TRANSPORT DIRECT PAR L'HOMME OU LES ANIMAUX
que la sonnerie se met en mouvement, doit faire un tour entier dans l'espace de douze heures, qui forme la période de temps au bout do laquelle reviennent des heures de même nom . Pendant ce temps-là, la roue I doit faire autant de tours que te marteau doit frapper de coQps; c'est-à-dire 78 tours, si le marteau ne sonne que les heures, et 90 tours si le marteau doit en outre frapper un coup aux demi-heures, comme dans les pendules de cheminée.
§178. Pour transporter un corps pesant d'un endroit à un autre, sur un sol horizontal, on a toujours besoin d'employer une certaine force, qui varie beaucoup pour un même corps, suivant les circonstances dans lesquelles le transport s'effectue. L'emploi de cette force donne lieu au développement d'une certaine quantité de travail. Mais, si l'on y réfléchit, on reconnaît sans peine que ce n'est pas le transport en lui-même qui nécessite ce travail. On voit, en effet, que si le corps pouvait glisser ou rouler sur le sol, sans éprouver aucune des résistances passives qui se présentent en pareil cas, il suffirait de lui donner une impulsion, aussi légère qu'on voudrait, pour qu'il se mit immédiatement en mouvement; et comme aucune cause ne tendrait à ralentir son mouvement, il conserverait indéfiniment la môme vitesse. Lorsque ce corps serait arrivé au lieu où Ion voulait le transporter, on l'y arrêterait. Le transport se serait donc effectué sans qu'on ait eu à développer d'autre travail moteur qoe celui qui correspond à l'impulsion initiale ; et encore ce travail moteur, qui peut être extrêmement petit, pourrait-il toujours donner lieu à la production d'une quantité égale de travail utile, au moment où l'on arrêterait le corps.
Les résistances passives qui se développent dans le transport d'un corps pesant sur un sol horizontal sont donc les seules résistances qu'on ait à vaincre dans ce transport; elles seules nécessitent l'emploi d'une ibrce agissant constamment, ou presque constamment, pour que le corps puisse parcourir une distance un peu grande. On conçoit par là comment il se fait qu'en variant les moyens de transport, on peut réduire à des proportions si minimes la force de traction qui entretient le mouvement de fardeaux énormes. Nous allons passer en revue les divers modes de transport des fardeaux, en les étudiant surtout sous le point de vue des résistances que chacun d'eux occasionne.
§ n9 . Transport direct par l'homme on les anlmaiix. —
Lorsqu'un homme porte un fardeau, soit dans ses mains, soit sur
son dos, soit de toute autre manière, les résistances passives qui se développent se réduisent simplement à la résistance que ce fardeau éprouve de la part de l'air; et comme la vitesse n'est jamais bien p;rande, cette résistance est, la plupart du temps, négligeable. La force de traction exercée par l'homme , c'est7à-dire la force qu il applique au fardeau , horizontalement et dans le sens du mouvement, est donc, pour ainsi dire, nulle. Mais l'opération du transport est accompagnée d'une tension des muscles qui servent à soutenir le fardeau, tension qui fatigue l'homme, et (jui le fatiguerait également, quand môme il resterait au repos; en outre les muscle? des jambes, qui servent à la locomotion, éprouvent une fatigue, en raison du jeu qu'ils prennent. Ces diverses causes réunies font que le transport direct d'un fardeau par un homme est très pénible: qu'il ne peut s'effectuer que pour des fardeaux dont le poids ne soit pas trop grand ; et enfin qu'on ne doit y avoir recours que pour do petites distances à parcourir, lorsque le poids des fardeaux est un peu considérable.
Le transport à dos d'animaux donne lieu à des observations du même genre.
§ 1 80. Transport par glissement. — Lorsque le transport d'un corps pesant s'effectue sans qu'il soit porté par un ou plusieurs hommes , ou par un animal , ce corps doit s'appuyer sur le ?o!. soit directement, soit par l'intermédiaire d'un appareil qui sert à le transporter. La pression qu'il exerce en ses points d'appui sur le sol donne lieu à des résistances qui s'ajoutent à la résistance de l'air, pour s'opposer à son mouvement. Si le corps repose directement sur le sol, et qu'on le fasse mouvoir par glissement, il>e développe un frottement qui est souvent très intense. C'est ce qui a lieu, par exemple, lorsqu'on transporte de longues pièces de bois on les faisant traîner par des chevaux, à l'aide de chaînes que l'on attache à l'une de leurs extrémités. C'est encore ce qui a eu lieu dans le transport de l'obélisque dont nous avons parlé précédemment, lorsqu'on l'a fait glisser en Egypte, avant do l'introduire dans le navire, et à Paris, après l'en avoir extrait (§§ 1 47 et 1 48).
Dans de pareils mouvements, la résistance à vaincre varie suivant la nature des surfaces qui glissent l'une sur l'autre. Pour diminuer la résistance, on faii en sorte que ces surfaces soient formées de matières qui glissent facilement; on les polit, et on les enduit quelquefois de matières grasses, qui diminuent la grandeur du frottement pour une même pression. Nous en avons vu un exemple dans le transport de l'obélisque ;'on l'a fait glisser sur un sol recouvert de madriers qu'on entretenait constamment graissés. Les
trànsH)rt par roulement. 263
raineaux qu'on emploie pour transporter des pièces de vin ou de ière, à l'intérieur des villes, fig. 246 , çont garnis eii dessous de
Flg. 246.
)andes de fer qui leur permettent de glisser plus facilement sur le Mivé. Les patins, dont on se sert pour patiner sur la glace, ne sont mtre chose que des lames de fer que l'on attache sous ses pieds, le manière à rendre presque nulle la résistance qui se développe )endant qu'on glisse.
§ 481 . Transport par roulement. — Lorsqu'un corps est Qsceplible, par sa forme, de rouler facilement sur le sol, on en proile pour le transporter ; la résistance qu'on a à vaincre dans ce cas st généralement beaucoup plus faible que celle qu'on éprouverait n le faisant glisser. Vilruve rapporte que ce moyen fut employé tar Ctésiphon , architecte du fameux temple de Diane d'Éphèse , >our transporter des fûts de colonne qui pesaient 250 000 kilogrammes ; à cet effet il leur adapta une monture de bois, destinée leur appliquer une force de traction , comme on le fait pour les ouleaux dont on se sert en agriculture. C'est de la même manière u'un homme transporte facilement une pièce de vin à une petite islance, en la poussant pour la faire rouler devant lui.
Il est rare que la forme d'un fardeau se prête à ce mode de ransport : mais on parvient d'une autre manière à remplacer le lissement par un roulement. Si le fardeau présente une face plane
une étendue un peu grande, on le fait reposer par cette face sur eux rouleaux de bois, fig. 247, placés sur le sol, à une certaine îstance l'un de l'autre, et dans des directions perpendiculaires h elles du mouvement qu'on veut produire. Lorsque ensuite on lire u qu'on pousse ce fardeau , il marche , en faisaht rouler les rou-
Fig. 247.
leaux ; et , si le sol n'est pas trop irrégulier, le déplacement s'effectue sans qu^il y ait glissement, ni des rouleaux sur le sol, ni du fardeau sur les rouleaui.
,^4f| Il résulte de ce qui
a été dit à la fin da paragraphe 127, que la force nécessaire pour faire mouvoir ainsi un fardeau sera d'autant plus graode que le diamètre des rouleaux sera pi"; petit; et qu'en conséquence, il egt avantageux de prendre des rouleaux d'un aussi grand diamètre qu'on pourra.
Le mode de transport dont nous venons de parler présente un grave inconvénient, qui fait qu'on n'y a recours que lorsque la distance à parcourir est petite. Il consiste en ce que les rouleaui ne marchent pas aussi vite que le fardeau. Si Ton examine ce qui se passe pendant le mouvement, on verra que chaque rouleau roule bien sur le sol, dans le sens môme du déplacement que prend le fardeau ; mais il ne touche pas ce fardeau toujours aux mômes points; il roule sous sa face inférieure, en sens contraire, de manière à la toucher successivement en des points de plus en plus éloignés de la portion du fardeau qui est en avant. On voit aisément que, pendant que le rouleau fait un tour entier en roulant sur le sol, c'està-dire pendant qu'il s'avance d'une quantité égale à la longueur de sa circonférence, le fardeau marche d'une quantité égale à deux fois cette longueur ; la vitesse avec laquelle le rouleau se déplace sur le sol n'est que la moitié de celle du fardeau. Il en résulte qu'après un déplacement de peu d'étendue, l'un des deux rouleaux est tellement resté en arrière, qu'il ne supporte plus rien. On est donc obligé de le reporter sur la partie antérieure du fardeau; ou plutôt , pour éviter le mouvement de bascule qui se produit au moment où le corps commence à ne plus s'appuyer que sur un rouleau, on a soin de disposer en avant un troisième rouleau, qw se trouve engagé sous le fardeau avant que le rouleau qui est en arrière cesse d'agir.
§ 4 82. Transport sur des roues. ~ Pour faire disparaitre l'inconvénient qoe nous venons de signaler dans le transport à l'aide de rouleaux, il n'y a qu à les remplacer par des pièces qui, loutefl