère ou se ralentit. Mais, de plus, on admettra sans peine que l'excès de travail moteur, qui donne lieu à une certaine accélération du mouvement, est précisément é)ial à l'excès de travail résistant qui détruit cette accélération, en ramenant le mouvement à ce qu'il était primitivement. On voit, ou effet, que si une force, appliquée à une machine, et n'ayant aucune résistance à vaincre, produisait une certaine augmentation de vitesse, il suffirait d'appliquer ensuite cette force en sens contraire, pendant le même temps , ou bien d'autres forces dont Tenscmbie lui serait équivalent, pour que la vitesse se trouvât réduite à ce qu'elle était d'abord ; et il est clair que le travail moteur développé dans le premier cas est égal au travail résistant développé dans le second, puisque, si ces forces agissaient simultanément sur la machine, elles se feraient équilibre. On peut donc dire que, lorgqu une machine se trouve, à deux instants différents, animée de la mena' vitesse, quels que soient les changements que sa vitesse a pu éprouver dans l'intervalle, il y a eu compensation exacte entre les excès successifs du travail moteur et du travail résistant ; en sorte que le travail moteur total, produit pendant tout cet intervalle de temps, est égal au travail résistant total produit pendant le même inlervalu' de temps. Cela aura lieu encore, si l'on prend la machine depuis le moment où elle commence à se mouvoir jusqu'à celui où elle renlro à l'état de repos.

Habituellement, lorsqu'une machine no peut pas, par sa nature. prendre un mouvement uniforme, comme la meule de rémouleur (S \ 30), elle prend un mouvement qu'on appelle régulier ou pénolUquement uniforme; les accélérations et les ralentissements du mouvement se succèdent périodiquement , de manière que, lorsque les diverses pièces de la machine repassent par les mômes positionN elles y sont animées des mêmes vitesses. C'est ce qui a lieu pour la meule de rémouleur, lorsqu'il s'est déjà écoulé quelque tenip> depuis qu'elle a été mise en mouvement ; à la fin de chaque tour qu'elle fait, elle reprend la vitesse qu'elle avait au commenceniein de ce tour. Dans un pareil cas, l'égalité du travail moteur et du travail résistant a lieu pendant chacune des périodes du mouvement

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